mardi 31 octobre 2023

A quand un Villers-Cotterêts… corse ? – Chronique du 1er novembre

Bonjour-bonjour 


L’histoire ne se répète jamais : le contexte dans lequel apparaissent les évènements modifie toujours leur contenu.

Ainsi de la langue français qu'on aurait pû croire valorisée par le Président Macron comme langue « universelle » : « C’est une langue de liberté et d’universalisme » disait-il semblant reprendre le propos du concours de l’Académie de Berlin en 1783 « Qu’est-ce qui a rendu la langue française universelle ? » – négligeant au passage la réalité du fait, tenu pour évident, pour n’interroger que sur les causes. (1)


Toutefois le propos présidentiel diffère sensiblement de cette affirmation :

            * D’abord il ne s’agit pas de dire que le français est supérieur à toutes les autres langues, mais seulement qu’il est essentiel à quelques pays devenus et restés francophones pour des raisons historiques.

            * Ensuite la langue française – mais on suppose facilement que toutes les langues nationales jouent le même rôle – est conçue comme le ciment de la Nation. 

 

- Plus question donc de prétendre que notre langue soit par son lexique comme par sa syntaxe porteuse exclusive de la vérité, comme on prétendait alors le prouver avec la langue de Descartes. 

Reprenant l’argument de tous les nationalistes, Emmanuel Macron nous rappelle que pour reconnaitre un français il suffit de l’écouter parler : tout français parle français. 

--> C’est précisément ce que disent les corses, qui crient au scandale parce qu’on ne leur reconnait pas ce droit : eux aussi ils pensent à une ordonnance de Villers-Cotterêts… pour la langue corse bien entendu.

C’est que le pouvoir central craint comme la peste les parlers locaux, qui eux-aussi vont cimenter une unité populaire – mais celle fois contre la langue nationale.

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(1) L'intitulé exact du sujet est celui-ci : « Qu’est-ce qui a rendu la langue française universelle ? Pourquoi mérite-t-elle cette prérogative ? Est-il à présumer qu’elle la conserve ? »

lundi 30 octobre 2023

Gai-gai, enterrons-nous ! – Chronique du 31 octobre

Bonjour-bonjour


En ce jour d'Halloween le souci des cimetières nous prend et l'actualité suit.

La nouvelle vient du Japon : les vieux de plus de 75 ans qui auront accepté de rendre leur permis de conduire – entendez qu’ils auront renoncé à conduire leur voiture – auront une réduction de 15% sur leurs frais d’obsèques. Ils auront aussi (et surtout) la gratuité dans les trains. 

- Pour aller au cimetière ?

- Pas d’ironie facile je vous prie : l’augmentation du nombre d’accidents provoqués par des conducteurs âgés fait question au Japon, pays où la population est vieillissante et qui doit trouver des solutions acceptables par tous, sans contrainte mais avec des incitations.

- Quand même : faire miroiter des réductions sur mon enterrement, ça ne me parait pas très stimulant : après tout, ce sont les héritiers qui sont concernés, pas le défunt. 

- Mais les billets gratuits pour prendre le train, ça ne vous parait pas une bonne raison de renoncer à la voiture ?

- Bof ! Je hais les trains, il faut se rendre à la gare – et sans voiture s’il-vous-plait ! Et puis pendant le voyage, il faut supporter les enfants qui crient, qui courent et qui vomissent partout. 

Non vraiment : mon permis, je le garderai jusqu’à ce qu’on me le retire.

- Vous ne voyez donc aucune raison pour faire ce geste-citoyen ?

- Si, peut-être… Pour les obsèques, le prix ne m’intéresse pas, par contre l’organisation de la cérémonie pourrait me convaincre.

- Par exemple ?

- Hé bien voyez-vous, j’aimerais qu'on me garantisse qu’un quatuor à cordes viendra jouer un opus de Beethoven. Par exemple un quatuor de la série « Razoumovski » : joyeux et revigorant ça serait excellent pour mon enterrement.

Garantissez-moi par contrat qu’on jouera à mon enterrement un œuvre de Beethoven - ou à la rigueur de Haydn, et je renonce à ma bagnole.

dimanche 29 octobre 2023

Tournez le dos à la multitude – Chronique du 30 octobre

Bonjour-bonjour

 

Qu’est-ce qui est pire que la haine ? La foule – ou plus exactement : la haine venue de la foule

--> On voit en ce moment sur Internet des images d’étudiants arabes israéliens enfermés dans leur université face à une foule criant « mort aux Arabes »

Cette scène s’est déroulée sur le campus d’une université privée de Netanya, dans la soirée du samedi 28 octobre. Et plus précisément devant une résidence qui appartient à l’établissement où des centaines d’habitants juifs de Netanya, au nord de Tel-Aviv, auraient « tenté de s’introduire par effraction dans le dortoir » d’une université de la ville, pour lyncher des étudiants arabes. (Lire ici)

 

On sait depuis longtemps que la foule constitue une masse guidée plus par ses passions que la raison. Elle est capable des pires débordements, comme l’a analysé Gustave Le Bon à la fin du 19ème siècle. Mais on connait moins la réflexion d’Antoine Sabatier de Castres publiées en 1794 – on la lira en note ci-dessous.

Si je donne ce texte aujourd’hui, c’est pour répondre à une question très pertinente que pourtant on ne pose guère : se guider sur les réseaux sociaux pour penser l’actualité, est-ce participer à une foule ? A première vue, non : alors que la foule est comme un vol d’étourneau fait d’une multitude d’individus qui, serrés les uns contre les autres, bougent comme s’ils étaient poussés par elle, on imagine plutôt l’internaute dans la solitude de sa chambre, caché par son écran et en tout cas couvert par l’anonymat d’un pseudo. Pourtant relisez le texte de Sabatier de Castres : le premier caractère des individus dans une foule est de se conduire par imitation. Or qu’est-ce qui caractérise les « followers » ? N’est-ce pas justement qu’ils suivent les autres, et que le grand nombre remplace chez eux le raisonnement quand il s’agit de décider quoi faire.

Il y a mieux – ou pire. Lisez encore Sabatier de Castres : « Quand tous marchent vers l'erreur nul ne parait y marcher » : comment mieux expliquer la force du complotisme et celle des « fakenews » ?

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Annexe

« L'erreur fut et sera toujours le partage du très-grand nombre. Peu d'homme agissent par leur volonté et pensent d'après eux-mêmes. Presque tous se conduisent par imitation ; l'exemple est leur premier maître, et l'habitude, leur raison ; ils regardent sans voir, entendent sans écouter, et ne suivent d'autre guide que la multitude qui les précède ou les environne. Quand tous marchent vers l'erreur nul ne parait y marcher ; il n'y a que celui qui sort de la foule et qui s'arrête qui aperçoive le mouvement insensé des autres. On l'a dit ; mais c'est ici le lieu de le répéter : Voulez-vous voir la vérité ? Tournez le dos à la multitude. »

Antoine Sabatier de Castres – Pensées et observations morales et politiques – Ed de Vienne 1794 Livre I Ch.1 p.16

samedi 28 octobre 2023

Le temps s’en va, le temps s’en va ma Dame … - Chronique du 29 octobre

 


Bonjour-bonjour

 

Je vous vois, chers amis, épanouis et heureux ce matin pour avoir dormi une heure de plus. Qu’il faut peu de choses pour faire votre bonheur ! Mais les insomniaques ne sont pas comme vous : une heure d’insomnie en plus, merci bien !

Mais ce n’est pas de cela que je vais vous entretenir : il s’agit de l’incompréhension de beaucoup devant la changement d’heure : faut-il avancer les aiguilles de l’horloge ou les reculer ?

Qu’est-ce donc qui avance ? Le temps, ou l’horloge ? Nous sommes devant le même problème de comprendre pourquoi, quand le train démarre, nous ne voyons bouger que le quai. C’est un problème de relativité du temps, pas celle d’Einstein, mais celle de Ronsard : 

 

Le temps s'en va, le temps s'en va ma Dame,

Las ! le temps non, mais nous nous en allons.

Pierre de Ronsard – Sonnet à Marie (lire ici)

 

Mais, une heure de plus sur l’horloge, qu’est-ce ça change ? Oh, bien sûr rien n’a changé depuis hier soir, sauf que je regarde mon horloge avec méfiance : a-t-elle bien enregistré l’heure nouvelle ? Et puis aussi par rapport à quoi on évalue le changement : il n’existerait pas sans point de comparaison. 

- Concernant le temps, nous percevons deux choses : d’une part l’existence de son écoulement, par exemple en constatant les changements enregistrés par notre corps ; et puis l’existence de la durée, par laquelle il nous faut attendre, quelle que soit l’impatience qui nous envahit.

Pour le premier point, on peut relire le Sonnet à Marie où Ronsard explique à une jeune Dame qu’il faut profiter de son corps tant qu’il est jeune pour faire crac-crac avec le poète – tant qu’il le peut encore. Les institut de beauté sont là pour le vérifier : on sait très bien que le temps nous ronge.

Quant à la durée, seule la mémoire et ses sortilèges nous importe.

Sortilège du temps passé restitué comme si la durée n’existait pas : la "madeleine" de Proust est évoquée pour signaler son existence.

Et puis, autre sortilège, le pire peut arriver : nous perdons la mémoire et avec elle l’épaisseur de la durée vécue. Plus de temps ; rien que des instants disjoints dont chacun est à la fois le premier et le dernier. Alzheimer a fait son entrée ; il ne ressortira plus. Pour lui, ne vous fatiguez pas à changer l’heure de vos montres : son cadran ne comporte qu’une une aiguille qui revient à zéro sitôt l’unique instant écoulé.

vendredi 27 octobre 2023

Sainte Bernadette, priez pour nous ! – Chronique du 28 octobre

Bonjour-bonjour

 

Le spectacle « Bernadette de Lourdes » n’est plus éligible au Pass Culture pour non-respect de la laïcité.

Le Pass Culture Collectif ayant été spécifiquement créé afin que les élèves de moins de 18 ans bénéficient d’un enseignement culturel pédagogique au cours de l’année scolaire, l’argument évoqué est que cette comédie musicale ne s’inscrit pas particulièrement dans une démarche éducative. – Selon les membres de la commission de référencement au Pass Culture, le respect de la Charte de la laïcité pose question. 

(Rappelons que la comédie musicale coproduite par l’humoriste Gad Elmaleh, retrace la jeunesse de Bernadette Soubirous, une jeune femme ayant affirmé avoir vu la Vierge Marie de ses propres yeux dans une grotte à Lourdes au milieu du XIXe siècle. Morte en 1858, sainte Bernadette a été canonisée en 1933 par le pape Pie XI. - Lire ici)

- A supposer que l’argument du viol de la laïcité soit valable, il signifierait que la subvention apportée par l’État à ce spectacle serait une contribution à une entreprise d’apologie d’une sainte de l’Église catholique.

Tout le problème est de savoir si « La vie de Bernadette de Lourdes » est un récit historique ou bien s’il s’agit de l’hagiographie d’une sainte. Où finit la réalité et où commence la religion ? On devine que le problème vient de ce que, pour les uns la religion n’est qu’une fiction, alors que, pour les autres, elle s’inscrit dans la réalité. 

* Soit les visions de Bernadette sont des élucubrations pathologiques et leur retentissement résulte des besoins de consolation d’un peuple affamé par un capitalisme qui exploite la misère humaine.

--> Et alors cette comédie musicale n’est rien d’autre qu’un rappel nostalgique de la gloire des miséreux que furent nos ancêtres.

            * Soit le récit de la vie de Bernadette montre que seul le soutien de la Vierge Marie peut expliquer la ténacité et l’aura de cette très-jeune fille.

--> Et alors ce spectacle est là pour nous inviter à prier la Très-sainte Mère de Dieu qu’elle nous fasse la grâce de partager l’extase de Bernadette-de-Lourdes. 

Et c’est là que la laïcité en prend un coup.

jeudi 26 octobre 2023

Le retour des Bat’d’Af’- Chronique du 27 octobre

Bonjour-bonjour

 

La Première ministre a annoncé l'encadrement de mineurs condamnés par la justice par des militaires (Lire ici)

Elle a notamment évoqué "un encadrement de jeunes délinquants par des militaires dans certains cas pour "transmettre des valeurs de dépassement de soi", ce qui nous renvoie aux bataillons disciplinaires du 19ème siècle. Voyons un peu : historiquement, les Bat- d’Af (pour « Bataillon d’Afrique ») recrutent à la fois des militaires au casier chargé, puis à partir de 1889 un bon nombre de voyous, fait des bataillons d'Afrique un endroit privilégié pour forger les réseaux du milieu criminel de l'entre-deux-guerres. On lira dans cet article de Wikipédia l’histoire et la légende de ces bataillons disciplinaires. L’essentiel est de comprendre ce qui se passe aujourd’hui en s’appuyant sur cet exemple-là.

La Première Ministre, veut que cet encadrement « transmette des valeurs de dépassement de soi » : on comprend, mais comment faire ? Nos ancêtres nous l’ont montré, justement avec ces bataillons disciplinaires : gravir au pas de charge, avec un sac de cailloux de 50 kg sur le dos, des chemins escarpés – sous un soleil de plomb.

Avec ça, nos sauvageons vont être recivilisés fissa !

Je vous vois désolé : plus d’Afrique ! Plus d’Algérie : pour le soleil de plomb, on repassera….

Rassurerez-vous : il nous reste encore la Nouvelle-Calédonie - ça fera l’affaire : demandez aux descendants de Communards.


- Décidément l’histoire de France est pleine de ressources. Tenez, par exemple : les islamistes nous embêtent beaucoup : que faire ? Hé bien revoyez l’histoire de la Saint Barthélémy.

mercredi 25 octobre 2023

Ces infos dont vous n’entendez pas parler – Chronique du 26 octobre

Bonjour-bonjour

 

Sommes-nous surinformés ? Risquons-nous d’être abrutis par les chaines d’info 24/24 qui pullulent ? Et par les réseaux sociaux ?

Que nenni – du moins si on tient compte de toutes les infos dont nous n’entendrons pas parler ! Car, à partir du moment où une info a capté l’attention des gens, il n’y a semble-t-il plus de place pour toute autre information, quelle que soit son importance ;

Vérification :

            * le guerre en Ukraine, où des centaines de milliers de soldats russes tentent d’enfoncer le front dans le nord du Donbass. Silence-radio... et télé… et etc. La guerre d’Israël contre le Hamas suffit bien pour nous occuper.

            * La tuerie de masse qui est en cours (1) aux Etats-Unis, avec au moins 22 morts et cinquante à soixante blessés : inconnu au bataillon ! Les chaines-news avaient pourtant de quoi faire des éditions spéciales avec tous ces gens enfermés dans leurs maisons alors que le tueur armés d’un fusil d’assaut sillonne la ville et tire sur tout ce qui bouge. (lire ici)

 

Nous arrivons à saturation d’émotion et d’intérêt. Plus de place pour de nouvelles info, sauf à oublier celles qui nous occupent en ce moment. Et donc, Israël, les bombardements, les cadavres découpés en morceaux, les otages : tout ça, hop : poubelle ? C’est pourtant du lourd.

- Mais un tueur actif depuis plusieurs heures aux Etats-Unis, une population entière qui tremble d’angoisse derrière ses volets : c’est du « encore plus lourd ». Mais pour que ça marche, il faut que ce soit en cours, que l’issue n’en soit pas prévisible. L’Ukraine résiste et se bat héroïquement ? Ça, oui. Mais prévisiblement aussi. C’est donc moins émouvant que.. Que tous ceux qui peuvent s’imaginer dans la peau d’un habitant du Maine-USA.

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(1) J'écris ceci  jeudi 26 à 6 heures du matin.

mardi 24 octobre 2023

Le zizi, oui. Le pan-pan, non - Chronique du 25 octobre

Bonjour-bonjour

 

On est désormais habitué aux affaires sexuelles qui secouent la hiérarchie de l’Eglise, jusqu’au plus haut niveau.

C’est ainsi que les médias polonais ont eu à relater le dernier scandale en date intervenu en septembre à Dabrowa Gornicza, dans le diocèse de Sosnowiec, où un des prêtres a organisé dans sa paroisse une orgie, en y invitant un prostitué. L’affaire a explosé lorsque l’homme invité a perdu connaissance lors de la soirée et qu’il a fallu appeler les secours.

 

 


Amateurs de nuits chaudes et de prières, bonjour ! (Lu ici)

 

En annonçant mardi sa démission, l’évêque Kaszak a demandé à ses ouailles de lui « pardonner » ses « faiblesses humaines » (Art. référencé)

- C’est bien la moindre des choses… 

Quoique : et si la sexualité était réintégrée en tant que comportement humain licite dans la vie tolérée par l’Église ? Si le plaisir sexuel, qui fait partie intégrante de la nature humaine, devenait, sous des formes légalisées par l’Église, exempt de péché ? Car à ne tolérer que l’acte sexuel susceptible de procréer, on condamne tout le reste considéré comme déviance. 

Or, en faisant du plaisir un but de la sexualité, on peut encore y mettre des barrières telles que le refus de tout ce qui humilie le partenaire et le rabaisse au rang de simple objet.

Le zizi, oui. Le pan-pan, non.

lundi 23 octobre 2023

Les petits nageurs – Chronique du 24 octobre

 

 


La nage des spermatozoïdes


Bonjour-bonjour

 

Il y a des lois physiques pour tout, y compris pour le déplacement des spermatozoïdes dans les voies féminines. On croyait naïvement que la physique ne s’intéressait pas à ce phénomène : on avait bien tort.

Une étude, menée par Ishimoto et son équipe à l’Université de Kyoto, a étudié le comportement de deux types d’organismes : les spermatozoïdes humains et les algues Chlamydomonas. Ces deux entités, bien que très différentes, partagent une caractéristique commune : elles utilisent des flagelles pour se déplacer. 

--> Propulsé par le mouvement de son flagelle dans le fluide féminin, le spermatozoïde possède un « mouvement élastique impair » élevé, ce qui signifie que ce flagelle est particulièrement efficace pour se déplacer sans être ralenti par le fluide environnant. (Lire le détail ici)

Pour faire court, on conclura que la nage de spermatozoïde contredit la troisième loi de Newton, qui stipule que chaque action entraîne une réaction de force équivalente, mais de direction opposée – ce qui fait obstacle à la progression du mouvement. Pour l’illustrer simplement, si une personne exerce une pression sur un mur, ce mur exercera une pression équivalente en retour, empêchant la personne de le traverser. A l'encontre de cette loi, les spermatos gardent une part de la forme acquise au cours de la nage, sans subir la résistance du fluide environnant, ce qui leur permet de continuer à se déplacer avec un minimum de perte d’énergie.

Les chercheurs sont à l’étude de micro-robots nageurs utilisant les mêmes techniques de propulsion que les spermatos.

Époque sans poésie… 

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PS - Messieurs pensez-y lors de votre prochaine émission de fluide spermatique : des centaines de millions de petites bêtes se mettent à nager avec élégance – Hélas sans avoir beaucoup de chance de parvenir à leur but.

C’est cette aventure que les Frères Jacques ont chanté sous le titre de « 300 millions » A voir et à écouter ici

dimanche 22 octobre 2023

Une minorité a toujours tort – Chronique du 23 octobre

Bonjour-bonjour

 

Suite à l’opération de police visant à expulser les manifestants de la ZAD qu’espéraient créer les opposants à l’A69, Clément Beaune, Ministre des transports, a déclaré ne pas vouloir d’« un pays où (…) même avec des arguments valables, une minorité imposerait sa loi aux élus et à la majorité élue ». (Lire ici)

Voilà donc définie l’autorité de l’État, comme une force qui impose le silence à tous les opposants, y compris à ceux qui auraient raison. On se croirait revenu en 1633, lorsque Galilée condamné à rétracter sa théorie de l’héliocentrisme, prononçait in petto « Et pourtant, elle tourne »

Refuser d’admettre les arguments de l’opposition, même quand ils sont valables : n’est-ce pas donner dans l’obscurantisme dont on condamne l’existence dans les fanatismes religieux ?

Pire encore : comme il ne s’agit évidemment pas de l’adhésion à un dogme religieux, on ne peut que conclure au fait que l’État, sanctifié par le vote majoritaire, possèderait ce qu’autrefois on n’attribuait qu’aux magistrats : être un maitre de vérité (1).

On voudra peut-être excuser les propos du Ministre, considérant qu’il ne s’agit pas là de sa pensée véritable, mais seulement d’un raccourci, l’idée étant que, puisqu’on ne peut pas satisfaire tout le monde, les intérêts de la majorité l’emportent sur ceux, même valables, de la minorité. Mais d’abord, rien dans le propos rapporté ne signifie une pareille chose, et le contexte invite seulement à y voir l'affirmation que « force doit rester à la loi ».

Dura lex, sed lex….

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(1) Je fais allusion à l’ouvrage de Pierre Vidal-Naquet, Les maitres de vérité. Voici ce qu’en disait J-P Vernant : « Les Maîtres de vérité… sont trois types de personnages que leurs fonctions qualifient, dans le contexte social et culturel de la Grèce archaïque, comme détenteurs d’un privilège inséparable de leur rôle institutionnel. Ces trois personnages sont l’aède, le devin, le roi de justice ; leur commun privilège est de dispenser la « Vérité »

samedi 21 octobre 2023

Êtes-vous bidet ou P.Q. ? – Chronique du 22 octobre

Bonjour-bonjour

 

Né en France dans les années 1710, le bidet (aussi appelé chaise de propreté) a longtemps été vu comme un objet de luxe. Alors que chez nous il avait à peu près disparu des appartements modernes jugés trop petits, il plaît encore dans certains pays européens comme le Portugal, l’Italie ou la Grèce. Le système de nettoyage à l’eau, le « washlet » (= un W.C. qui permet en même temps de faire une toilette intime) est d’ailleurs très plébiscité au Japon.

 

Donc les français auraient abandonné cet objet de confort qu’ils avaient pourtant inventé ? Cela c’était vrai jusqu’au confinement lié au Covid. La cause de ce retour sur le devant de la scène ? Une pénurie de papier toilette… (1)




Car, pour ceux qui l’auraient oublié, le bidet permet de se nettoyer les parties intimes après usage sans avoir à se souiller les mains en utilisant du PQ. « Près de 80 % des maladies infectieuses sont transmises par contact humain et seule la moitié d’entre nous se lave les mains après avoir utilisé les toilettes, ce qui fait des bidets mains libres une solution plus sûre. » (Lu ici) Si vous avez pris l’habitude de serrer la main de vos amis plutôt que de leur faire des bisous, demandez-vous si le bénéfice est véritable.


Mais ce n’est pas tout - Mesdames et messieurs, sachez-le : le bidet est bon également pour la planète, car il consomme moins d’eau ! « Selon The Guardian, il faudrait 140 litres d’eau pour fabriquer un rouleau de papier toilette, quand il n’en faut que 0,48 litre pour un passage au bidet. » (Art. référencé)

De plus, selon le même article, une étude de l’Université de Floride, le papier toilette contient des PFASn, des substances chimiques potentiellement cancérigènes.

La prochaine fois que vous irez aux toilettes, pensez-y en vous frottant avec du « triple épaisseur »

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(1) Voir ici une histoire du papier toilette. Et ici un extrait du désopilant récit des recherches de Gargantua pour découvrir les meilleur « torche-cul »

vendredi 20 octobre 2023

Proxi-tv – Chronique du 21 octobre

Bonjour-bonjour

 

A partir du 1er janvier 2024, France 3, ce sera fini ! La troisième chaîne s’apprête à changer de nom et s’appellera « Ici ».  Ce nouveau média unique de proximité scellera le rapprochement de France 3 et de France Bleu (…) D’ores et déjà les journaux régionaux ont été rebaptisés Ici matin, Ici 12/13 et Ici 19/20 à la rentrée. (Lire ici)

« Ici » ? Où ça ? Pour le savoir il faudrait nous dire qui parle ? Et à quel moment ? Car, « ici » est un terme qui ne prend son sens qu’en relation avec la situation d’énonciation dans laquelle il est employé. Autrement dit, c’est un déictique, c’est-à-dire « un terme qui s’ordonne par rapport aux partenaires de la communication, au lieu de l’énonciation et aux objets présents, ainsi qu’au moment de l’énonciation. » comme le dit ce site qui prépare au concours d’instit. 

Alors, moi qui me disais que pour baptiser de cette façon une chaine télé, il fallait avoir bien peu d’imagination, je comprends l’astuce. Car si je me demande « Quelle est donc cette chaine » si on me répond : « Elle s’appelle Ici » je devrai penser que c’est de chez moi qu’on me parle, et non d’ailleurs – ce qui serait le cas avec les chaines nationales.

Reste qu’il va falloir assumer les quiproquos engendrés par cette appellation. Par exemple : « - Hier j’ai vu un reportage intéressant sur les boulangers de notre région. – Où as-tu vu ça ? – Hé bien, Ici. »

On va me dire qu’il faut garder les prépositions habituelle : « – Je l’ai vu sur Ici » On ne fera que créer un cafouillage « – Sur quoi ? – Ici – Mais je sais bien que c’est « ici » que et l’as vu. Je te demande sur quelle chaine ! » Etc. 

Je veux bien qu’on mette en avant la notion de proximité. Alors, appelez-la « Chez nous », ou bien Proximité – ou plutôt, Proxi. Ça aurait plus d’allure, vous ne croyez pas ? 

Quoi ? Proxi est déjà pris et ça désigne une chaine de magasins ? 

Alors mettez « Proxi-tv » et n’en parlons plus.

Et l'info? "Proxi-Info" ; le matin "Proxy-matin" à décliner en "Proxy-midi" et "Proxy-soir".

Ça matche, les amis.

jeudi 19 octobre 2023

Être debout « stehen », résister « widerstehen », comprendre « verstehen » – Chronique du 20 octobre

Bonjour-bonjour

 

Djéhanne Gani pour Le café-pédagogique nous donne en 3 mots une leçon d’étymologie à la façon de Heidegger, c’est-à-dire pour révéler l’essence intime de l’école.

- L’école est « stehen », c’est-à-dire debout : « On (se) tient debout, meurtris, souvent dans l’ombre, et aujourd’hui, assombris par les forces obscurantistes qui s’opposent à nos mission d’éducation et d’émancipation mais qui les justifient et les rendent nécessaires, d’autant plus et plus que jamais. »

- Le savoir n’est plus de nos jours une force, car que vaut-il face aux certitudes assénées par des fanatiques ? La mission émancipatrice de l’Ecole est un obstacle à l’action aveuglante des idéologies… et des passions solitaires.

C'est alors que l’École doit résister, être « debout contre » (widerstehen) « Transmettre, éduquer à l’esprit et pensée libres, n’est-ce pas aussi résister aux pressions et à la culture ambiante, celle de la culture de l’instantané et de l’urgence du « tout et tout de suite», des «fake news», du zapping, du déni de la science ? »

Enseigner ce n’est pas simplement éclairer l’esprit, c’est aussi chasser les pressions qui font obstacle à son apprentissage. Et pour cela il faut faire acte de résistance qui ce soit aux opinions courantes ou aux leçons imposées par le milieu et les communautés.

- L’école doit surtout comprendre (verstehen) les élèves, leurs attentes, leurs certitudes.

« Comprendre l’autre demande du temps, de la patience. L’École ne doit-elle pas être pas ce lieu du temps d’appréhension et de compréhension de l’autre, qui résiste par essence ? »

mercredi 18 octobre 2023

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours (épisode 1) – Chronique du 19 octobre

Bonjour-bonjour

  

30 mini BD qui vont adoucir votre journée par l’artiste Chris Yang sont en ligne ici.

En voici un exemple :

 


“Qu’est-ce qu’il y a au bout de la mer ?” / “Des possibilités infinies” / “Juste comme toi”


 A la fois poétiques et philosophiques, ces images sont là pour rappeler que l’envie de vivre ne consiste pas forcément à vouloir re-vivre des plaisirs passés, mais à en inventer d’autres.

Dit comme ça, c’est assez plat : on pourrait faire mieux avec une chanson, mais souvent ça tape à côté : « Y a d’la joie ! » qui suggère simplement d’être réceptif à l'élan de l’âme supposé déjà-là ; ou encore « Donnez-moi l’envie/ L’envie d’avoir envie » un peu dépressif.

Donc, si ce monde ne vous convient pas, dessinez-en un autre.

mardi 17 octobre 2023

Rions-on un peu – Chronique du 18 octobre

Bonjour-bonjour

 

Devant cette actualité anxiogène, il est bon de relâcher la pression de temps en temps. Mais comment faire ? 

L’idée (qui n’est pas neuve) est de demander au monde animal de nous dérider en nous montrant des comportements ou des aspects de la vie un peu amusants. Tel est d’ailleurs le but de ce concours de photos qui a lieu en ce moment et qui se nomme « Comedy Wildlife Photo »

Ainsi par exemple : 

 

 

Les bras m’en tombent (Une sélection d’images ici, un choix plus large ici)

 

Ces photos vont nous amuser par l’imagination qui projette une attitude humaine sur cette attitude animale. Façon de dire que si ces clichés sont surprenants, leur signification nous échappe totalement, mais que cela nous permet de nous voir nous-mêmes à travers ces animaux.

D’ailleurs est-ce si surprenant ? Que faisons-nous avec nos animaux domestiques ? On se moque allègrement de la « Mémère-à-son-chienchien » qui bétifie avec son animal. Mais regardons-nous : ne parlons-nous pas à nos bestiaux chéris ? Ne les considérons-nous pas un peu comme nos enfants ? Et quand ils meurent, ne faisons-nous pas une déprime de deuil ?


- Aïe ! C’est vrai que je voulais seulement vous dérider…

Aller j’en rajoute une couche pour me faire pardonner.

 

File dans ta chambre !

lundi 16 octobre 2023

Venez comme vous êtes – Chronique du 17 octobre

Bonjour-bonjour

 

Les refondateurs du mouvement écologique français ont eu une panne d’imagination. Renouvelant leur nom, ils n’ont su trouver que « Les écologistes ». Quant à leur slogan, voici ce qu’ils ont trouvé « Venez comme vous êtes ».

Oui, vous ne vous trompez pas : il s’agit bien du slogan des McDo encore dans toutes les mémoires : 

 


Si on comprend parfaitement la différence des messages qui distinguent ces deux affiches, on ne comprend pas par contre l’intention des communicants : ils ont dû être payés fort cher pour… pour faire de la publicité à McDonald – chose que les écolos n’ont surement pas l’intention de faire. Que va dire José Bové ?

 

Car c’est bien comme cela que fonctionnent les slogans : avant d’être un sens ils ont été un cri de guerre chez les écossais (Lire ici) : ils le sont encore. D’ailleurs, qui donc se rappelle spontanément du sens de la formule pour évoquer Mac Donald ?

Notez bien que ce n’est pas la première fois qu’une campagne publicitaire rate sa cible et fait de la pub pour autre chose. Mais en général il s’agit d’une différence de notoriété entre l’annonceur et le support de sa publicité. Ce fut le cas lorsque la mère Denis devint plus célèbre que la firme Vedette dont elle vantait pourtant les machines à laver.

Seulement ça ne s’est produit qu’au terme d’une longue campagne et non comme ici dès le début. 

En tout cas, bravo les communicants !

Capitaine courageux – Chronique du 16 octobre (2)

Bonjour-bonjour

 

28 à 29 : malgré son courage, Antoine Dupont, le capitaine de l’équipe de France de rugby n’a pu qualifier son équipe pour les demi-finales.

Pourtant il avait montré son engagement, allant jusqu’à se faire reboulonner la pommette fêlée, et porter un casque disgracieux.


 

Tant de dévouement pour en arriver là…

 

- STOP : la défaite peut aussi apporter sa gloire, en montrant combien ces joueurs français sont héroïques.

Car ne l’oublions pas : les héros sont des gens qui affrontent l’adversité alors même qu’ils ne peuvent espérer vaincre et qu’ils le savent. Leur mort est héroïque justement parce qu’ils ne reculent pas devant la force qui les écrase.

Alors ce sont les commentateurs qui nous ont conduit au désespoir en nous faisant croire que les Springboks étaient dans les choux, et que « nos bleus » allaient les bouffer – ce qu’ils on bien failli faire, mais qu’ils n’ont pas fait. Si ces pseudo-spécialistes avaient été un peu à plus objectifs, ils nous auraient préparés à observer la bravoure dans la défaite de nos combattants de l’ovalie.

« Seule la victoire est belle » dit-on. Mais il faut ajouter que la défaite peut elle aussi être glorieuse.

dimanche 15 octobre 2023

Les Palestiniens errants - Chronique du 16 octobre

Bonjour-bonjour

 

L’armée israélienne attend l’arme au pied d’entrer dans la bande de Gaza : 500000 hommes – des soldats, et toutes les fonctions nécessaires pour faire avancer et combattre une telle armée. Leur but ? On ne le sait pas : officiellement ils iront « jusqu’au bout » - mais quel est ce bout ?

Les gazaouis quant à eux le savent : on va les chasser de chez eux, les refouler dans le sud – vers la frontière et … le désert. Ils sont un million soit plus que les 700000 palestiniens qui ont fui à l’arrivée des juifs en Palestine. Raison pour la quelle on évoque une « seconde nakba » pour comparer ces évènements à l’exode de 1948.

Les faits sont avérés : Israël a demandé à plus d'un million de Gazaouis de quitter le nord de l'enclave avant une invasion terrestre, des hommes politiques israéliens ont proposé de repousser les Palestiniens vers l'Égypte voisine.

Un ultimatum a été lancé aux Gazaouis le 13 octobre pour évacuer le nord de la bande de Gaza en vue d’une intensification de l’offensive militaire israélienne. Les habitants de l’enclave craignent une nouvelle “Nakba”, un exode sans espoir de retour, et adhèrent à l’appel du président égyptien à rester sur leur territoire.

 

Le terme de nakba a été proposé pour désigner cet exode par Constantin Zureiq un célèbre intellectuel syrien. L’écrivain libanais Elias Khoury a précisé : « Ce qu’il n’avait pas compris à l’époque, c’est que la Nakba n’est pas un événement mais un processus » (lu ici). 

Processus ? Quel processus ? Celui de l’expulsion des palestiniens vers des contrées extérieures à la Palestine ?

Allons-nous voir des « palestiniens errants » - comme il y eut le « juif errant », figure tragique du peuple juif ?

samedi 14 octobre 2023

La peur ne guérit pas du danger – Chronique du 15 octobre

Bonjour-bonjour

 

Bien qu’elle semblât armée pour le faire, l’étroite surveillance dont faisait l'objet le terroriste qui a assassiné un professeur à Arras n’a rien pu éviter. Peu après, des fausses alertes ont conduit hier samedi à fermer sans raison valable autre que la peur des attentats le Musée du Louvres et le Château de Versailles. (Voir ici)

On se dit alors qu’il ne sert à rien de chercher à éviter ce genre d’évènements, les mailles du filet étant toujours trop lâches pour les retenir, ou trop étroites pour être compatibles avec une vie sociale normale – du moins compte tenu du taux d’échec prévisible.

 

Le concept mis en cause est celui de prévision des attentats. Pour éviter les grossières erreurs qui seraient entrainées par la mise à l’écart systématique de ceux qui sont susceptibles de commettre des attentats, on a mis au point des fiches « S » – Voir ici la fiche d’information (!) du ministère de l’intérieur.

Alors que le tout ou rien de la réaction aux alertes a montré ses failles au Louvres et à Versailles, la surveillance modulée des fiches S, qui repose sur des indices de risque de passage à l’acte a montré à Arras son insuffisance. Concernant un terroriste « individuel » rien ne pouvait signaler l’imminence du passage à l’acte, car nous avons à faire non aux directives d’une organisation politique et encore moins à des contacts avec elle, mais aux émotions qui déterminent les décisions d’un individu. 

En effet, à l’heure où ce sont les individus isolés qui se radicalisent seuls, face à leur ordinateur, la surveillance telle que celle qu’exerce le ministère de l’intérieur, principalement centrée sur les déplacements des individus est condamnée à l’échec. Et quand bien même on les suivrait à la trace 24h sur 24, faute de savoir pourquoi ils bougent, on n’aurait aucune chance d’en déduire quoique ce soit d’utile pour notre sécurité.

Les dictatures ont résolu ce problème en faisant de chacun un délateur qui surveille non seulement les agissements de ses voisins mais aussi ses intentions : les mouchards seuls nous préserveront des terroristes. 

Si le cœur vous en dit…


vendredi 13 octobre 2023

L’astéroïde qui valait des milliards de milliards – Chronique du 14 octobre

Bonjour-bonjour

 

Les journalistes (enfin : certains journalistes) doivent passer leurs journées à trouver des formules qui retiennent l’attention de leurs lecteurs. C’est ainsi que l’exploration spatiale en faisant rêver fait en même temps cliquer sur l’info développée. « C’est bon, ça Coco ».

Voilà qu’une sonde vient de décoller : « Direction l’astéroïde Psyché 16, un monde lointain fait de métal de 200 km de diamètre, dont les ressources vaudraient des milliards de milliards de dollars ». (Lu ici)

Alors bien sûr les astéroïdes sont à la mode : on n’arrête pas de les photographier, de les analyser, voire même d’en ramener des poussières sur terre. Il arrive qu’ils soient faits de roches et de glaces : banal. Mais certains sont plus rares et plus précieux : tel est donc Psyché 16, dont on a évalué le prix… si seulement on pouvait le ramener sur terre pour le vendre.

 

- Notons donc que ce qui fait rêver le lecteur, ce n’est pas la prouesse technique (de toute évidence irréalisable), mais la fortune qui s’étalerait comme ça, devant nous. Un peu comme si le corps céleste devenait un billet gagnant de la loterie. 

On ne peut mettre quoique ce soit à la portée de nos rêves qu’en mesurant ces choses à l’aune du dollar.

Ça fait sourire, sauf quand on se propose de mettre sur le marché des métaux les grands fonds océaniques, qu’on saccagera rien que pour la richesse que constituent les nodules polymétalliques qui s’y trouvent.

Il y a des rêves qui font voyager dans des mondes imaginaires et poétiques. Ceux que suscitent Psyché 16 n’ont rien de pareil à nous offrir : rien qu’un paquet de fric.

jeudi 12 octobre 2023

Le rendement est faible – Chronique du 13 octobre.

Bonjour-bonjour

 

Tuez-les tous ! Dieu reconnaitra les siens … Cette phrase terrible a été prononcée par le légat du Pape qui, renonçant à distinguer les hérétiques albigeois des catholiques qui demeuraient dans Bézier, aurait ordonné le massacre des habitants de la ville. Il s’appelait Arnaud Amaury et nous étions le 22 juillet 1209.

Nous sommes le 13 octobre 2023, et devant les bombardements sur Gaza qui écrasent sous les bombes aussi bien les terroristes du Hamas qui les innocents palestiniens, certains philosophent de même : après tout, ils n’avaient qu’à ne pas être là. 

Qu’est-ce à dire ? Simplement que le droit à se défendre d’Israël recouvre aussi le droit à tuer aveuglément ceux qui sont à proximité des assassins du Hamas ; ce sont des dommages collatéraux. Reste juste à savoir si les otages feront partie de ces dommages.

 

Dessin de Kap - Publié par le Monde


- Autre chose : Tsahal n’en peut plus ! Bien que rapidement et copieusement alimentée, il lui faut obtenir des munitions en quantité sans quoi ce sera la panne. C’est qu’il en faut des bombes pour gagner le combat contre le Hamas : selon les calculs des statisticiens, il a fallu plus de 4 bombes pour faire 1 mort : le rendement est faible… (1)

Ne croyez pas que je donne dans le cynisme pour désamorcer le tragique : c’est au contraire un moyen de mordre dans la réalité. Toutes ces bombes ont explosé ; elles ont toutes semé la panique et la mort : soit en pulvérisant les immeubles, seule protection des malheureux gazaouis ; soit en blessant les corps et en traumatisant à tout jamais les esprits.

Une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’il en reste ? Rien ; rien du tout. Car on est toujours avec à l’esprit l’adage bien connu : « Si tu veux la paix, prépare la guerre »

Il vaudrait mieux en inventer un autre un peu plus rassurant : « Si tu veux la paix, répare la paix ». 

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(1) En ce sixième jour de conflit depuis l'attaque du Hamas le samedi 7 octobre au matin, l'armée israélienne a largué 6.000 bombes sur la bande de Gaza – faisant 1400 morts (Lire ici)