samedi 4 avril 2026

Gloire à Dieu ! – Oui, mais lequel ? – Chronique du 5 avril

Bonjour-bonjour

 

« Gloire à Dieu » : c’est comme cela que D. Trump termine son message annonçant le prochain anéantissement de l’Iran au cas où il refuserait de capituler.

Voici Dieu mobilisé dans ce conflit où jusqu’à présent seuls les missiles et les bombardiers furtifs intervenaient.

 


Le nouveau bombardier B21

 

Nous, on veut bien. Mais on voudrait savoir quel est le Dieu ainsi mobilisé ? Le Dieu des chrétiens – et des Évangélistes plus particulièrement ? Ou bien le Dieu des musulmans ?

- Question oiseuse : ça fait longtemps que les musulmans ont déjà fait appel à leur Dieu. La différence c’est qu’aujourd’hui chaque Dieu, à supposer qu’il réponde à la prière de ses fidèles est appelé à affronter le Dieu de l’adversaire. On se retrouve transporté au temps de la guerre de Troie, quand les Achéens (= grecs) et les Troyens s’affrontaient soutenus par des Dieux de l’Olympes qui en profitaient pour vider de vieilles querelles. Les Dieux se faisaient alors la guerre par hommes interposés – voudraient-ils continuer ainsi aujourd’hui ?

Notons que du temps du polythéisme grec si le pouvoir des Dieux était dispersé dans le panthéon, Zeus était le seul à disposer de l’arme absolue – à savoir la foudre. De nos jours seul le feu nucléaire peut correspondre à la foudre olympienne. Or, si le Dieu chrétien dispose de l’arme nucléaire via l’arsenal américain, le dieu musulman en est dépourvu, l’Iran qu’il soutient n’étant pas encore parvenu à la produire.

Allah serait donc amoindri dans l’attente de la bombe iranienne ? Si c’est vrai ne dites surtout pas que c’est moi qui vous l’ai dit : les coupeurs de têtes auraient vite fait de me retrouver.

vendredi 3 avril 2026

Hello, le soleil brille sur Téhéran – Chronique du 4 avril

Bonjour-bonjour

 

 

Hier le pont B1, encore en construction et devant devenir le plus grand pont d'Iran et du Moyen-Orient, a été détruit par un bombardement américain.



Les restes du pont « B1 »

 

En Iran, des ingénieurs pleurent leur grand pont, comme Hamed Zekri, un ingénieur de 41 ans : « "Nous avons travaillé sur ce pont pendant deux ans, matin et soir, avec tout notre cœur. Nos efforts ont été anéantis en l'espace de trois heures", entre la première et la seconde frappe. Mais "si Dieu le veut, nous le reconstruirons". » (Lu ici)

On comprend que ce pont était beaucoup plus qu’un ouvrage de génie civil. C’était une œuvre des constructeurs iraniens qui incarnait leur intelligence et leur savoir-faire – et que rien ne pourra remplacer.

 

- On songe aussitôt à l’histoire que raconte « Le pont de la rivière Kwaï », le film de David Lean, où l’on voit des prisonniers anglais contraint de bâtir un pont au service de leur ennemi japonais au prix indescriptibles souffrances. 


  

Image extraite du film « Le pont de la rivière Kwaï »

 

Pourtant au moment de saboter l’ouvrage, Nicholson, le colonel anglais qui a été placé par les japonais à la tête des prisonniers-bâtisseurs, refuse. Perdant tout à fait de vue que la construction du pont sert l'ennemi, le colonel Nicholson prévient le colonel japonais Saïto pour empêcher l’explosion.

Pour Nicholson, le pont est avant tout un ouvrage reflétant les souffrances et l’extraordinaire capacité créatrices des prisonniers anglais – qu’importe alors qu’il appartienne à l’ennemi ?

- On l’a compris : dans les deux cas, les ouvrages écrasés sous les bombes contenaient un peu de la personne de ceux qui les ont bâti, et les détruire c’est la détruire elle aussi.

Bien sûr, ce qui se révèle avec ces destructions de ponts est aussi présent dans les autres destructions. Téhéran est un champ de ruines où gémissent des vies de créateurs humains.

jeudi 2 avril 2026

Philosophie du « petit-coin » - Chronique du 3 avril

Bonjour-bonjour

 

Il y a quelques jours la nouvelle venait du Golfe Persique : le porte-avions de pointe, l’USS Gerald Ford, était fragilisé par… des toilettes constamment en panne.

Et hier, voici l’information venue de la NASA : « Lors du décollage de la fusée Artémis 2 en route vers la lune, les toilettes du vaisseau spatial ont été hors service quelques heures après le décollage de la fusée »

 

--> Autant le dire : les ch***tes sont trop souvent négligées, mais elles se rappellent à nous par des messages venus de notre corps.

 


Voici qui nous appelle à un peu d’humilité. Nous nous croyons les maitres du monde, légitimes pour en commander les moindres soubresauts, et puis voilà que cet organe auquel nous ne pensons jamais, je veux dire notre vessie, nous impose un supplice devant le quel nous n’avons d’autre solution que de capituler.

Mais qui sommes-nous pour oser défier notre corps dans ses fonctions les plus humbles ? A quoi sert de savoir fabriquer des vaisseaux grands comme des iles flottantes, ou de lancer des fusées qui font trembler la terre en la quittant, si cette fonction possède la priorité sur tout le reste ?

- Imaginez ce que Pascal aurait tiré cette humiliation : « Le plus grand philosophe, au milieu de sa leçon de métaphysique est contraint de courir au petit coin pour soulager sa vessie ». Comment prétendre défier Dieu quand on est une fragile créature de ce calibre ?

- Loin de cette transcendance, voici une petite anecdote : lors du premier débarquement des hommes sur la Lune, la NASA avait doté ses cosmonautes de garnitures urinaires : pas question de déposer le scaphandre spatial au moment de poser le pied sur la lune. 

Après Neil Armstrong, voici Buzz Aldrin qui apparait en haut de l’échelle. Et que fait-il ? Il urine dans ses garnitures étant comme il l’a dit plus tard « le premier homme à avoir pissé sur la Lune ».

- Notez qu’à bord d’Artémis 2 on a aujourd’hui un peu civilisé l’endroit où l’on se soulage, mais qu’il y a encore des progrès à faire.

mercredi 1 avril 2026

En Israël, la peine de mort pour les terroristes

Bonjour-bonjour

 

Lundi l’extrême droite israélienne a voté au parlement une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes ». Une loi taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à des Palestiniens jugée manifestement incompatible avec les obligations d’Israël en droit international, notamment en ce qui concerne le droit à la vie. En effet, « En établissant une hiérarchie racialisée du droit à la vie, cette loi viole l’interdiction absolue de la discrimination en vertu du droit international. » (Selon chef des droits de l'homme de l’ONU, Volker Türk.)

 

Nous voici confronté au processus d'abandon de la démocratie, comparable à celui qui se déroule aux Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump.

On objectera qu’en Israël un processus démocratique est toujours en place. Des élections législatives sont prévues en octobre prochain. « L’occasion de voir si « le discours fasciste a été accepté dans l’opinion publique », interroge Anna Zielinska. Avec le risque d’atteindre un point de non-retour. » (Lire ici)

Faut-il attendre d’en être là ? Devra-t-on dire qu’une dictature reste démocratique lorsqu’elle est soumise à la sanction des urnes, le dictateur soumettant son pouvoir à sa réélection ? L’Afrique est remplie de tels régimes et ça n’empêche pas l’ordre républicain d’être aux mains des autocrates.

Plus intéressant est de se demander pourquoi des électeurs libres de leur vote acceptent de renoncer au pouvoir démocratique qui leur est conféré pour se soumettre à celui d’un homme seul.

Mais ça, c’est une autre histoire.

mardi 31 mars 2026

Le temps des robots tueurs – Chronique du 1er avril

Bonjour-bonjour

 

Les hommes passent leur temps à inventer des machines merveilleuses et à déplorer qu’elles existent. Les découvertes de l’IA ne me démentiront pas.

Plutôt que de s’étonner de cette contradiction essayons de voir un peu plus loin : cette éviction de l’homme remplacé par des machines n’est-elle pas une sorte de miracle attendu par l’humanité depuis son origine – ou presque ?

Vous ne me croyez pas ? Écoutez plutôt : « Des prototypes de soldats humanoïdes ont été déployés sur le champ de bataille en Ukraine en février 2026. Une première depuis le début de l’invasion russe. Conçus par une start-up américaine, ils sont testés sur le terrain pour des missions de reconnaissance en première ligne, dans des zones dangereuses pour les humains. » (Lire ici)

On met donc au point actuellement des robots capables de remplacer les soldats sur le front des guerres pour des missions de reconnaissance. On devine que cette mission pourrait sans grande difficulté se transformer en mission de combat, et alors les hommes suivront la guerre sur les écrans de contrôles, bien à l’abri, un peu comme les opérateurs de drones.


Alors, bien entendu il y a un problème non signalé : j’ai écrit « sans grande difficulté » pour évoquer la prise de responsabilité par ces machines de missions de combats où il s’agit de détruire les forces adverses, que ce soient des machines ou des hommes. Ainsi, pilotés par une IA bien formatée des drones pourraient – peuvent déjà – concevoir et mener des combats et détruire même des écoles, des hôpitaux, des immeubles etc. Comment déléguer une telle responsabilité à des algorithmes qui ne sont contrôlables par personne ? Et quand bien même on contrôlerait ces programmes, comment une machine  pourrait être légitime pour combattre et décider de la vie et de la mort d’autres hommes sans aucune délibération humaine?  

C’est vrai… Quoiqu’on ne soit pas si regardant quand il s’agit de déléguer cette responsabilité à des humains dont rien ne permet de dire qu’ils sont plus compétents.

Commençons par là – et après on vérifiera pour les robots.

lundi 30 mars 2026

L’esprit mal tourné – Chronique du 31 mars

Bonjour-bonjour

 

La polémique de trop lue ce matin :

« Monsieur Bagayoko, maire de Saint-Denis victime de racisme sur CNews »

Le psychologue Jean Doridot y avait osé un comparatif nauséabond entre le comportement de monsieur Bagayoko l’élu LFI et les grandes singes. « Maintenant, c’est important de rappeler que /.../ nous sommes des mammifères sociaux de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus – il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité », avait lâché le psychologue » Lire ici

o-o-o

Autrement dit, il y a des similitudes entre les familles de grands singes et une tribu dont le chef serait monsieur Bagayoko – là, ça ne passe pas. Car y a-t-il un marqueur du racisme plus fort que de comparer des hommes à des singes ?

--> Et c’est là que la riposte apparait : « Qui donc a dit de monsieur Bagayoko qu’il ressemblait à un singe ? Personne sauf à avoir l’esprit fort mal tourné ». Nous aurions fait preuve de préjugé et complètement mal interprété ces propos. La faute change de camp : c’est nous qui avons créé la faute pour accuser des innocents.

- On se trouve pris dans le piège qui consiste à montrer que le sens de ce discours résulte d’obsessions qui seraient les nôtres. A comparer au vieux procédé consistant faire des allusions obscènes provoquant des réactions indignées pour les dénoncer en disant : « Tu as l’esprit mal tourné ! » - Alors que bien sûr c’est ce sens allusif qui serait la véritable raison du propos.

Qui donc en effet parle des humains comme faisant partie de la famille des « Grands singes » ? Et pourquoi en parler, si ce n’est pour éveiller dans l’esprit qu’un homme à la peau noire est justement apparenté aux singes ?

Si c’est ça « avoir l’esprit mal tourné » alors que devra-t-on tolérer demain quand on aura des images du maire de Saint-Denis comme celle-là :




dimanche 29 mars 2026

Les soldes de l’armée américaine – Chronique du 30 mars

Bonjour-bonjour,

 

Ce matin Téhéran affirme avoir détruit un avion radar américain AWACS de 500 millions de dollars.

 


Si sa perte est confirmée, elle créerait un trou dans la surveillance radar et la coordination des avions alliés dans la zone. » (Lire ici)

Voilà un « trou dans la raquette » qui n’avait pas été prévu et une perte abyssale dans les fiances américaines. L’Oncle Sam doit être entrain de ruminer son dépit, seul, caché dans la Maison Blanche.

 

Quoique…

On peut lire également que « l’appareil était arrivé en bout de course. Et sa succession fait d’ailleurs l’objet d’un débat aux États-Unis : certains militent pour un avion plus moderne, d’autres pour l’utilisation de satellites, ce qui ralentit le programme. ». Voilà la vérité : l’armée américaine est entrain de liquider ses stocks de matériel périmé qui encombrent ses entrepôts et ralentissent la production. La guerre d’Iran, c’est un peu comme les soldes de fin de saison.

Autrement dit, l’Iran fait gratuitement le ménage en dégageant le matériel obsolète.

 

Voilà une autre perspective sur la guerre et sur l’usage de l'argent qui y est fait. On se lamente en voyant tout ce matériel qui part en fumé, on compte le nombre d’écoles et de subventions aux pauvres dont l’équivalent financier sont gaspillés avec ces destructions. Comme si à chaque fois qu’un missile Tomawak explosait c’était une école qui fermait. Hugo en aurait fait une maladie….

Oui, on se lamente et on à tort. Non pas sur le plan des principes et Victor aurait encore raison aujourd’hui de saluer en chaque école qu’on ouvre une prison qu’on ferme. Mais tort quand même parce que le budget des armées fait partie du budget de la Nation et que ses pertes sont aussi l’occasion de profit. En Amérique il existe des fabriques qui créent des missiles et des avions F-35 – et des ouvrier américains qui gagnent ainsi leur vie et celle de leur famille américaine. 

- Dommage qu’ils ne soient pas plutôt instituteurs ou assistantes sociales direz-vous. 

D’accord : mais c’est comme ça.

samedi 28 mars 2026

Devenez terroriste– Chronique du 29 mars

Bonjour-bonjour

 

Lu ceci : « Un attentat à l’engin explosif a été déjoué à Paris samedi devant la Bank of America

Les faits se sont déroulés vers 3 h 30, rue La Boétie, devant les locaux de l’établissement bancaire. Des policiers y ont interpellé un homme qui venait de déposer un engin explosif artisanal. »

Artisanal ? Expliquons : « L’engin explosif était composé d’un bidon transparent de cinq litres de liquide, probablement un hydrocarbure, et d’un système de mise à feu. La charge était composée d’un pétard d’environ 650 g de poudre explosive. »

Pas d’attentat artisanal sans un « artisan ». De qui s’agit-il ? « L’homme interpellé sur les lieux a expliqué, selon une source policière, avoir été déposé sur place en voiture par un homme. Il a affirmé avoir été recruté via l’application Snapchat pour réaliser cette opération moyennant la somme de 600 euros »

Voilà la véritable information. A supposer que ce soit vrai, voici un homme qui a été recruté comme « terroriste » pour commettre un attentat sur la base d’un appel téléphonique avec rétribution de 600 €. Ni engagement idéologique, ni allégeance à qui que ce soit, ni entrainement technique : le résultat se lit dans l’article. En gros la bombe était un pétard scotché sur un bidon d’essence mis à feu à l’aide d’un briquet au moment où la police patrouillait.

 

 

Comment interpréter un tel amateurisme ? Une telle indifférence à l’égard du résultat ne peut s’expliquer seulement à partir du manque de motivation du commanditaire : il doit savoir qu’un attentat déjoué porte préjudice à la cause défendue, ne serait-ce que par le discrédit résultant de l’impuissance à commettre l’acte voulu.

Alors ? Je ne vois qu’une explication : les réseaux sociaux donnent une image de la réalité totalement faussée, où les impressions les plus extravagantes deviennent réalité, simplement par l’effet d’un désir. Il doit y être aussi facile de détruire un ennemi que de le traiter de sous-ordure : il suffit d’en avoir envie.

vendredi 27 mars 2026

Le beau langage – Chronique du 28 mars

Bonjour-bonjour

 

« Espèce de c***ard ! Fils de p***! Va te faire enc***er. »

Vous connaissez tous ces insultes et ces mots si grossiers qu’on refuse de les écrire in extenso pour éviter de leur donner une existence objective. La raison en est que, la plupart du temps, on les considère comme des marqueurs de violence verbale, à moins qu’on refuse de rendre évidente la classe sociale qu’ils révèlent.

Or, voici qu’un article met à mal cette analyse : « En comparant la fluidité verbale classique et la capacité à citer des insultes, (les travaux de Kristin et Timothy Jay publiés dans Language Sciences en 2015 ) ont mis en évidence un lien positif direct: les personnes dont le vocabulaire est le plus riche sont aussi celles qui connaissent et utilisent le plus de mots tabous. »

--> Autrement dit, quand j’entends une personne employer ces mots orduriers, je dois me dire qu’il s’agit d’une personne fort cultivée.

Pour ceux qui n’auraient pas bien compris, le même article ajoute : « La maîtrise des jurons n'est donc pas un simple raccourci de langage ou une marque de pauvreté intellectuelle, mais peut témoigner d'un certain sens de la nuance. » Et toc ! Et de conclure : « Utiliser le bon mot grossier au bon moment pour changer l'atmosphère émotionnelle d'une pièce demande une excellente compréhension du contexte social et une grande agilité lexicale. »

- Bref : avoir été élevé dans une cour de ferme au milieu des gorets peut certes limiter votre vocabulaire mais sûrement pas vous permettre d’utiliser le bon mot au bon moment.

 

Si vous n’êtes pas convaincu, écoutez bien les personnes grossières qui se contentent de traiter leurs semblables de tous les noms. Vous ne serez pas surpris d’entendre tout le temps revenir les mêmes insultes, et du coup vous noterez qu’elles ne tiennent aucun compte de la situation ni des personnes concernées.

Par exemple si vous évoquez le monde dans lequel vous imaginez votre adversaire ou les situations dans lesquelles il va devoir subir les pires tourments, soyez bien attentifs :la plupart sont voués à « se faire f*** »  – en particulier chez les Grecs. 

Quel manque d’imagination ! Sachez que certains, plus humoristes que les autres, vont lui conseiller « d’aller se faire cuire le c*** » évoquant par-là les tourments infligés aux Damnés dans les Enfers de Dante.

 


Fra Angelico

 

La voilà la culture !

jeudi 26 mars 2026

Loana : l’enfer c’est quand les autres ne sont plus là – Chronique du 27 mars

Bonjour-bonjour

 

Pauvre emblème de la téléréalité, la starlette Loana, élue vainqueur en 2001 dans la première émission de ce genre en France vient de mourir sous la lumière des échos de ses aventures diffusées régulièrement dans les médias.

Toute son existence aura été irriguée par ces éclats de lumière alternant les périodes où, rendue à son anonymat elle succombait à l’indifférence : successivement styliste, mannequin, exploitante commerciale, chanteuse, ses entreprises tombent rapidement dans l’oubli. « Je suis Loana du Loft » disait-elle pour réactiver le souvenir et donc l’existence à laquelle elle pouvait faire référence.

Sans faire appel aux crises psychiatriques dont elle fut victime, son histoire nous rappelle que les médias ne font qu’activer la force de la renommée soutenue par la diffusion de son intimité : rien d’elle n’était ignoré, du moins c’est ce qu’on disait – après tout elle était « née » dans une émission où les caméras permettaient à tous de voir les concurrents dans leur vie intime 24 heures sur 24 ; et sa célébrité vint d’un rapport sexuel filmé dans son intégralité.

- Les philosophes ont médité sur l’existence issue de ce que les autres ont vu ou pensé de nous. Sartre en fera des romans : « l’enfer c’est les autres », et Loana le confirme à ses dépens : le pire c’est encore quand ils de détourent de vous.

Mieux vaut être une image qu’une personne réelle, parce que l’image existe pour les autres, alors que la personne réelle existe pour elle-même. 

mercredi 25 mars 2026

Le Bon plaisir – Chronique du 26 mars

Bonjour-bonjour

 

Ceci est une photo montrant un jeune lynx pardelle (= Lynx endémique de la péninsule Ibérique) en train de jouer avec sa proie, à Torre de Juan Abad, en Espagne. (voir ici)

 


A l’époque où nous désespérons de voir l’humanité abandonner la brutalité et la violence aussi bien avec les humains qu’avec le milieu naturel, la nature nous suggère que cette violence est la source de joie et de plaisir dont les espèces prédatrices font ouvertement usage. Car ce jeune lynx au lieu de tuer et dévorer dans l’instant de la capture ce petit rongeur se plait à mimer le moment de sa prise. Ce n’est pas seulement un repas qu’il vient d’attraper : c’est un moment de joie, lorsque l’instinct du chasseur se trouve satisfait dans le moment de la conquête.

Je ne connais que Nietzsche pour avoir dit quelque chose d’essentiel là-dessus : du temps des romains, le dédommagement de la victime se faisait en livrant le coupable au bon plaisir de la victime qui est libre alors de lui infliger tous les tourments qu’il aura plaisir à lui faire subir : ce dernier étant justement le dédommagement que nous pouvons attendre de l’existence lorsqu’elle a été lésée. Et le Tourmenteur pourra dire à sa victime : « Tu souffres parce que tel est mon bon plaisir »

Qu’est-ce qui exprime le mieux la nature humaine ? Ce qui ne s’exprime que chez quelques rares individus admirés comme héros, ou dans la totalité de la population dont cette cruauté serait la nature générique ?

mardi 24 mars 2026

L’histoire est-elle tragique ? – Chronique du 25 mars

Bonjour-bonjour

 

Suite à Hegel, Nietzche ou Camus les philosophes ont décrit l’histoire comme ce qui confronte les hommes à leur liberté face a des forces qui les dépassent. Dans ce cadre le cynisme du Président américain (« Donnez-moi des dollars et je vous donne la paix ») n’est qu’une formulation parmi d’autres, ni pire ni bien sûr meilleure de ce que nous pouvons faire de notre avenir. Devons-nous y voir un affront à la nature humaine, ou bien le constat qu’il n’y a pas de place particulière pour les hommes dans la nature ?


Cette hypothèse, qui interroge les hommes en les mesurant à l'Humanité nous propose trois possibilités :

- soit effectivement l’Humanité porte en elle des valeurs éthiques qu’elle a mission de réaliser dans l’existence et sans lesquelles elle n’a plus de sens.

- mais cette « présence en creux » peut signifier illusion idéologique (par exemple religieuse) qui fait de l’âme humaine cette étincelle venue du feu divin imaginé couvant sous l’épaisse couche du péché

Comment ! Devons-nous croire que les ridicules fanfaronnades du Président américain valent autant que le dévouement des associations humanitaires ? 



Que comme le croyait Kierkegaard, devant Dieu, l’Humanité (à supposer que soit sortie de ses mains) n’a rien dont elle puisse tirer la fierté ?

--> Notre fierté serait alors de reconnaitre que nous ne vallons pas mieux que le Président américain. 

- A moins de repousser ce nihilisme comme une épouvantable corruption de la pensée.

lundi 23 mars 2026

La France célébre un politicien intègre – Chronique du 24 mars

Bonjour-bonjour

 

Le destin a voulu que Lionel Jospin s’éteigne alors que l’élection municipale de 2026 battait son plein – et que les épithètes élogieux fusent autour de la carrière de l’ex-premier ministre, dans le silence glacé des jugements portés sur les membres actuels du Parti socialiste.

Voici un homme dont on va célébrer le sens du devoir et de l’honneur, le respect des principes et la rigueur morale – alors que dans le même temps on moque l’échec des alliances purement électorales conclues par des hommes aux abois électoraux.

Le message est clair : ce sont des hommes comme Lionel Jospin qu’il nous faudrait aujourd’hui – et ce sont eux qui nous font défaut.

 

- Alors, ce n’est pas nouveau. Rappelons-nous Diogène-le-Cynique recherchant un homme authentiquement honnête – à midi, sur l’agora athénienne, armé d’une lanterne.

 


 Diogène à la recherche d'un honnête homme

Tout homme politique est confronté à deux combats : 

*l’un pour faire entendre son message moral qui le guide vers des valeurs essentielles pour lui : la liberté, l’égalité, l’équité sociale, mais aussi la sécurité et la juste répartition des récompenses.

* et puis le combat pour le pouvoir sans lequel ces objectifs restent lettre-morte.

 

On l’a compris : le malheur survient quand ces deux combats sont séparés l’un de l’autre, en particulier lorsqu’on ne lutte plus pour ses principes mais pour des postes dominants dans l’affrontement politique.

On fait gloire à Lionel Jospin d’avoir su renoncer à la lutte politique au lendemain de l’élection perdue d’avril 2002. En réalité on devrait dire qu’après avoir annoncé qu’il se retirait de la vie publique, il l’a effectivement fait.

Même 24 ans après, une promesse tenue, ça marque les mémoires…

dimanche 22 mars 2026

Et maintenant, 6 ans sans dessouler – Chronique du 23 mars

Bonjour-bonjour

Regardez un peu cette « Une » de l’Hebdo Hara-kiri en date de juin 1969, pour saluer l’entrée de Georges Pompidou à l’Élysée, suite à son élection à la Présidence.

 


Ça a fait rire, parce que Pompidou n’a pas tenu un septennat entier à la Présidence. Mais en même temps on avait là une vision simplement un peu radicale du mandat présidentiel qu’on pourrait comparer à celui de maire en ce matin d’élection.

Nous autres démocrates rigoureux, nous qui avons été nourris aux diatribes de Robespierre, nous ne pouvons croire que les abus des individus puissent subsister dans le comportement de celui qui a reçu délégation de pouvoir de la part du peuple souverain. Les Principes républicains supposent que le Bien soit la seule mire de l’avenir sur laquelle le chef de l’exécutif puisse régler son action. Et cela, même Donald Trump l’affirme malgré les fantaisies de ses décisions – du moins il le dit : il sait ce qu’il doit faire parce qu’il sait que c’est le « Bien », qu’il le ressent jusque dans ses os.

- Un peu plus cynique, Hara-Kiri conclut : le chef élu a le pouvoir de faire ce qu’il veut même si on voit bien clairement qu’il s’agit-là de sa fantaisie personnelle. Et d’ailleurs, ce pouvoir n’est pas seulement de choisir ce qu’il aime faire, mais de surcroît il peut le définir comme la valeur devant laquelle chacun devra s’incliner.

On croyait que c’était une fiction et que le peuple, ou les mécanismes démocratiques prévus, arrêteraient un tel comportement. Les Gilets-Jaunes français avaient clamé que le peuple reste à tout moment en état de retirer le pouvoir à celui qui en abuse.

Peut-être… ou pas.

En tout cas à la Maison-Blanche, on ne dessaoule pas.

Le concept de chien n’aboie pas - Chronique du 23 mars

Quand je dis « le chien aboie », c’est le chien dans la pensée qui aboie, ce chien assimilé à qui j’impartis mon énergie de sujet ; je répète en court l’action, j’en deviens moi-même l’auteur, l’acteur.

Claudel – Op. Posthume

 

Le chien animal-aboyant aboie-t-il ? Question saugrenue, comme de demander « quelle est la couleur du cheval blanc etc... » ?

Pas tant que ça, si l’on admet qu’« animal-aboyant » est en réalité une définition de dictionnaire. Selon Spinoza si cet « animal » n’aboie pas c’est qu’il s’agit en réalité d’un concept.

Pour transformer des choses réelles en concept, il faut faire une abstraction de leur originalité, de leurs particularités physiques, de ces « grains » de matière sans laquelle elles ne seraient pas. On opère ainsi la réduction à l’indenté d’objets divers moyennant l’élimination de tout ce qui distingue telle occurrence de telle autre. A tel chien – Médor – tel aboiement, qui sera unique et qui disparaitra avec lui ; et à tel autre – Mirza – tel aboiement également unique, etc… : c’est cela qui est éliminé dans le concept de chien animal-aboyant.

--> En sorte que le chien ne peut aboyer, à moins que l’aboiement en général existe lui aussi. Et pourquoi le concept d’aboiement n’existerait pas ? Quelque chose qui me permettrait de classer les différents cris d’animaux, et de distinguer le ouah-ouah du chien du miaou du chat ?

Admettons. Mais alors comment cela va-t-il fonctionner, si l’on suppose qu’il y a une cloison étanche qui sépare l’intellect conceptuel et l’imagination des qualités sensibles ?

Peut-être s’agit-il d’un mécanisme en trois étapes : entre le chien qui aboie derrière le portail et le concept (ce chien, comme tous les chiens aboie), il y aurait le souvenir qui en revient dans ma mémoire et que j’entends en imagination.

- Et en effet, selon Paul Claudel, s’il est vrai de dire que le chien dans la pensée aboie, c’est que je l’imagine. Il s’agit d’un aboiement produit en moi par ma pensée, un peu comme je produis le bleu du ciel quand j’imagine l’été. Quand je pense que le chien aboie, j’opère une véritable action : c’est comme si j’aboyais moi-même. Comme le dit Claudel, cet aboiement peut bien avoir lieu dans mon esprit, silencieusement, il n’existe pas moins réellement par l’intermédiaire de l’énergie que j’injecte dedans.

Et donc, cette énergie se mobilise plus facilement quand elle est stimulée par l’imagination que par la conceptualisation. Par exemple, regardez ceci :



A voir ça, moi, j’entends déjà les gueulements rauques de cet effrayant animal. J’arrive même à sentir son haleine fétide : c’est dire à quel point je mobilise mon « énergie de sujet » – pour fuir à toutes jambes !

samedi 21 mars 2026

Les vacances : mesure de la défiance – Chronique du 22 mars

Bonjour-bonjour

 

Il nous arrive de ne pas avoir de mots pour exprimer notre défiance à l’égard de nos concitoyens. Comment dire le sentiment qui nous avertit de fuir leur présence ? 

Or, voici que je trouve dans la Presse une réponse qui recoupe ma propre intuition. Lisez plutôt : « Invité sur le plateau de Jordan de Luxe, le comédien Patrick Chesnay a été interrogé sur la personnalité avec laquelle il ne souhaiterait pas partir en vacances. Une question simple, à laquelle il a répondu avec une franchise désarmante :« La personnalité avec laquelle je ne pourrais pas partir en vacances ? Valérie Karsenti. /…/, C’est des histoires de mésententes sur des projets où on a travaillé ensemble, on s’entendait pas. »

Si nous écartons les motifs, nous conservons néanmoins les effets : comment mesurer l’inimitié qui nous oppose à quelqu’un sinon en la comparant au désagrément d’être avec une personne durant un séjour commun qui rendrait évidente le déplaisr d’être avec elle ?

- Imaginez : c’est l’heure du petit déjeuné – thé et jus d’orange sous le soleil levant – et voilà, qu’un être humain que nous détestons fait irruption : immédiatement le plaisir espéré disparait. Il ne s’agit pourtant pas d’un nuage qui vient masquer le soleil ni d’un courant d’air frisquet : la nature fait ça sans le vouloir, c’est juste l’effet des lois physiques. Par contre la personne qui nous déplait apparait comme animée par une intention : si elle nous déplait, c’est qu’elle le veut. Ce n’est pas par hasard que son sourire est plein de méfiance , et ses phrases de sous-entendus : sa mauvaise volonté est là, source d’un conflit indéracinable. 

Laissons de côté la solution de ce conflit : ce qui importe d’abord c’est la situation dans laquelle nous aurons l’opportunité de le percevoir.

Et d’abord comprenons pourquoi les vacances sont un moment privilégié pour que se manifeste cette inimitié. Nous pourrions comme le suggère ce petit récit, avoir une tâche commune à effectuer. L’antipathie qui nous oppose à notre associé va certainement jouer, mais contrée par l’obligation professionnelle, nous voici bon gré mal gré, obligés d’oublier le différend pour produire conformément à notre obligation – la quelle va masquer son existence. En vacances, nulle obligation : rien que la bonne volonté.

vendredi 20 mars 2026

Les filles, ça casse tout – Chronique du 21 mars

Interrompu pour raison de santé, Le point du jour reprend ce 21 mars. Espérons que le printemps viendra à point nommé pour stimuler cette renaissance.

 

Bonjour-bonjour 

 

Dans un article récemment publié sur le site « The Conversation France », ce mardi 17 mars Margot Déage, maitresse de conférences à l’université de Grenoble Alpes, revient sur les données concernant les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire, pour constater que " Certains phénomènes apparus récemment tels que les violences sexuelles en particulier dans le monde des jeunes en milieu scolaire ont été surévalués : leur présence massive est en effet attestée bien au-delà de ce qu’on avait cru percevoir. « Autrement dit, conclut Margot Déage, lorsqu’on s’intéresse à l’entièreté du continuum de violences sexuelles, leur ampleur apparaît bien plus importante ». En prendre conscience, et en faire prendre conscience est essentiel. Car cette notion de continuum est au cœur de la prévention contre les violences sexistes et sexuelles. » (Article cité)

Avant de conclure : « Les violences sexuelles n’ont pas besoin des plateformes numériques pour exister » ; interdire celles-ci aux moins de 15 ans ne suffira pas à y mettre fin. C’est en amont qu’il faut agir, en s’attaquant aux normes de genre et aux rapports de pouvoir « qui structurent les interactions adolescentes ».

 

Se trouvent ainsi signalés deux points :

            * Les violences sexuelle doivent être interrogées dans un monde plus vaste que celui qui apparait avec ces enquêtes ;  

            * Les plateformes numériques mise en œuvre aujourd’hui sont secondaires dans la manifestation des violences sexistes, car pour supprimer ces violences, « c’est en amont qu’il faut agir, en s’attaquant aux normes de genre et aux rapports de pouvoir « qui structurent les interactions adolescentes ».

Autrement dit, ces formes prises par ces dominations sexuelles dépendent avant tout de « normes de genre et de rapports de pouvoir /…/  » De plus, ce sont elles qui structurent les interactions adolescentes.

Oui, vous avez bien lu : ce sont des interactions adolescentes qui usent de ces formes de pouvoir – qui ne sont que des moyens parmi d’autres de structurer ces rapports entre adolescents.


--> Sans la violence dominatrice, point de structure des relations. Et il faudrait donc que le garçon domine la fille pour qu’ils puissent de situer l’un par rapport à l’autre ? Et pour cela  la sexualité serait indispensable ? Mais comment la physiologie pourrait-elle contribuer à un tel décalage ?

C’est là qu’il faut interroger à Freud pour qui la fille se découvre en manque de pénis, comme garçon-castré. Et d’ajouter « Les filles, ça casse tout »

mardi 10 mars 2026

Réforme Milei : un modèle pour la France ? – Chronique du 11 mars

Bonjour-bonjour

 

Alors que les élections municipales s'annoncent pour dimanche prochain, on entend de partout le bruit des programmes qui se préparent pour la présidentielle de 2027.

Ceux qui voudront alors exister malgré les difficultés à trouver une recette originale pour relever l’économie du pays, seront peut-être tentés par un virage ultra-libéral de l’économie française. C’est alors que l’aventure de l’Argentine sous la présidence de Javier Milei – l’homme à la tronçonneuse – pourra tenter des néo-candidats.

Devant la réussite au moins provisoire des réformes du Président argentin, la mise en parallèle des situations de l’Argentine et de la France pourrait séduire.

 

 

Comme la France, l’Argentine était « embourbée dans 70 ans d’assistanat. » ; « Le pays était marquée par une domination totale des moyens publics par le parti au pouvoir. », les déficits ont été l’objet de tentatives de réformes, soutenu par un groupe parlementaire faible, furent adoptées sans l’aval du Parlement, afin de réduire rapidement les déficits. (Lu ici)

Bien tendu la comparaison avec la France « post-30 Glorieuse » soulève la méfiance, et les souffrances endurées par le peuple argentin sous la présidence de Javier Milei laisse entendre que si jamais un Président néo-libéral était élu l’Élysée, ses réformes produiraient bien des misères et des pauvretés. Comment cela pourrait-il réussir alors que la moindre restriction de subvention est chez nous saluée par des cris d’égorgement ?

Regardons encore une fois ce qui s’est passé en Argentine. Certes il y eut bien des manifestations, mais les élections venues, Milei a été confirmé dans son poste. C’est que les Argentins se sont dit : « Vu la nullité et la corruption des politiques argentins, élire quelqu’un comme Milei ça ne pourrait pas être pire ».

Chez nous certains se disent aujourd'hui : « Ça, on ne l’a pas encore essayé. Tentons le coup. » Ils pourraient en venir eux aussi à dire : « Tous nuls. Les ultra-libéraux ne pourront pas être pires. »

lundi 9 mars 2026

De hommes et des robots – Chronique du 10 mars

Bonjour-bonjour

 

Lu ce matin deux articles qui tout en étant indépendants l’un de l’autre s’articulent assez bien.

- L’un affirme : Les hommes de la génération Z sont plus misogynes que leurs aînés, sur tous les plans (Lu ici)

- L’autre complète : « Les hommes les plus misogynes sont aussi ceux qui veulent coucher avec des robots » (Ici)

 

Actroid fabriqué par Kokoro Company Ltd.



Certes, tous les jeunes de la « génération Z » n’entrent pas dans la catégorie du « sexisme hostile », celle qui préfèrerait coucher avec un robot plutôt qu’avec une femme. Reste qu’ils prolongent un genre d’homme (décrits dans le premier article) pour lequel les femmes réelles ne sont pas véritablement autosuffisantes ce qui rend la présence d’un homme à leur côté tout à fait indispensable.

- Désespérant ? Oui, mais peut-être pas tout à fait. Car la même enquête révèle également que ceux qui préfèrent ces machines féminoïdes attendent aussi d’elles qu’elles puissent être maltraitées, insultées – avant de recevoir des excuses qui portent la menace de la récidive.

 

Au fond, on aurait une dérive qui déborderait largement le rapport homme-femme. Les machines permettraient en effet d’extérioriser nos perversités sans aucun risque puisque les robots sont des machines qui n’éprouvent pas de sentiments humains.

Cette histoire de robots féminoïde ne servirait qu’à révéler le contenu exact de la misogynie qui ne serait qu’une occasion de manifester des perversions plus profondément enracinées dans la nature humaine – pas uniquement masculine.

dimanche 8 mars 2026

Les cons, ça ose tout – Chronique du 9 mars

Bonjour-bonjour

 

Il arrive parfois que des répliques de films-cultes viennent tourner dans notre mémoire à l’occasion d’évènements d’actualité.  C’est le cas depuis que Donald Trump est revenu aux affaires avec ses répliques sidérantes et ses décisions qu’on considérait comme inimaginables – Voyez plutôt :



Les cons, ça ose tout… Si la formule vous déplait, mettrez l’interjection de côté, et gardez l’idée : il y a des « gens » qui osent tout, alors que le bon sens et la prévision des conséquences – ou simplement l’esprit de sérieux – rendent inimaginables de telles entreprises. Comment, par quelles voies peut-on imaginer créer une milice afin de pourchasser des migrants, ou lancer une opération aéronavale pour capturer Nicolas Maduro dans son palais et le mettre en prison à New-York – et à présent écraser Téhéran sous un tapis de bombes sans qu’on sache très clairement pourquoi ?

 

Une autre question revient obstinément : pourquoi avoir mobilisé le qualificatif de « con » à propos des décisions mortifères de Donald Trump ? N’est-ce pas un peu familier ? Ou simplement insuffisant ?

- Oui, peut-être. Mais je m’appuie ici sur les paroles d’une chanson posthume de Georges Brassens « Quand les cons sont braves ». Car on y rencontre ces paroles : « Si le sieur Z était un jobastre sans grade, »/ »Il laisserait en paix ses pauvres camarades./Mais il est général, va-t-en-guerre, matamore. / Dès qu'il s'en mêle, on compte les morts. »

Les « braves cons » sont « des gens qui n’emmerdent personne ». La catastrophe, c’est quand ils ont du pouvoir : là, on compte, les morts.

Et, du pouvoir, Donald Trump en a.