mercredi 8 avril 2026

Le cauchemar de l’informaticien – Chronique du 9 mars

Bonjour-bonjour

 

Nous apprenons aujourd’hui qu’un procès entre le Pentagone américain et une firme de logiciels d’Intelligence Artificielle ayant créé « Mythos » soulève le problème de l’évolution autonome de logiciels d’IA. Ce logiciel est destiné à dépister les infiltrations ennemies dans les systèmes informatiques tels que ceux de la Défense nationale américaine. Mais pour effectuer ce « pistage », on découvre que Mythos outrepasse la mission qui lui est confiée en prenant des initiatives tout à fait étrangères aux concepteurs de la machine. 

Lisez plutôt : « Pendant une évaluation interne, une version antérieure de Mythos a été enfermée dans un sandbox, un ordinateur isolé du reste du réseau. La consigne était simple : tenter de s'en échapper et trouver un moyen de joindre le chercheur responsable du test. Le modèle a réussi. Mais au lieu de s'arrêter là, il a pris une initiative que personne ne lui avait soufflée : il a publié le détail technique de son évasion sur plusieurs sites web accessibles au public.

Jamais un modèle n'avait développé un exploit multi-étapes pour s'évader, contacté un humain de sa propre initiative, publié la méthode sur internet, puis, dans d'autres tests, effacé ses propres traces pour ne pas se faire repérer » (Ici)

 

- Mais les prouesses de ces logiciels ne s’arrêtent pas là : selon le Pentagone Anthropic possède des outils d'intelligence artificielle susceptibles d’être utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.

 - Vous connaissez peut-être cette formule : « Ce qui peut être fait techniquement le sera nécessairement », qui n’est autre que la seconde loi de Gabor (lire ici). Je ne doute pas que cette réflexion va vous occuper suffisamment sans que j’y ajoute le moindre commentaire.




mardi 7 avril 2026

Quand j’entends le mot « civilisation » … – Chronique du 8 mars

Bonjour-bonjour

 

« Ce soir une civilisation va mourir » : telle a été la lugubre affirmation venue hier soir de la Maison-Blanche.

Notre époque est celle de la communication (la « com ») triomphante. La rhétorique pour l’appeler par son nom exact a fait qu’hier soir, oubliant toute la prudence enseignée par des semaines de rodomontades du Président des Etats-Unis, nous avons cru en effet que la « civilisation » iranienne allait disparaitre sous un tapis de bombes.

 

 


Et puis voilà que ce matin – ouf ! – on apprend qu’un cessez-le-feu est conclu pour 15 jours : énième annulation d’un ultimatum de la part du Président Trump : plus de tapis de bombes, la civilisation est sauvée.

On se dit : « Encore une naïveté. Mais quand donc serons-nous vaccinés à ces déclarations tonitruantes ? » Là, j’avoue un réflexe propre à ma culture : quand j’entends le mot « civilisation », je dresse l’oreille.

Qu’avons-nous pensé en entendant « Ce soir une civilisation va mourir » ? Comme en écho à cette formule m’est revenu le souvenir de la propagande allemande du 3ème Reich : « L’Angleterre comme Carthage sera détruite » - lui-même souvenir de la formule de Caton « Delenda /est/ Carthago » (Il faut détruire Carthage). Et puis, nouveau rebond, la célèbre citation de Paul Valéry : « Nous autre civilisations nous savons que nous sommes mortelles ».

 

Bref, la mot civilisation est un activateur de frayeur de démolitions et d’anéantissement. Mais peut-on croire que ces recoupements aient été voulus par le Président américain ? Et d’abord peut-on imaginer ce que le mot « civilisation » signifie pour Donald Trump ? ???

- Pire. Supposez que le mot soit effacé. Vous lisez « Ce soir un/e/ ---- va mourir » Comment complétez-vous le message ? Vous risquez fort de lire « Ce soir un peuple va mourir » et le contexte du tapis de bombes lâchées sur Téhéran risque bien de conforter cette lecture.

Oui, après avoir détruit le potentiel militaire, les américains se proposaient de détruire le potentiel civil, autrement dit ce qui permet aux gens de vivre.

Les américains proposaient bel et bien de sortir de la guerre par l’anéantissement total de l’ennemi. Une sorte de solution finale

lundi 6 avril 2026

Quand la réalité dépasse la fiction – Chronique du 7 mars

Bonjour-bonjour

 

Vous avez entendu hier le Président Trump au cours d’une de ses conférence de presse, se livrer à ses digressions habituelles, et dire qu’après la capture de Nicolas Maduro il aurait pu apprendre l’espagnol pour se présenter aux élections présidentielles du Venezuela et que, sans aucun doute, il aurait été élu.

Trump, Président du Venezuela ? Là vous vous dites que vous en avez déjà entendu parler. Et vous fouillez dans vos archives pour retrouver ça, publié sur Facebook début janvier :

 

 

Image publiée sur Facebook en janvier juste après la capture de 

Nicolas Maduro (le 3 janvier 2026)

 

- Ce montage était sans aucun doute destiné à caricaturer le Président en montrant sous des traits caricaturaux la volonté présidentielle américaine. Pas question de dire que c’est la véritable intention du Président américain, mais seulement que c’était une façon de ridiculiser ses prétentions.

Seulement voilà : la pire caricature ne suffirait pas à épuiser l’imagination paranoïaque de Donald Trump. Avec lui, son imagination constitue la réalité dans la quelle il vit, décide et – surtout – commande. On imagine que son entourage passe une partie de son temps à rattraper ses excès. Mais c’est comme le Dôme de fer, ça laisse passer quelques missiles. Je ne sais pas si la guerre contre l’Iran fait partie de ces rêves qui ont réussi à remonter jusqu’au Pentagone, mais au vu de sa certitude de voir l’Iran capituler et l’or noir couler à flot dans les tankers américain, on se dit que ça pourrait bien être ça.

D’ici qu’il nous annonce qu’il va se faire proclamer Guide Suprême, il n’y a pas loin.

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N.B. « Si j’étais dans le gouvernement de Trump, je passerais Pâques à appeler des avocats en droit constitutionnel à propos du 25e amendement », a indiqué le démocrate Chris Murphy, estimant que l’attitude du président est « complètement et totalement démente », faisant allusion à l'amendement qui permet de destituer immédiatement le Président jugé incapable d'exercer son mandat. Ce qui, selon certain sénateurs serait le cas de Trump au vu de sa démence avérée par ses déclarations.


dimanche 5 avril 2026

Tous en selle – Chronique du 6 avril

Bonjour-bonjour

 

Pour garder la fraicheur des balades en bicyclette de notre jeunesse, celle que la chanson d’Yves Montand nous faisait revivre en 68, quoi de mieux que de la retrouver dans l’actualité ?

Nous voici à l’arrivée du Tour des Flandres, où Tadej Pogacar (1er de la course homme) a retrouvé Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme). Après s’être racontés leurs courses respectives les voici partis en balade... sur un seul et même vélo : assis sur la selle et chargé du pédalage, le champion du monde a emmené la championne olympique de VTT, posée sur le cadre. (Vu ici)

 


 

Après le podium du Tour des Flandres, Tadej Pogacar (1er de la course homme) a offert une petite balade à Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme)

 

o-o-o

 

… Bon, direz-vous voilà le philosophe de service qui déraille : 

- Il se met à baver de contentement pour une image fabriquée pour les fans de champions. Il est temps de lui trouver un Ehpad.

Oui… Mais vous n’empêcherez pas cette image de rappeler aux vieux le temps où pour séduire les filles le vélo était un atout. A l’époque, pas de voiture, pas de mobylette, rien que les propositions de promenades à deux … en deux-roues, sur le même engin, un peu comme le Prince charmant avec la Belle qu’il enlevait sur la croupe de son cheval.

- Voir un fougueux destrier à la place d’un biclou, c’est quand même la preuve d’un cerveau très fatigué.

- Mais non jeune homme. La mémoire passe son temps à retenir des souvenirs et à les éliminer faute d’intérêt - pour ne conserver que ceux qui sont encore un peu chauds. Quoi de plus normal que de retrouver les émois de la jeunesse ? Et si Pogacar revivait avec Pauline Ferrand-Prévot un épisode de sa récente jeunesse, même pour une photo posée pour une pub, qu’est-ce que vous auriez à y redire ?

- Je trouve le sujet un peut trop frivole pour votre Blog.

- Et quoi d’autre ? Vous voudriez qu’on vous parle des bombes qui écrasent les humains plutôt que d’une ballade en vélo ?

samedi 4 avril 2026

Gloire à Dieu ! – Oui, mais lequel ? – Chronique du 5 avril

Bonjour-bonjour

 

« Gloire à Dieu » : c’est comme cela que D. Trump termine son message annonçant le prochain anéantissement de l’Iran au cas où il refuserait de capituler.

Voici Dieu mobilisé dans ce conflit où jusqu’à présent seuls les missiles et les bombardiers furtifs intervenaient.

 


Le nouveau bombardier B21

 

Nous, on veut bien. Mais on voudrait savoir quel est le Dieu ainsi mobilisé ? Le Dieu des chrétiens – et des Évangélistes plus particulièrement ? Ou bien le Dieu des musulmans ?

- Question oiseuse : ça fait longtemps que les musulmans ont déjà fait appel à leur Dieu. La différence c’est qu’aujourd’hui chaque Dieu, à supposer qu’il réponde à la prière de ses fidèles est appelé à affronter le Dieu de l’adversaire. On se retrouve transporté au temps de la guerre de Troie, quand les Achéens (= grecs) et les Troyens s’affrontaient soutenus par des Dieux de l’Olympes qui en profitaient pour vider de vieilles querelles. Les Dieux se faisaient alors la guerre par hommes interposés – voudraient-ils continuer ainsi aujourd’hui ?

Notons que du temps du polythéisme grec si le pouvoir des Dieux était dispersé dans le panthéon, Zeus était le seul à disposer de l’arme absolue – à savoir la foudre. De nos jours seul le feu nucléaire peut correspondre à la foudre olympienne. Or, si le Dieu chrétien dispose de l’arme nucléaire via l’arsenal américain, le dieu musulman en est dépourvu, l’Iran qu’il soutient n’étant pas encore parvenu à la produire.

Allah serait donc amoindri dans l’attente de la bombe iranienne ? Si c’est vrai ne dites surtout pas que c’est moi qui vous l’ai dit : les coupeurs de têtes auraient vite fait de me retrouver.

vendredi 3 avril 2026

Hello, le soleil brille sur Téhéran – Chronique du 4 avril

Bonjour-bonjour

 

 

Hier le pont B1, encore en construction et devant devenir le plus grand pont d'Iran et du Moyen-Orient, a été détruit par un bombardement américain.



Les restes du pont « B1 »

 

En Iran, des ingénieurs pleurent leur grand pont, comme Hamed Zekri, un ingénieur de 41 ans : « "Nous avons travaillé sur ce pont pendant deux ans, matin et soir, avec tout notre cœur. Nos efforts ont été anéantis en l'espace de trois heures", entre la première et la seconde frappe. Mais "si Dieu le veut, nous le reconstruirons". » (Lu ici)

On comprend que ce pont était beaucoup plus qu’un ouvrage de génie civil. C’était une œuvre des constructeurs iraniens qui incarnait leur intelligence et leur savoir-faire – et que rien ne pourra remplacer.

 

- On songe aussitôt à l’histoire que raconte « Le pont de la rivière Kwaï », le film de David Lean, où l’on voit des prisonniers anglais contraint de bâtir un pont au service de leur ennemi japonais au prix indescriptibles souffrances. 


  

Image extraite du film « Le pont de la rivière Kwaï »

 

Pourtant au moment de saboter l’ouvrage, Nicholson, le colonel anglais qui a été placé par les japonais à la tête des prisonniers-bâtisseurs, refuse. Perdant tout à fait de vue que la construction du pont sert l'ennemi, le colonel Nicholson prévient le colonel japonais Saïto pour empêcher l’explosion.

Pour Nicholson, le pont est avant tout un ouvrage reflétant les souffrances et l’extraordinaire capacité créatrices des prisonniers anglais – qu’importe alors qu’il appartienne à l’ennemi ?

- On l’a compris : dans les deux cas, les ouvrages écrasés sous les bombes contenaient un peu de la personne de ceux qui les ont bâti, et les détruire c’est la détruire elle aussi.

Bien sûr, ce qui se révèle avec ces destructions de ponts est aussi présent dans les autres destructions. Téhéran est un champ de ruines où gémissent des vies de créateurs humains.

jeudi 2 avril 2026

Philosophie du « petit-coin » - Chronique du 3 avril

Bonjour-bonjour

 

Il y a quelques jours la nouvelle venait du Golfe Persique : le porte-avions de pointe, l’USS Gerald Ford, était fragilisé par… des toilettes constamment en panne.

Et hier, voici l’information venue de la NASA : « Lors du décollage de la fusée Artémis 2 en route vers la lune, les toilettes du vaisseau spatial ont été hors service quelques heures après le décollage de la fusée »

 

--> Autant le dire : les ch***tes sont trop souvent négligées, mais elles se rappellent à nous par des messages venus de notre corps.

 


Voici qui nous appelle à un peu d’humilité. Nous nous croyons les maitres du monde, légitimes pour en commander les moindres soubresauts, et puis voilà que cet organe auquel nous ne pensons jamais, je veux dire notre vessie, nous impose un supplice devant le quel nous n’avons d’autre solution que de capituler.

Mais qui sommes-nous pour oser défier notre corps dans ses fonctions les plus humbles ? A quoi sert de savoir fabriquer des vaisseaux grands comme des iles flottantes, ou de lancer des fusées qui font trembler la terre en la quittant, si cette fonction possède la priorité sur tout le reste ?

- Imaginez ce que Pascal aurait tiré cette humiliation : « Le plus grand philosophe, au milieu de sa leçon de métaphysique est contraint de courir au petit coin pour soulager sa vessie ». Comment prétendre défier Dieu quand on est une fragile créature de ce calibre ?

- Loin de cette transcendance, voici une petite anecdote : lors du premier débarquement des hommes sur la Lune, la NASA avait doté ses cosmonautes de garnitures urinaires : pas question de déposer le scaphandre spatial au moment de poser le pied sur la lune. 

Après Neil Armstrong, voici Buzz Aldrin qui apparait en haut de l’échelle. Et que fait-il ? Il urine dans ses garnitures étant comme il l’a dit plus tard « le premier homme à avoir pissé sur la Lune ».

- Notez qu’à bord d’Artémis 2 on a aujourd’hui un peu civilisé l’endroit où l’on se soulage, mais qu’il y a encore des progrès à faire.