Bonjour-bonjour
Quand le visiteur se penche sur le malade au creux de son lit d’hôpital s’exclame : « Mais tu as bonne mine ! » – à supposer qu’il soit sincère – le malade comprend que son visage porte des signes de santé : traits détendus, teint rose, regard franc.
Bien. Mais pourquoi le médecin ne se contente-t-il pas de tels signes ? Y aurait-il des pathologies si discrètes qu’elles progressent sans affecter l’aspect du visage ?
Sans doute – Mais alors pourquoi croit-on si aisément que le visage soit le « miroir du corps » comme on le dit « miroir de l’âme » ? A-t-il donc un privilège qui lui permette d’exprimer ainsi notre intériorité ?
Occasion de rappeler que l’être humain est supposé constitué de la réunion de deux principes, l’un matériel : le corps ; et l’autre spirituel. Interface entre les deux : le visage et plus particulièrement le regard. Ainsi « la bonne mine » serait l’exposition de cette réunion d’un corps et d’une âme – ou pour le dire de façon usuelle : « un esprit sain dans un corps sain » qui n’est autre que la formule de la bonne santé.
- Certains diront : « Moi, je ne veux pas fouiller dans le tréfond de l’être. Je le prends tel qu’il apparait c’est-à-dire comme un tout » Très bien ; reste qu’il dispose d’une surface dont il faudra tenir compte pour savoir ce qui se passe à l’intérieur.
Et au fond l’essentiel est là : sans faire de métaphysique, celui qui pronostique ma santé grâce à l’aspect de mon visage croit fermement que l’apparence n’est pas trompeuse.
Ou, pour parler comme Hegel que « l’apparence est un moment de l’essence ».
Cette croyance n’est pas si aventureuse que cela : d’autres lisent le destin dans les lignes de la main ou dans la forme du crane.
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