Bonjour-bonjour
Bientôt la fin des vacances ? Ce n’est pas trop tôt, car voici l’ennui qui vient ronger vos jours, les allongeant démesurément.
Cette vendeuse dans un magasin de souvenirs moscovite semble s'ennuyer en attendant le client.(Article Wikipédia)
J’ai ce qu’il vous faut : voici un article qui fait l’éloge de l’ennui. Oui, de l’ennui qui vous vient pendant ces vacances, alors que rien ne vient meubler vos journées passées à ne rien faire, justement.
Les spécialistes de l’article consulté pointent l’activité du cerveau durant ces périodes paradoxalement considérées comme inactives : « Durant ces instants de vacance, le cerveau trie les informations accumulées, consolide la mémoire et laisse émerger de nouvelles idées créatives. » Autrement dit, exactement comme durant les phases de rêves, le cerveau se tourne vers lui-même et répare les failles venues de son activité habituelle.
L’ennui serait donc un sentiment fallacieux, venu d’une triste coutume valorisant l’activité besogneuse, qui nous rend pénible cette auto régénération. Comme si en s’occupant de lui-même le cerveau trahissait sa fonction principale : accompagner notre attention à la vie. En réalité, c’est l’inverse qui se produit : par cette activité nous nous préparons à produire de nouveaux élans créateurs qui vont venir s’incruster dans la réalité.
Il faut donc distinguer la réalité et le ressenti. Alors que nous devrions nous réjouir de produire enfin quelque chose de directement utile pour nous, nous voilà à nous désoler de ne pas savoir mieux utiliser notre temps. N’est-ce pas là l’effet pernicieux de l’éducation que nous avons reçue et qui nous a habitués à ne nous préoccuper que de notre utilité sociale ?
A moins que l’ennui ne soit aussi l’expression d’un vide ressenti dans notre âme, quelque chose comme des enfants qui se lamentent : « J’m’ennuie ! ».
Johnny Hallyday chantait :« Qu’on me donne l’envie/L’envie d’avoir envie » L’homme qui s’ennuie a bien envie d’avoir envie ; mais ça ne le comble pas pour autant.