dimanche 5 avril 2026

Tous en selle – Chronique du 6 avril

Bonjour-bonjour

 

Pour garder la fraicheur des balades en bicyclette de notre jeunesse, celle que la chanson d’Yves Montand nous faisait revivre en 68, quoi de mieux que de la retrouver dans l’actualité ?

Nous voici à l’arrivée du Tour des Flandres, où Tadej Pogacar (1er de la course homme) a retrouvé Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme). Après s’être racontés leurs courses respectives les voici partis en balade... sur un seul et même vélo : assis sur la selle et chargé du pédalage, le champion du monde a emmené la championne olympique de VTT, posée sur le cadre. (Vu ici)

 


 

Après le podium du Tour des Flandres, Tadej Pogacar (1er de la course homme) a offert une petite balade à Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme)

 

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… Bon, direz-vous voilà le philosophe de service qui déraille : 

- Il se met à baver de contentement pour une image fabriquée pour les fans de champions. Il est temps de lui trouver un Ehpad.

Oui… Mais vous n’empêcherez pas cette image de rappeler aux vieux le temps où pour séduire les filles le vélo était un atout. A l’époque, pas de voiture, pas de mobylette, rien que les propositions de promenades à deux … en deux-roues, sur le même engin, un peu comme le Prince charmant avec la Belle qu’il enlevait sur la croupe de son cheval.

- Voir un fougueux destrier à la place d’un biclou, c’est quand même la preuve d’un cerveau très fatigué.

- Mais non jeune homme. La mémoire passe son temps à retenir des souvenirs et à les éliminer faute d’intérêt - pour ne conserver que ceux qui sont encore un peu chauds. Quoi de plus normal que de retrouver les émois de la jeunesse ? Et si Pogacar revivait avec Pauline Ferrand-Prévot un épisode de sa récente jeunesse, même pour une photo posée pour une pub, qu’est-ce que vous auriez à y redire ?

- Je trouve le sujet un peut trop frivole pour votre Blog.

- Et quoi d’autre ? Vous voudriez qu’on vous parle des bombes qui écrasent les humains plutôt que d’une ballade en vélo ?

samedi 4 avril 2026

Gloire à Dieu ! – Oui, mais lequel ? – Chronique du 5 avril

Bonjour-bonjour

 

« Gloire à Dieu » : c’est comme cela que D. Trump termine son message annonçant le prochain anéantissement de l’Iran au cas où il refuserait de capituler.

Voici Dieu mobilisé dans ce conflit où jusqu’à présent seuls les missiles et les bombardiers furtifs intervenaient.

 


Le nouveau bombardier B21

 

Nous, on veut bien. Mais on voudrait savoir quel est le Dieu ainsi mobilisé ? Le Dieu des chrétiens – et des Évangélistes plus particulièrement ? Ou bien le Dieu des musulmans ?

- Question oiseuse : ça fait longtemps que les musulmans ont déjà fait appel à leur Dieu. La différence c’est qu’aujourd’hui chaque Dieu, à supposer qu’il réponde à la prière de ses fidèles est appelé à affronter le Dieu de l’adversaire. On se retrouve transporté au temps de la guerre de Troie, quand les Achéens (= grecs) et les Troyens s’affrontaient soutenus par des Dieux de l’Olympes qui en profitaient pour vider de vieilles querelles. Les Dieux se faisaient alors la guerre par hommes interposés – voudraient-ils continuer ainsi aujourd’hui ?

Notons que du temps du polythéisme grec si le pouvoir des Dieux était dispersé dans le panthéon, Zeus était le seul à disposer de l’arme absolue – à savoir la foudre. De nos jours seul le feu nucléaire peut correspondre à la foudre olympienne. Or, si le Dieu chrétien dispose de l’arme nucléaire via l’arsenal américain, le dieu musulman en est dépourvu, l’Iran qu’il soutient n’étant pas encore parvenu à la produire.

Allah serait donc amoindri dans l’attente de la bombe iranienne ? Si c’est vrai ne dites surtout pas que c’est moi qui vous l’ai dit : les coupeurs de têtes auraient vite fait de me retrouver.

vendredi 3 avril 2026

Hello, le soleil brille sur Téhéran – Chronique du 4 avril

Bonjour-bonjour

 

 

Hier le pont B1, encore en construction et devant devenir le plus grand pont d'Iran et du Moyen-Orient, a été détruit par un bombardement américain.



Les restes du pont « B1 »

 

En Iran, des ingénieurs pleurent leur grand pont, comme Hamed Zekri, un ingénieur de 41 ans : « "Nous avons travaillé sur ce pont pendant deux ans, matin et soir, avec tout notre cœur. Nos efforts ont été anéantis en l'espace de trois heures", entre la première et la seconde frappe. Mais "si Dieu le veut, nous le reconstruirons". » (Lu ici)

On comprend que ce pont était beaucoup plus qu’un ouvrage de génie civil. C’était une œuvre des constructeurs iraniens qui incarnait leur intelligence et leur savoir-faire – et que rien ne pourra remplacer.

 

- On songe aussitôt à l’histoire que raconte « Le pont de la rivière Kwaï », le film de David Lean, où l’on voit des prisonniers anglais contraint de bâtir un pont au service de leur ennemi japonais au prix indescriptibles souffrances. 


  

Image extraite du film « Le pont de la rivière Kwaï »

 

Pourtant au moment de saboter l’ouvrage, Nicholson, le colonel anglais qui a été placé par les japonais à la tête des prisonniers-bâtisseurs, refuse. Perdant tout à fait de vue que la construction du pont sert l'ennemi, le colonel Nicholson prévient le colonel japonais Saïto pour empêcher l’explosion.

Pour Nicholson, le pont est avant tout un ouvrage reflétant les souffrances et l’extraordinaire capacité créatrices des prisonniers anglais – qu’importe alors qu’il appartienne à l’ennemi ?

- On l’a compris : dans les deux cas, les ouvrages écrasés sous les bombes contenaient un peu de la personne de ceux qui les ont bâti, et les détruire c’est la détruire elle aussi.

Bien sûr, ce qui se révèle avec ces destructions de ponts est aussi présent dans les autres destructions. Téhéran est un champ de ruines où gémissent des vies de créateurs humains.

jeudi 2 avril 2026

Philosophie du « petit-coin » - Chronique du 3 avril

Bonjour-bonjour

 

Il y a quelques jours la nouvelle venait du Golfe Persique : le porte-avions de pointe, l’USS Gerald Ford, était fragilisé par… des toilettes constamment en panne.

Et hier, voici l’information venue de la NASA : « Lors du décollage de la fusée Artémis 2 en route vers la lune, les toilettes du vaisseau spatial ont été hors service quelques heures après le décollage de la fusée »

 

--> Autant le dire : les ch***tes sont trop souvent négligées, mais elles se rappellent à nous par des messages venus de notre corps.

 


Voici qui nous appelle à un peu d’humilité. Nous nous croyons les maitres du monde, légitimes pour en commander les moindres soubresauts, et puis voilà que cet organe auquel nous ne pensons jamais, je veux dire notre vessie, nous impose un supplice devant le quel nous n’avons d’autre solution que de capituler.

Mais qui sommes-nous pour oser défier notre corps dans ses fonctions les plus humbles ? A quoi sert de savoir fabriquer des vaisseaux grands comme des iles flottantes, ou de lancer des fusées qui font trembler la terre en la quittant, si cette fonction possède la priorité sur tout le reste ?

- Imaginez ce que Pascal aurait tiré cette humiliation : « Le plus grand philosophe, au milieu de sa leçon de métaphysique est contraint de courir au petit coin pour soulager sa vessie ». Comment prétendre défier Dieu quand on est une fragile créature de ce calibre ?

- Loin de cette transcendance, voici une petite anecdote : lors du premier débarquement des hommes sur la Lune, la NASA avait doté ses cosmonautes de garnitures urinaires : pas question de déposer le scaphandre spatial au moment de poser le pied sur la lune. 

Après Neil Armstrong, voici Buzz Aldrin qui apparait en haut de l’échelle. Et que fait-il ? Il urine dans ses garnitures étant comme il l’a dit plus tard « le premier homme à avoir pissé sur la Lune ».

- Notez qu’à bord d’Artémis 2 on a aujourd’hui un peu civilisé l’endroit où l’on se soulage, mais qu’il y a encore des progrès à faire.

mercredi 1 avril 2026

En Israël, la peine de mort pour les terroristes

Bonjour-bonjour

 

Lundi l’extrême droite israélienne a voté au parlement une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes ». Une loi taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à des Palestiniens jugée manifestement incompatible avec les obligations d’Israël en droit international, notamment en ce qui concerne le droit à la vie. En effet, « En établissant une hiérarchie racialisée du droit à la vie, cette loi viole l’interdiction absolue de la discrimination en vertu du droit international. » (Selon chef des droits de l'homme de l’ONU, Volker Türk.)

 

Nous voici confronté au processus d'abandon de la démocratie, comparable à celui qui se déroule aux Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump.

On objectera qu’en Israël un processus démocratique est toujours en place. Des élections législatives sont prévues en octobre prochain. « L’occasion de voir si « le discours fasciste a été accepté dans l’opinion publique », interroge Anna Zielinska. Avec le risque d’atteindre un point de non-retour. » (Lire ici)

Faut-il attendre d’en être là ? Devra-t-on dire qu’une dictature reste démocratique lorsqu’elle est soumise à la sanction des urnes, le dictateur soumettant son pouvoir à sa réélection ? L’Afrique est remplie de tels régimes et ça n’empêche pas l’ordre républicain d’être aux mains des autocrates.

Plus intéressant est de se demander pourquoi des électeurs libres de leur vote acceptent de renoncer au pouvoir démocratique qui leur est conféré pour se soumettre à celui d’un homme seul.

Mais ça, c’est une autre histoire.

mardi 31 mars 2026

Le temps des robots tueurs – Chronique du 1er avril

Bonjour-bonjour

 

Les hommes passent leur temps à inventer des machines merveilleuses et à déplorer qu’elles existent. Les découvertes de l’IA ne me démentiront pas.

Plutôt que de s’étonner de cette contradiction essayons de voir un peu plus loin : cette éviction de l’homme remplacé par des machines n’est-elle pas une sorte de miracle attendu par l’humanité depuis son origine – ou presque ?

Vous ne me croyez pas ? Écoutez plutôt : « Des prototypes de soldats humanoïdes ont été déployés sur le champ de bataille en Ukraine en février 2026. Une première depuis le début de l’invasion russe. Conçus par une start-up américaine, ils sont testés sur le terrain pour des missions de reconnaissance en première ligne, dans des zones dangereuses pour les humains. » (Lire ici)

On met donc au point actuellement des robots capables de remplacer les soldats sur le front des guerres pour des missions de reconnaissance. On devine que cette mission pourrait sans grande difficulté se transformer en mission de combat, et alors les hommes suivront la guerre sur les écrans de contrôles, bien à l’abri, un peu comme les opérateurs de drones.


Alors, bien entendu il y a un problème non signalé : j’ai écrit « sans grande difficulté » pour évoquer la prise de responsabilité par ces machines de missions de combats où il s’agit de détruire les forces adverses, que ce soient des machines ou des hommes. Ainsi, pilotés par une IA bien formatée des drones pourraient – peuvent déjà – concevoir et mener des combats et détruire même des écoles, des hôpitaux, des immeubles etc. Comment déléguer une telle responsabilité à des algorithmes qui ne sont contrôlables par personne ? Et quand bien même on contrôlerait ces programmes, comment une machine  pourrait être légitime pour combattre et décider de la vie et de la mort d’autres hommes sans aucune délibération humaine?  

C’est vrai… Quoiqu’on ne soit pas si regardant quand il s’agit de déléguer cette responsabilité à des humains dont rien ne permet de dire qu’ils sont plus compétents.

Commençons par là – et après on vérifiera pour les robots.

lundi 30 mars 2026

L’esprit mal tourné – Chronique du 31 mars

Bonjour-bonjour

 

La polémique de trop lue ce matin :

« Monsieur Bagayoko, maire de Saint-Denis victime de racisme sur CNews »

Le psychologue Jean Doridot y avait osé un comparatif nauséabond entre le comportement de monsieur Bagayoko l’élu LFI et les grandes singes. « Maintenant, c’est important de rappeler que /.../ nous sommes des mammifères sociaux de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus – il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité », avait lâché le psychologue » Lire ici

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Autrement dit, il y a des similitudes entre les familles de grands singes et une tribu dont le chef serait monsieur Bagayoko – là, ça ne passe pas. Car y a-t-il un marqueur du racisme plus fort que de comparer des hommes à des singes ?

--> Et c’est là que la riposte apparait : « Qui donc a dit de monsieur Bagayoko qu’il ressemblait à un singe ? Personne sauf à avoir l’esprit fort mal tourné ». Nous aurions fait preuve de préjugé et complètement mal interprété ces propos. La faute change de camp : c’est nous qui avons créé la faute pour accuser des innocents.

- On se trouve pris dans le piège qui consiste à montrer que le sens de ce discours résulte d’obsessions qui seraient les nôtres. A comparer au vieux procédé consistant faire des allusions obscènes provoquant des réactions indignées pour les dénoncer en disant : « Tu as l’esprit mal tourné ! » - Alors que bien sûr c’est ce sens allusif qui serait la véritable raison du propos.

Qui donc en effet parle des humains comme faisant partie de la famille des « Grands singes » ? Et pourquoi en parler, si ce n’est pour éveiller dans l’esprit qu’un homme à la peau noire est justement apparenté aux singes ?

Si c’est ça « avoir l’esprit mal tourné » alors que devra-t-on tolérer demain quand on aura des images du maire de Saint-Denis comme celle-là :