lundi 18 mai 2026

La guerre informationnelle – Chronique du 19 mai

Bonjour-bonjour

 

La guerre ne se fait plus seulement sur le terrain avec des canons, des chars et des avions. Il en existe une autre beaucoup plus insidieuse, qui s’appelle « guerre informationnelle ». Elle est faite avec des ordinateurs et on l’appelle habituellement « désinformation ».

Hélas ! Tout ceci est largement dépassé et les spécialistes de la question que sont les américains, les chinois et les russes ont mis au point des stratégies qui sont exposée dans cet excellent articleLa cible de ces techniques c’est le cerveau humain ainsi que ses procédés cognitifs. 

Cette guerre est en réalité un ensemble de dispositifs déjà en action non seulement à destination de l’étranger, mais aussi à l’œuvre à l’intérieur des frontières du pays, dans les débats et dans la communication politique. C’est ainsi que, par exemple, les incohérences des propos de Donald Trump ne sont nullement l’effet d’un cerveau ramolli, mais bien une technique de prise de pouvoir sur l’ensemble des cerveaux.

Plus généralement, les mêmes personnes peuvent, selon le sujet, selon l’heure, selon la plateforme, tenir des positions incompatibles sans en éprouver la contradiction. Or, voilà l’essentiel : cet état superposé de croyances n’a rien d’une pathologie, c’est au contraire une caractéristique de nos « sociétés Schrödinger » contemporaines. Or pour l’ennemi, c’est là que se loge la faille exploitable, car des états d’opinion consubstantiellement contradictoires mettent en péril la cohérence globale du système

 

Mais ceci n’est encore rien. Voyons la suite.

L’article cité détaille les méthodes des différentes techniques, précisant ainsi que « l’école « américaine », prend pour cible neurologique le système limbique : elle joue sur l’émotion, l’indignation, la peur, la colère — parfois même aussi un spectre plus large comme Facebook le propose depuis 2016 avec ses sept réactions : « j’aime », « j’adore », « haha », « wow », « solidaire », « triste » et « en colère » — appuyées par un mécanisme d’activation émotionnelle en temps réel de l’algorithme. » (Art. cité)

Pas mal, n’est-ce pas ? Mais les chinois ne sont pas en reste. « La cible neurologique principale de l’école chinoise est le cortex préfrontal : l’attention, la concentration, la capacité de jugement. Elle vise principalement les jeunes générations pour engendrer une dégradation cognitive : l’affaiblissement progressif de la capacité d’attention et de jugement de l’adversaire. »

Et les russes ? « Leur cible est à la fois le cadre de référence logique et le système limbique. Sa temporalité est le moyen terme. Son mécanisme est la contamination des prémisses, théorisée par Vladimir Alexandrovitch Lefebvre il y a soixante ans, couplée à la saturation informationnelle contemporaine à la Vladislav Sourkov. La particularité de la doctrine russe est qu’elle ne cherche pas à faire adopter à son adversaire ses conclusions mais à le faire raisonner à partir de prémisses qu’elle a posées. »

Le but de cette guerre, est de faire advenir une paralysie cognitive.

 

Bref, vous l’aurez compris : « le champ de bataille de ces guerres-là, leur territoire, c’est le cerveau humain ». L’adversaire ne cherche plus à nous faire prendre la mauvaise décision mais à rendre toute décision impossible. « L’objectif n’est pas un changement de croyance mais de déchirer le tissu même de la croyance, de rendre la vérité indifférente. »

dimanche 17 mai 2026

Un salon dédié à la new romance – Chronique du 18 mars

Bonjour-bonjour

 

Un salon du livre à Reims ? Est-ce possible ?

Oui, ce sera en septembre dans le village voisin de Taissy. Mais… Il s’agit d’une manifestation dédiée à la New Romance, ouvert également à ses multiples variétés. (Voir ici)

Un tel salon fait date car ce genre de littérature connait en France un véritable engouement en occupant 10% du marché du livre.

- 10% ! Dans une période où on lit de moins en moins, il est bon d’apprendre qu’un genre de littérature progresse régulièrement.

Toutefois l’attribution à la New romance de la mention « littérature » fait problème. En effet, la New romance se focalise principalement sur l'amour dit romantique, chaste et les émotions positives qu'il génère. (Art. Wiki)

Connue en France par la collection Harlequin ces livres sont littéralement fabriqués suivant des « guide d’écriture » obligeant les auteurs à se soumettre à des règles strictes :  « les romances récompensent les « gentils » et sanctionnent les « méchants ». De même, un couple qui met tout en œuvre pour bâtir une relation et qui croit en elle est a priori récompensé par l'amour inconditionnel ». Ils bénéficient d'une ample diffusion, mais il n'existe qu'un seul tirage par titre. « Ils restent dans les rayonnages des magasins et supermarchés pendant un mois, après quoi d'autres titres prennent la place des invendus qui sont alors détruits, et très rarement réédité. » (Art. cité)

- Mais alors, pourquoi ce succès ? 

- On nous explique que « la New Romance a pour objet de raconter une histoire d'amour, avec un ancrage contemporain, une fin heureuse et des scènes de sexe explicites si cela est nécessaire à l'histoire et si l'auteur le souhaite. » (Id.)

Voilà donc ce qu’attend le public et ce pour quoi il achète ces livres ? Pour avoir une histoire qui apporte une satisfaction émotionnelle et qui se termine de façon heureuse ? 

- Sans doute et ce n’est probablement pas nouveau : le genre remonte au moins à Jane Austin et à son livre Orgueil et préjugés (1813).

La nouveauté viendrait plutôt du public qui lit ces livres de façon décomplexée, oubliant le discrédit qui frappe ces « romans à l’eau de rose » : du moins c’est ce qu’on peut croire en visitant le rayon qui leur est consacré dans les librairies et qui ne cesse de s’étendre.

Émotion positive et optimisme : voilà donc ce qui nous manque et qu’on recherche avec ces livres.

samedi 16 mai 2026

Patriiiiiick ! – Chronique du 17 mai

Bonjour-bonjour

 

Moi, ce qui me surprend dans l’affaire des dénonciations pour viol qui touchent Patrick Bruel, c’est qu’à l’époque où cette affaire s’est déclenchée (Flavie Flament situe le viol dont elle a été victime en 1990) nous étions en plein démarrage de la « bruelmania » quand, à ses concerts, une foule de petites collégiennes excitées se battaient pour pouvoir l’approcher. 

 


J’imaginais alors qu’il ne pouvait sortir qu’accompagné de garde du corps chargés de le protéger des agressions sexuelles venues de ces jeunes femmes. Et donc c’est pendant cette période que le chanteur aurait violenté des femmes pour abuser d’elles ? Quel besoin avait-il d’exercer cette violence alors qu’à sa porte une cohorte féminine n’attendait qu’une chose : c’est de lui offrir ce qu’il arrachait par la force à d’autres ?

Certains feront de ces réflexions un preuve à décharge ; pour ma part je fais comme si ce paradoxe était au contraire réel, et je m’interroge : « Le viol est pour certains un besoin spécifique qui n’émane pas nécessairement de la frustration sexuelle, mais d’un goût pour la contrainte infligée à autrui. Quel est donc ce besoin étrange ? »

Le cas de Patrick Bruel, comme celui de Gérard Depardieu, nous interpelle : il s’agit de gens tout à fait semblables à ce que nous sommes, avec en plus des facilités qui devraient les protéger de la tentation d’agresser sexuellement des femmes. Et pourtant le fait est là : faut-il y voir comme certains groupes féministes le font croire (en particulier suite à l’affaire Pélicot) que le viol est une affaire propre au genre masculin, que tout homme, même le plus banal, a au fond de son cœur un tel désir ?

Même en évitant de tels excès d’interprétation les explications sont trop nombreuses pour être évoquées ici. En consultant GPT sur le sujet j’ai recensé six cas différents : chacun jugera en son âme et conscience. Pour ma part, reprenant la dernière typologie du psychisme proposée par Freud, je vois dans ce comportement un dévoiement de la libido qui serait animée par Thanatos au lieu de l’être par Éros. 

Et pourquoi pas ? Ça parait logique

vendredi 15 mai 2026

L’homo ebrietas – Chronique du 16 mai (2)

 

(Ce post succède à un précédent qui vient 

d’être mis en ligne juste en bas de cette page)

Bonjour-bonjour

 

Entendu hier à la radio, au cours d’une enquête sur les ravages du narcotrafic, suite à la fusillade de Nantes.

Une dame est interviewée. On lui demande comment elle réagit à la tuerie qui vient d’avoir lieu dans son immeuble.

Sa réponse détaille les changements survenus depuis 10 ans en termes d’insécurité, la tristesse de voir des enfants victimes innocentes et les mamans qui n’osent plus les laisser sortir en bas de l’immeuble.

Elle ajoute : « Je voudrais poser une question que personne ne pose : pourquoi y a-t-il tant de gens qui se droguent ? »

Le journaliste retourne la question au spécialiste de la drogue qui est en plateau. Sa réponse est immédiate : « La consommation de drogue est fonction de sa disponibilité sur le marché. Depuis quelques années la cocaïne est plus abondante et moins chère, raison pour la quelle elle est devenue la première consommée, avant le cannabis »

 

Cette réponse est à la fois décevante et terrible.

- Décevante parce qu’elle nous dit que la question ne se pose pas : la consommation de drogue serait sans doute un besoin inné, lié à des pulsions immémoriales, de telle sorte que sa consommation aurait toujours été recherchée, même du temps où on ne savait pas la produire. C’est ainsi qu’on suppose qu’il existe une fermentation spontanée des fruits tels que le raisin, qui, produisant un « proto-vin », a permis aux lointains chasseurs-cueilleurs de se saouler lorsqu’ils pouvaient récolter de telles vendanges.

Rechercher l’ivresse serait une caractéristique de notre nature. L’homme est un homo ebrietas.

- Et puis cette réponse est aussi terrible, car elle pourrait signifier que le vie est devenue tellement insupportable qu’il nous faudrait pour continuer d’y vivre altérer notre perception de la réalité. 

Comme nous avons des facilités matérielles qui nous assurent confort et sécurité, il faut admettre que c’est le sens même de cette vie qui vient à manquer. Les esclaves romains souffraient ce que souffrent tous les esclaves, mais ils savaient que le Messie était venu et qu’après leur mort il serait là pour les prendre dans ses bras.

Et si c’était la perte de cela qui nous rendait cette vie tellement insupportable ?

Les USA dans le piège de Thucydide – Chronique du 16 mai (1)

Bonjour-bonjour

 

« La Chine et les États-Unis peuvent-ils surmonter le piège de Thucydide et créer un nouveau paradigme dans les relations entre grandes puissances ?» a déclaré Xi Jinping à l’issue du voyage de Donald Trump en Chine. (Lire ici)

On apprend ainsi que le président chinois est féru de polémologie américaine, science dont il reprend la théorie du « piège de Thucydide » qu’il évoque à propos de la lutte entamée entre la Chine, puissance « montante », et les Etats-Unis, jugés par les chinois comme une puissance « déclinante ».

Précisons que ce concept a été énoncé aux Etats-Unis en 2012 et qu’il est formulé de la façon suivante à l’imitation des propos de Thucydide : « Thucydide jugeait exemplaire la guerre du Péloponnèse parce que pensait-il, si les circonstances se reproduisent, les hommes se conduisent de même manière... »

Saluons la clairvoyance de Thucydide qui formulait cette idée à la fin du 5ème siècle avant J-C, évoquant alors la rivalité entre Athènes et Sparte – idée suffisamment pertinente et générale pour rester d’actualité de nos jours. Ajoutons que si l’avertissement de Thucydide évoque un piège, c’est parce que la guerre du Péloponnèse fut une guerre longue et ruineuse. Ce que l’on observe en effet avec les destructions matérielles sur le sol iranien auxquelles s’ajoutent de désastre économique lié au blocage du détroit d’Ormuz.

- Car voilà l’idée qui s’impose à nous : cet avertissement devrait servir non seulement pour juger les relations américano-chinoises, mais aussi pour la guerre entre les USA et l’Iran. Si Israël poursuit avec cette guerre la destruction d’un ennemi qui a juré sa perte, les américains ont pour but d’empêcher l’Iran de devenir dans l’avenir une puissance nucléaire – ce vers quoi ils avancent de jour en jour. L’argument des américains pour expliquer leur attaque soudaine de l’Iran : « il est hors de question qu’un pays gouverné comme l’Iran puisse détenir l’arme nucléaire ». C’est bien la crainte de l’éventuelle puissance de l’Iran qui a déclenché l’attaque des bombardiers américains.

La guerre est apparue alors comme la seule prévention possible avec les aléas et les pertes que l’on connait. On dira que l’alternative à la guerre n’existe pas et qu’elle est la seule issue possible. Soit. Mais rappelons la formule célèbre de Carl von Clausewitz (1832) : « La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. » : a-t-on épuisé toutes les ressources de la négociation avant d’en venir où nous en sommes aujourd’hui ? 

Autrement dit, c’est en 2015, lorsque Trump a retiré les Etats-Unis des accords de Vienne qu’il fallait penser au piège de Thucydide.

jeudi 14 mai 2026

Maintenant, Ikea tient dans la poche – Chronique du 15 mai

Bonjour-bonjour

 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai horreur du labyrinthe imposé par les magasins Ikéa ; entendez le parcours fléché et sans échappatoire qu’ils vous imposent pour aller de l’escalator d’entrée jusqu’aux caisses de sorties.

Je ne suis pas le seul à avoir protesté, en témoigne ce « plan » trouve sur le net :

 

 

J’avais pour l’occasion détaillé mes griefs, on les trouvera ici.

En tout cas, on se réjouira d’apprendre que ces pièges à consommateurs sont en fin de règne parce que « IKEA vient d’annoncer la fermeture de son immense magasin de Borlänge, en Suède, un site de 32 000 m², remplacé par un espace de seulement 5 000 m² en centre-ville. Le groupe développe désormais un nouveau concept baptisé "IKEA Compact". » (lire ici)

Oui, Ikea devient « compact », entendez qu’il affiche une surface minuscule qui le rend compatible avec une implantation en centre-ville. Je me plais à imaginer qu’en entrant dans le magasin on doit apercevoir la porte de sortie…

- Mais en même temps on doit rester conscient qu’Ikea ne renonce pas à ses labyrinthes par loyauté, soucieux de montrer à ses clients qu’il est là pour les servir et non pour les pousser à des achats inutiles. Lisez plutôt : « Le géant suédois IKEA réduit la taille de certains de ses magasins pour s’adapter à l’évolution des habitudes de consommation. Derrière ce changement stratégique, c’est tout le commerce physique qui tente de se réinventer face à la montée du e-commerce. » (Art. cité)

- Voilà : il s’agit pour lui de rivaliser avec les achats en lignes qui eux se font en trois clics, sans détour par la banlieues et par des kilomètres d’allées commerciales.

Le commerce selon Ikea se fait toujours selon la loi du profit, qui n’intègre l’intérêt du client que dans la mesure où il est aussi source de gros bénéfices.

Pessimisme ? Non, lucidité, voilà tout.

mercredi 13 mai 2026

Le remplacement des vitraux de Notre-Dame déchire la France ! – Chronique du 14 mai

Bonjour-bonjour

 

Alors que les échafaudages sont déjà posés en vue de procéder au remplacement des vitraux de Viollet-le-Duc par ceux de Claire Tabouret commandés par Emmanuel Macron, les défenseurs du patrimoine continuent de se battre en justice pour tenter d’arrêter le projet.

On lira ici les tenants et les aboutissants de cette affaire, mais compte tenu de l’émoi causé en France et dans le monde par l’incendie puis la restauration de la cathédrale, il ne me semble pas superflu de proposer à mes lecteurs de se prononcer sur ce remplacement : un sacrilège lié à un diktat présidentiel ou bien une évolution légitimée par la continuité historique de ce monument voulu dès le départ comme une bible en image ? 


- Voici donc les vitraux « originaux » - entendez ceux dessinés et mis en place par Viollet-le-Duc et sauvés intacts de l’incendie

 



- Et puis voici le projet conçu et réalisé par Claire Tabouret, dont les vitraux apparaîtront sur le bas-côté sud de la cathédrale. « Chacune de ces baies représente un verset de la Bible consacré à la Pentecôte, la « descente de l’Esprit saint », un thème imposé par l’archevêché de Paris. » 


 

Projet de Claire Tabouret (détail)

 

Le choix aurait mérité une consultation référendaire, ne croyez-vous pas ?

mardi 12 mai 2026

La circulaire de rentrée des écoles. – Chronique du 13 mai

Bonjour-bonjour

 

Aujourd’hui, publication par le ministère de l‘éducation nationale de la circulaire pour la rentrée de septembre 2026. (Voir ici)

Occasion pour le ministre d’enfoncer des portes ouvertes telles que : « Notre action pédagogique doit être principalement concentrée sur la maîtrise de ces deux conventions sociales « premières » qui rendent possibles toutes les autres : le langage et le raisonnement scientifique : l’acquisition et le développement du raisonnement scientifique, singulièrement en mathématiques. »

Oui, bien sûr : faire que tous nos enfants parlent et écrivent un français correct expurgé des fautes grossières dont les échanges de messages sur les réseaux sociaux portent témoignage ; et puis que les contenus de ces conversations soient débarrassés des idioties formatées par la haine et les théories complotistes, voilà donc des nouveautés qu’on signale sans doute depuis Jules Ferry.

On est tous OK ; mais comment y parvenir ?

On vient de lire que le raisonnement devrait être soutenu par une maitrise du raisonnement mathématique. Bon, nous on veut bien – tout en notant qu’autrefois on faisait de la pratique de la langue latine la meilleure pédagogie de la construction de la pensée qui soit.

 

… Toutefois, nous lisons aussi que le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, promet des larmes lors du brevet et du bac, en raison du durcissement de la notation lors de ces examens. En philosophe accompli, l’auteur de l’article conclut : « Reste à savoir comment accueillir le surcroît de redoublants après leur échec au bac dans un contexte de budget contraint. » (Voir ici)

On le voit : il y a deux façons d’obtenir les résultats voulus par le Ministre : 

- soit on opère une réforme des méthodes et des contenus avec l’espoir que des résultats enfin probants apparaissent dans dix ans - ce qui, soit dit en passant suppose une continuité dans la volonté du ministère qui vient de voir défiler neuf ministres au cours de cette décennie

            - soit on purge le système en éliminant tous les élèves qui ne parviennent pas à suivre le régime qui leur et imposé, pour ne garder que les meilleurs - et proclamer que l’éducation nationale française obtient des résultats dignes d’être classée selon Pisa dans l’élite des nations.

Mais alors il faudra nous expliquer ce qu’on fait de tous ceux qui auront été débarqués.

lundi 11 mai 2026

Pour qui sonne le glas ? – Chronique du 12 mai

Bonjour-bonjour

 

Parle-t-on encore de la guerre en Ukraine ? Entre la guerre d’Iran, celle du Liban et le hantavirus, bien peu de média se font l’écho de ce qui se passe sur le front Ukrainien – sauf pour établir le bilan de plus de 4 ans de conflit en termes de gains et de pertes de territoire ou de matériel de combat : combien de drones lancés et combien abattus par chacune des parties en présence ?

Quant aux hommes on commence tout juste à en parler, et c’est pourtant le drame de cette guerre : elle est terriblement meurtrière et les statistiques mensuelles terrorisent. Lisez plutôt : « Le bilan humain pour la Russie atteint des proportions que le Kremlin peine à absorber. Les pertes russes sont estimées à environ 35 000 soldats tués ou grièvement blessés par mois selon les analystes militaires occidentaux cités par le journal britannique — un rythme qui dépasse la capacité de recrutement actuelle. Du côté ukrainien, le président Zelensky a déclaré fin mars 2026 que le ratio de pertes est d’environ 1 soldat ukrainien pour 8 soldats russes, contre 1 pour 3 au début de l’invasion. » (Lu ici)

Les ukrainiens l’emporteraient donc par 8 morts à 1 en termes de statistique ? Même en imaginant que la propagande ukrainienne majore les chiffres de façon outrée, la vérité transparait : à la guerre il faut détruire des vies et peu importe qu’on tue des soldats ou des gens qui ne combattent pas : la mort – ou plutôt l’assassinat – est la loi de la guerre et aucun traité international ne saurait l’empêcher. 

 

- Cioran disait « Nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes. » : il ne dit pas de quels problèmes il s’agit, ni comment nous faisons pour les surmonter – on vient de le voir : la mort est notre « problème » et tout ce que nous faisons pour surmonter cet « accident de la vie », c’est de l’oublier.

 

 

Dans le cas de la guerre c’est particulièrement vrai : qui donc imagine les hommes étendus sous ces croix ? De la même façon nous « oublions » que la mort des autres nous annonce notre propre disparition et notre époque matérialiste ne nous laisse que bien peu d’espoir : notre mort est synonyme d’anéantissement de notre être. Le déni de la mort est non seulement un drame métaphysique, mais encore ce qui nous impose une régénération constante : tout ce qui apparait fait oublier ce qui disparait. 

Shein, avec ses collections renouvelées tous les mois ne serait-il pas un dispositif qui s’expliquerait par ce combat pour l’oubli ?

dimanche 10 mai 2026

La boum à Papy – Chronique du 11 mai

Bonjour-bonjour

 

Après la rave party qui a eu lieu dans le Cher et qui a défrayé les chroniques, on se dit : « Comment les jeunes font-ils la fête aujourd’hui ? Pourquoi ne pas aller en discothèque comme nous, les vieux, nous le faisions à leur âge ? » 

La réponse a quelque chose de glaçant : la jeune génération ne veut plus aller danser en public, là où n’importe qui peut être filmé dans une posture ridicule et mis en circulation sur le net. Finies les figures à la John Travolta, fini le hip-hop qui embarque tout le monde dans le même élan. La danse d’aujourd’hui n’a nullement besoin de l’autre.

Bien entendu, les clubs existent encore : dans les clubs, sur les vidéos, les corps se replient davantage sur eux-mêmes. « On voit beaucoup de danses très ramassées sur soi, un rythme interne, comme si chacun dansait seul dans sa chambre mais en public » - Exit John Travolta.

- Ce qui disparait ainsi, ce sont les slows, où les corps adolescents se découvraient au lent balancement de la danse : érotisation modeste de la danse, le slow n’en était pas moins le premier et provisoirement le seul moment où les corps des filles et des garçons fusionnaient.

C’est ainsi qu’on parle « de société de « zombies », où les corps coexistent sans vraiment se rencontrer, chacun absorbé par son écran, absent à ce qui se passe autour. » (Lire ici)

 

- De notre temps, la boum était exactement l’antidote à un tel phénomène : elle forçait les corps à se trouver dans le même espace, à s’ajuster, à se tolérer, parfois même à se désirer. Le sociologue Norbert Elias l’a théorisé sous le nom de « civilisation des mœurs » : depuis des siècles, les sociétés humaines inventent des rituels pour apprivoiser le désir, des codes pour que les corps puissent se frôler sans que cela tourne mal. La boum en était une version banale et magnifique. 

Les réseaux sociaux, en offrant l’illusion du corps dansant sans le risque du corps présent, ont rayé cet apprentissage.

samedi 9 mai 2026

La surprise musicale – Chronique du 10 mai

Bonjour-bonjour

 

Le développement des performances humaines est une obsession de nos coach adeptes des compétitions de tout calibre. 

Pourquoi pas ? Toutefois lorsque ces activités de développement en viennent à dénaturer les moments les plus charmants de la vie, on ne peut s’empêcher de protester. Ainsi de cette évaluation du plaisir musical destitué de ses moments d’émotion exceptionnels pour devenir une occasion de booster le développement cérébral : « La musique stimule tout un tas de neurones. On devient donc plus efficace, on est plus performant, que ça soit dans des taches cognitives ou dans des activités sociales de collaboration avec les autres. » Et c’est signé Emmanuel Bigand, musicien et professeur de psychologie cognitive (Lire ici)

 

 

Vu ici

 

- Cette observation bien que marquée par l’esprit de profit de notre époque n’en reste pas moins liée à une observation venue de très loin, puisqu’on en trouve une trace chez Platon pour qui la musique a une influence sur l’âme (lire ici). 

Il y a une autre observation qu’il convient de faire : la musique nous saisit et nous surprend par des émotions qu’elle soulève alors même qu’on ne s’y attendait pas. On trouve dans la Montagne magique de Thomas Mann un passage où un personnage du roman entend depuis le balcon où il prend le frais une musique échappée d’un appartement voisin : ses émotions surgissent alors, sans rapport avec la situation présente, mais extrêmement prégnantes. 

L’émotion musicale arrive sans prévenir et elle surprend l’être au plus profond de lui-même sans qu’il n’y puisse rien.

La musique noue avec notre cerveau des liens dont la profondeur exclue la manipulation. Les neurones dont nous parle le spécialiste de psychologie cognitive sont stimulés, certes, mais que savons-nous de l’effet produit ?

vendredi 8 mai 2026

Une guerre à cent-balles– Chronique du 9 mai

Bonjour-bonjour


En Ukraine, on fabrique des intercepteurs qui sont des mini-fusée imprimées en 3D pour un prix qui oscille entre 1 000 à 3 000 euros l’unité. Quand on dit « intercepteur » il faut comprendre que ces engins sont capables d’abattre des drones comme le Shahed qui fait cinq fois sa taille en plein vol. « Le voilà, cet intercepteur qui fait l’envie des pays du Golfe. » Depuis leur déploiement, il y a tout juste six mois sur le front ukrainien, ces fusées en plastique ont révolutionné la défense antiaérienne. (Lire ici)

- Autant dire que les nouveaux progrès en matière de guerre ne se font plus en direction de plus de performance, plus de technologie, plus de puissance de feu, mais en direction du coût qui permet d’en sacrifier 99 pour réussir avec le 100ème. Nous sommes désormais dans la logique de la reproduction sexuée où la nature sacrifie des milliers de spermatos alors qu’un seul suffit.

 


Les drones comme leurs intercepteurs attaquent en meute, exactement comme les spermatos : tous sacrifiés sauf un.

 

Pour mener une telle guerre, il faut oublier les stratégies du passé et leur armement terrible pour accepter l’obscur sacrifice des armes en plastoc’ à la redoutable efficacité. 

--> Suivre le modèle de la nature, voilà l’idée de génie. Après tout, les espèces vivantes se reproduisent depuis leur origine comme cela.

jeudi 7 mai 2026

Le bateau de l’angoisse – Chronique du 8 mai

 



Le «MV Hondius» le navire du « Hantavirus »

 

 

Bonjour-bonjour

 

Le professeur Anne-Claude Crémieux, experte en épidémiologie et qui avait déserté les plateaux télé depuis la fin de la pandémie au covid, y fait ces jours-ci un retour massif pour nous rassurer : dans le cas de la contamination à l’hantavirus une nouvelle pandémie n’est pas à craindre, mais… il est bon que les leçons du covid nous aient enseigné la prudence et la rigueur dans la lutte conte la contamination.

 

Mais rien n’y fait : délaissant pour un temps les nouvelles de la guerre du Golfe et les gesticulations venues de Washington, les médias en continu se ruent sur la nouvelle angoisse qu’ils ont à nous proposer : la peur d’un nouveau virus qui se répandrait sur la terre entière et nous obligerait à un nouveau confinement. Comme les petits enfants qui jouent à se faire peur (« On dirait que je serais la Princesse et toi l’affreuse sorcière »), on nous détaille les modes de diffusion du virus (est-il encore temps d’arrêter son expansion depuis le cluster du bateau ?), et puis l’effet de la maladie, la durée de son incubation, les moyens de lutter contre lui (vaccin, pas vaccin ?). Là-dessus madame Crémieux vient avec un large sourire détailler les morts qui nous attendent si nous ne nous protégeons pas assez.


 

Bref : notre soif de frisson de terreur après s’émoussée aux nouvelles de la guerre (tout le temps les mêmes bombardements, les mêmes civils écrasés sous les mêmes bombes, les mêmes larmes et les mêmes colères), se régénère avec cette menace, totalement virtuelle selon les plus éminents spécialistes, mais pourtant éventuelle si l’on oublie les protections dont nous sommes entourés.

Nous l’avons dit : il y a un plaisir morbide à vivre en imagination les malheurs en oubliant que nous leur échappons grâce à la science médicale.

D’ailleurs Robert Kennedy Jr est là pour ajouter à nos angoisses : qu’est-ce qui va se passer aux USA maintenant qu’il est au pouvoir ?

mercredi 6 mai 2026

L’insoutenable excitation de l’été – Chronique du 7 mai

Bonjour-bonjour

 

Au lycée François Arago de Perpignan, « tout élève se présentant avec une tenue inappropriée ne sera pas autorisé à accéder à l’établissement ». Sont désormais proscrits les "dos nus", les "crop tops", les "shorts excessivement courts" et les "tongs". (Lire ici)

On l’a compris sont visées les tenues estivales plus spécialement portées par les jeunes filles, étant entendu qu’à part les tongs les garçons ne sont pas concernés.

Les motifs de cette interdiction restent un peu flous. On parle de tenues qui ne seraient pas « propices à la concentration ni à l’engagement dans le travail scolaire ». Autant dire que, nonobstant le sérieux des jeunes filles en question, l’effet de leur corps ainsi (dé)vêtu parait incompatible avec l’investissement des garçons (et des profs) qui travaillent avec elles.

- Occasion de revenir sur la question du vêtement féminin : objet de tabous particulièrement dans certaines religions (mais pas seulement) les femmes doivent soumettre leur aspect à une censure en raison des réactions sexuelles masculines. Car on l’a compris : la soi-disant « concentration » des hommes en présence de femmes exhibant des parties de leur anatomie auxquelles ils dont particulièrement sensibles n’est autre que le déclenchement instinctif dans leur cerveau de la commande « bander ». Point final.

Dit comme cela, ça parait brutal, mais ça met la justification des filles devant ses responsabilités. Car voilà : les femmes soumises à cette censure se récrient : elles réclament le droit à faire valoir leur beauté, leur bien-être : « Et si je ne me sens bien qu’en short et en crop-top, au nom de quoi devrais-je m’en priver ? »

 


 

Le débat est ouvert : peut-on ignorer les réactions physiologiques des hommes ? Doit-on en tenir compte ? Il est vrai que chaque été les hommes qui vont à la plage côtoient des quantités de femmes qui montrent leurs corps sans que jamais aucun des hommes présents n’y trouve une sollicitation insoutenable.

Est-ce donc une question d’éducation ? C’est ce que pensent les féministes qui arborent leur slogan « Protégez nos filles, éduquez vos fils ».

Et si chacun faisait un bout de chemin ? Que les hommes s’autocontrôlent en permanence, tandis que les femmes acceptent de limiter l’exhibition de leur beauté à une pression modérée.

mardi 5 mai 2026

Éloge de l’illettrisme– Chronique du 6 mai


 


 

Bonjour-bonjour

 

Moi, quand le lis sans cesse les mêmes déplorations, je m’énerve. En particulier concernant la lecture dont le défaut est désigné comme ruine de notre cerveau, et cela depuis… plus de 60 ans, époque où la BD était dénoncée comme empêchant de consacrer du temps à la « vraie » lecture ». On sait ce qu’il en est aujourd’hui où ce sont les écrans qui jouent ce rôle.

Vous lirez ici le détail des opérations cérébrales mobilisées à chaque fois qu’on lit, ne serait-ce qu’un seul mot. Moi, ça m’épuise rien que d’y penser et du coup, je m’interroge : « Que faisait notre cerveau du temps où on n’avait pas encore inventé l’écriture ? Se prélassait-il dans on ne sait quelles songeries ? Dans des fantasmes inavouables ? »

Que nenni ! Le même article l’avoue : « /les régions cérébrales mobilisées lors de la lecture/ ne sont pas uniques à la lecture dans la mesure où elles s'activent lorsque vous entendez du langage par la modalité auditive. »

Non seulement la lecture peut être remplacée par l’écoute qui mobilise les mêmes facultés, mais on peut encore se dire que, pendant que vous lisez, vous désactivez certaines fonctions complexes qui pourraient – par exemple – s’occuper de la perception du milieu alors qu’elles sont occupées à déchiffrer des mots, à les associer et à en faire des phrases, puis des textes.

 

On n’a jamais dit que les peuples sans tradition écrite étaient débiles avec un QI de crétin. Si on est au contraire émerveillés par leur sensibilité à l’environnement, capables de percevoir des odeurs ou d’entendre des sons qui nous échappent, ne serait-ce pas parce leur cerveau resté libre de tout effort de lecture peut en effet mobiliser toutes ses ressources, tous ses centres, tous ses neurones à capter leur environnement ?

lundi 4 mai 2026

Un peu de respect ! – Chronique du 5 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

On se doute bien que les ultra-droites détestent les jeunes, mais qu’ils ne le leur disent pas. Pourtant ça ne peut pas se cacher indéfiniment. Écoutez plutôt : les jeunes de tous les temps se sont manifestés par un manque total de respect. Ne diffère entre eux que les valeurs respectables qu’ils souillent par leur comportement. La vieillesse, la religion et ses sacrements, la hiérarchie sociale ou politique, à tous ils ont manifesté leur mépris, allant jusqu’à montrer leur derrière comme pour cracher dessus.

 


 

Et aujourd’hui ? Que fait la Génération Z comme on la nomme ?

Invitée ce lundi sur CNEWS, l'eurodéputée Reconquête ! Sarah Knafo est revenue sur la rave-party organisée à Bourges (Cher). « Quand je vois des jeunes qui ont des stupéfiants et qui dansent sur des obus, on voit bien que c'est une génération qui ne respecte rien » (lu ici), a-t-elle dénoncé. Voilà donc la vérité : de nos jours le manque de respect affecte la prudence et la sécurité que l’on doit à la vie : oui, ces jeunes vont danser sur des obus aujourd’hui, et demain que feront-ils en face des CRS armés de LBD et de grenades ? On mesure le degré de dépravation de cette génération aux risques qu’elle accepte de courir pour mieux se sentir submergée par l’ivresse.

dimanche 3 mai 2026

Panne d'essence– Chronique du 4 mai

Bonjour-bonjour

 

On sent monter l’odeur nauséabonde du racisme et l’affirmation de la suprématie de la « race blanche ». Au cœur de ces propos gît la certitude que chaque « espèce » est apparue dans la nature telle que nous la voyons aujourd’hui avec ses caractéristiques physiologique et ses prétendues qualités intrinsèques. Il y a l’homme et il y a l’animal – et entre les deux, rien du tout.

Ces propos supposent donc qu’il existe une limite très étroite mais aussi très étanche qui sépare les espèces et les genres. Ce qu’on va vérifier avec la question supposée embarrasser ceux qui refusent cette distinction, à savoir la question de la priorité de la poule et de l’œuf : qu’est-ce donc qui vient en premier ? Si c’est la poule d’où sort-elle puisque l’œuf n’existait pas lors de son apparition ? Si c’est l’œuf, qui donc la pondu ?

 


Des scientifiques ont accepté de formuler clairement le processus :

1 – Un ancêtre proche de la poule, mais génétiquement distinct, pond un œuf.

2 – Une mutation apparaît dans cet œuf.

3 – L'individu qui en naît présente pour la première fois les caractéristiques de la poule actuelle.

4 – Cet individu se reproduit, et la lignée se perpétue.

La poule n'a pas inventé l'œuf. Elle l'a hérité d'une longue lignée évolutive.

Plus encore : « L'évolution fonctionne par transformations progressives. Entre l'ancêtre sauvage et la poule d'aujourd'hui, des dizaines de générations successives ont modifié le patrimoine génétique, sans qu'aucune « première poule » soit apparue comme par magie » (Lu ici

 

- Retenons la formule essentielle : il n’y a eu aucune « première poule ». Idem pour l’homme : où passe la limite entre l’homme et l’animal ? Cherchons les restes du 1er homme, l’Adam fondamental. On ne trouvera pas, parce qu’il n’existe pas. Il existe des intermédiaires entre l’homme actuel et les primates actuels, mais on les désigne par le terme d’Hominines, groupe qui réunit toutes les espèces qui ont concouru à l’évolution vers l’espèce humaine.

Au hasard de l’évolution il aurait pu se faire que l’une ou l’autre de ces sous-espèces donne naissance à un Adam fondateur de la lignée humaine. L’homo sapiens n’est autre que celui qui, au sein de cette famille a supplanté ses concurrents.

Et tant pis pour les philosophes qui veulent à tout prix découvrir des essences immuables.

samedi 2 mai 2026

Teuffeurs, faites la « Boum » ! – Chronique du 2 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

On reste sans voix devant l’insouciance des « teuffeurs » qui dansent sur un terrain militaire non déminé, consentant tour juste à s’écarter pour permettre aux démineurs de neutraliser un obus abandonné lors des dernières manœuvres. (Lu ici)

Et combien qui restent actifs dans les environs ?

 


N’avons-nous pas là une occasion de réunir le symbole et la réalité ? Car la fête est bien le symbole du débordement, lorsque la vie envahit de son énergie ces moments où les humains, rejetant toute rationalité abandonnent la notion de limite, pour se jeter dans l’inconnu. Pour ces free-party la liberté de faire exploser les limites du corps laisse dans l’ombre celle de désobéir aux lois.

– « Se jeter dans l’inconnu » avons-nous dit et non « explorer », notez-le bien. Car dans la réalité, le fêtard prend tous les risques. Il est vrai que des munitions non explosées gisent là où les pieds des danseurs frappent le sol : et alors ? La fête implique justement cette joyeuse acceptation de la gerbe d’étincelles dans laquelle on partirait vers un autre monde ; un monde où nulle limite ne viendrait faire obstacle à l’élan vital, où la raison et ses raisonnements ne trouverait aucune prise pour bloquer les pulsions.

Toutefois, il ne faudrait pas trop en faire avec un romantisme révolutionnaire au parfum des années 68 : les héros romantiques sont des solitaires. Ici on attend 40.000 participants en début de soirée, selon un collectif de soutien aux fêtes techno.

vendredi 1 mai 2026

Au viol ! – Chronique du 2 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

Hier 1er mai le 1er ministre a décroché son téléphone rien que pour aviser un boulanger qui avait contrevenu à la loi sur le chômage férié obligatoire qu’il n’aurait pas à payer l’amende, autrement dit qu’on pouvait violer cette loi sans aucune sanction.

Qu’est-ce donc qu’une loi à laquelle on peut désobéir sans aucune sanction ? Une loi a-t-elle un sens dans ces conditions ?

C’est Durkheim qui a le mieux défini le rôle de la sanction dans l’organisation sociale d’un pays : sans elle, personne ne remarquerait l’existence des lois, qui pourtant sont indispensables pour maintenir la structure sociale. Il n’y a de respect des lois que parce qu’il y a punition pour des délits – les quels manifestent l’obligation qui nous est faite de respecter l’ordre établi.

C’est d’ailleurs les privilèges exemptant les aristocrates des punitions encourues par le vil peuple qui a secoué le plus fort l’ordre ancien : ou tout le monde est soumis aux mêmes obligations, ou bien ce n’est personne.

Oui, avoir le droit de faire ce qui est interdit aux autres, voilà bien un privilège exorbitant. S’il scandalise à ce point peut-être est-ce en raison de son aspect formel : pas besoin d’avoir un yacht de 70 mètres de long à amarrer à Monaco ; un simple ; bout de papier comme passe-droit suffit. Et pour posséder ça, la volonté d’un maitre absolu suffit. 

C’est ce que monsieur Lecornu a manifesté hier en décrochant son téléphone.

jeudi 30 avril 2026

Une victoire à la Pyrrhus – Chronique du 1er mai

Bonjour-bonjour

 

Une victoire à la Pyrrhus, vous savez ce que c’est ? Non ? Qu’est-ce que vous faisiez pendant les cours d’histoire, bande de cancres ! Voilà maintenant que vous êtes décontenancé par la guerre des USA contre l’Iran, et vous vous demandez ce qui va sortir de cet étrange affrontement ? Si vous aviez été plus attentifs au collège, vous le sauriez, car vous auriez entendu parler des guerres qui ont déchiré la péninsule romaine vers 280 av. J-C entre Pyrrhus le roi d’Épire et les romains. 

- Durant cet affrontement et bien qu’ayant vaincu ses adversaire, Pyrrhus déclara : « Encore une victoire comme celle-là et nous serons complètement défaits. » On conserva le souvenir de cette victoire sous le nom de « Victoire à la Pyrrhus », qui est une victoire obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu'elle équivaut quasiment à une défaite. Une telle victoire annule tout sentiment de succès et compromet la situation à long terme du vainqueur. (Lire ici)

Eh bien voilà justement le sentiment que nous laisse la guerre que mènent les Américains contre les Iraniens : leur supériorité écrasante peut leur donner une victoire sans contestation sur le terrain, mais à quel prix ? S’ils doivent pour cela effondrer les marchés, ruiner les installations pétrolières de leurs alliés – et dont ils dépendent – à quoi leur servira d’avoir réduit en cendres leurs ennemis ? Car une victoire, c’est quand même quelque chose dont on tire profit : quel profit tirer d’un monde qu’il a fallu ruiner pour le dominer ?

Durant la guerre froide, on utilisait une autre métaphore pour décrire la situation des Occidentaux face aux soviétiques : comparés à deux prisonniers qui possèdent chacun une grenade à la main, mais qui sont enfermés dans une cellule de 9 mètres carrés.

- Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?