Bonjour-bonjour,
L’émoi suscité par la présence de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, est interprété de façon différente selon les bords. Alors que le JDD souligne que les idées d’extrême droite devraient avoir droit de cité même à France-Inter, la direction de l’antenne souligne que Charles sapin avait déclaré être venu récemment à Valeurs actuelles, pour « lui permettre de redevenir un titre honorable ». L’article cité ajoute : « Ce qui a vraisemblablement suffi à Céline Pigalle pour lui accorder sa « confiance ». »
- Si Charles sapin a effectivement pour tâche de ramener Valeurs actuelles à l’honorabilité, alors pourquoi craindre qu’il fasse perdre la sienne à France-Inter ?
Inutile je pense de dire qu’il n’était pas nécessaire de faire appel à un monsieur qui risque de rendre cette antenne infréquentable – la seule façon de faire consiste à établir les lignes rouges qui délimitent la zone « honorable » de la droite extrême, territoire où il sera interdit d’entrer, même pour un édito du dimanche matin. En plus ça serait utile pour maintenir le cap de l’information objective lors de la campagne des présidentielles.
En dehors de la politique économique, tous les autres domaines peuvent en effet impactés par la politique d’extrême-droite : il existe quelques « faits de société » qui suffisent à laisser deviner les décisions qu’on gouvernement d’extrême-droite prendrait si d’aventure il existait. Parmi eux la conviction que les inégalités sociales peuvent justifier des inégalité de droits politiques – en particulier ceux liés aux droits civiques. On peut imaginer revenir aux années 60 en Amérique – d’ailleurs l’obsession de l’apartheid n’est pas étrangère à la volonté de rendre les étrangers – et l’immigration – responsables du déclin de la France.
- Ceci étant, on peut reprocher à la rédaction de Radio-France de rejeter a priori l’embauche de Charles sapin : ne vaudrait-il pas mieux accepter sa présence et veiller, dimanche après dimanche, pour s’assurer qu’il ne franchisse jamais la ligne rouge que nous venons de tracer ?
- Sans doute… Encore que ça rappelle ceux qui disent « Pourquoi pas le RN ? On n’a encore jamais essayé »