Bonjour-bonjour
Lu ce matin ce début d’article : « Le Stade de Reims, qui restait sur un match nul à Boulogne-sur-Mer (1-1) a retrouver le chemin de la victoire face aux Sochaliens. /…/ »
Comme vous le savez, le foot ne constitue pas mon sujet de réflexion préféré : tout juste mon regard effleure-t-il le début des articles concernant les performances du Stade de Reims, orgueil de la bonne ville que j’ai l’honneur d’habiter. Or, voici que cette horrible faute d’orthographe me saute aux yeux : « Le Stade de Reims, qui restait sur un match nul à Boulogne-sur-Mer (1-1) a retrouver (sic) le chemin de la victoire », avec cette confusion entre le participe passé et l’infinitif.
On devine que le correcteur d’orthographe n’a rien trouvé à y redire et que par ailleurs personne n’a cru utile de relire cet article, manifestant par là son désintérêt pour la correction orthographique des articles – sachant que certaines fautes peuvent dénaturer le sens d’une phrase, soit en le rendant inintelligible, soit – pire encore – en le transformant. Ainsi de notre article, où le sens change selon que l’on écrive (comme ici) « retrouver le chemin de la victoire » ou comme le veut le contexte « retrouvé le chemin etc. »
On critiquait autrefois le souci quasi obsessionnel de l’orthographe en disant que c’était la « science des ânes. » : ce dont on se moquait alors, c’est de la dictée qui servait à contrôler le niveau d’éducation : qu’on se rappelle la célèbre dictée du certificat d’études ainsi décrite : « Au certificat d'études primaires (CEP), la dictée occupait une place absolument centrale et redoutable : elle constituait l'épreuve éliminatoire par excellence, souvent appelée « l'épreuve couperet ». Symbole de l'élitisme républicain de l'école primaire, elle ne tolérait pas l'approximation et déterminait à elle seule l'obtention du précieux diplôme » (Source : Gemini)
La Dictée, Demetrio Cosola (1891)
Fini le certif’ – et finie la dictée (enfin presque). Sauf que la valeur de la grammaire est restée la même et que le sens de la pensée écrite dépend souvent de la rigueur grammaticale de l’orthographe. Alors, pourquoi ce désintérêt pour une exactitude qu’on ne cherche même pas à contrôler autrement que par un robot pas toujours bien doté en mémoire ? La seule hypothèse qui me vient désigne l’abandon de l’écrit comme moyen de communication de la pensée.
On se mobilise pour sauver la lecture : que n’en fait-on autant pour l’écriture ?









