mercredi 12 août 2026

… Un spectacle éblouissant ! – Chronique du 13 aout

Bonjour-bonjour

 

« Avec cette éclipse, on assiste à un spectacle éblouissant ! » : c’est avec ce bel oxymore venu d’un reporter en observation sur un spot que je viens de commencer ma journée. Devant la vacuité de ces propos je me propose de livrer en vrac quelques observations personnelles.

- D’abord, les images :

Champ :


- et contrechamp :

 

 

- Et une petite histoire, sans doute inventée, mais qu’importe ?

Ce sont Tycho-Brahe, le célèbre astronome du 16ème siècle et Galilée qui sont sur une plage.

Le jour apparait. 

Tycho-Brahe s’exclame : « Le soleil se lève ! »

Et Galilée de répondre : « Non : c’est l’horizon qui s’abaisse »

- Cette histoire évoque le rôle de l’évidence optique dans les observations astronomiques. Mais hier, une stupéfiante observation issue du spectacle offert par cette éclipse pouvait être fait : un disque parfaitement transparent devenait tout à coup opaque en passant devant le soleil, pour redevenir invisible plus loin.

- Quant aux reportages aux quatre coins de l’hexagone – voire de l’Europe – ils révélaient ce que chacun savait : ils n’avaient rien à dire, puisqu’il suffisait d’être à sa fenêtre pour jouir du spectacle raconté ; mais ils mettaient en avant l’atmosphère un peu « fan zone » qui cherchait à s’installer, déçue finalement : pas de but à repérer.

mardi 11 août 2026

Comment supprimer le risque d’incendie de forêt ? - Chronique du 12 aout

Bonjour-bonjour

 

« La canicule pourrait prendre fin sur une grande partie du pays au cours du week-end » : c’est la nouvelle que diffuse ce matin sur son site « La chaine météo »

--> La canicule passée, resteront les mesures à prendre pour que ses conséquences ne reviennent pas, en particulier les feux de forêts.

L’État va-t-il tenir les promesses faites durant l’été, en particulier celle de supprimer la sylviculture des Landes pour éradiquer les feux de forêts ?

 


AFP/Nicolas Tucat

 

Ça c’est malin : supprimer l’effet pour rendre la cause  inopérante : plus d’arbres à brûler, plus d’incendie quand bien même la chaleur et la sécheresse seraient encore là. C’est un peu comme si le médecin disait à son patient venu se plaindre d’une migraine incurable : « On va vous couper la tête, vous verrez, ça ira mieux après »

- Sérieusement, le ministre responsable ignore-t-il que la forêt des Landes a été plantée juste pour assécher des marais qui flanquaient la malaria à toute la région - et que les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, l’insalubrité reviendrait sitôt les arbres disparus ?

- Plus sérieusement encore, cette pseudo-solution illustre parfaitement la démarche voulue par le pouvoir : obtenir des résultats à court terme. Pas besoin de prendre des mesures telles que planter des essences d’arbres moins sensibles aux incendies : il faudrait attendre des dizaines d’années pour avoir un résultat, alors que « arbres coupés cette année, incendies éradiqués l’an prochains. »

Méfions-nous que cette solution soit appliquée au déficit des comptes publics – tiens, par exemple : au trou de la Sécu…

lundi 10 août 2026

Encore un coup des machos – Chronique du 11 aout

Bonjour-bonjour

 

Clap de fin sur le Tour de France-femme avec débrief rapide : si les femmes se sont montrées à la hauteur des exploits que nous attendions d’elles, ça n’a pas été sans douleurs.

Selon cet article en effet, 80% des coureuses se plaignent de ne pas pouvoir s’installer confortablement sur la selle de leur vélo, certaines souffrant de ce qu’on appelle dans le jargon médical d’un « lymphœdème vulvaire », aussi appelé « syndrome de la vulve de la cycliste ». 

L’article consulté précise : « concrètement, ce syndrome se manifeste par le gonflement de l’une des lèvres, ce qui rend la position assise douloureuse. Ça empêche de s’asseoir correctement sur la selle, les cyclistes sont obligées de se déplacer un petit peu »

Finalement, le Dr Marc Gozlan a précisé que la seule façon d’éradiquer la douleur était de procéder à une ablation chirurgicale de la zone enflée.

Brrrr ! Ça fait flipper ne croyez-vous pas ? Du coup on se souvient des Amazones peuple fictif qui selon la mythologie était constitué de femmes guerrières qui auraient fondé une société matriarcale. Ces femmes cruelles brûlaient le sein droit aux filles, afin de ne pas être gênées au tir à l'arc.

 

 

Nous ne sommes plus à l’époque des Amazones et les femmes cyclistes d’aujourd’hui critiquent seulement le fait que les selles ne soient qu’adaptées aux hommes. 

C'est néanmoins l’essentiel :  une fois de plus le patriarcat a marqué la civilisation de sa marque : « Tu es femme, et rien de ce qui plait aux hommes ne pourra te convenir »

dimanche 9 août 2026

Notre cerveau nous ment – Chronique du 10 aout

Bonjour-bonjour

 

Nous sommes parfois surpris de constater que nos yeux nous ont fait voir quelque chose dont on sait pertinemment que ça n’existe pas : il s’agit des illusions d’optique, comme avec ce cas si connu dit de « L’illusion de Müller-Lyer » :

 

 


 

Les segment A-B et B-C sont égaux et pourtant ils paraissent inégaux, quoiqu’on fasse pour démentir cette impression. C’est que nous ne voyons qu’avec notre cerveau. 

Ce fait conduit cet article à dire que notre cerveau nous « ment » pratiquement en permanence en supprimant certains segments de vision pour leur substituer une autre image : « Le phénomène porte un nom technique, la suppression saccadique, ou masquage saccadique. Il s’agit du phénomène de perception visuelle où le cerveau bloque sélectivement le traitement visuel pendant les mouvements oculaires, de sorte que ni le mouvement de l’œil, ni le flou de mouvement qui en résulte, ni le trou dans la perception visuelle ne sont perceptibles pour l’observateur. » (Lire ici)

Et voilà la conclusion de cet article : « Le mensonge est minuscule, il dure une poignée de millisecondes, mais il se répète à un rythme vertigineux : à chaque mouvement rapide des yeux, la vision s’éteint littéralement, puis se rallume avec une image que le cerveau vient tout juste de fabriquer pour combler le vide. » Bref : c’est pour notre bien que notre cerveau intervient afin que la vision reste nette et déchiffrable.

Dont acte. Mais alors, ne devrions-nous pas nous méfier des autres impressions qui nous paraissent si évidentes et qui pourraient bien ne pas exister réellement ? Cette poignée de main qui nous adonné instantanément confiance, ce regard affectueux que nous avons capté dans le regard de la femme approchée, ce paysage enchanteur au sortir de l’avion : tout cela existe-t-il ? Ou plutôt, déplaçons la question : qu’est-ce donc que cette réalité que nous captons sans le vouloir, par le simple effet d’un regard ? Car si le réel est bien imperméable à notre volonté, le regard que nous portons sur lui peut être l’effet du désir modelé par notre cerveau, qui agit sur nos organes sensoriels.

Le cerveau ne serait donc pas ce juge impartial qui nous permet de dire : « C’est vrai parce que je l’ai vu de mes propres yeux », mais « Ce que j’ai vu me montre peut-être seulement ce que je voulais voir »

C'est à peu-près ce que disait déjà Descartes.

samedi 8 août 2026

Quand « vieux » signifie « mieux » - Chronique du 9 aout

Bonjour-bonjour

 

Peut-être avez-vous été comme moi attiré par cette info signalant la découverte d’une « neurogénèse » chez les adultes – entendez que le cerveau conserve la faculté de créer des nouveaux neurones tout au long de la vie. 

– « Tant mieux » direz-vous, mais sans trop savoir pourquoi. Car les chercheurs en sont encore à se demander si ces nouveaux neurones sont destinés à compenser la perte de neurones plus anciens, ou bien s’ils participent au développement d’un apprentissage permanent.

La vieillesse s’accompagnant généralement d’un déclin cognitif, on hésite à accorder la seconde hypothèse ; quant à l’idée d’une réparation après une détérioration de notre cerveau, l’absence d’AVC notable incline à chercher ailleurs – du côté de ce qui se révèle au cours de la vieillesse.

C’est alors que nous revient l’idée développée par C.G. Jung pour qui la vieillesse est un processus d’individuation – entendez qu’en avançant en âge, l’individu se libère des rôles sociaux imposés pour devenir pleinement lui-même. Jung ajoute un peu plus loin « Loin d'être un simple déclin, ce passage favorise l'unité intérieure, la connaissance de soi et l'accomplissement psychologique. »

Le psychiatre décrit l'âge mûr et la vieillesse comme « l'après-midi de la vie », où l'individu quitte l'adaptation extérieure pour accomplir son individuation et réaliser son Soi.

Moi, j’ai toujours cru que cette description était une intuition sans fondement, mais qu’elle me donnait une vision plutôt engageante de la vieillesse. Bien sûr, certains de ces vieux deviennent avec le temps des êtres acariâtres et incommodants. Mais c’est peut-être simplement que leur originalité est rejetée par le société ?

Et si cette évolution était inscrite dans notre ADN, et se manifestait par cette incompréhensible neurogénèse adulte ?

vendredi 7 août 2026

What is watt ? – Chronique du 8 aout

Bonjour-bonjour

 

Déclaration de Pauline Ferrand-Prévôt : « On avait comme mission de rouler à notre allure, pour garder les watts qu'on pouvait. » (lu ici)

Décidément, ces watts, ils sont partout ! Précédemment limités aux appareils électriques (un lave-linge consomme environ 1500 watts) les voici logés dans les jambes de nos jolies cyclistes où ils sont censés constituer une certaine puissance entendue comme « la quantité de travail qu’elles sont capables de délivrer » (définition officielle).

Si l’on admet cet usage de l’unité scientifiquement mesurable pour évaluer la quantité d’énergie fournie par un individu, je demande jusqu’où on va aller dans cette direction ?

--> Par exemple, un contrat de travail pourra-t-il exiger d’un jardinier qu’il fournisse l’équivalent de 3000 watts par jour à désherber les jardins ? Si c’était le cas, finie la semaine de 35 heures ! Bonjour la semaine de 15000 watts !

Je ne sais pas si les travailleurs y gagneraient, car à l’heure actuelle, il suffit d’être présent sur son lieu de travail pour être réputé y travailler ; qu’importe l’effort, lorsque l’objectif est atteint, place aux jeux vidéo pour attendre tranquilement l’heure de la pose – tandis qu’aujourd’hui, grâce à un compteur de watts discrètement branché sur votre cerveau, votre chef saura à quoi vous aurez utilisé votre après-midi.

Et puis, qui dira la norme en matière de dépense de puissance ? Combien la production de ce Post me coûte-t-elle de watts ? Tout le monde s’en fiche me direz-vous ? Soit mais attendez la campagne des élections de 2027 :

« Je vous promet de consacrer 300000 watts pour résoudre la crise économique où la France est enlisée ! »

Hum… Je me demande si cela suffira ? Ne faudrait-il pas avoir en outre beaucoup de Pauline Ferrand-Prévôt qui pédalent en cachette ?

jeudi 6 août 2026

Incendie de forêt : taxer les mégots – Chronique du 7 aout

Bonjour-bonjour

 

Nos contemporains dont l’imagination est inépuisable proposent, afin de financer les équipements des pompiers, de taxer les cigarettiers au motif que les cigarettes sont destinées à devenir des mégots qui seront peut-être jetée par la portière des voitures, au risque de mettre le feu aux forêts.

 


Je comprends bien qu’on taxe le tabac intrinsèquement poison pour le cœur et les poumons afin de financer les médecins qui vont soigner les maladies dont il est coupable. Mais taxer le fait de jeter un mégot dans l’herbe sèche, c’est rendre responsables les cigarettiers d’un comportement des fumeurs. Autant taxer aussi les fabricants de voitures sans lesquelles on n’aurait pas l’opportunité d’aller dans des forêts en été, durant la canicule, etc….

Inutile d’aller plus loin : cette proposition consiste en réalité à attaquer ceux qui ont le maximum d’argent : les fumeurs sont peut-être insolvables – pas les fabricants.