Bonjour-bonjour
Je découvre aujourd’hui cette « Prière » du parachutiste qui révèle un amour inconditionnel de la guerre :
Je veux l’insécurité et l’inquiétude,
Je veux la tourmente et la bagarre,
Et que vous me les donniez, mon Dieu,
Définitivement,
Que je sois sûr de les avoir toujours,
Car je n’aurai pas toujours le courage
De vous les demander.
(Lu ici)
Dieu seul est capable de « donner » aux hommes la guerre en toutes circonstances ; et de la leur donner alors même qu’ils ne la demandent pas – alors même qu’ils la refusent. Car la guerre est bonne pour les hommes même s’ils ont oublié à quel point ils l’aimaient.
Qu’on ne croie pas que cette amour inconditionnel de la guerre est invraisemblable. Car la guerre est une protection lorsque la décadence menace la civilisation : « Une nation s'éteint quand elle ne réagit plus aux fanfares ; la décadence est la mort de la trompette. » (Cioran – Syllogismes de l’amertume)
Et plus délectable encore, aux sources même de notre civilisation, la Chanson de Roland : : « […] Gerier frappe l’amiral [sarrasin] : / il lui brise le bouclier, lui démaille la cuirasse ; / il lui plonge son bon épieu dans le cœur ; / il lui enfonce le fer qu’il lui passe à travers le corps / de la longueur de sa lance il l’abat mort sur place. / Olivier dit : « Belle est notre bataille ! » (La Chanson de Roland, laisse 97)
La guerre relève de l’art botanique : elle permet aux sociétés de se vivifier par le sacrifice de ses rameaux trop abondants. Et elle est aussi un plaisir.
Vous comprenez mieux comment on peut être para ?