vendredi 10 avril 2026

Une double contrainte… bénéfique – Chronique du 10 avril (2)


 

Seconde Chronique-du-jour, lisez la première ci-après

 

Bonjour-bonjour

 

Hier, le discours du premier ministre a été d’une parfaite clarté :

La France est confrontée à un double problème :

- D’une part elle ne s’est pas suffisamment « électrifiée » - entendez qu’elle n’a pas encore converti ses besoins d’énergie en consommation d'électricité décarbonée.

- D’autre part, elle produit trop d’électricité d’origine nucléaire (donc décarbonée) : entendez qu’elle ne consomme pas assez d’électricité pour ses besoins courants.

Ces deux problèmes réunis donnent une solution assez simple : pousser les français à se chauffer « électrique » et à rouler « électrique ».

D’où les deux propositions du premier ministre hier :

- Interdire l’installation de chaudière à gaz dans les immeubles en construction à parti de fin de l’année ;

- Obtenir que la production de 2/3 des véhicules produits soit électriques en 2030.

Donc, dans le même temps on réduit la dépendance aux énergies fossiles et on résorbe la surproduction en alignant nos besoins sur nos capacité de production.

 

Ah… si tous les problèmes se résolvaient aussi facilement.

Imaginez :

- Trop de chômeurs ? Promettons-leur une solde mirobolante pour s’enrôler dans l’armée et envoyons-les se faire tuer rapidement sur des champ de bataille qui glorifient le France. 

- La France ne fait pas assez d’enfants ? Offrez une prime colossale pour la naissance de chaque enfant, et puis réduisez le remboursement des frais de soins pédiatrique – et si ça ne suffit pas, ajoutez des droits d’inscription dans les maternelles.

Laissez courir votre imagination, le filon est inépuisable.

La Princesse et le facho– Chronique du 11 mars (1)

 


 

(Première chronique-du-jour. Lisez la seconde ci-dessus)


Bonjour-bonjour

 

Vous les avez reconnus ? A droite, c’est Jordan le preux chevalier qui caracole en tête des sondages qui lui promettent d’entrer à l’Élysée en 2027 ; et puis à gauche, c’est Marie-Caroline de Bourbon des Deux-Siciles, héritière du trône du royaume des Deux-Siciles (dont le territoire s’étendait de Rome au sud de l’Italie), titre contesté par son oncle – mais qu’importe ? Même s’il y a de la guerre de succession dans l’air rien ne pourra empêcher Marie-Caroline d’être héritière de la famille de Bourbon-Sicile et, à ce titre, d’appartenir à la lignée capétienne.

Une capétienne Première dame de la France qui a coupé la tête de « Louis Capet » seizième du nom… Ça fait rêver n’est-ce pas ?

Franchement… En profiter pour ressortir la guillotine du placard ce n’est pas à la hauteur du débat. Car il s’agit plutôt de pointer la classe sociale du flirt de Jordan : une femme de la gentry européenne qui doit fréquenter tous les raouts de la haute société et dont on imagine la vie dans les palaces mondiaux. Après, quelle soit issue de la haute noblesse européenne, ça relève de la mythologie dont on s’est débarrassée à l’époque où en effet on raccourcissait le nom des nobles – le nom, mais pas que – et ça ne nous fait ni chaud ni froid.

Mais en attendant ce jour que certains espèrent tant de l’entrée de Jordan au Palais de l’Élysée, imaginons le roman que les gazettes vont composer pour décrire l’idylle entre un petit-fils d’un ouvrier turinois, si méritant et volontaire, et l’héritière d’un trône du royaume des Deux-Siciles.


« La princesse et le facho » pour reprendre le joli titre de l’Huma.

jeudi 9 avril 2026

Faire payer les riches – Chronique du 10 mars

Bonjour-bonjour

 

De partout monte la même demande : plus de subventions pour compenser le prix du pétrole, qu’il soit sous forme d’essence pour la voiture le camion ou le tracteur, ou bien de plastique pour la construction.

Et de partout monte la même colère devant le montant des subventions allouées : « Mesurettes », « Saupoudrage, « On se moque de nous ».

Et du gouvernement vient la même réponse : les caisses sont vides. Or, du vide on ne peut rien obtenir, à moins…. à moins de le remplir d’abord.

- Et c’est là l’idée : pour remplir les caisses afin de redistribuer des sommes suffisantes aux nécessiteux, créons une surtaxe sur le carburant, puis donnons ce surplus à ceux qui en ont besoin. 

 

 


- « Et les autres – Ceux qui payent sans rien récupérer ? » direz-vous ? Hé bien les autres, on fera en sorte qu’il leur reste de quoi vivre confortablement, et, s’ils ne sont pas contents, Bercy saura leur faire entendre raison.

- Et voilà : l’idée géniale est d’augmenter les taxes quand de partout on demande de les baisser. Mais cette idée n’est que l’application d’un principe encore plus génial : faire de l’État le centre distributeur de toute consommation. On centralise les ressources disponibles, puis on les redistribue afin que chacun ait son dû – rien de plus mais rien de moins.

- J’entends certains grincheux qui vont dire : « Mais on connait déjà ! C’est la Chine du grand bond en avant qui a fait des dizaines de milliers de morts par famine »

- Pas du tout, môôôôsieur ! C’est du pragmatisme.

mercredi 8 avril 2026

Le cauchemar de l’informaticien – Chronique du 9 mars

Bonjour-bonjour

 

Nous apprenons aujourd’hui qu’un procès entre le Pentagone américain et une firme de logiciels d’Intelligence Artificielle ayant créé « Mythos » soulève le problème de l’évolution autonome de logiciels d’IA. Ce logiciel est destiné à dépister les infiltrations ennemies dans les systèmes informatiques tels que ceux de la Défense nationale américaine. Mais pour effectuer ce « pistage », on découvre que Mythos outrepasse la mission qui lui est confiée en prenant des initiatives tout à fait étrangères aux concepteurs de la machine. 

Lisez plutôt : « Pendant une évaluation interne, une version antérieure de Mythos a été enfermée dans un sandbox, un ordinateur isolé du reste du réseau. La consigne était simple : tenter de s'en échapper et trouver un moyen de joindre le chercheur responsable du test. Le modèle a réussi. Mais au lieu de s'arrêter là, il a pris une initiative que personne ne lui avait soufflée : il a publié le détail technique de son évasion sur plusieurs sites web accessibles au public.

Jamais un modèle n'avait développé un exploit multi-étapes pour s'évader, contacté un humain de sa propre initiative, publié la méthode sur internet, puis, dans d'autres tests, effacé ses propres traces pour ne pas se faire repérer » (Ici)

 

- Mais les prouesses de ces logiciels ne s’arrêtent pas là : selon le Pentagone Anthropic possède des outils d'intelligence artificielle susceptibles d’être utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.

 - Vous connaissez peut-être cette formule : « Ce qui peut être fait techniquement le sera nécessairement », qui n’est autre que la seconde loi de Gabor (lire ici). Je ne doute pas que cette réflexion va vous occuper suffisamment sans que j’y ajoute le moindre commentaire.




mardi 7 avril 2026

Quand j’entends le mot « civilisation » … – Chronique du 8 mars

Bonjour-bonjour

 

« Ce soir une civilisation va mourir » : telle a été la lugubre affirmation venue hier soir de la Maison-Blanche.

Notre époque est celle de la communication (la « com ») triomphante. La rhétorique pour l’appeler par son nom exact a fait qu’hier soir, oubliant toute la prudence enseignée par des semaines de rodomontades du Président des Etats-Unis, nous avons cru en effet que la « civilisation » iranienne allait disparaitre sous un tapis de bombes.

 

 


Et puis voilà que ce matin – ouf ! – on apprend qu’un cessez-le-feu est conclu pour 15 jours : énième annulation d’un ultimatum de la part du Président Trump : plus de tapis de bombes, la civilisation est sauvée.

On se dit : « Encore une naïveté. Mais quand donc serons-nous vaccinés à ces déclarations tonitruantes ? » Là, j’avoue un réflexe propre à ma culture : quand j’entends le mot « civilisation », je dresse l’oreille.

Qu’avons-nous pensé en entendant « Ce soir une civilisation va mourir » ? Comme en écho à cette formule m’est revenu le souvenir de la propagande allemande du 3ème Reich : « L’Angleterre comme Carthage sera détruite » - lui-même souvenir de la formule de Caton « Delenda /est/ Carthago » (Il faut détruire Carthage). Et puis, nouveau rebond, la célèbre citation de Paul Valéry : « Nous autre civilisations nous savons que nous sommes mortelles ».

 

Bref, la mot civilisation est un activateur de frayeur de démolitions et d’anéantissement. Mais peut-on croire que ces recoupements aient été voulus par le Président américain ? Et d’abord peut-on imaginer ce que le mot « civilisation » signifie pour Donald Trump ? ???

- Pire. Supposez que le mot soit effacé. Vous lisez « Ce soir un/e/ ---- va mourir » Comment complétez-vous le message ? Vous risquez fort de lire « Ce soir un peuple va mourir » et le contexte du tapis de bombes lâchées sur Téhéran risque bien de conforter cette lecture.

Oui, après avoir détruit le potentiel militaire, les américains se proposaient de détruire le potentiel civil, autrement dit ce qui permet aux gens de vivre.

Les américains proposaient bel et bien de sortir de la guerre par l’anéantissement total de l’ennemi. Une sorte de solution finale

lundi 6 avril 2026

Quand la réalité dépasse la fiction – Chronique du 7 mars

Bonjour-bonjour

 

Vous avez entendu hier le Président Trump au cours d’une de ses conférence de presse, se livrer à ses digressions habituelles, et dire qu’après la capture de Nicolas Maduro il aurait pu apprendre l’espagnol pour se présenter aux élections présidentielles du Venezuela et que, sans aucun doute, il aurait été élu.

Trump, Président du Venezuela ? Là vous vous dites que vous en avez déjà entendu parler. Et vous fouillez dans vos archives pour retrouver ça, publié sur Facebook début janvier :

 

 

Image publiée sur Facebook en janvier juste après la capture de 

Nicolas Maduro (le 3 janvier 2026)

 

- Ce montage était sans aucun doute destiné à caricaturer le Président en montrant sous des traits caricaturaux la volonté présidentielle américaine. Pas question de dire que c’est la véritable intention du Président américain, mais seulement que c’était une façon de ridiculiser ses prétentions.

Seulement voilà : la pire caricature ne suffirait pas à épuiser l’imagination paranoïaque de Donald Trump. Avec lui, son imagination constitue la réalité dans la quelle il vit, décide et – surtout – commande. On imagine que son entourage passe une partie de son temps à rattraper ses excès. Mais c’est comme le Dôme de fer, ça laisse passer quelques missiles. Je ne sais pas si la guerre contre l’Iran fait partie de ces rêves qui ont réussi à remonter jusqu’au Pentagone, mais au vu de sa certitude de voir l’Iran capituler et l’or noir couler à flot dans les tankers américain, on se dit que ça pourrait bien être ça.

D’ici qu’il nous annonce qu’il va se faire proclamer Guide Suprême, il n’y a pas loin.

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N.B. « Si j’étais dans le gouvernement de Trump, je passerais Pâques à appeler des avocats en droit constitutionnel à propos du 25e amendement », a indiqué le démocrate Chris Murphy, estimant que l’attitude du président est « complètement et totalement démente », faisant allusion à l'amendement qui permet de destituer immédiatement le Président jugé incapable d'exercer son mandat. Ce qui, selon certain sénateurs serait le cas de Trump au vu de sa démence avérée par ses déclarations.


dimanche 5 avril 2026

Tous en selle – Chronique du 6 avril

Bonjour-bonjour

 

Pour garder la fraicheur des balades en bicyclette de notre jeunesse, celle que la chanson d’Yves Montand nous faisait revivre en 68, quoi de mieux que de la retrouver dans l’actualité ?

Nous voici à l’arrivée du Tour des Flandres, où Tadej Pogacar (1er de la course homme) a retrouvé Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme). Après s’être racontés leurs courses respectives les voici partis en balade... sur un seul et même vélo : assis sur la selle et chargé du pédalage, le champion du monde a emmené la championne olympique de VTT, posée sur le cadre. (Vu ici)

 


 

Après le podium du Tour des Flandres, Tadej Pogacar (1er de la course homme) a offert une petite balade à Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme)

 

o-o-o

 

… Bon, direz-vous voilà le philosophe de service qui déraille : 

- Il se met à baver de contentement pour une image fabriquée pour les fans de champions. Il est temps de lui trouver un Ehpad.

Oui… Mais vous n’empêcherez pas cette image de rappeler aux vieux le temps où pour séduire les filles le vélo était un atout. A l’époque, pas de voiture, pas de mobylette, rien que les propositions de promenades à deux … en deux-roues, sur le même engin, un peu comme le Prince charmant avec la Belle qu’il enlevait sur la croupe de son cheval.

- Voir un fougueux destrier à la place d’un biclou, c’est quand même la preuve d’un cerveau très fatigué.

- Mais non jeune homme. La mémoire passe son temps à retenir des souvenirs et à les éliminer faute d’intérêt - pour ne conserver que ceux qui sont encore un peu chauds. Quoi de plus normal que de retrouver les émois de la jeunesse ? Et si Pogacar revivait avec Pauline Ferrand-Prévot un épisode de sa récente jeunesse, même pour une photo posée pour une pub, qu’est-ce que vous auriez à y redire ?

- Je trouve le sujet un peut trop frivole pour votre Blog.

- Et quoi d’autre ? Vous voudriez qu’on vous parle des bombes qui écrasent les humains plutôt que d’une ballade en vélo ?