Le mot du jour revient à Catherine Deneuve qui a déclaré : « … cette idée qu’on est en train de se regarder faire les choses et non pas de les vivre, c’est terrible. » Elle parlait ici des selfies que certains s’acharnent à enregistrer plutôt que de prendre plaisir à regarder le paysage. Cela avant de faire part, concernant l’usage des réseaux sociaux, de ses regrets d’une époque où la discrétion, le mystère et la retenue occupaient une place plus importante dans la vie publique. (Lire ici)
L’idée n’est pas neuve, mais il est bon de la mettre de nouveau en compétition avec les pratiques courantes aujourd’hui. Car de nos jours, il est en effet une chose qui disparait encore plus vite que la banquise : c’est la vie privée. A présent, plus d’arrière-boutique, plus de coulisses mystérieuses : tout est montré, tout est hissé sur la scène. Personne ne peut ignorer à quoi vous ressembliez dans votre enfance et comment vous avez passé vos dernières vacances – presque nu(e) sur une plage de la mer Égée. Plus d’intimité.
Les portes de WC ont un verrou, pour protéger l'intimité. (Art. Wikipédia)
Plus important est de dire pourquoi il faut garder une part de secret concernant sa vite intime.
« Au temps de la transparence, de la traçabilité et de la communication, y-a-t-il encore place pour l’intime, ses douceurs secrètes, ses recoins de velours et ses discrètes déchirures ? Reste-t-il un lieu où déposer le trésor de nos fantasmes et la richesse de notre singularité » écrit Emmanuel Diet. (Ici)
Alors, c’est vrai, surmonter l’intime c’est élargir ses relations avec autrui – et donc ne pas avoir de secret pour quelqu’un, voilà qui permet un épanouissement dans ses rapport à l’autre. Mais en même temps, cette ouverture est contrôlée, c’est une entrée réservée ; tout le contraire de l’usage des confidences ouvertes à tous par les réseaux sociaux.
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