Bonjour-bonjour
Hier 1er mai le 1er ministre a décroché son téléphone rien que pour aviser un boulanger qui avait contrevenu à la loi sur le chômage férié obligatoire qu’il n’aurait pas à payer l’amende, autrement dit qu’on pouvait violer cette loi sans aucune sanction.
Qu’est-ce donc qu’une loi à laquelle on peut désobéir sans aucune sanction ? Une loi a-t-elle un sens dans ces conditions ?
C’est Durkheim qui a le mieux défini le rôle de la sanction dans l’organisation sociale d’un pays : sans elle, personne ne remarquerait l’existence des lois, qui pourtant sont indispensables pour maintenir la structure sociale. Il n’y a de respect des lois que parce qu’il y a punition pour des délits – les quels manifestent l’obligation qui nous est faite de respecter l’ordre établi.
C’est d’ailleurs les privilèges exemptant les aristocrates des punitions encourues par le vil peuple qui a secoué le plus fort l’ordre ancien : ou tout le monde est soumis aux mêmes obligations, ou bien ce n’est personne.
Oui, avoir le droit de faire ce qui est interdit aux autres, voilà bien un privilège exorbitant. S’il scandalise à ce point peut-être est-ce en raison de son aspect formel : pas besoin d’avoir un yacht de 70 mètres de long à amarrer à Monaco ; un simple ; bout de papier comme passe-droit suffit. Et pour posséder ça, la volonté d’un maitre absolu suffit.
C’est ce que monsieur Lecornu a manifesté hier en décrochant son téléphone.