samedi 19 janvier 2019

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EN DÉPLACEMENT À SOUILLAC (DANS LE LOT) POUR RENCONTRER DES MAIRES ET ÉLUS LOCAUX,

Des dizaines de personnes se sont rassemblées à Souillac vendredi matin, en amont de la venue du chef de l'État. « Il y a des gendarmes partout. Ce matin j'ai été chercher des œufs et ils ont voulu me les confisquer, c'est n'importe quoi », a lancé Daniel, un retraité et « gilet jaune ». (Lire ici)

Vendredi nous cherchions quelle arme les forces de l’ordre devaient utiliser face aux manifestants : le flashball ou le fusil d’assaut ? Aujourd’hui, nous rencontrons une réponse à la question symétrique « Quelle arme interdire aux manifestants ? » et la réponse est : la douzaine d’œufs.
Ha-ha ! Elle est bien bonne celle-là ! Un Président tellement sûr du mécontentement des français qu’on doit leur interdire le panier d’œufs (et le kilo de tomates en été ?)
Ne rions pas trop : il y a des précédents – voir ci-dessous (au salon de l’agriculture)




 Tout cela nous mène à revenir sur une notion pas toujours très claire : celle « d’arme par destination »
Voici une définition des « armes par destination » qui devraient être interdites aux manifestants eux-mêmes : « Une arme par destination ou arme improvisée est un objet dont la fonction première n’est pas d’être une arme mais qui est utilisé, ou destiné à être utilisé, comme tel dans certaines situations. Elle est opposée aux armes par nature. » (Article Wiki)
Le même article nous précise : « En 2002, à la suite de son entartage par Noël Godin, l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement a réclamé lors du procès que la tarte à la crème soit considérée comme une arme par destination par la législation française. La justice ne l'a cependant pas suivi sur ce point »

On dira que si une tarte à la crème ne peut être considérée comme une arme, l’œuf ne le peut pas non plus. Soit. Mais considérez quand même que le débat a eu lieu, et que peut-être le Ministère public aurait dû faire appel.

vendredi 18 janvier 2019

GRIPPE: POURQUOI PERSONNE OU PRESQUE NE PORTE DE MASQUE EN FRANCE

En France comme un peu partout en occident, le port du masque « chirurgical » est regardé avec curiosité et il est mal accepté, y compris dans les lieux publics. « Le masque, synonyme de maladie, agit comme un épouvantail. » observe le ministère de la santé. (Lire ici)

« Les Japonais sont davantage soucieux des risques pour eux et ceux qui les entourent. Porter un masque, c’est respecter autrui et se protéger. C’est une question de “bien vivre ensemble”, de politesse. C’est aussi une question d’hygiène de base, comme se laver les mains ou faire des gargarismes.
De façon générale, il n’est pas rare que les Japonais s’interrogent sur l’hygiène des Français qui prennent moins de bains que les Nippons, se parfument en revanche beaucoup plus, se désinfectent moins les mains avec des liquides spéciaux, se mouchent dans des mouchoirs en tissu qui finissent par être des tissus à microbes, etc. Ils se demandent pourquoi les Français ne se protègent pas davantage contre les microbes et les virus, surtout dans les espaces de grande promiscuité comme le métro. » (Article cité)


Occasion de rappeler l’impact des préjugés culturels sur le comportement rationnel : car en effet, notre éducation devrait nous inciter à protéger les autres de nos virus et autres bacilles, exactement comme on les protège de nos miasmes corporels, ou de nos humeurs plus ou moins agressives. Et quoi de plus respectueux des autres que de les abriter de nos microbes ? Oui, mais dans ce cas il faut se désigner soi-même comme porteur de maladie, ce qui peut être objet de honte, et courir le risque d’être mis en quarantaine. Voilà une raison suffisante sans avoir besoin de faire intervenir comme le suggèrent les japonais une quelconque phobie de l’hygiène.
D’autant que la réticence à porter un masque « chirurgical » peut aussi s’expliquer par le fait qu’il masque le visage ; et que du coup on peut le ressentir comme un niqab laïque.


jeudi 17 janvier 2019

FLASH-BALL : IL FAUT "ANNONCER CLAIREMENT AUX MANIFESTANTS QU'ILS S'EXPOSENT AUX VIOLENCES LÉGITIMES DES FORCES DE L’ORDRE

« Yves Lefebvre (Sécrétaire général du syndicat Unité-SGP Police) : Je réponds simplement à tous ces pseudo bien-pensants que si on n’a pas cet armement intermédiaire, cet armement non létal, qu’est-ce qui va nous rester ? L’armement létal, l’arme de poing ou l’armement collectif, appelé fusil d’assaut ? » (Lu ici)



Flash-ball ou fusil d’assaut ?  Trois arguments pour vous aider à choisir votre arme.
1 – D’abord, il faut consentir au moindre mal : qu’est-ce donc qu’un œil crevé face à la balle dans le cœur ?
2 – Second argument des forces de l’ordre « Ces violences, les manifestants l’ont bien cherchée : ce sont eux qui ont déclenché les hostilités, ils n’ont pas à se plaindre de la force qu’on leur oppose. »
3 – Dernière remarque : les manifestants ont devant eux des forces qui sont celles de l’Etat et qui disposent donc à ce titre du monopole de la violence légitime.
Cette allusion à Max Weber (« un Etat est une communauté humaine qui revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné » Max Weber – Le savant et le Politique) remet les idées en place. Car si l’Etat peut revendiquer une telle prérogative, c’est qu’il incarne à lui seul la souveraineté nationale. Les Gilets-jaunes qui clament « nous sommes le peuple et c’est pour cela que nous avons tous les droits que nous souhaitons à commencer par celui de tout casser si nous sommes en colère, tout profaner y compris l’Arc de triomphe de l’Etoile » font un contresens total : le peuple est souverain lorsqu’il vote, il est sujet le reste du temps. Les philosophes des Lumières se sont creusés la tête pour arriver à faire cohabiter dans le même individu le gilet-jaune et le contribuable soumis : je vous laisse les relire.

Quant à moi, je me prépare pour le 27, manif des  Foulards rouges. Là faudra pas que les CRS viennent nous casser les c…

CLAUDE GUÉANT, L'ANCIEN DIRECTEUR DE CABINET DE NICOLAS SARKOZY (ALORS MINISTRE DE L'INTÉRIEUR) A ÉTÉ DÉFINITIVEMENT CONDAMNÉ À UN AN DE PRISON FERME

« Entre 2002 et 2004 Claude Guéant a été directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Durant cette période, monsieur Guéant a été accusé de s'être versé des primes en espèce qui normalement étaient destinées à récompenser des policiers méritants. Non seulement il en a gardé une partie pour lui, mais en plus, il en a distribué quelques-unes à ses collaborateurs au cabinet qui ont été aussi condamnés. » (Lu ici)

Un ministre en prison ! Voilà qui fait sensation ! (Même si le juge d’application des peines aménagera sans doute la sienne pour le dispenser d’un tel séjour).
Quoique… Ce qui fait encore plus sensation, pour ceux qui ont suivi sa carrière, c’est que cet homme était dans les années 90 un parangon de vertu, un Incorruptible qui n’aurait jamais pu piquer dans la caisse comme il l’a fait en 2002 avec une très grande facilité. Ceux qui le connaissent évoquent la venue de problèmes dans sa vie privée entrainant « un attrait pour l'argent qui a été au-delà de la loi » (Article cité)

Peut-être… Mais moi, dès qu’on évoque un personnage aussi sévère que Claude Guéant, voilà que mon inconscient se réveille et me submerge de fantasmes :



Je vois, je vois…Claude Guéant, en sarrau noir d’écolier, la culotte baissée et basculé sur les genoux de la maitresse d’école, tandis que celle-ci lui administre une vigoureuse fessée-déculottée. Bien sûr dans la réalité il s’agit d'une mise en scène avec la participation de professionnelles rétribuées avec l’argent réservé aux policiers méritants (ici : nouveau fantasme – on est au bord de l’explosion)

Oui, un tel homme ne mérite sûrement pas d’aller en prison, puisqu’on l’imagine accomplissant sa peine sous forme de « travaux d’intérêt collectifs » - par exemple aide soignant en EHPAD, ou remplaçant la dame-pipi de la gare saint Lazare. Quoiqu’une telle punition risque bien de lui donner l’envie de recommencer !

mercredi 16 janvier 2019

EMMANUEL MACRON : « ESPÉRER AMÉLIORER LA SITUATION DES GILETS-JAUNES PAR L’ISF C’EST DE LA PIPE. »

"Il ne faut pas raconter des craques: c'est pas parce qu'on remettra l'ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d'un seul gilet jaune s'améliorera. Ça, c'est de la pipe" Cité ici.

Il faut l’avouer : si on en est resté au parler-vrai de Michel Rocard, on risque bien d’être désarçonné par le langage d’Emmanuel Macron : il se rapproche tant des expressions populaires des jeunes, qu’on risque bien de ne rien comprendre à ses déclarations. Quelqu’un (je crois que c’est Florian Philippot) a cru malin de dire qu’il n’avait rien compris à la « Lettre du Président », sous entendu que c’est un texte d’intello qui reste coincé dans sa bulle sémantique.
« Il ne faut pas raconter des craques … c’est de la pipe » Et ça, Philippot, tu l’as compris ?

Passons. Reste quand même que le langage présidentiel a bien évolué depuis quelques dizaines d’années. Même Jacques Chirac qui avait un langage manifestant son affection pour le langage des militaires (1) n’osait pas s’en servir en présence de journalistes. Tout juste risquait-il des (quasi-)néologismes tel que le fameux « abracadabrantesque » - et encore avait-on mobilisé Arthur Rimbaud pour en justifier l’origine littéraire. Ne risque-t-on pas d’être choqué de voir nos Présidents utiliser à présent un langage débraillé, tout juste bon pour les Quartiers ?
Peut-être. Seulement voilà, les réseaux sociaux sont venus tout bouleverser, soutenus par cette pratique constante des autres médias à les citer à tout bout de champ ; réseaux auxquels il faut ajouter les citations de Donald Trump qui utilise un langage de charretier (ou de cow-boy ?) pour débiter des horreurs sur tweeter. Au point qu’on est soulagé que les 140 signes l’empêchent d’en vomir d’avantage. (2)
A côté de cela le langage de notre président paraît plutôt rafraichissant.
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(1) On lui attribue cette expression imagée : "Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre"
(2) 140 signes passés il y a quelque temps à 280 : je doute que Trump aille jusque là.

MACRON À GRAND BOURGTHEROULDE: PORTER UN GILET JAUNE ? 135 EUROS D'AMENDE

"L'arrêté pourrait être attaqué en référé devant un tribunal administratif, mais la décision ne serait pas rendue dans la journée de toute façon… En tout cas, les amendes qui pourraient être dressées me semblent contestables devant la justice". (Lire ici)

Autrement dit, la police détient arbitrairement durant quelques heures une personne suspectée de participer à une manifestation interdite, avant de reconnaitre son erreur et de relâcher l’individu alors qu’il n’y a plus rien à manifester. Quant à l’amende de 135 euros pour port d’un vêtement indiquant une volonté de passer outre l’interdiction de manifester, là aussi on la perçoit tout en sachant qu’elle sera remboursée après passage devant un tribunal.

Bref : alors que la justice a pour principe de considérer les contrevenants comme tels si et seulement si des charges sont retenues contre eux, les mesures prises ces jours-ci en son nom sont des mesures de simple police qui ne disent pas leur nom. « Je n’ai pas le droit de vous empêcher de passer, mais je peux le faire quand même, en vous soupçonnant de tel ou tel délit et en vous mettant en garde à vue jusqu’à ce soir, heure à la quelle je vous remettrai en liberté avec nos excuses – et ne demandez rien de plus ! »
On entend à tout bout de champ les politiciens – de l’opposition comme de la majorité – reprocher à leur adversaire « d’instrumentaliser » les violences des manifestations comme celles de la police.
Hé bien, voilà que les juges s’y mettent.

mardi 15 janvier 2019

LES DÉPUTÉS BRITANNIQUES ONT REJETÉ, À 432 VOIX CONTRE 202, L’ACCORD AVEC BRUXELLES SUR LA SORTIE DU ROYAUME-UNI DE L’UNION EUROPÉENNE

« Ce score sans appel résulte de la coalition entre trois types d’opposants bien distincts : les travaillistes qui souhaitent renverser Mme May pour déclencher des élections et parvenir au pouvoir, les pro-européens qui espèrent obtenir un second référendum, et les partisans d’une rupture franche avec l’UE qui considèrent le deal de Mme May comme une trahison du Brexit et appellent de leurs vœux un no deal » - Lu ici.

Comme toujours en politique la conquête du pouvoir l’emporte sur la question de savoir ce qu’on en fera quand on l’aura obtenu. Car à voir la coalition qui a bloqué le projet d’accord sur le brexit, et par là qui ruine l’avenir de Theresa May en tant que premier ministre, on se doute bien que ces gens-là ne s’entendront jamais pour exercer le pouvoir. Unis dans la lutte, désunis dans la victoire. Dès lors, se pose la question de l’intérêt général dans l’exercice des responsabilités politiques : car voilà des élus qui ont sans doute promis monts et merveilles pour être élus, et qui arrivés, aux Communes, ne font rien que dans le but d’y rester.

- Nous, Français, porteurs de Gilet-jaunes, nous qui sommes le peuple, voilà ce que nous avons à dire à ces politiciens, qu’ils soient britanniques ou français (ou de n’importe quelle nation, car on peut croire qu’ils sont partout pareils) : « Ou vous exercez le pouvoir dans l’intérêt du peuple, ou vous démissionnez sur le champ. A moins que le peuple ne choisisse lui-même le sort qu’il va vous réserver. »

Voilà : c’est là la seule situation dans la quelle l’arrogance des G-j me paraît supportable.