vendredi 6 mars 2026

Les petits bonheurs – Chronique du 7 mars

Bonjour-bonjour

 

Mon article du jour est destiné aux déprimeurs, ceux qui subissent une baisse de moral passagère à ne pas confondre avec le trouble psychique bien connu.

Ici, pas question de recourir aux soins d’un professionnel, mais simplement des techniques psychologiques qui ciblent la déprime et peuvent ainsi aider à retrouver un peu d’élan dans ces moments de creux.

Je vous laisserai lire l’article en question qui décrit cinq techniques pour éliminer cinq formes de dépressions : je me contenterai de pointer un fait très simple qui souvent passe inaperçu. Il s’agit de constater que ces pertes de moral sont souvent sensibles aux remèdes les plus simples – on dirait même les plus légers. Pour soigner ces victimes de la déprime passagère il suffit parfois de pratiquer le bon sens populaire, mais adapté à des situations de périmètre réduit sensible à des micro-persuasions (cf. article cité). Parfois les victimes professent elles-mêmes ces méthodes, comme ces personnes en perte de moral, qui mangent leur petit chocolat avec leur café en disant : « C’est mon petit-bonheur ». 


 


Alors, c’est vrai, il n’y a pas de petit bonheur, mais il y a des occasions minuscules de se sentir heureux, qui peuvent réactiver le « circuit de la récompense » dont on parlait récemment.

On retrouve la même situation dans les autres occasions évoquées dans cet article : à chaque fois il faut rallumer dans le cerveau l’attente du plaisir qui est nécessaire à l’apparition du plaisir proprement dit. Je ne serai heureux que si je m’attends à l’être : un peu comme la perception des saveurs suppose le souvenir de celles-ci, comme l’a montré la rééducation post-covid.

Comme le disait Johnny : « Donnez-moi l’envie d’avoir envie » - Fastoche.

jeudi 5 mars 2026

Dieu ! Que la guerre est jolie – Chronique du 6 mars

Bonjour, bonjour

 

C’était hier à la télé, un reportage filmé à Tel-Aviv où des jeunes (20-30 ans) dansaient de joie dans la rue, éclatant de bonheur et disant : « Je déteste la guerre ». Il fallait entendre « Sauf celle-ci, contre l’Iran ».

Alors, on était bien loin de la complainte de Guillaume Apollinaire chantant en 1915 dans ses poèmes à Lou : « Ah Dieu ! que la guerre est jolie » lors de cette drôle de guerre où l’artilleur était encore loin du front. Pour les jeunes israéliens la guerre est là, mais c’est leur guerre celle qui va les débarrasser de leurs ennemis. Et là, nulle pose dans le carnage, devenu un tableau réjouissant, au point d’apporter à ceux qui ne l’ont jamais vécue une première expérience du bonheur.

On croit qu’on peut parler « de la guerre » de façon absolue, comme si un tel concept pouvait en réunir tous les aspects. C’est faux. En réalité il y a des guerres, la mienne et celles des autres, celles faites contre moi et celles faites contre les autres. Inutile de multiplier les exemples, on a compris qu’on ne maudit la guerre que lorsqu’elle n’a rien à nous apporter, comme ce pauvre enfant qui tend le poing sur la stèle du monument aux morts.

 


Ce pauvre orphelin avait déjà tout perdu ; les jeunes de Tel-Aviv ont encore quelque chose à gagner : un monde sans ayatollahs.

mercredi 4 mars 2026

Tas de cailloux et chair à canon – Chronique du 5 mars

Bonjour-bonjour

 

Regardez cette photo :

 


Pourriez-vous dire où elle a été prise ? A Beyrouth? A Teheran? A Jerusalem?

Comme identifier ces ruines, amoncellement de débris, carcasses d’immeubles ? Seul l’homme qui porte un croissant rouge dans le dos donne à penser que nous sommes au Moyen-Orient. 

La mort en frappant cette ville l’a rendue anonyme, ses immeubles sans doute originaux et différents de ce qu’on peut voir ailleurs sont devenus des moellons identiques d’un bout du monde à l’autre. Pire encore : que ce soit Einstein ou le cantonnier du coin qui habite cet immeuble, rien de les différencie plus maintenant.

La destruction et la mort efface l’originalité de la vie, elle rabaisse tout ce qui a été construit et qui dépasse le niveau naturel. Pour elle, rien ne peut subsister qui ne réponde pas aux lois de la nature : un missile sur un immeuble, et c’est l’entropie qui passe…

L’entropie : le mot est lâché – les hommes depuis qu’ils existent ont cherché à se distinguer du monde qui les entoure. Créations d’habitats, vêtements et ornements, tout doit les arracher à la confusion avec la nature. Et voilà qu’à présent ils passent le temps qu’il leur reste à détruire tout cela chez leurs ennemis et à les transformer en choses. 

 

En transformant les palais en tas de cailloux et les hommes en chair à canons, la guerre fait subir aux ennemis l’humiliation suprême – sorte de profanation de la vie. Mais en même temps elle permet de reconstruire et on voit combien la transformation de la bande de Gaza en Riviera moyen-orientale a excité ceux qui avaient la puissance de la détruire.

Ne l’auraient-ils pas fait rien que pour ça ?

mardi 3 mars 2026

Y a-t-il un chef quelque part ? – Chronique du 4 mars

Bonjour-bonjour

 

Selon certaines informations, en Iran la succession de Ali Khamenei tourne au casse-tête : après avoir pensé à Reza Pahlavi, le fils du Shah destitué – que voici :

  


Les gardiens de la Révolution seraient prêts à assumer le pouvoir – après avoir renoncé à l’arme atomique. Il faut dire qu’ils proposent comme chef celui des massacres de foule de janvier 2026…. (Sur tout cela voir ici)

Bref, notons que le poste de chef de l’État Iranien est embrassant : soit il n’y a personne pour l’occuper, soit il y a trop de candidats. Et peut-être faut-il voir cette situation comme révélatrice d’une situation très générale et trop négligée : c’est que personne, absolument personne, n’est qualifié pour prendre le poste de Président de la République, ou quelque titre approchant.

Beaucoup ont tranché le problème en considérant que certains États valident constitutionnellement une situation qui légitime l’accès à ce pouvoir. Comme être issu d’une famille illustre, descendant d’un chef précédent, comme le fils du Shah, ou avoir été adoubé par le passage par une école prestigieuse, comme l’ENA (aujourd’hui INSP) – ou, pour le moins, appartenir à un parti déterminant pour l’accès au pouvoir.

On dira que ce poste n’existe pas pour les démocraties véritablement représentatives : le Président ne fait que porter la voix des députés dont la parole n’est que la somme de celle de chaque représentant élu. Certes. Mais on se rappelle la question de Harry Kissinger, demandant : « Quel est le numéro de téléphone du président de l’Europe ? »

Et c’est vrai : en politique il faut négocier, affirmer ensemble, agir en commun. Et pour cela un seul, et non la multitude, sera nécessaire.

lundi 2 mars 2026

Le canard sans tête – Chronique du 3 mars

Bonjour-bonjour

 

Est-ce qu’on détruit une dictature en tuant le dictateur ? Ou bien ne risque-t-on on pas de voir ce régime, privé de son dirigeant autocrate, continuer comme avant, un peu comme le canard à qui on a coupé la tête et qui part en courant.

Donald Trump a prétendu abolir la dictature lorsqu’il a enlevé Maduro et tué Ali Khamenei. Si le Venezuela semble mieux respirer depuis l’enlèvement du dictateur, rien ne dit que le régime autoritaire et corrompu qu’il avait mis en place ait réellement disparu. Quant au pouvoir des mollahs en Iran, rien n’est fait encore. 

 

Si nous réfléchissons un peu nous arrivons à cette question : la dictature est-elle le fait du dictateur ou bien au contraire, n’est-elle pas antérieure à lui ? Le bon sens est de dire que c’est la première hypothèse qui est vraie : un général d’armée s’empare du pouvoir et s’y maintient grâce à ses troupes : alors, sa disparition peut permettre au pays de retrouver la démocratie.

Mais il se peut que la dictature soit d’abord l’effet d’un parti qui s’est construit peu à peu contre un occupant étranger, et qui s’empare du pouvoir après l’avoir chassé. Alors, pas d’opposition, rien qu’une force issue du pays et qui en libère la puissance – imaginez la France-Libre du général de Gaulle en 1946 qui aurait choisi de rester au pouvoir et de gouverner la France sans élections démocratiques.

Il se pourrait que l’Iran fasse partie de ce genre d’État ; quoiqu’on y fasse la Nation iranienne restera farouchement revendiquée par le pouvoir politique : quand bien même ce serait un parti corrompu il serait toujours préféré à une démocratie importée avec la marque de l’étranger.

dimanche 1 mars 2026

Oh my God ! - Chronique du 2 mars

Bonjour-bonjour

 

Regardez cette image. Que voyez-vous ? 


 

A gauche, une frappe iranienne atterri sur une cible civile évoquant les produits de beauté que vante (à droite) l’influenceuse française Maeva Gheenam qui réside à Dubaï la capitale des influençeurs. (©AFP / capture d’écran Instagram) »

« Oh my god ! » s’exclame à plusieurs reprises sur l’une de ces vidéos Hofit Golan, une influenceuse israélienne de bien-être, en montrant un immeuble en feu à proximité de son appartement. » (Lire ici)

--> Et voilà des gens qui pensaient profiter des richesses sans partager les malheurs. Mais les malheurs, il y en aura pour tout le monde – les évènements actuels sont en train de le prouver.

Mais il ne faut pas en rester là. Car la guerre qui se déchaine contre la République Islamique d’Iran n’a pas pour but de chasser la publicité pour les produits de beauté. Bien au contraire.

Vu du bord américain on nous annonce que, conformément à la doctrine Trump, le but de la guerre est de chasser les religieux du pouvoir, quitte à laisser les Gardiens de la Révolution s’en emparer. On dit que ceux-ci seraient bien contents d’être débarrassés des mollahs pour faire du business et se remplir les poches de dollars. Vrai ? Faux ? En tout cas on entend un air qui doit sonner agréablement aux oreilles de Donald Trump. Le reste est de la cuisine politique à assaisonner avec Benjamin Netanyahou.

samedi 28 février 2026

En Iran, mort du Guide suprême : et après ? – Chronique du 1er mars

Bonjour-bonjour

 

L’annonce de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la république coranique d’Iran a d’abord laissé sceptique. Comment les iraniens auraient-ils pu laisser leur chef suprême exposé aux bombardements meurtriers des israéliens et des américains ? A moins que quelque traitre ait laissé trainer des données capitales pour une opération commando ?

Mais quoiqu’il en soit des circonstances, ce matin la nouvelle est confirmée : Ali Khamenei est effectivement mort au cours des bombardements du 28 février.

 

Après un moment de satisfaction, la question vient : « Que va-t-il se passer à présent ? La mort d’un homme, de surcroit très vieux, peut-elle surprendre et affaiblir le régime iranien ? »

- Son grand âge laisse entendre que sa succession était largement prévue. « Depuis la mort d'Ebrahim Raisi, le candidat le plus souvent évoqué pour la succession d'Ali Khamenei est son fils, Mojtaba Khamenei, déjà considéré comme un acteur central du pouvoir iranien » peut-on lire ici.

- Et puis dans un régime à l’idéologie si rigide, peut-on croire qu’un seul homme incarne quelque chose de différent des autres hommes du pouvoir ? Et si les ayatollahs formaient une troupe compacte et homogène ?

 


 

Mais en réalité ces questions sont tournées vers le Président américain. – Après tout c’est pour lui que cette victoire est significative. C’est lui qui veut des trophées à exhiber comme après une scène de chasse à courre. Au Venezuela, capture de Maduro – après ça on passe à autre chose : y aura-t-il à Caracas un régime « Maduro-sans-Maduro » ? Aucune importance.

- Et à Téhéran ? – Pas de problème si ces gens acceptent de vendre leur pétrole à bon prix – Qu’importe qu’ils violentent leur peuple – à condition qu’on n’en parle pas trop ?

Ce qu’il faut, c’est que Donald Trump soit décoré du titre de Grand chasseur de tyrans.