Une fois passée la saint-Valentin on se retourne et on se pose la question : « Pourquoi elle (lui) et pas un(e) autre ? » Car outre la promesse « d'amour-toujours » cet amour de Valentin est aussi promesse d’exclusivité.
Comment cela s’explique-t-il ? On connait l’explication donnée par Stendhal dans sa fameuse « cristallisation » : « Ce que j'appelle cristallisation, c'est l'opération de l'esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections. »
Sauf que la description qui suit est plus une illustration qu’une véritable explication.
Pour aller plus loin il faut lire cette étude venue du Japon. « En 2025, des chercheurs de Kyoto étudient le cerveau amoureux de 47 hommes en couple réagissant à leur partenaire, une amie et un ami.
Les résultats montrent un noyau accumbens spécifique au partenaire en début de relation, dont la représentation se rapproche progressivement de celle d’un lien amical. »
« Noyaux acumbens ? C’est quoi ? »
« Au sein du cerveau, le noyau accumbens participe au "circuit de la récompense", ce qui veut dire qu'il est activé lorsque le sujet attend une récompense. Dans ce cas, il reçoit des signaux dopaminergiques activateurs (la sérotonine est plutôt inhibitrice). » Dans le cas de l’amour, « une région cérébrale liée à la récompense appelée le noyau accumbens montrait des modèles d'activité clairement différenciés pour un partenaire par rapport à un ami de sexe opposé. » Bref, l’être aimé a la faculté par sa simple représentation de mettre le cerveau en attente de récompense spécifique.
Mais la recherche japonaise va plus loin : l’amour de Saint-Valentin s’étiole et il n’est pas sûr que la prochaine soit célébrée avec le (la) même partenaire. Comment expliquer cela ?
- Là encore la physiologie du cerveau joue son rôle : « Dans les relations plus longues, cette distinction neuronale est devenue moins prononcée. Ce changement peut refléter un passage de l'amour passionné caractéristique des relations en début de parcours vers une forme d'amour plus stable et compagnon qui partage des caractéristiques avec une amitié profonde".
Ainsi donc : lorsque l’amour décline tout n’est pas fini : derrière le (la) partenaire enfiévrant(e) le couple se profile : « Plus la relation durait, moins le noyau accumbens distinguait le partenaire de l'amie. Ce lien persistait après prise en compte des scores d'intimité, de passion et d'engagement. » Désespérant ? Pas du tout – du moins pour les japonais : « Pour les chercheurs, il s'agit d'un basculement biologique, non d'une perte de sentiment. »
On devine la question : est-il possible de réactiver l’action du noyau accumbens ? Car on voudrait que les amoureux des contes de fées ne soient pas obligés de mourir comme Roméo et Juliette pour éviter de former une famille faisant des enfants chaque année.
- Mais là, la science nous lâche. Plus d’études de stimulation, tout juste une observation : la musique stimule la production de dopamine. Comme si pour conserver la spécificité de la passion il suffisait de faire apparaitre le(la) bien-aimé(e) sur un fond de marche nuptiale.
…Après tout, on pourrait essayer ?