samedi 17 août 2019

DES NOUVELLES FORMES DE CENSURE TRÈS EFFICACES POUR EMPÊCHER LES MOUVEMENTS SOCIAUX

La technologie numérique n’est pas intrinsèquement libératrice. Après les Printemps arabes, beaucoup de gens étaient persuadés qu’avec les réseaux sociaux, les gouvernements autoritaires ne pouvaient plus se maintenir, même en surveillant la presse, la radio et la télévision. C’est faux. Les dictatures sont passées par une courbe d’apprentissage classique : elles ont appris à se servir d’internet, à mieux repérer les contenus, à fermer les comptes, ou à utiliser eux-mêmes des techniques d’intervention, de désinformation, de propagation via des faux comptes.
En Chine, ils laissent la pression s’évacuer : vous pouvez probablement protester contre le maire de telle ville ou tel fonctionnaire pour un cas précis d’injustice ou d’incompétence, mais évidemment, vous ne pouvez pas critiquer globalement le système. (Lire la suite ici)


Oui, je sais : ce n’est pas très malin de revenir de vacances et de laisser filer une mauvaise nouvelle. Mais à supposer qu’il y en ait des bonnes à diffuser, est-ce que celles qu’on dissimule pour cause de contenu déprimant seraient moins vraies ? Et puis à quoi bon cacher ce que tout le monde sait depuis l’origine de l’histoire humaine : les dictatures savent parfaitement contrer les obstacles que les combattants de la liberté leur opposent.
D’ailleurs, le sujet n’est pas tant ce constat que celui de comprendre pourquoi il en va ainsi ? Déjà La Boétie disait que si les tyrans avaient du pouvoir c’est parce qu’ils répondaient à un désir du peuple : celui d’être en esclavage. Nul besoin de psychanalyser les masses, ni d’inventorier le tréfonds des âmes. Il suffit d’examiner les moyens dont se servent les tyrans : aucun d’entre eux ne pourrait réussir sans la « complicité » des sujets ; tel est le sujet du Discours de La Boétie.
Et aujourd’hui ? La Chine utilise des ressorts psychologiques bien plus sommaires que ceux-ci, car les citoyens pourraient avoir quand même l’objectif de supprimer la tutelle chinoise, ne serait-ce que pour changer de maitre ! Car voilà l’essentiel que les Printemps arabes ont rappelé à ceux qui l’auraient oublié : qu’importe le nom du tyran, ce qui compte, c’est qu’il le soit. Un Président américain (un Bush, je crois) disait : « Je veux bien que mon pays soit gouverné par un dictateur à condition d’être ce dictateur ». 
Revenons à l'actualité : ressorts sommaires disions-nous, parce qu’il suffit de jouer sur les émotions, qui sont comme on sait les maitresses de la vie politique moderne. Comme par exemple de déplacer l’objectif visé par la colère populaire : privée de contenu  idéologique, la voici qui vise de petits faits, de petites gens, mais nullement le système global que leur donne du pouvoir. 
C’est bien ce qu’on oublié les Gilets Jaunes français qui, au lieu d’attaquer le capitalisme industriel et financier, réclament la démission du Président, négligeant le fait qu’il a un pouvoir grâce aux puissances de l’argent qui pourraient le remplacer aussi vite qu’il a été chassé. 

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