Bonjour-bonjour
On apprend que l’armée israélienne s’est emparées de forteresse de Beaufort au Liban (voir ici), et cette information n’est pas passée inaperçue. L’Histoire (avec un grand « H ») nous rappelle en effet le rôle de cette place forte dans les luttes que les croisés soutinrent contre Saladin.
- Je ne développe pas l’histoire de cette forteresse qui plonge ses racines jusque dans la période biblique et dont la dernière restauration remonte au 20ème siècle – on en lira un exposé par exemple ici.
Le fort transformé en avant-poste de l'armée israélienne (photo de 1995).
Cet épisode nous rappelle que, vu d’Israël, le conflit avec les palestinien rencontre à chaque pas des racines bibliques. Selon la Bible en effet, bien que « donnée » aux Israéliens, la terre en question fut plus « promise » que « donnée », et ses premiers occupants durent en être chassés pour que s’accomplisse la volonté de Dieu. On pourra lire ici cet exposé très documenté récapitulant les récits bibliques. L’important est de noter que pour les juifs, il n’y a aucune rupture entre le passé mythique et la présence historique, puisqu’il existe des monument qui, tout au long des temps, assurent la continuité entre cette origine et la réalité actuelle. Ils sont là comme pour conforter leur réalité objective :
- Oui, le Seigneur donna bien cette Terre au Peuple israélien, et la preuve en est que ceux qui luttèrent pour accomplir la volonté divine le firent dans des murs qui résonnent encore des échos de ces premiers combats.
Bien entendu, les Palestiniens ne se sentent pas concernés par cette mythologie : pour eux l’histoire actuelle commence en 1948 avec la « Nakba » (« catastrophe ») qui désigne les événements de 1948, marqués par la création de l'État d'Israël et l'exode ou l'expulsion de nombreux Palestiniens.
Le temps de la Bible contre celui des guerres de terrain : c’est cette rupture dans le temps de l’histoire qui alimente l’impossible réconciliation des Juifs et des palestinien.