vendredi 31 mai 2019

SAVOIE : UN CHASSEUR JUGÉ POUR AVOIR ABATTU QUATRE ÂNES QU’IL AVAIT PRIS POUR DES BICHES




Situé à une soixantaine de mètres des animaux, en plein jour, l’homme a ouvert le feu à onze reprises.
Un chasseur suisse, qui avait tué quatre ânes en Savoie, les prenant pour des biches, sera rejugé mercredi par la cour d’appel de Chambéry, a indiqué mardi une association qui veut voir reconnaître la cruauté envers animaux dans cette affaire. Lu ici

- Bref : personne n’a cru à cette histoire de confusion.
Voilà le genre de fait-divers qui sert souvent à disqualifier la presse qui s’en fait l’écho : « Rubrique chiens écrasés » dit-on – et les accidents de chasse ne sont pas loin.
Sauf que ce fait divers-là relate tout sauf un accident de chasse ; qu’il évoque plutôt l’ivresse meurtrière d’un chasseur « viandard » ; et que de nos jours la sensibilité envers les souffrances infligées aux animaux est notable.
- Qu’on pense également au parti animaliste qui a fait plus de 2% aux élections européennes.
« Le parti, créé en 2016, a réalisé un score de 2,2 %, doublant son résultat des législatives. C'est presque autant que l'UDI ou le Parti communiste. »
Oui, vous avez bien lu : presque autant que le P.C. ! Certes, quand on représente 30 millions d’amis, on ne s’étonne pas de faire 2,2% aux élections. Mais quand même, on se dit qu’on donne de la voix pour porter au pouvoir des gens qui certes sont bien sympathiques envers les animaux, mais qui par ailleurs le sont beaucoup moins vis-à-vis des mangeurs de viande.
En serions-nous à élaborer de nouveaux dogmes pour justifier des tabous alimentaires ? 

jeudi 30 mai 2019

LE PROCÈS POUR «DIFFAMATION» DE SANDRA MULLER S'EST MUÉ EN PROCÈS DE #BALANCETONPORC

Voici le tweet incriminé dans le quel Eric Brion s’adresse à Sandra Muller : " Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit" C’est par ce message que Sandra Muller a appelé à dénoncer les auteurs de tels propos sous le hashtag #balancetonporc. Elle appelle les femmes à raconter « en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel (…) connu dans [leur] boulot ».
Selon l'avocat d'Eric Brion, en le dénonçant  Sandra Muller l’aurait tué socialement mais en même temps elle aurait « égratigné le mouvement légitime des femmes. » (Lu ici)

- Qu’est-ce donc que le harcèlement sexuel ?
Le droit français caractérise le harcèlement sexuel par le fait « d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste » et assimile au harcèlement sexuel « toute forme de pression grave (même non répétée) dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte sexuel, au profit de l’auteur des faits ou d’un tiers ».
- En quoi cette dénonciation a-t-elle été calomnieuse et désastreuse envers l'auteur de ces propos ?
Selon Francis Szpiner, l’avocat de Sandra Muller. « Si ce hashtag a eu du succès c’est parce que des milliers de femmes se sont reconnues et en ont assez d’être considérées comme des objets de plaisir ! » Eric Brion quant à lui reconnaît juste avoir commis une « drague un peu lourde » mais rien de plus.

De fait, il faudrait peut-être dissocier ce tweet de ses conséquences. Sandra Muller a juste donné publicité à des propos effectivement tenus par la personne en question. Certes, dire a une femme « tu as de gros seins » n’est pas en soi une incitation à la débauche, mais ajouter « je te ferai jouir toute la nuit » en est une à coup sûr. Cette promesse doit-elle constituer un délit ? Oui, sous réserve que cela constitue « une pression grave dans un but sexuel ». On est donc amené à envisager cette riposte en terme d’évaluation de la gravité – oui, mais la quelle ? La gravité seulement « ressentie » ou bien aussi la gravité « objective » ? Sans doute le procès nous le dira.

Mais je voudrais accentuer un autre point. Le #balancetonporc constitue par lui-même, comme le montre l’affaire Eric Brion, une sanction à l’encontre des abusifs et non pas une simple désignation en vue de sanction. Car comme on l’a dit plus haut, monsieur Brion a été victime d’un véritable lynchage social. L’a-t-il mérité ? Peut-être mais on en le saura pas, parce que la punition n’a pas eu lieu suite à un procès, qu’on a eu affaire à un mécanisme automatique, comme si  toute dénonciation avait valeur de preuve et d’évaluation du dommage. On connaît bien la situation pour avoir été nous mêmes (= public justicier) emportés dedans avec l’affaire de pédophilie d’Outreau
Pour un peu, on s’imaginerait être revenu à l’époque des combats de gladiateurs avec l’empereur, pouce baissé, qui condamne à mort le vaincu.



mercredi 29 mai 2019

EUROPÉENNES 2019: LA MACRONIE ENTRE JUBILATION ET VIGILANCE FACE AUX RÉPUBLICAINS

Ils n’ont pas sorti le pop-corn mais c’est tout comme. Dans la macronie, c’est avec cruauté que l’on observe depuis dimanche soir la droite plonger peu à peu dans le chaos. Il y a des connaisseurs. Les anciens socialistes notamment. Ils voient se reproduire chez leur adversaire historique l’enchaînement de querelles qui les ont régulièrement menés au bord du gouffre. Jusqu’à y tomber. Pour les macronistes, Les Républicains en sont là. L’idéal serait qu’ils y restent. Et de préférence avec Laurent Wauquiez à leur tête. Lu ici

Lorsque votre meilleur ennemi vous câline et, lorsque vous êtes malade, retape vos oreillers et s’assure que vous avez bien pris vos médicaments – Attention ! C’est qu’il pense que vous encourager à rester comme vous êtes est le meilleur moyen de vous étouffer. Comme par exemple pousser Les Républicains à garder Laurent Wauquiez comme chef de file. – C’est que Laurent Wauquiez a un défaut très visible mais qu’il ignore lui-même : son ambition dévorante transpire sur son visage et, dès qu’il prononce un discours personne ne croit à sa sincérité, sauf quand il lutte pour garder son leadership.
Supposez que vous soyez à la recherche d’un leader pour votre groupe politique. Vous allez chercher quelqu’un qui a du charisme ? Oui, bien sûr, mais pas n’importe quel « charisme ». S’il s’agit de se faire applaudir et de briller dans un salon, ce n’est pas suffisant. Il faut en plus que vous paraissiez sincère, que vos larmes coulent vraiment quand vous vous adressez à des victimes, que vos ennemis tremblent quand vous tonnez contre eux, que vous paraissiez juste sorti d’une sacristie quand vous vous faites moraliste.
Bref : ce qu’il vous faut c’est 3 hommes en un seul.



On comprend que les macronistes préfèrent Laurent Wauquiez !

mardi 28 mai 2019

FUMEURS OU ANCIENS FUMEURS, QUE RESTE-T-IL DE VOS POUMONS ?

Vendredi 31 mai : Journée mondiale sans tabac.
Si on cherche une maladie respiratoire fréquente mais peu connue en dépit des dégâts considérables dont elle est responsable, la réponse s’écrit en quatre lettres: BPCO. La broncho-pneumopathie chronique obstructive est en effet «responsable de 17.500 décès en France chaque année, de 120.000 personnes sous oxygène et d’un coût pour la collectivité estimé à 3,5 milliards d’euros par an», explique au Figaro le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue à La Rochelle et président de l’Association BPCO. Lu ici

Alors, les fumeurs – vous vous souciez de vos poumons ? Non, bien sûr, sans quoi ce n’est qu’avec peur et tremblement que vous vous risqueriez à en griller une !
En réalité la lutte contre la dépendance tabagique ne s’embarrasse pas d’information : vous apprendre ce qu’est la BPCO ne lui importe guère. Pour elle il faut des images fortes, frappantes, angoissantes, terrifiantes.


Voilà à quoi ont aboutis des siècles de progrès scientifique, de développement des techniques de diffusion, de démocratisation des politiques de santé publiques, etc.
--> On voulait croire qu’avec tous ces progrès les mentalités allaient évoluer, les intelligences dominer, les émotions primaires basculer dans un passé irrémédiablement dépassé. Les angoisses de l’homme primitif devant un monde inconnu, sa crédulité en face des représentations mettant ses émotions en feu – oui : tout cela devait être  prochainement et irréversiblement caduque, ridicule, « ringardisé » ?

Hé bien non ! Je note d’ailleurs que si l’évolution des espèces sélectionne les facultés en fonction de leur valeur dans la lutte pour la vie, alors les émotions, pourtant si primitives dans notre espèce ont encore de beaux jours devant elles.
Comprenez que lorsque tous les fumeurs auront disparus, détruits par leur vice et par la BPCO, les vertueux non-fumeurs risquent encore d’obéir plus à leur système limbique qu’à leur cortex frontal.

lundi 27 mai 2019

APRÈS LE COUP DE MASSUE DES EUROPÉENNES, LES INSOUMIS TENTENT D'ANALYSER LEUR DÉFAITE

"La structure gazeuse montre ses limites. On n'a aucun endroit pour parler", déplore  un ancien de la maison Mélenchon, pointant du doigt la structure atypique du mouvement. (Lu ici)

La capacité à synthétiser de façon imagée une pensée complexe est très précieuse surtout si elle est contre-intuitive, car alors elle stoppe la lecture passive et force la pensée à travailler. Car pour évoquer le style rhétorique de Jean-Luc Mélenchon la « structure gazeuse » ne viendrait pas spontanément à l’esprit – et pas plus pour évoquer des discours de haine baveuse.
Mais voilà : une pensée construite, comme n’importe qu’elle idéologie doit avoir un pivot, une racine qui la fixe à une origine profonde à partir de la quelle elle va croitre. Dans la « structure gazeuse » aucun centre, aucune organisation, pas de haut ni de bas, tout bouge en permanence, rien, aucune boussole pour se repérer.
On croyait pourtant que cela n’empêchait pas les mouvements politiques de prospérer : les émotions populaires sont ondoyantes, un jour ici, un autre là. Oui, mais à ce jeu on peut perdre aussi bien que gagner. Voyez les émotions larmoyantes et/ou furieuses suscitées par les gilets jaunes. « On en a fait des tonnes avec les gilets jaunes » concède un transfuge du parti des Insoumis. Oui, mais : les gilets jaunes qui ont voté sont allés le faire chez le RN. Allez savoir pourquoi ? Clémentine Autain met en cause le caractère clivant de Jean-Luc Mélenchon : « Trop de haine » dit-elle. Et Bardella ? Il a fait de la câlinothérapie peut-être ? 

Mais alors ? Ne seraient-ce pas ceux qui promettent des résultats immédiats et sans risques qui l’emportent ? Ceux qui, au lieu de prêcher le Grand soir promettent de prendre la clef de Bercy et de vider les caisses dans l’escarcelle des pauvres français.

COLIS PIÉGÉ À LYON : LES ENQUÊTEURS LANCENT UN NOUVEL APPEL À TÉMOINS AVEC DE NOUVELLES PHOTOS

Plusieurs interrogations subsistent sur l'auteur présumé de l'explosion survenue vendredi dans le centre-ville de Lyon. Les enquêteurs se concentrent sur une piste, celle de son vélo. Quelle est sa marque ? Que sait-on de son modèle ? L'a-t-il payé au moyen de sa carte bleue ? Par ailleurs, un nouvel appel à témoins a été lancé avec d'autres photos pour tenter d'obtenir de nouveaux témoignages. 


Vu et lu ici

(Le billet de ce jour ne tient pas compte de l’interpellation d’un suspect effectuée hier, faute d’avoir suffisamment d’information sur le rôle joué – ou pas – par les photos évoquées ici)

Tant qu’on n’aura que ça pour retrouver le terroriste, il pourra dormir tranquille : non seulement son camouflage semble bien suffisant pour lui permettre de passer incognito, mais encore la médiocrité des images sont surprenantes : on croyait les caméras de vidéo-surveillance plus performantes. Entre la personne dont le visage a été flouté (photo de gauche) et celui du terroriste qui est supposé non retouché, on en voit guère de différence.
D’ailleurs les questions pompeusement relayées par la télé montrent bien la pauvreté des indices : Reconnaissez-vous ce vélo ? Quelle est sa marque ? En avez-vous vendu récemment ? L’acquéreur a-t-il payé avec sa carte bleue ? Franchement, lancer un « Appel à témoin » sur cette base, c’est un peu dérisoire.
On dira que Mohamed Merah avait été pisté grâce au scooter volé qu’il avait utilisé. Seulement son scooter était muni d’un GPS et il est peu probable que les vélos d’aujourd’hui en soient pourvus
Oui, le terroriste-à-vélo n’a plus qu’à recharger son sac à dos et regonfler ses pneus : il a tout loisir de recommencer tant qu’il veut. Car à la différence des kamikazes, il est en état de recommencer son coup et autant de fois qu’il le voudra.

dimanche 26 mai 2019

RÉSULTATS EUROPÉENNES 2019: ÉCHEC DES LISTES GILETS JAUNES

Les listes estampillées "gilets jaunes" font un flop, comme celles intégrant des figures du mouvement. L’échec était annoncé, mais il est cuisant. Les gilets jaunes ont mobilisé dans la rue, pas dans les urnes. Les deux listes issues du mouvement de contestation sociale qui a provoqué la plus grande crise du quinquennat n’ont mobilisé ensemble que 0,5% des électeurs ce dimanche 26 mai, selon les premières estimations. (Lu ici)

Difficile pour l’humble commentateur que je suis de faire autre chose ce matin que répéter les commentaires déversés à flots sur l’élection européenne d’hier – sauf à parler des Gilets-jaunes. Car – sauf oubli de ma part – peu ou pas de commentaires sur l’absence au palmarès de listes gilets-jaunes à part les deux listes dont le score était tellement résiduel qu'il n'apparaissait que dans l’entassement des « autres listes » dont on ne donnait pas le nom tellement il était insignifiant ; mieux encore, les « personnalités » (faute de dire les « figures ») gilets-jaunes font sombrer les listes qui les ont accueillis dans le néant.
Bon, tout ça ce n’est pas franchement étonnant, ne pensez-vous pas ? Je veux dire que la « pensée gilet-jaune » s’est incarnée une fois encore en creux dans cet abime électoral, elle vient hanter ces cris de joies ou ces larmes post-électorales, comme si son originalité à elle, c’est précisément cette absence. On a dit et répété que ce mouvement était apolitique, qu’il récusait toute récupération, et même plus significativement qu’il récusait également quiconque oserait se présenter comme son porte-parole. Le peuple affamé, humilié, oublié s’est levé en masse bien décidé à se servir lui même, décider lui-même pour lui-même animé par la volonté de remplacer les politiciens non pas par des hommes dévoués à sa cause, mais seulement par lui-même sans le moindre espace entre lui et le chantier politique (ou social ? ou économique ?)
Bref : quant on a dit que ce mouvement récusait toute forme d’action politique, on n’a pas dit encore l’essentiel : c’est que va-t-il faire en lieu et place de cette action ? Rentrer dans le rang, dans le silence des sans-grades ? Ou bien prendre la rue pour forcer les portes partout où il y du pouvoir ? D’ailleurs quand une manifestation gilets-jaunes s’annonce les banques sont les premières à protéger leurs vitrines.
"- Bienvenue à Amiens, son musée Jules-Verne, son étoile du nord" (Photo et légende de Carole P-Psy Voir ici)

C’est dire !

LE PARMESAN, NOUVELLE SOURCE DE TENSION ENTRE LA FRANCE ET L’ITALIE

Le parmesan risque de refroidir encore un plus les relations entre la France et l’Italie, déjà tendues depuis plusieurs mois. Selon la presse de la péninsule, le géant français Lactalis serait intéressé par un éventuel rachat du groupe Nuova Castelli, l’un des principaux exportateurs du Parmigiano Reggiano et qui compte aussi dans son escarcelle des marques de gorgonzola et de mozzarella. (Lu ici)

L’Italie scandalisée par la vente de Nuova Castelli à la France ? C’est quoi cette histoire ? Comme si on ne savait pas que ce groupe était depuis 2014 détenu à 80% par… Charterhouse un fonds britannique ! Si l’Italie veut racheter le groupe fromager au passage, qu’elle le fasse, et puis n’en parlons plus !
Quoique… Rappelons-nous l’histoire des chantiers de l’Atlantique rachetés par le groupe italien Fincantieri (lire ici) : le fleuron de l’industrie navale française qui passe sous pavillon italien, c’est ça le problème ? Ou alors c’est une affaire de position dominante dans la concurrence des chantiers navals ? Ça avait fait scandale et les allemands s’en étaient mêlés histoire de montrer que eux aussi ils savaient construire des jolis bateaux.
Peut-être, mais avouez que la concurrence dans les fromages a une autre portée. Car il s’agit de savoir si les fabricants de camemberts, maroilles et autres roqueforts seront aussi capables de fabriquer du parmesan-gorgonzola-mozarella ? C’est là que le bât blesse, car l’attachement du produit au terroir est le fondement de la gastronomie, chose en la quelle les italiens croient – comme nous d’ailleurs.
Oui, nous sommes d’accord avec nos voisins transalpins : « Délocalisez tant que vous voudrez les chantiers de bateaux. Mais laissez-nous nos fromages ! »

samedi 25 mai 2019

AU SOMMET DE L'EVEREST, CETTE ALARMANTE PHOTO D'ALPINISTES BOUCHONNANT



Depuis le début de la saison, fin avril, huit personnes sont mortes en tentant de gravir l’Everest, contre cinq, au total, l’année dernière. Certaines avaient attendu des heures en “zones de mort”.
Cet Indien de 27 ans, par exemple, décédé sur le chemin du retour après avoir atteint la cime. “Il était coincé dans l’embouteillage pendant plus de douze heures et était épuisé”, a expliqué à l’AFP l’agence Peak Promotion, organisatrice de son expédition. (Lu ici)

Non, il ne s’agit pas d’une file d’attente  au tire-fesse de La Plagne ; et pas non plus d’un montage en vue de faire circuler une fakenews de plus.
Oui, c’est bien le sommet de l’Everest, embouteillé d’alpinistes venus des 4 coins du monde pour accomplir cet exploit qui, arrivé sur place, sera partagé avec tous ces gens qui se bousculent au sommet. D’ailleurs on se demande comment il se fait qu’on n’ait pas déjà installé là-haut une terrasse avec transat, gobelet de coca et … masque à oxygène quand même.
A l’heure où ces #hérosdelamontagne se bousculent après avoir accompli des efforts surhumains, des paysans dans les vallées meurent de faim et d’épuisement après avoir gratté leur pauvre terre également épuisée. Et plus loin des pécheurs tentent de survivre en sortant par tous les temps, accomplissant des exploits qui ne seront enregistrés par personne.
On se dira qu’il est réconfortant que le bien-être et l’abondance n’éteignent pas cette rage de se surpasser, et que c’est là ce qu’il faut retenir de cet embouteillage dans les cieux. On dira peut-être qu’en applaudissant les riches on n’oublie pas pour autant les pauvres.
… Peut-être…

vendredi 24 mai 2019

ROYAUME-UNI : BROYÉE PAR LE BREXIT, THERESA MAY DÉMISSIONNE

On sait combien j’ai été ému de la ténacité de Theresa May tout au long de ce calvaire qu’elle a gravi avec son projet d’accord sous le bras, alors que les députés des communes la rabrouaient méchamment à chaque tentative pour obtenir qu’ils le votent.



La voici à l’instant où elle annonce son retrait, sa capitulation devrait-on dire, tant elle a combattu durant des heures des jours des semaines et des mois… Des larmes coulent à présent sur son pauvre visage : qui donc aurait le cœur assez dur pour se moquer ?

Et puis on se dit que – peut-être – tout cela n’est que vanité : au départ, Theresa May n’était même pas convaincue de la nécessité de quitter l’Europe, elle a pris cette mission en charge comme un brave soldat qui doit aller infiltrer les lignes ennemies et en revenir avec le plan de ses positions. Comme lui elle devait infiltrer Bruxelles et en revenir avec un plan qui ravirait les députés des Communes. Seulement elle a échoué : elle est bien revenue avec un plan sous son bras, mais au lieu d'être félicitée pour sa bravoure et sa ténacité, elle a du essuyer les sanies que lui ont réservées ses compagnons.
- La voici en larmes aujourd’hui : sa mission a échoué, la Grande-Bretagne va quitter l’Europe sans elle – Qu’est-ce que ça change ? Ce n’est plus elle mais (probablement) Boris Johnson qui va maintenant prendre les coups venus de son propre parti : après tout, peut être qu’il aime ça ?

FESTIVAL DE CANNES : LES 3,5 MILLIONS D'EUROS DE BIJOUX DISPARUS DESTINÉS À LA CHANTEUSE RITA ORA RETROUVÉS

Alors que des bijoux d’un grand joaillier censés être acheminés jusqu’à Cannes pour orner la chanteuse londonienne Rita Ora lors du festival avaient disparu au cours de leur acheminement il y a quelques jours, ceux-ci ont été retrouvés intacts à Londres, dans le bagage qui les transportait.
D’après les premiers éléments de l’enquête, c’est une femme, chargée par le joaillier de luxe d'apporter la parure sur la Croisette, qui avait signalé les faits auprès de la police, à l’aéroport.
A la sortie de l’avion, elle avait indiqué avoir oublié ses bagages en cabine et tenté de rebrousser chemin, ce que la police aux frontières ne lui a pas permis. Selon son récit, c’est dans son manteau et son bagage que se seraient trouvés les bijoux. Pour un montant total non négligeable de 3,5 millions d’euros. 
Le joaillier a finalement pu récupérer la totalité de sa précieuse marchandise. (Lire ici)

Tout le monde se demande : comment peut-on oublier des bijoux pour une valeur de 3,5 millions d’euros dans un avion ?
Et pourquoi pas ? Après tout, la mémoire immédiate peut fort bien s’absenter ou simplement se focaliser sur autre chose, comme lorsqu’on est préoccupé par un sujet différent. Simplement on voudrait que cette préoccupation soit suffisamment importante pour dissiper le souvenir des bijoux à 3,5 millions… et c’est là que se pose l’alternative : ou bien il s’agit d’un évènement très-très important ; ou bien ce sont les bijoux qui ne sont pas si importants que cela. Après tout ce ne sont que des cailloux, qui n’ont d’intérêt que de venir prendre place dans l’énumération rigolote des pluriels en « x » : bijoux-hiboux-choux-genoux-cailloux-joujoux et poux 
… Et de réentendre votre nourrice vous chantonner « viens mon chou, mon bijou, mon joujou, sur mes genoux, et jette des cailloux à ce hibou plein de poux ». Et flûte pour les bagages oubliés le temps de cette comptine.

jeudi 23 mai 2019

L’ÉTAT DE WASHINGTON LÉGALISE LE "COMPOST HUMAIN", UN ENTERREMENT ALTERNATIF ET ÉCOLOGIQUE

La loi autorisant la "réduction organique naturelle" - officiellement définie comme la "conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus" a été promulguée le 21 mai et devrait entrer en vigueur en mai 2020.
--> « Réduction organique naturelle » : quésaco ?
Selon les détails communiqués par l'entreprise, il s'agit tout simplement d'accélérer le processus naturel de décomposition du corps en le plaçant avec de la paille, des copeaux de bois et de la luzerne dans un conteneur, où sont créées les conditions idéales d'humidité et d'oxygénation pour que les bactéries fassent leur travail.
"Tout est recomposé, y compris les dents et les os" La méthode produit environ un mètre cube d'humus, soit l'équivalent de deux brouettes, que les familles pourraient répandre dans leur jardin, voire utiliser pour faire pousser un arbre à la mémoire du défunt. (Lu ici)

Désormais, vous ne mettrez plus grand-père dans un trou avec une pierre tombale dessus pour qu’il ne revienne pas vous embêter la nuit d’Halloween. Non. Vous allez le transformer en terreau de rempotage et quand vos géraniums irradieront votre jardin de leurs belles fleurs rouges, vous aurez une pensée pour lui : « Le rouge lui va si bien, lui qui a été un indéfectible militant CGT »
Alors l’Eglise proteste (aux USA) : « Manque de respect envers le défunt ! ». Et les entreprises de Pompes funèbres y voient une concurrence déloyale, parce que moins chère que les inhumations classique (1). 
- Et vous cher lecteur qu’en pensez-vous ? Seriez-vous prêt à vous faire pourrir bien proprement et bien totalement ? Que rien ne reste de vous et qu’au Jugement dernier on ne retrouve de vous même pas un tout petit os à envoyer rôtir en enfer ? Et puis, qu’entre temps vous soyez partie prenante dans le cycle naturel des saisons ?
Pourquoi pas ? Mais surtout ce qui compte c’est la signification nouvelle apportée par cette méthode. Alors que l’inhumation classique vous permettait de « reposer », celle-ci  vous propose de travailler de concert avec la nature. Alors que la crémation permettait de répandre symboliquement les cendres du défunt en un lieu que le cher-défunt avait apprécié durant sa vie (une rivière, un circuit automobile, un théâtre, un cinéma, le comptoir d’un bistrot…), le voilà transformé en arbre ou en parterre, et son souvenir qui revient ravir ses descendants à chaque printemps.
Et en plus, la méthode est bonne pour la planète !
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(1) La startup Recompose™ prévoit de facturer 5.500 dollars pour une "réduction organique", davantage que le prix moyen d'une crémation mais moins qu'un enterrement avec cercueil.

mercredi 22 mai 2019

AU ROYAUME-UNI, VAGUE D'ATTAQUES AU MILK-SHAKE CONTRE L'EXTRÊME DROITE

La campagne pour les européennes au Royaume-Uni a pris un tour laiteux après plusieurs incidents impliquant des milk-shakes déversés sur des politiciens d’extrême droite. Le dernier milk-shake, lundi, a visé Nigel Farage, provoquant un débat sur ce type de protestation et l'émergence de nouveaux slogans comme «lactose contre l'intolérance». (Lu ici)

Bien sûr ce genre de manifestation d’opposition rappelle le célèbre « entarteur belge » dont l’action il y a quelques 10 ou 15 ans visait des célébrités, montrant que leur niveau d’intervention ne méritait rien de plus que ce…
Ce quoi, au fait ? Que veut-on dire quand on balance une tarte à la crème ? Que la victime désignée est un comique, au niveau des mauvais films comiques d’autre fois ? 


Mais aujourd’hui, les Italiens ont élu des membres du parti fondé par Bepe Grillo, un comique de la pire espèce ; et les ukrainiens ont choisi comme chef d’Etat Vlodymyr Zelensky, acteur principal d’une série télé humoristique. Autant dire que l’entarteur peut prendre sa retraite, rattrapé par le réalité : ce qui était injure autre fois est devenu argument électoral aujourd’hui.

Toutefois, on doit également s’intéresser au milk-shake devenu arme par destination (1) : arroser un candidat de milk-shake, qu’est-ce que ça signifie ? Du fait de la composition du cette boisson (2) on devine qu’il ne s’agit que de souiller les vêtements avec ce qu’on a sous la main. C’est finalement moins agressifs que d’utiliser de l’encre ou de la peinture, mais ça dit à peu près la même chose : que le candidat n’a plus qu’à aller se rhabiller. 
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(1) « A Edimbourg, juste avant un passage de Nigel Farage, le McDonalds local a cessé de vendre des milk-shakes à la demande de la police. Son grand rival Burger King s’est alors empressé de twitter «chers amis d’Ecosse. Nous vendons des milk-shakes tout le week-end. Amusez-vous bien. LoveBK #Jedisçajedisrien». » 
(2) Mixer ensemble 50 cl de lait entier, 3 gouttes de vanille liquide, 1 l de glace vanille et décorer avec de la Crème chantilly et quelques copeaux de chocolat.

mardi 21 mai 2019

L'AVOCAT DES PARENTS DE VINCENT LAMBERT SALUE UNE "REMONTADA" APRÈS LA DÉCISION ORDONNANT LA REPRISE DES SOINS

La cour d'appel de Paris a demandé la reprise de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, ordonnant ainsi à l'Etat de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH). Cette décision a été vivement saluée par Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert, qui a même évoqué "une remontada" (lu ici)

Nombreux sont ceux qui ont été choqués par ce vocabulaire, issu des reportages sportifs. La mise en sédation profonde de Vincent Lambert n’était pas à leurs yeux une question de gain ou de perte dans un match engagé avec la justice française, mais la recherche de la situation la mieux conforme avec les principes de l’humanité. 
Telle quelle, cette déclaration dans le feu de la surprise n’est choquant que dans la mesure où elle révèle ce qu’on cache bien d’habitude : le caractère de plaisir et de frustration mis en jeu par les combats en principe engagés à des niveaux beaucoup plus fondamentaux. Que nous importe que maitre Paillot (l’avocat de la mère de Vincent Lambert) soit heureux ou pas de la décision prise par la Cour d’appel de Paris ? Ce que nous voulons, c’est que la situation de Vincent soit la mieux appropriée avec la situation humaine qui doit prévaloir pour lui.

- Il y a aussi une autre façon de percevoir cette exclamation : la considérer comme conforme à ce que les présentateurs d’informations qui peinent à passionner leurs auditeurs 24 heures sur 24 trouvent pour stimuler leur intérêt. Comme nous vivons dans une ambiance où tout se résume par des émotions alors ils « exportent » celles des sports vers des situations sans rapport avec elles. Combien de fois avons nous entendu qu’un opposant à tel ministre l’avait sévèrement « taclé » ? 

lundi 20 mai 2019

ITALIE : DES MIGRANTS DÉBARQUÉS À LAMPEDUSA, LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR FURIEUX

La justice italienne a ordonné la saisie du bateau humanitaire Sea Watch 3, ancré au large du port de Lampedusa en Sicile, permettant aux 47 migrants à bord de débarquer.
Matteo Salvini, qui depuis quatre jours refusait que soient débarqués les 65 migrants secourus en mer par le Sea Watch, le 15 mai, à trente milles des côtes libyennes – devenus 47 après l’évacuation de 18 personnes, des familles avec enfants –, doit bien admettre que l’opération aura bien lieu. Et il voit descendre sur le petit quai Favaloro de Lampedusa une femme enceinte, pieds nus, qui a été chargée d’ouvrir la marche, avec son compagnon. (Lu ici)

La fureur du ministre de l’intérieur n’a d’égal que sa cruauté : comment peut-il ne pas se confondre en excuses pour avoir dit que ces gens pourraient rester en mer jusqu’au 15 aout – autant dire que cette femme allait été contrainte à accoucher à bord du bateau ? Mais retranché derrière ses convictions (du moins on l’espère), arcbouté sur les vivats de la foule, il n’y a plus d’être humains – je veux dire : plus d’être réel, fait de chair et d’os. D’ailleurs, comment imaginer que soit possible de prendre tranquillement connaissance des morts par noyades en fuyant la Lybie et de dire : « Après tout ils n’avaient qu’à rester chez eux » ?
Oui, je ne souhaite pas larmoyer, mais je ne veux pas édulcorer non plus la situation : n’y aurait-il pas là une occasion à secouer les dirigeants des pays européens, pour qu’ils se disent : « Organisons un conclave sur la situation en mer méditerranée réunissons-nous, scellons la porte et ne ressortons que quand nous aurons trouvé une solution, sans passion et sans contrainte. »
Voilà : il est tellement plus simple d’effacer la femme enceinte et de mettre à la place une anonyme, ressortissante Somalienne, noyée dans le flots des demandeurs d’asile de la Corne d’Afrique. 
« Noyée dans le flot des migrants » ? En attendant d’être noyée dans les flots de la méditerranée.

dimanche 19 mai 2019

LES SUISSES APPROUVENT UN DURCISSEMENT DE LEUR LÉGISLATION SUR LES ARMES

En Suisse, pays où les fusillades sont très rares, l'attachement pour les armes est ancré dans la tradition d'une armée de miliciens gardant leur fusil chez eux.
Avec la nouvelle loi, le fusil de l'armée ne sera pas classé dans la catégorie des calibres dits "interdits" si son propriétaire le garde à la fin de son service militaire. Il le sera en revanche désormais s'il est transmis à un héritier ou vendu.
Avant le vote, le gouvernement suisse avait averti les électeurs qu'un rejet de cette nouvelle législation pourrait aboutir à une exclusion de la Confédération des accords européens de Schengen et de Dublin auxquels elle est associée tout en n'étant pas membre de l'UE. 
Une telle exclusion aurait eu des conséquences dans les domaines de la sécurité et de l'asile, mais aussi en matière de tourisme, et coûterait "plusieurs milliards de francs suisses par an", avaient averti les autorités fédérales. (Lire ici)

Voilà une information bien utile pour relativiser certaines de nos croyances.
- D’abord profitons de l’exemple de la Suisse pour réfuter l’idée que les Américains perpétuent des tueries simplement parce qu’ils détiennent des armes. Les suisses quant à eux sont bien armés jusqu’aux dents, ils adorent ça, mais pour autant on n’entend pas qu’ils s’en servent pour se massacrer les uns les autres. Autant croire que les américains aiment jouer au cowboy et que les westerns sont les premiers responsables de ces tueries.
- Ensuite, on s’aperçoit que le souci de ne plus constituer une menace pour la sécurité est loin d’être le motif principal de ce vote, parce qu’également, dans le cas contraire, le pays aurait été exclu de la zone Schengen avec les conséquences financières que cela aurait causées.
Et s’il y a un lien social fort en Suisse, ce n’est pas exclusivement le sentiment d’appartenir à la nation helvète, c’est aussi l’adoration du franc suisse.

AUTRICHE: KURZ MET FIN À LA COALITION DE DROITE ET ANNONCE DES LÉGISLATIVES ANTICIPÉES

«J'ai proposé au président de la République que de nouvelles élections soient organisées, et cela le plus tôt possible», a déclaré le chancelier Kurz lors d'une allocution devant la presse, quelques heures après la démission du numéro deux du gouvernement et chef du FPÖ Heinz-Christian Strache, mis en cause dans une vidéo l'accusant de tentative de collusion en lien avec la Russie. Cette annonce a été saluée dans la liesse par quelques milliers de manifestants rassemblés devant la chancellerie pour dénoncer une «honte pour le pays» et réclamer un nouveau scrutin. (Lire ici)

On avait découvert le FPÖ sous la présidence de Jörg Haider, président homosexuel d’un parti homophobe. Le revoici avec un blason de nationalisme prêt à vendre les intérêts du pays aux russes en échange d’un soutien financier : occasion de vérifier qu’à droite, la loi est faite par les chefs mais non pas pour les chefs – ce qui est l’expression de la souveraineté non-démocratique puisqu’en démocratie personne n’est au-dessus de la loi.
Quoique... Sommes-nous, nous autres démocrates, tellement purs ? Le pouvoir, quel qu’en soit l’origine,  n’est-il pas un agent corrupteur ? On dira qu’il suffit de constater que les dirigeants sont obligés de démissionner sous les huées quand ces malversations sont découvertes pour être sûr d’être bien dans une démocratie. 
- Oui, mais : voyons de plus prêt le cas Balkany. Voilà un élu local qui, de notoriété publique, détourne de l’argent et qui se comporte comme un filou ; et les citoyens de sa ville déclarent à qui veut l’entendre que s’il n’est pas frappé d’inéligibilité ils sont malgré cela prêts à le réélire maire de Levallois l’an prochain. Un bref examen du passé nous rappellerait s’il était nécessaire que ce fut le cas de Jacques Médecin à Nice, preuve que nous n’avons pas affaire à un cas particulier. 
Tout se passe comme si la moralité importait peu au regard de l’intérêt des populations. Autant Balkany avec son gros cigare paraît puissant et bienveillant à l’égard des ses administrés, autant le chef du FPÖ, complotant en secret avec la pseudo-nièce d’un oligarque russe paraît menaçant à l’égard des innocents électeurs qui croient élire un authentique nationaliste. Qu'il soit destitué et honni jusqu'à la 6ème génération !
Que pèse la morale personnelle dans tout cela ?

samedi 18 mai 2019

LES INÉGALITÉS SE RÉDUISENT-ELLES PLUS VITE EN CHINE QUE DANS L'UNION EUROPÉENNE, COMME L'AFFIRME MANON AUBRY ?

"La comparaison avec la Chine [effectuée par Manon Aubry] n'est pas pertinente", juge toutefois Mary-Françoise Renard, responsable de l'Institut de recherche sur l'économie de la Chine (Idrec). Car, explique-t-elle, "la Chine était à la fin des années 1970 l'un des pays les plus pauvres du monde" et "le niveau de vie y a ensuite augmenté", au gré d'un développement économique à marche forcée, "en engendrant de très fortes inégalités".

(Toutefois) en Chine, d'importants investissements ont en effet été décidés par un pouvoir central très dirigiste dans la santé et l'éducation en faveur des classes populaires et moyennes. 
Les démocraties européennes pourraient mettre en place de telles mesures sans se renier aucunement, juge l'expert. L'Europe résiste certes mieux que de nombreux pays à la montée des inégalités sur le temps long, mais ne doit pas négliger le fait que l'on pourrait mieux faire si on le voulait." (Lu ici)

Donc on ne pourrait sans risque d’erreur faire une telle comparaison, sauf à vouloir pointer des opérations de justice sociales particulières, comme celles concernant la santé et l’éducation ? Mais ce n’est évidemment pas à cela que pensait la tête de liste des Insoumis. L’idée est de cibler un modèle d’inégalités sociales et de nous comparer à ce repoussoir : si on fait pire que la Chine alors on est sûr d’avoir le gouvernement le plus détestable. Mais pourquoi avoir besoin de nous comparer ? Tantôt à l’Allemagne, tantôt à la Chine, tantôt à… ? Je ne sais pas trop quels autres pôles choisir, mais il est sûr qu’on ne se contente jamais de notre propre ressenti. Ne sommes-nous pas en réalité à la recherche de preuves établissant à quel point on devrait se sentir malheureux ? Et pourquoi tant qu’à nous comparer ne pas rechercher des comparaisons qui montrent combien nous sommes enviés ailleurs ? Par exemple, lorsque nous pleurons après le désert médical français ne pas aller voir ce qui se passe au Venezuela ? Voilà un pays développé, qui il y a quelques années encore avait dans ses grandes villes de très beaux hôpitaux ; et les voilà aujourd’hui réduits au pire – pire encore que les hôpitaux des villes sub-sahariennes, car ceux-ci ont sans doute une alimentation en eau courante, ce qui n’est même plus le cas au Venezuela. 
Le parti mélanchonien a eu la marotte de nier en bloc les descriptions catastrophistes concernant le Venezuela : est-ce la raison pour la quelle Manon Aubry ne l’a pas choisi pour effectuer sa comparaison ?

vendredi 17 mai 2019

PROCÈS BALKANY, TROISIÈME JOUR : PATRICK BALKANY ENCHAÎNE LES "PUNCHLINES" ET TACLE LE FISC

"Nos familles avaient de gros moyens, on a peut-être été mal habitués mais on a bien vécu", plaide-t-il. Après un quart de tour sur sa droite vers le procureur, il s'adresse à ce dernier avec un petit air compatissant : "Je suis désolé pour l'administration fiscale qui ne comprend pas que l'on puisse dépenser plus que ce que l'on a gagné."
Son propre avocat l'a arrêté, juste après une question sur ses éventuels regrets. "Celui d'être devant vous. J'aurais préféré qu'on aille boire un café", a-t-il répondu. Lu ici.

Patrick Balkany ose tout, et il lui est beaucoup pardonné… Car l’opinion publique n’enfile pas du tout un gilet jaune quand elle entend les rodomontades du maire de Levallois-Perret ! Imaginez un seul petit instant Emmanuel Macron tenant de pareils propos ! Les hurlements hostiles contre son cynisme, son mépris des petites gens qui ne risquent pas de dépenser plus qu’ils ne gagnent, et qui n’ont sûrement pas des billets de 500 € dans le tiroir de la commode – pas même un pauvre petit billet de 5 
Dès qu’il s’agit de monsieur Balkany, le public est attentif, un peu comme on l’est au spectacle et qu’on a payé sa place pour rire un peu. Au point que si quelqu’un écrivait «  Je connais son médecin, celui qui a déjà visité ses parties intimes : il le confirme, monsieur Balkany a les c… en or ! » il aurait les rieurs pour lui et peut-être certains le croiraient pour de bon. On dira que le personnage « haut en couleurs » et fort avenant force la sympathie ; que sa réputation de riche qui n’a pas des oursins dans les poches quand un de ses administrés a une difficulté passagère avec son compte en banque, le rend particulièrement proche des levalloisien et des levalloisiennes ; et que c’est pour cela qu’ils l’ont régulièrement réélu, malgré toute une batterie de casseroles attachée à ses basque – et qu’ils sont prêts à le refaire en 2020 si d’ici là les juges ne l’ont pas déclarés inéligibles.
Mais peut-être aussi que tous ces gens en côtoyant monsieur Balkany se sont dit, dans leur fors intérieur : « Ah ! Si seulement j’étai riche comme lui, je ferais la même chose. Je n’irais pas déclarer mon argent au fisc. Ça, c’est bien sûr ! »

jeudi 16 mai 2019

FRÉDÉRIC PÉCHIER, L’ANESTHÉSISTE DE BESANÇON, SUSPECTÉ D’AVOIR EMPOISONNÉ UNE CINQUANTAINE DE PATIENTS

Des doses de potassium et d’anesthésiques auraient été administrées volontairement à des patients qui ont fait un arrêt cardiaque à la suite d’une intervention chirurgicale souvent sans risque notable.
Les enquêteurs soupçonnent l’anesthésiste d’avoir sciemment modifié les poches d’injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur. (Lu ici)

On dit ces jours-ci que l’anesthésiste de Besançon s’est comporté comme un pompier pyromane. C’est vrai mais partiellement ; car il n’a pas agi dans l’espoir de voir mourir ses patients, mais bien de les sauver en les réanimant, prouvant par là sa qualité d’excellent médecin. C’est vrai que connaissant et le risque avant même qu’il se déclare et la nature du produit responsable (et donc celle des médicaments à injecter), il avait plus d’une longueur d’avance sur les confrères. (1)
On frémit à la pensée qu’on puisse infliger la mort à des hommes et à des femmes – voire même à des enfants – rien que pour se faire admirer. On se dit que bien des gens seraient alors prêts à commettre des délits, voire même des crimes, pour grimper dans la hiérarchie ou pour être bien vus dans l’entreprise. Comme de pousser un collègue et rival dans l’escalier pour avoir tous ses clients ; ou pour lancer une campagne de dénigrement contre lui sur les réseaux sociaux. Mais de là à commettre des assassinats ! Toutefois il faut écouter les spécialistes des serial-murders : la donnée invariante dans la personnalité de ces criminels, c’est l’absence totale d’empathie. Ils sont de ce fait insensibles et inaccessibles aux remords et à la mauvaise conscience.
Peut-être y a-t-il de nombreuses personnes comme ces gens-là, ignorant tout affect à l’égard des autres, mais qu’on ignore parce qu’elles n’ont pas commis de tels actes.
Mais peut-être ont elles quand même commis des agissements sous la même impulsion ?
--> La « sal… (ou le sal…) » qui vous a plaqué.e récemment : est-ce qu’il.elle a eu mauvaise conscience ?
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(1) Il est vrai que le dossier tel que dévoilé hier par le procureur général est plus complexe : l’anesthésiste aurait aussi empoisonné les patients de ses confrères en raison des différends qu’il aurait eus avec eux.

mercredi 15 mai 2019

LA ROCHE-SUR-YON : QUI S'AMUSE À PLONGER LA VILLE DANS LE NOIR TOUTES LES NUITS ?

Depuis plusieurs jours, une personne éteint les lampadaires et les feux tricolores de La Roche-sur-Yon. La ville a porté plainte et une enquête a été ouverte.
Alors acte militant pour réduire la consommation d’électricité ou blague de mauvais goût ? Dans tous les cas, cela entraîne un véritable problème de sécurité publique pour les piétons, les automobilistes. (Lu ici)

Jour… Nuit ! Tout le monde connaît ce jeu idiot des petits enfants qui ont mis la main sur l’interrupteur du salon. Qu’est-ce qui les motive ? Rien d’autre que de sentir qu’ils peuvent se faire remarquer, et surtout qu’ils ont la puissance de maitriser le passage du jour à la nuit – et réciproquement. 
Et si celui qui a été assez malin pour prendre le contrôle de l’éclairage public de La Roche-sur-Yon était un adulte avec un cerveau de petit enfant ? Après tout il y a, nous le savons bien, de parties de nous-mêmes qui viennent en ligne directe de nos premières années, comme un goût immodéré pour certaines sensations corporelles ou pour les seins de la nourrice. Alors pourquoi ce jeu ne serait-il pas assez jouissif pour faire oublier toutes les obligations du citoyen ?
Notez que les autorités ne sont apparemment pas sur cette piste, privilégiant celles d’un militant écolo ou d'un malfaisant qui aurait quelques comptes à régler avec la municipalité ; c’est qu’on ne peut s’empêcher, quand on est policier, d’enquêter avec un cerveau rationnel. Mais si justement une part de notre cerveau – celui du malfaisant en particulier – avait gardé la même structure que quand nous avions 2 ans, ça changerait tout, n’est-ce pas ? Un coup à remettre l’analyse transactionnelle au programme des écoles de police. (1)
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(1) En analyse transactionnelle, le patient apprend à repérer trois facettes importantes de sa personnalité, qui le construisent : l'Enfant, le Parent et l'Adulte. Des facettes que nous utilisons pour communiquer avec notre interlocuteur. Lire la suite ici

mardi 14 mai 2019

PÉKIN CONTRE-ATTAQUE, LES BOURSES MONDIALES PLONGENT

La Chine annonce ce lundi qu'elle va taxer pour 60 milliards de dollars de produits américains. Cette mesure de rétorsion marque une nouvelle dégradation des relations commerciales sino-américaines, lesquelles s'étaient brutalement crispées début mai, Washington accusant Pékin d'avoir fait marche arrière dans les négociations commerciales que les deux parties mènent depuis plusieurs mois.




Ça, c’est le graphique des cours de la bourse de New-York, tel que représenté sur le site de la Tribune. Je vous jure que c’est vrai !
Alors moi, quand je vois ça, je ne vois pas un graphique boursier, mais un incendie de forêt vu du ciel pendant la nuit – et vous aurez remarqué que la télé nous montre des images comme celles-là tant qu’elle le peut, plutôt que des plans sur des pompiers actifs avec grosses lances.
Car c’est bien ça qui frappe à la vue de cette image : c’est qu’elle ne nous informe pas du tout sur la réalité de la chute des cours. Certes cette ligne toute en dentelures descend – si on la regarde de gauche à droite, mais elle monterait plutôt si on la parcourait de droite à gauche. Et rien pour nous guider, pas un chiffre, pas une échelle, pas un repère dans le temps.
Mais pour nous, serait-ce bien important d’avoir tous ces détails ? Avez-vous des actions cotées à New-York ou à Pékin ? Non, bien sûr : pour vous comme pour moi, tout cela n’est qu’un fait divers comme un autre, et si la Chine avait envoyé une escadre pour prendre possession d’un îlot du Pacific sur le quel elle n’a aucun droit, ça aurait exactement la même signification, celle de nous distraire le temps de la lecture.
Car, voilà : les américains ont fait de l’information une branche du show-biz, et ils l’ont rebaptisée « infotainment » créant ainsi un mot valise, contraction de « information » et de « entertainment » (divertissement). Avouons que le morphème « info » est déjà de trop.

lundi 13 mai 2019

APPARTEMENT DU FUTUR : LE FASCINANT PROJET FNAC DARTY FAIT (UN PEU) PEUR

Jusqu'au 24 mai, la Fnac et Darty ouvrent leur Appartement du futur à Paris qui met en scène la plupart des objets connectés du moment dédiés à la maison
« Face au miroir connecté de la salle de bains du futur, on peut découvrir son agenda du jour, lancer une vidéo ou une radio, demander à Google Assistant (décidément présent partout) de vous rappeler un fait important de la journée.
Mais on peut aussi scanner son rouge à lèvres, un tuto vidéo se lancera pour assortir au mieux le maquillage de vos yeux à la couleur choisie. Fascinant ? Oui. Inquiétant, aussi ». (Lu ici)

Inquiétant, oui parce qu’on n’a ici affaire qu’à un exemple parmi beaucoup d’autres des applications qui prennent en charge les décisions qui, au quotidien, accompagnent le tenue d’une maison pourtant bien ordinaire. Devant le miroir de la salle de bain, le fantastique qui faisait rêver nos ancêtres et qui consistait à demander : « Miroir, dis-moi qui est la plus belle ? » n'est plus ; car voici ce qu'on demande à présent : « Miroir dis-moi si mon rouge à lèvre est bien accordé à la couleur de mes yeux ? » Ou – pire encore : « Miroir, rappelle-moi si j’ai une lessive à faire tourner aujourd’hui ? Et s’il reste du linge à repasser dans la corbeille ? » 
Vivons-nous donc dans un monde sans merveilleux ? Où la puissance de rêver a disparu au profit de la gestion des yaourts dans le frigo ? Où les merveilleuses machines qu’on nous invente n’ont pour but que de nous entretenir de la banalité du quotidien ?
Sans doute… Mais, pas tout à fait, car voyez le cas des jeux sur écrans : les personnages les plus fantastiques deviennent réels tant leur présence sur nos consoles est non seulement constante mais encore partagée par nos amis et relations. 
Le fantastique est donc toujours bien présent, mais c’est son contenu qui a changé : aujourd’hui quand une actrice meurt d’un cancer, c’est d’abord à son personnage qu’on pense : est-ce que c’est bien Peggy Lipton qui vient de mourir ? Ne serait-ce pas plutôt Norma Jennings (de la série Twin Peaks) ?

dimanche 12 mai 2019

L’ARRÊT DES TRAITEMENTS, DERNIER ÉPISODE DE L’AFFAIRE VINCENT LAMBERT

Le médecin de l’ex-infirmier en état végétatif depuis dix ans a annoncé qu’il arrêterait les soins la semaine prochaine. Les parents, contre cette décision, veulent poursuivre leur combat. (Lu ici)



Que  dire encore aujourd’hui, le 13 mai 2019, à propos de Vincent Lambert ? Que dire sinon que personne ne sortira indemne de l’examen de la photo de cet homme dont le regard reflète une angoisse et une souffrance muette, comme s’il savait déjà qu’il allait mourir du fait de l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation.
Je voudrais qu’on ne s’arrête pas à son cas particulier, qu’on oublie l’acharnement judiciaire qui l'a fait remonter jusqu’à l’ONU, qu’on ne le prenne que comme un exemple parmi d’autres d’euthanasie, cas où un homme – le médecin en l’occurrence – décide d’arrêter les traitements parce que cette vie n’en est plus une. On a affaire selon moi à un dilemme symétrique, mais équivalent, de celui de l’avortement, lorsqu’il faut arrêter les battements du cœur du fœtus, considérant qu’il n’est pas encore un être humain et que la morale ni la justice ne s’y opposent. Dans les deux cas, un homme tranche du statut d’être humain d’un autre – ou plus exactement qu’il peut décider de qui est un être humain et qui ne l’est plus – ou pas encore.

Hier, je disais à propos de l’opération visant à libérer les otages du Burkina que, pour en juger, on était obligé de prendre le risque de choisir ses valeurs sans jamais pouvoir démontrer rationnellement qu’elles étaient mieux fondées que les autres. Hé bien le cas d’aujourd’hui illustre parfaitement cette situation.