Bonjour-bonjour
Le développement des performances humaines est une obsession de nos coach adeptes des compétitions de tout calibre.
Pourquoi pas ? Toutefois lorsque ces activités de développement en viennent à dénaturer les moments les plus charmants de la vie, on ne peut s’empêcher de protester. Ainsi de cette évaluation du plaisir musical destitué de ses moments d’émotion exceptionnels pour devenir une occasion de booster le développement cérébral : « La musique stimule tout un tas de neurones. On devient donc plus efficace, on est plus performant, que ça soit dans des taches cognitives ou dans des activités sociales de collaboration avec les autres. » Et c’est signé Emmanuel Bigand, musicien et professeur de psychologie cognitive (Lire ici)
- Cette observation bien que marquée par l’esprit de profit de notre époque n’en reste pas moins liée à une observation venue de très loin, puisqu’on en trouve une trace chez Platon pour qui la musique a une influence sur l’âme (lire ici).
Il y a une autre observation qu’il convient de faire : la musique nous saisit et nous surprend par des émotions qu’elle soulève alors même qu’on ne s’y attendait pas. On trouve dans la Montagne magique de Thomas Mann un passage où un personnage du roman entend depuis le balcon où il prend le frais une musique échappée d’un appartement voisin : ses émotions surgissent alors, sans rapport avec la situation présente, mais extrêmement prégnantes.
L’émotion musicale arrive sans prévenir et elle surprend l’être au plus profond de lui-même sans qu’il n’y puisse rien.
La musique noue avec notre cerveau des liens dont la profondeur exclue la manipulation. Les neurones dont nous parle le spécialiste de psychologie cognitive sont stimulés, certes, mais que savons-nous de l’effet produit ?
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