Bonjour-bonjour
Définir ce qu’on entend par « liberté » comporte un risque : être trop étroit, comme ceux pour qui la liberté signifie pouvoir rouler en Ferrari tout au long de leur vie, ou trop large, comme lorsqu’on dit « On peut être libre tant qu’on ne nuit pas à la liberté des autres ».
- Une bonne définition de la liberté devrait comporter au moins des critères permettant de la situer dans le monde réel. Ainsi de la définition donnée hier sur France 5 par Gaspard Koenig : « Principe fondamental : « Tu as le droit de faire tout ce que tu peux défaire »
- Alors bien sûr, rien d’intuitif ici ; car de quoi parle-t-on quand on dit qu’il s’agit d’un principe « fondamental » ? S’agit-il d’un principe d’ordre purement pragmatique – selon lequel une action libre serait en même temps maitrisée intellectuellement, comme de savoir remonter le moteur qu’on vient de démonter ? Ou bien de ce qui est permis, qui est d’ordre moral – auquel cas on aurait à penser aux conséquences de notre action ?
Dans ce second cas, l’irréversibilité entre dans le champ de la morale comme la limite à ne pas franchir : la maitrise de l’avenir est alors aussi une condition de nos actes. Comme le disait Hans Jonas, le principe de la vie morale est la responsabilité qu’on endosse par rapport à l’avenir. Agir moralement c’est savoir que nous sommes responsables des conséquences de nos actes. Ici on ajoute : parmi ces conséquences les seules que nous puissions accepter sont celles qui permettent d’effacer ce que nous avons fait.
Car voici le sens ultime de ce principe : nous devons rendre à la nature tout ce que nous avons reçu d’elle, dans un échange d’égal à égal. C’est là que le principe, catésien de maitrise de la nature sort du champ de la morale.