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vendredi 8 mai 2026

Une guerre à cent-balles– Chronique du 9 mai

Bonjour-bonjour


En Ukraine, on fabrique des intercepteurs qui sont des mini-fusée imprimées en 3D pour un prix qui oscille entre 1 000 à 3 000 euros l’unité. Quand on dit « intercepteur » il faut comprendre que ces engins sont capables d’abattre des drones comme le Shahed qui fait cinq fois sa taille en plein vol. « Le voilà, cet intercepteur qui fait l’envie des pays du Golfe. » Depuis leur déploiement, il y a tout juste six mois sur le front ukrainien, ces fusées en plastique ont révolutionné la défense antiaérienne. (Lire ici)

- Autant dire que les nouveaux progrès en matière de guerre ne se font plus en direction de plus de performance, plus de technologie, plus de puissance de feu, mais en direction du coût qui permet d’en sacrifier 99 pour réussir avec le 100ème. Nous sommes désormais dans la logique de la reproduction sexuée où la nature sacrifie des milliers de spermatos alors qu’un seul suffit.

 


Les drones comme leurs intercepteurs attaquent en meute, exactement comme les spermatos : tous sacrifiés sauf un.

 

Pour mener une telle guerre, il faut oublier les stratégies du passé et leur armement terrible pour accepter l’obscur sacrifice des armes en plastoc’ à la redoutable efficacité. 

--> Suivre le modèle de la nature, voilà l’idée de génie. Après tout, les espèces vivantes se reproduisent depuis leur origine comme cela.

lundi 23 octobre 2023

Les petits nageurs – Chronique du 24 octobre

 

 


La nage des spermatozoïdes


Bonjour-bonjour

 

Il y a des lois physiques pour tout, y compris pour le déplacement des spermatozoïdes dans les voies féminines. On croyait naïvement que la physique ne s’intéressait pas à ce phénomène : on avait bien tort.

Une étude, menée par Ishimoto et son équipe à l’Université de Kyoto, a étudié le comportement de deux types d’organismes : les spermatozoïdes humains et les algues Chlamydomonas. Ces deux entités, bien que très différentes, partagent une caractéristique commune : elles utilisent des flagelles pour se déplacer. 

--> Propulsé par le mouvement de son flagelle dans le fluide féminin, le spermatozoïde possède un « mouvement élastique impair » élevé, ce qui signifie que ce flagelle est particulièrement efficace pour se déplacer sans être ralenti par le fluide environnant. (Lire le détail ici)

Pour faire court, on conclura que la nage de spermatozoïde contredit la troisième loi de Newton, qui stipule que chaque action entraîne une réaction de force équivalente, mais de direction opposée – ce qui fait obstacle à la progression du mouvement. Pour l’illustrer simplement, si une personne exerce une pression sur un mur, ce mur exercera une pression équivalente en retour, empêchant la personne de le traverser. A l'encontre de cette loi, les spermatos gardent une part de la forme acquise au cours de la nage, sans subir la résistance du fluide environnant, ce qui leur permet de continuer à se déplacer avec un minimum de perte d’énergie.

Les chercheurs sont à l’étude de micro-robots nageurs utilisant les mêmes techniques de propulsion que les spermatos.

Époque sans poésie… 

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PS - Messieurs pensez-y lors de votre prochaine émission de fluide spermatique : des centaines de millions de petites bêtes se mettent à nager avec élégance – Hélas sans avoir beaucoup de chance de parvenir à leur but.

C’est cette aventure que les Frères Jacques ont chanté sous le titre de « 300 millions » A voir et à écouter ici

dimanche 26 mars 2023

A quoi sert la libido ? – Chronique du 27 mars

Bonjour-bonjour

 

Une expérience scientifique visant à tester l’impact du visionnage de « vidéos pour adultes » en réalité virtuelle sur la qualité de la semence humaine vient d’être réalisée (lire ici). Cette étude était faite en faveur des banques du sperme, afin d’optimiser la collecte de semence masculine.

« Les résultats de cette étude montrent un clair avantage de l’utilisation de la casques de VR ( = réalité virtuelle) sur la collecte de semence quand la période d’abstinence du donneur est courte (moins de 24 heures). Nous avons trouvé un taux de spermatozoïdes (combien d’entre eux sont en mouvement, et donc vivants et pertinents) plus élevé de presque 50%. » (cité ici)

 


Même si on ne comprend pas tout, et en particulier pourquoi cet avantage ne joue que sur une collecte intervenant 30 heures maximum après une autre – délai au-delà duquel le rapport s’inverse – on se doute bien qu’il y a quand même quelque chose de la libido masculine qui se faufile là-dedans.

Et c’est là que la science s’essouffle un peu : quelle expérience imaginer pour relier la spermatogénèse à l’excitation libidinale ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ? On peut en effet stimuler sa sexualité par toutes sortes de procédés, tels que des ambiance (chandelles, voiles diaphanes) l’utilisation d’huiles de massage chauffantes, ou encore des visionnages (images, film, réalité virtuelle) – la question reste : les gonades masculines vont-elles sécréter d’avantage de semences ? Si on admet intuitivement que plus on bande et plus on sécrète, alors comment comprendre que passé 30 heures d’abstinence c’est le contraire qui se produit ? D’avantage de libido = moins de spermatozoïdes ? 

Si c’est le cas, alors à quoi sert cette libido si elle ne contribue pas à la fécondation ?

 

… Si ça se trouve, il y a un mécanisme biologique secret qui bloque la fécondité quand la stimulation sexuelle dépasse une certaine limite ?

Quelque chose qui nous débarrasse du « plat souci de la propagation de l’espèce », pour parler comme le Divin Marquis.

jeudi 1 décembre 2022

Piège à glue : une nouvelle méthode de contraception – Chronique du 2 décembre

Bonjour-bonjour

 

Les méthodes contraceptives sont source d’interprétation symbolique qui parfois constituent un frein à leur développement. C’est ainsi que la contraception masculine a échoué, rejetée par les hommes qui la vivent comme une forme d’impuissance.

Il est vrai que ce n’est pas exactement le cas avec la pilule féminine dont l’action hormonale est un peu trop technique pour être interprétée. Mais il n’en va pas de même avec cette nouvelle découverte, rapportée ici : « Il s’agit d’un produit qui permet d'épaissir la glaire cervicale produite par l'utérus, barrant la route à 98% des spermatozoïdes. » Autrement dit on va coller les spermatos dans le col de l’utérus, de sorte qu’ils ne pourront pas y pénétrer et qu’ils vont mourir là.

Ça ne vous rappelle rien ?

 

 

Attrape-mouche collant Flypaper

 

Oui, n’est-ce pas ? On pense immédiatement à ces pièges à mouches qui engluent les insectes et les laisse mourir encore frémissants.

 

--> Oui, mais ça ne colle pas seulement les spermatos : ça colle aussi les miquettes aux messieurs – On est bien en-deçà du symbole, tant la chose est transparente : le vagin devient un piège à glue qui pourrait bien, avant de bloquer les spermatozoïdes, bloquer le fier organe de la génération masculine.

Après le vagina dentata, voici le vagin gluant

Brrrrr !!! Ça risque de faire fuir les messieurs !

Mais ce serait très efficace quand même puisqu’on provoquerait une contraception par abstinence.

samedi 23 juillet 2022

Du temps libre ! Mais pour quoi faire ? – Chronique du 24 juillet

Bonjour-bonjour

 

Dans le sillage de l’allocution d’Emmanuel Macron le 14 juillet, la Convention citoyenne pour le climat refait surface en préconisant l'abaissement de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes – faisant suite à l’appel du Président à « rentrer collectivement dans une logique de sobriété » et à « organiser différemment nos vies pour lisser les pics » de consommation. Lire ici

Bien sûr la limitation à 110km/h sur autoroute risque bien de rester dans les cartons, parce qu’elle rappelle un peu trop la limitation à 80km/h sur route. Mais on trouvera bien d’autres choses, les administrations et les Grands groupes économiques étant sollicités pour fournir des projets, à l’image des espagnols qui vont réduire à Madrid la fréquence des métros. Moins de métro ou de RER, moins de vitesse sur les autoroutes : ne s’agit-il pas de mesures qui rejoignent la « sobriété écologique », celle que ses adeptes qualifient d’heureuse ?

 

A gauche : hier. A droite : demain

 

J’ai récemment évoqué cette sobriété, mais le sujet est vaste et il comporte un important aspect psychologique sur lequel il est bon d’insister. Nous suivrons les suggestions de cet article de La Croix.

- D’abord et avant tout, la sobriété ne peut être heureuse que si elle est choisie. Raison pour laquelle il est tout à fait inutile de la suggérer aux catégories sociales à faible revenu dont le budget consommation est contraint par la modicité de ses ressources. Aurez-vous l’impudence de demander aux gens qui vivent du RSA de réduire leur consommation de dosettes de café ?

- On peut aussi, comme dans les années-68 dénoncer le piège que constitue la « religion de la consommation » en démasquant le vide existentiel que prétend combler la surconsommation alors qu’en réalité elle le creuse. Ce qui ne dit pas par quoi on peut remplacer : l’article mentionné, issu du journal La Croix laisse bien entendre que le christianisme a une réponse – mais enfin on n’est pas là pour prêcher.

- Plus de voitures, plus de télé, encore moins d’écrans, smartphones réduits : voilà du temps libre à foison. Profitez-en pour vous promener dans la nature, pour discuter en famille, pour…

… Pour lutiner ma bonne amie ?

Pourquoi pas ? A part le gaspillage de spermatozoïdes, ça ne coute rien en matière de dépense énergétique. (1)

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(1) J’en profite pour rapporter une fois encore ces propos d’Antoinette Fouque, militante MLF : « L'économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. » 

samedi 11 décembre 2021

Pénurie de sperme – Chronique du 12 décembre

Bonjour-bonjour

 

La PMA pour tous : encore un exemple de loi qui a été votée dans les débats houleux et des vociférations et qui se révèle finalement inapplicable. Car pour engendrer il faut des gamètes mâles et femelles. Si on peut espérer que les femmes qui font appel à la PMA soient fertiles, il leur faut encore trouver des spermatozoïdes disponibles. Et c’est là que ça coince : trop peu d’hommes acceptent de donner leur précieuse semence. Pourquoi ? 

- Estiment-ils qu’elle soit justement trop précieuse pour en faire don ? Alors, pourquoi ne pas la vendre ? Après tout on parle sans cesse de « banque du sperme » : ça doit bien rapporter quand même ?

- On peut aussi hésiter à donner son sperme, parce qu’il est une ressource qu’il convient d’épargner. Les principes de l’écologie de la décroissance seraient pertinents ici : moins produire pour moins gaspiller. De surcroit pour épargner la planète il faut faire moins d’enfant ce qui exclut de donner du sperme à cette fin. 


D’ailleurs en mai 68, époque où la dépense et le gaspillage étaient à la mode, on écrivait sur les murs « Je sperme à tout vent » (1). Certes on pouvait y voir une invitation à la jouissance sexuelle « sans entraves » ; mais de surcroît la société de consommation permettait d'imaginer le sperme comme un bien qu’il convenait de dilapider sans retenue. 

 

Le MLF a mis son nez dans cette affaire : « L'économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. » Quand Antoinette Fouque (2) écrivait ceci elle se situait dans cette perspective – mais elle est bien oubliée aujourd’hui.

- En effet notre époque est à l’opposé : il s’agit de moins dépenser, d’épargner les ressources – et le sperme est une ressource comme une autre, qu’on perd à chaque éjaculation.

 

Alors, les hommes refuseraient de donner leur semence parce qu’ils refusent globalement d’éjaculer ? 

Allez vite demander à vos amis s'ils confirment.

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(1) On aura reconnu le slogan du dictionnaire Larousse « Je sème à tout vent » assorti de l’image d’un pissenlit qui s’égrène.

(2) Militante MLF (voir ici)