Bonjour-bonjour
On apprend aujourd’hui qu’un homme a survécu deux mois avec un cœur de cochon greffé dans sa poitrine – et qu’il vivrait sans doute encore aujourd’hui si on avait pu déceler la présence d'un virus porcin dissimulé dans l’organe, un agent infectieux discret passé inaperçu lors des contrôles préalables (Lire ici).
On rigole un peu : « Oui, on sait que les hommes sont tous des cochons ce n’est pas étonnant que leur cœurs battent à l’unisson… » Mais on passe alors à côté de l’essentiel : le vérité c’est qu’on arrive en reprogrammant le capital génétique du porc à lui faire produire un cœur compatible avec les besoins de l’homme. Finies les rêveries sur le cœur siège des émotions, détenteur de la nature de l’animal. Le cœur est une pompe et pour l’obtenir il suffit d’avoir le code génétique : la nature fait le reste. Et ça, on sait le faire depuis qu’on sait fabriquer un tel code et l’introduire dans une cellule.
C’est le triomphe de l’animal-machine, loin des rêveries romantiques des adeptes du vitalisme : tout ce qui fait la surprenante autonomie des organismes répond à un déterminisme qui se laisse déchiffrer avec le code génétique.
- Fini le mystère de la nature ? Pas tout à fait. L’animal, quel qu’il soit possède une partie génétiquement déterminée qui est transmissible par la reproduction ; mais il est aussi l’expression de son environnement de sorte que chaque individu diffère de ses congénères pour autant que son environnement diffère également. Et ça, c’est modulable à l’infini.
Mais si le premier mécanisme peut servir à distinguer les spécimens d’espèces différentes, le second peut servir à les rapprocher malgré tout.
C’est ainsi que des exemplaires d’espèces différentes, pour autant qu’ils soient soumis aux mêmes penchants, peuvent se ressembler, comme le cochon qui jouit de se rouler dans la fange et l’homme qui se vautre dans la débauche.