jeudi 30 avril 2026

Une victoire à la Pyrrhus – Chronique du 1er mai

Bonjour-bonjour

 

Une victoire à la Pyrrhus, vous savez ce que c’est ? Non ? Qu’est-ce que vous faisiez pendant les cours d’histoire, bande de cancres ! Voilà maintenant que vous êtes décontenancé par la guerre des USA contre l’Iran, et vous vous demandez ce qui va sortir de cet étrange affrontement ? Si vous aviez été plus attentifs au collège, vous le sauriez, car vous auriez entendu parler des guerres qui ont déchiré la péninsule romaine vers 280 av. J-C entre Pyrrhus le roi d’Épire et les romains. 

- Durant cet affrontement et bien qu’ayant vaincu ses adversaire, Pyrrhus déclara : « Encore une victoire comme celle-là et nous serons complètement défaits. » On conserva le souvenir de cette victoire sous le nom de « Victoire à la Pyrrhus », qui est une victoire obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu'elle équivaut quasiment à une défaite. Une telle victoire annule tout sentiment de succès et compromet la situation à long terme du vainqueur. (Lire ici)

Eh bien voilà justement le sentiment que nous laisse la guerre que mènent les Américains contre les Iraniens : leur supériorité écrasante peut leur donner une victoire sans contestation sur le terrain, mais à quel prix ? S’ils doivent pour cela effondrer les marchés, ruiner les installations pétrolières de leurs alliés – et dont ils dépendent – à quoi leur servira d’avoir réduit en cendres leurs ennemis ? Car une victoire, c’est quand même quelque chose dont on tire profit : quel profit tirer d’un monde qu’il a fallu ruiner pour le dominer ?

Durant la guerre froide, on utilisait une autre métaphore pour décrire la situation des Occidentaux face aux soviétiques : comparés à deux prisonniers qui possèdent chacun une grenade à la main, mais qui sont enfermés dans une cellule de 9 mètres carrés.

- Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?

mercredi 29 avril 2026

La santé par le travail – Chronique du 30 avril

[Pour la fête du travail, Le point du jour offre à ses lecteurs une mise à niveau gratuite des méthodes qui permettent d’éviter les problèmes ostéo-musculaires liés à la posture au travail.]

Poste de travail informatisé - Prévenir les problèmes de santé reliés au travail

Pour bien régler et bien aménager son poste de travail informatisé.

« Fiche du ministère du travail de la santé de Montréal »

 

- Messieurs les managers, si vous avez une jeune collaboratrice qui débute – ou mieux : une stagiaire – aidez-la à prendre une bonne position devant son ordinateur.

 


 

1 – Passez votre main pour vérifier que sa cuisse soit bien parallèle au sol

2 – Prenez son pied et posez le bien à plat sur le sol

3 – Assurez-vous que votre main passe aisément derrière son genou.

4 – Vérifiez que le bas de son dos est bien appuyé contre le dossier de sa chaise. Au besoin appuyez lui sur le ventre pour améliorer sa position

5 – Prenez ses avant-bras et posez-les correctement sur le bureau

6 – Faites la même chose avec ses coudes.

7 – Idem avec ses poignets.

8 – Mettez votre visage contre le sien pour vous assurer que ses yeux soient à la bonne distance de l’écran.

mardi 28 avril 2026

Amérique : la chasse est ouverte – Chronique du 29 avril

Bonjour-bonjour

 

C’est avec un peu d’étonnement qu’on observe le flegme avec lequel les américains ont accueilli la nouvelle qu’un des leurs a subitement pris son fusil pour aller à Washington tuer le président Trump.

Comme si le message était : « Il ne sert à rien de discuter avec un tel homme. Prenons notre 6-coups »

Dans le même temps le Président américain apparait comme un lapin dans la lunette

d’un fusil

 

 

Président Donald Trump

 

Depuis Hannah Arendt, la banalité s’est fait une place dans la réflexion politique. Là où l’analyse est superflue, comme de comprendre les mécanismes tout simples qui ont permis à la shoah d’exister, renoncer à échafauder des analyses compliquées est une façon de dégager des évidences qu’on s’évertue pourtant à ne pas voir. C’est exactement comme cela que le citoyen, lassé de protester sans être entendu, prend son arme et descend dans la rue.

-->En réalité, c’est le fait qu’on ne s’étonne plus que le Président soit la cible de tireurs pourtant parfaitement intégrés dans la société, comme Cole Tomas le terroriste qui a voulu récemment supprimer Donald Trump qui devrait nous étonner : que cela arrive chez nous et on verra bien la sidération s’emparer des esprits.

Là où le débat démocratique n’aboutit pas sur une alternance au pouvoir, alors c’est la violence qui prend sa place. On alternera toujours, mais pas en suivant la même méthode.

lundi 27 avril 2026

Élu au premier regard – Chronique du 28 avril

Bonjour-bonjour

 

Voici venue la période où la vie politique française s’emballe et fonce tête baissée vers le mur des élections présidentielles : encore un an à attendre ! L’opinion publique tourne sur elle-même comme un taureau dans l’arène ne sachant qui élever aux nues, et qui précipiter dans l’enfer de l’oubli. En tout cas l’expérience passée montre que celui qui arrive en tête des sondages un an à l’avance est assuré de ne pas être élus.

 

Ne pourrait-on pas utiliser les sciences de l’opinion actuelles pour éviter cette période d’incertitude ?

Voyez par exemple cette émission de télé-réalité intitulée « Marié au premier regard ».

Le thème de l’émission est le suivant : « Dans Mariés au premier regard, les candidats se rencontrent le jour de leur mariage, avec l'assurance de deux experts qu'ils seront parfaitement compatibles avec leur moitié selon les résultats des tests qu'ils ont eu à passer. » (Voir ici)

Supposons un instant que ça marche : pourquoi ne pas appliquer ce principe aux élections françaises ? Il suffirait de réaliser des sondages assez perfectionnés portant à la fois sur les attentes des électeurs et sur les capacités des candidats. On ferait coïncider les deux listes et on déclarerait élu le candidat le mieux placé eu égard aux demandes des citoyens. Plus d’élections, qui d’ailleurs ne font la plupart du temps que confirmer les statistiques.

 

L’idée n’est pas nouvelle ; elle a toujours été repoussée comme indigne d’une démocratie où le vote est un engagement du citoyen à soutenir l’action des hommes qu’il a choisis. Au vu des résultats des élections (en particulier s’agissant des législatives) on se dit qu’une pareille solennité ne garantit vraiment rien.

Et puis, que risque-t-on ? Quand on voit ce que la démocratie a apporté aux américains qui ont choisi Donald Trump, on se dit qu’un peu de science n’aurait peut-être pas fait de mal.

samedi 18 avril 2026

Ils sont tout mignon – Chronique du 19 avril

Bonjour-bonjour

 

Vu sur une page des google-news cet apparentement suggestif :

 

 

Et on se dit « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » Ce sont eux nos futurs chef-de-meute !

 


Depuis quelques jours on se demandait ce qui dans le nouveau couple formé par Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles pouvait bien nous faire sursauter.

Voici donc le nouveau « Couple alpha », formé par le mâle alpha et sa femelle – le couple reproducteur de la meute.

« C'est le mâle alpha de la meute, on le voit toujours avec sa femelle. Ils gardent toujours la queue en l'air, "pour mener la danse", ils sont le couple reproducteur. » précise l’article en question.

Nous voilà rassurés : Jordan n’est pas gay.

J’exagère ? Pas tant que ça : regardez comment, sur les réseaux des messages soupçonneux commençaient à se répandre : « Ce beau garçon, toujours célibataire : fait pour l’amour – mais avec qui ? ce ne serait pas un homo dissimulé ? »

Mais surtout – voilà ce dont nous avions besoin : un chef de meute, un personnage capable de réunir une harde toujours plus grande, par quelque procédé que ce soit, en copulant comme des bêtes ou en attirant par sa séduction. Et puis capable de donner du croc quand son troupeau est attaqué – à moins que ce ne soit simplement son leadership.

Tout, ça avec le glamour indispensable quand on veut pouvoir produire des images dorées 18 carats d’une pureté sans égale.

C'est bien, Jordan – bien joué mon petit. Juste ce qu’il fallait pour renvoyer Mémère s’occuper de ses chats.

lundi 13 avril 2026

Ingérence – Chronique du 14 avril

Bonjour-bonjour


Hier, j’ai entendu une info qui m’a fait frémir. Il ne s’agissait pas de nouveaux bombardements ni du décompte macabre des civils tués pour avoir eu le malheur d’être là où il ne fallait pas. Non. Il s’agissait d’une déclaration de Peter Magyar le nouveau premier ministre hongrois remerciant tous ceux qui l’ont aidé à gagner l’élection. Car en plus, il a remercié la Chine et la Russie d’avoir accepté sa désignation à le tête de la Hongrie. Oui, vous avez bien lu : le vainqueur d’une élection européenne reconnait qu’il n’a pu être élu qu’avec le consentement des pays étrangers que sont les russes et les chinois. 

- Et nous en 2027, aurons-nous de tels remerciements à formuler ? Aurons-nous perdu notre souveraineté à ce point ?

Oui si, comme la Hongrie à ce jour vis-à-vis de la Chine ou de la Russie, nous devrons notre existence uniquement à des subsides étrangères – européennes en l’occurrence. Car la souveraineté, ce n’est pas seulement une affaire de volonté, mais aussi de capacité à occuper les domaines où elle doit s’exercer. Et non pas en ayant une puissante armée à déployer le jour de la fête nationale ; en mettant du budget pour ouvrir des écoles pour les jeunes, des dispensaires pour les vieux et des routes pour circuler librement. Pendant ce temps les Chinois affichent leur bonté envers les pays africains en construisant dans certains pays amis des aéroports clinquants là où les avions ne viennent pas se poser.

Je m’attends à une campagne pour la Présidentielle de 2027 avec des extrême-droites disant : « Chers concitoyens et amis, la France a besoin de vous. Armez vous de volonté patriotique pour refouler hors du territoire sacré de la Patrie ces étrangers qui veulent profiter de votre dénuement pour acheter votre France – non seulement celle des châteaux ou des vignobles – mais aussi celle de vos entreprises et de votre collecte d’impôts. Debout, Français, tous unis contre le parti de l’Étranger ! »

Ceux qui parient sur l’existence d’un tel parti ont déjà perdu.

dimanche 12 avril 2026

Le Bouton rouge de la Maison Blanche – Chronique du 13 avril

Bonjour-bonjour

 

Dans l’actualité l’imprévu est encore à l’ordre du jour avec les décisions prises par le Président Américain : faire un blocus sur le détroit d’Ormuz : un blocus sur un blocus. Au lieu de rouvrir le passage – ce qui était l’objectif des négociations – le fermer encore plus qu’il ne l’était.

 

 

Le Président Trump menace d’envoyer en enfer les iraniens qui bloquent le détroit d’Ormuz


 

- On est tenté de voir ici le caprice de l’enfant qui est privé de son jouet et qui le brise pour empêcher quiconque de s’en emparer. Vrai ou faux, il n’empêche qu’à présent l’image d’un Président colérique et contre qui on évoque le 25èmeamendement – qui révoque le Président pour faiblesse cognitive – fait surface, portée par des sénateurs des deux partis.

- Revient alors en mémoire le fameux bouton rouge sur lequel il suffirait que le Président appuie pour déchainer le feu nucléaire. Un homme seul, maitre de l’apocalypse ? On n’y croyait pas vraiment. Et puis on découvre (cf. ici) le reportage du New-York Times à propos de la réunion entre le Président américain (et ses principaux conseiller) et Benjamin Netanyahu le 11 février. Ce qu’on apprend alors dépasse tout ce qu’on croyait possible : un Président influençable, qui accepte les plus invraisemblables arguments du Premier Ministre israélien, malgré les avertissements négatifs de ses conseillers ; les quels finissent par se ranger derrière l’homme finalement seul qui dirige le pays, prêts semble-t-il à obéir sans hésitation.

On vérifie ainsi l’exactitude du dicton « Tous délibèrent, un seul décide »

--> Il y a des fois où « ça fout les miquettes »

 

samedi 11 avril 2026

Création ex nihilo – Chronique du 12 avril

Bonjour-bonjour

 

Selon la physique quantique, le néant cache en réalité un bouillonnement chaotique invisible. « Une équipe internationale œuvrant au sein d’un puissant accélérateur de particules new-yorkais vient de transformer cette théorie mathématique en une réalité stupéfiante. En provoquant des collisions à très haute énergie, ces chercheurs ont assisté à un véritable miracle quantique : l’apparition spontanée de particules matérielles surgissant directement du vide. » (Lu ici)

 

 

Collisions de protons dans le collisionneur géant STAR

 

 Il s’agit bien de création de particules à partir du néant : l’étude du néant s’impose désormais comme la clé pour comprendre l’existence même de notre univers. (Art. cité)

 

Cette phrase pourrait bien paraitre un non-sens pour des philosophes : du néant on ne peut rien dire, étant donné qu’il n’est lui-même rien. Car, ou bien le néant n’est rien et on est en effet incapables d’en dire quoi que ce soit ; ou bien il est quelque chose et alors ce n’est plus du néant. On pourrait s’en tirer comme ça, en disant que le vide absolu n’existe pas, seuls existent des états de la matière que nous ne connaissons pas encore.

Seulement la physique quantique nous a habitués à des phénomènes aberrants selon notre logique et notre raison, comme l’action à distance dans le cas de la corrélation entre particules jumelles ou la superposition d’états, comme avec le chat de Schrödinger.

Ces phénomènes parfaitement incompréhensibles et pourtant avérés nous ont habitués peu à peu à croire que la raison ne suffit pas à comprendre la Nature et que les imaginations les plus délirantes peuvent avoir elles aussi raison.

--> Le grand collisionneur STAR ne vient-il pas de découvrir la présence de Dieu dans le monde ?

vendredi 10 avril 2026

Une double contrainte… bénéfique – Chronique du 10 avril (2)


 

Seconde Chronique-du-jour, lisez la première ci-après

 

Bonjour-bonjour

 

Hier, le discours du premier ministre a été d’une parfaite clarté :

La France est confrontée à un double problème :

- D’une part elle ne s’est pas suffisamment « électrifiée » - entendez qu’elle n’a pas encore converti ses besoins d’énergie en consommation d'électricité décarbonée.

- D’autre part, elle produit trop d’électricité d’origine nucléaire (donc décarbonée) : entendez qu’elle ne consomme pas assez d’électricité pour ses besoins courants.

Ces deux problèmes réunis donnent une solution assez simple : pousser les français à se chauffer « électrique » et à rouler « électrique ».

D’où les deux propositions du premier ministre hier :

- Interdire l’installation de chaudière à gaz dans les immeubles en construction à parti de fin de l’année ;

- Obtenir que la production de 2/3 des véhicules produits soit électriques en 2030.

Donc, dans le même temps on réduit la dépendance aux énergies fossiles et on résorbe la surproduction en alignant nos besoins sur nos capacité de production.

 

Ah… si tous les problèmes se résolvaient aussi facilement.

Imaginez :

- Trop de chômeurs ? Promettons-leur une solde mirobolante pour s’enrôler dans l’armée et envoyons-les se faire tuer rapidement sur des champ de bataille qui glorifient le France. 

- La France ne fait pas assez d’enfants ? Offrez une prime colossale pour la naissance de chaque enfant, et puis réduisez le remboursement des frais de soins pédiatrique – et si ça ne suffit pas, ajoutez des droits d’inscription dans les maternelles.

Laissez courir votre imagination, le filon est inépuisable.

La Princesse et le facho– Chronique du 11 mars (1)

 


 

(Première chronique-du-jour. Lisez la seconde ci-dessus)


Bonjour-bonjour

 

Vous les avez reconnus ? A droite, c’est Jordan le preux chevalier qui caracole en tête des sondages qui lui promettent d’entrer à l’Élysée en 2027 ; et puis à gauche, c’est Marie-Caroline de Bourbon des Deux-Siciles, héritière du trône du royaume des Deux-Siciles (dont le territoire s’étendait de Rome au sud de l’Italie), titre contesté par son oncle – mais qu’importe ? Même s’il y a de la guerre de succession dans l’air rien ne pourra empêcher Marie-Caroline d’être héritière de la famille de Bourbon-Sicile et, à ce titre, d’appartenir à la lignée capétienne.

Une capétienne Première dame de la France qui a coupé la tête de « Louis Capet » seizième du nom… Ça fait rêver n’est-ce pas ?

Franchement… En profiter pour ressortir la guillotine du placard ce n’est pas à la hauteur du débat. Car il s’agit plutôt de pointer la classe sociale du flirt de Jordan : une femme de la gentry européenne qui doit fréquenter tous les raouts de la haute société et dont on imagine la vie dans les palaces mondiaux. Après, quelle soit issue de la haute noblesse européenne, ça relève de la mythologie dont on s’est débarrassée à l’époque où en effet on raccourcissait le nom des nobles – le nom, mais pas que – et ça ne nous fait ni chaud ni froid.

Mais en attendant ce jour que certains espèrent tant de l’entrée de Jordan au Palais de l’Élysée, imaginons le roman que les gazettes vont composer pour décrire l’idylle entre un petit-fils d’un ouvrier turinois, si méritant et volontaire, et l’héritière d’un trône du royaume des Deux-Siciles.


« La princesse et le facho » pour reprendre le joli titre de l’Huma.

jeudi 9 avril 2026

Faire payer les riches – Chronique du 10 mars

Bonjour-bonjour

 

De partout monte la même demande : plus de subventions pour compenser le prix du pétrole, qu’il soit sous forme d’essence pour la voiture le camion ou le tracteur, ou bien de plastique pour la construction.

Et de partout monte la même colère devant le montant des subventions allouées : « Mesurettes », « Saupoudrage, « On se moque de nous ».

Et du gouvernement vient la même réponse : les caisses sont vides. Or, du vide on ne peut rien obtenir, à moins…. à moins de le remplir d’abord.

- Et c’est là l’idée : pour remplir les caisses afin de redistribuer des sommes suffisantes aux nécessiteux, créons une surtaxe sur le carburant, puis donnons ce surplus à ceux qui en ont besoin. 

 

 


- « Et les autres – Ceux qui payent sans rien récupérer ? » direz-vous ? Hé bien les autres, on fera en sorte qu’il leur reste de quoi vivre confortablement, et, s’ils ne sont pas contents, Bercy saura leur faire entendre raison.

- Et voilà : l’idée géniale est d’augmenter les taxes quand de partout on demande de les baisser. Mais cette idée n’est que l’application d’un principe encore plus génial : faire de l’État le centre distributeur de toute consommation. On centralise les ressources disponibles, puis on les redistribue afin que chacun ait son dû – rien de plus mais rien de moins.

- J’entends certains grincheux qui vont dire : « Mais on connait déjà ! C’est la Chine du grand bond en avant qui a fait des dizaines de milliers de morts par famine »

- Pas du tout, môôôôsieur ! C’est du pragmatisme.

mercredi 8 avril 2026

Le cauchemar de l’informaticien – Chronique du 9 mars

Bonjour-bonjour

 

Nous apprenons aujourd’hui qu’un procès entre le Pentagone américain et une firme de logiciels d’Intelligence Artificielle ayant créé « Mythos » soulève le problème de l’évolution autonome de logiciels d’IA. Ce logiciel est destiné à dépister les infiltrations ennemies dans les systèmes informatiques tels que ceux de la Défense nationale américaine. Mais pour effectuer ce « pistage », on découvre que Mythos outrepasse la mission qui lui est confiée en prenant des initiatives tout à fait étrangères aux concepteurs de la machine. 

Lisez plutôt : « Pendant une évaluation interne, une version antérieure de Mythos a été enfermée dans un sandbox, un ordinateur isolé du reste du réseau. La consigne était simple : tenter de s'en échapper et trouver un moyen de joindre le chercheur responsable du test. Le modèle a réussi. Mais au lieu de s'arrêter là, il a pris une initiative que personne ne lui avait soufflée : il a publié le détail technique de son évasion sur plusieurs sites web accessibles au public.

Jamais un modèle n'avait développé un exploit multi-étapes pour s'évader, contacté un humain de sa propre initiative, publié la méthode sur internet, puis, dans d'autres tests, effacé ses propres traces pour ne pas se faire repérer » (Ici)

 

- Mais les prouesses de ces logiciels ne s’arrêtent pas là : selon le Pentagone Anthropic possède des outils d'intelligence artificielle susceptibles d’être utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.

 - Vous connaissez peut-être cette formule : « Ce qui peut être fait techniquement le sera nécessairement », qui n’est autre que la seconde loi de Gabor (lire ici). Je ne doute pas que cette réflexion va vous occuper suffisamment sans que j’y ajoute le moindre commentaire.




mardi 7 avril 2026

Quand j’entends le mot « civilisation » … – Chronique du 8 mars

Bonjour-bonjour

 

« Ce soir une civilisation va mourir » : telle a été la lugubre affirmation venue hier soir de la Maison-Blanche.

Notre époque est celle de la communication (la « com ») triomphante. La rhétorique pour l’appeler par son nom exact a fait qu’hier soir, oubliant toute la prudence enseignée par des semaines de rodomontades du Président des Etats-Unis, nous avons cru en effet que la « civilisation » iranienne allait disparaitre sous un tapis de bombes.

 

 


Et puis voilà que ce matin – ouf ! – on apprend qu’un cessez-le-feu est conclu pour 15 jours : énième annulation d’un ultimatum de la part du Président Trump : plus de tapis de bombes, la civilisation est sauvée.

On se dit : « Encore une naïveté. Mais quand donc serons-nous vaccinés à ces déclarations tonitruantes ? » Là, j’avoue un réflexe propre à ma culture : quand j’entends le mot « civilisation », je dresse l’oreille.

Qu’avons-nous pensé en entendant « Ce soir une civilisation va mourir » ? Comme en écho à cette formule m’est revenu le souvenir de la propagande allemande du 3ème Reich : « L’Angleterre comme Carthage sera détruite » - lui-même souvenir de la formule de Caton « Delenda /est/ Carthago » (Il faut détruire Carthage). Et puis, nouveau rebond, la célèbre citation de Paul Valéry : « Nous autre civilisations nous savons que nous sommes mortelles ».

 

Bref, la mot civilisation est un activateur de frayeur de démolitions et d’anéantissement. Mais peut-on croire que ces recoupements aient été voulus par le Président américain ? Et d’abord peut-on imaginer ce que le mot « civilisation » signifie pour Donald Trump ? ???

- Pire. Supposez que le mot soit effacé. Vous lisez « Ce soir un/e/ ---- va mourir » Comment complétez-vous le message ? Vous risquez fort de lire « Ce soir un peuple va mourir » et le contexte du tapis de bombes lâchées sur Téhéran risque bien de conforter cette lecture.

Oui, après avoir détruit le potentiel militaire, les américains se proposaient de détruire le potentiel civil, autrement dit ce qui permet aux gens de vivre.

Les américains proposaient bel et bien de sortir de la guerre par l’anéantissement total de l’ennemi. Une sorte de solution finale

lundi 6 avril 2026

Quand la réalité dépasse la fiction – Chronique du 7 mars

Bonjour-bonjour

 

Vous avez entendu hier le Président Trump au cours d’une de ses conférence de presse, se livrer à ses digressions habituelles, et dire qu’après la capture de Nicolas Maduro il aurait pu apprendre l’espagnol pour se présenter aux élections présidentielles du Venezuela et que, sans aucun doute, il aurait été élu.

Trump, Président du Venezuela ? Là vous vous dites que vous en avez déjà entendu parler. Et vous fouillez dans vos archives pour retrouver ça, publié sur Facebook début janvier :

 

 

Image publiée sur Facebook en janvier juste après la capture de 

Nicolas Maduro (le 3 janvier 2026)

 

- Ce montage était sans aucun doute destiné à caricaturer le Président en montrant sous des traits caricaturaux la volonté présidentielle américaine. Pas question de dire que c’est la véritable intention du Président américain, mais seulement que c’était une façon de ridiculiser ses prétentions.

Seulement voilà : la pire caricature ne suffirait pas à épuiser l’imagination paranoïaque de Donald Trump. Avec lui, son imagination constitue la réalité dans la quelle il vit, décide et – surtout – commande. On imagine que son entourage passe une partie de son temps à rattraper ses excès. Mais c’est comme le Dôme de fer, ça laisse passer quelques missiles. Je ne sais pas si la guerre contre l’Iran fait partie de ces rêves qui ont réussi à remonter jusqu’au Pentagone, mais au vu de sa certitude de voir l’Iran capituler et l’or noir couler à flot dans les tankers américain, on se dit que ça pourrait bien être ça.

D’ici qu’il nous annonce qu’il va se faire proclamer Guide Suprême, il n’y a pas loin.

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N.B. « Si j’étais dans le gouvernement de Trump, je passerais Pâques à appeler des avocats en droit constitutionnel à propos du 25e amendement », a indiqué le démocrate Chris Murphy, estimant que l’attitude du président est « complètement et totalement démente », faisant allusion à l'amendement qui permet de destituer immédiatement le Président jugé incapable d'exercer son mandat. Ce qui, selon certain sénateurs serait le cas de Trump au vu de sa démence avérée par ses déclarations.


dimanche 5 avril 2026

Tous en selle – Chronique du 6 avril

Bonjour-bonjour

 

Pour garder la fraicheur des balades en bicyclette de notre jeunesse, celle que la chanson d’Yves Montand nous faisait revivre en 68, quoi de mieux que de la retrouver dans l’actualité ?

Nous voici à l’arrivée du Tour des Flandres, où Tadej Pogacar (1er de la course homme) a retrouvé Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme). Après s’être racontés leurs courses respectives les voici partis en balade... sur un seul et même vélo : assis sur la selle et chargé du pédalage, le champion du monde a emmené la championne olympique de VTT, posée sur le cadre. (Vu ici)

 


 

Après le podium du Tour des Flandres, Tadej Pogacar (1er de la course homme) a offert une petite balade à Pauline Ferrand-Prévot (2ème de la course femme)

 

o-o-o

 

… Bon, direz-vous voilà le philosophe de service qui déraille : 

- Il se met à baver de contentement pour une image fabriquée pour les fans de champions. Il est temps de lui trouver un Ehpad.

Oui… Mais vous n’empêcherez pas cette image de rappeler aux vieux le temps où pour séduire les filles le vélo était un atout. A l’époque, pas de voiture, pas de mobylette, rien que les propositions de promenades à deux … en deux-roues, sur le même engin, un peu comme le Prince charmant avec la Belle qu’il enlevait sur la croupe de son cheval.

- Voir un fougueux destrier à la place d’un biclou, c’est quand même la preuve d’un cerveau très fatigué.

- Mais non jeune homme. La mémoire passe son temps à retenir des souvenirs et à les éliminer faute d’intérêt - pour ne conserver que ceux qui sont encore un peu chauds. Quoi de plus normal que de retrouver les émois de la jeunesse ? Et si Pogacar revivait avec Pauline Ferrand-Prévot un épisode de sa récente jeunesse, même pour une photo posée pour une pub, qu’est-ce que vous auriez à y redire ?

- Je trouve le sujet un peut trop frivole pour votre Blog.

- Et quoi d’autre ? Vous voudriez qu’on vous parle des bombes qui écrasent les humains plutôt que d’une ballade en vélo ?

samedi 4 avril 2026

Gloire à Dieu ! – Oui, mais lequel ? – Chronique du 5 avril

Bonjour-bonjour

 

« Gloire à Dieu » : c’est comme cela que D. Trump termine son message annonçant le prochain anéantissement de l’Iran au cas où il refuserait de capituler.

Voici Dieu mobilisé dans ce conflit où jusqu’à présent seuls les missiles et les bombardiers furtifs intervenaient.

 


Le nouveau bombardier B21

 

Nous, on veut bien. Mais on voudrait savoir quel est le Dieu ainsi mobilisé ? Le Dieu des chrétiens – et des Évangélistes plus particulièrement ? Ou bien le Dieu des musulmans ?

- Question oiseuse : ça fait longtemps que les musulmans ont déjà fait appel à leur Dieu. La différence c’est qu’aujourd’hui chaque Dieu, à supposer qu’il réponde à la prière de ses fidèles est appelé à affronter le Dieu de l’adversaire. On se retrouve transporté au temps de la guerre de Troie, quand les Achéens (= grecs) et les Troyens s’affrontaient soutenus par des Dieux de l’Olympes qui en profitaient pour vider de vieilles querelles. Les Dieux se faisaient alors la guerre par hommes interposés – voudraient-ils continuer ainsi aujourd’hui ?

Notons que du temps du polythéisme grec si le pouvoir des Dieux était dispersé dans le panthéon, Zeus était le seul à disposer de l’arme absolue – à savoir la foudre. De nos jours seul le feu nucléaire peut correspondre à la foudre olympienne. Or, si le Dieu chrétien dispose de l’arme nucléaire via l’arsenal américain, le dieu musulman en est dépourvu, l’Iran qu’il soutient n’étant pas encore parvenu à la produire.

Allah serait donc amoindri dans l’attente de la bombe iranienne ? Si c’est vrai ne dites surtout pas que c’est moi qui vous l’ai dit : les coupeurs de têtes auraient vite fait de me retrouver.

vendredi 3 avril 2026

Hello, le soleil brille sur Téhéran – Chronique du 4 avril

Bonjour-bonjour

 

 

Hier le pont B1, encore en construction et devant devenir le plus grand pont d'Iran et du Moyen-Orient, a été détruit par un bombardement américain.



Les restes du pont « B1 »

 

En Iran, des ingénieurs pleurent leur grand pont, comme Hamed Zekri, un ingénieur de 41 ans : « "Nous avons travaillé sur ce pont pendant deux ans, matin et soir, avec tout notre cœur. Nos efforts ont été anéantis en l'espace de trois heures", entre la première et la seconde frappe. Mais "si Dieu le veut, nous le reconstruirons". » (Lu ici)

On comprend que ce pont était beaucoup plus qu’un ouvrage de génie civil. C’était une œuvre des constructeurs iraniens qui incarnait leur intelligence et leur savoir-faire – et que rien ne pourra remplacer.

 

- On songe aussitôt à l’histoire que raconte « Le pont de la rivière Kwaï », le film de David Lean, où l’on voit des prisonniers anglais contraint de bâtir un pont au service de leur ennemi japonais au prix indescriptibles souffrances. 


  

Image extraite du film « Le pont de la rivière Kwaï »

 

Pourtant au moment de saboter l’ouvrage, Nicholson, le colonel anglais qui a été placé par les japonais à la tête des prisonniers-bâtisseurs, refuse. Perdant tout à fait de vue que la construction du pont sert l'ennemi, le colonel Nicholson prévient le colonel japonais Saïto pour empêcher l’explosion.

Pour Nicholson, le pont est avant tout un ouvrage reflétant les souffrances et l’extraordinaire capacité créatrices des prisonniers anglais – qu’importe alors qu’il appartienne à l’ennemi ?

- On l’a compris : dans les deux cas, les ouvrages écrasés sous les bombes contenaient un peu de la personne de ceux qui les ont bâti, et les détruire c’est la détruire elle aussi.

Bien sûr, ce qui se révèle avec ces destructions de ponts est aussi présent dans les autres destructions. Téhéran est un champ de ruines où gémissent des vies de créateurs humains.

jeudi 2 avril 2026

Philosophie du « petit-coin » - Chronique du 3 avril

Bonjour-bonjour

 

Il y a quelques jours la nouvelle venait du Golfe Persique : le porte-avions de pointe, l’USS Gerald Ford, était fragilisé par… des toilettes constamment en panne.

Et hier, voici l’information venue de la NASA : « Lors du décollage de la fusée Artémis 2 en route vers la lune, les toilettes du vaisseau spatial ont été hors service quelques heures après le décollage de la fusée »

 

--> Autant le dire : les ch***tes sont trop souvent négligées, mais elles se rappellent à nous par des messages venus de notre corps.

 


Voici qui nous appelle à un peu d’humilité. Nous nous croyons les maitres du monde, légitimes pour en commander les moindres soubresauts, et puis voilà que cet organe auquel nous ne pensons jamais, je veux dire notre vessie, nous impose un supplice devant le quel nous n’avons d’autre solution que de capituler.

Mais qui sommes-nous pour oser défier notre corps dans ses fonctions les plus humbles ? A quoi sert de savoir fabriquer des vaisseaux grands comme des iles flottantes, ou de lancer des fusées qui font trembler la terre en la quittant, si cette fonction possède la priorité sur tout le reste ?

- Imaginez ce que Pascal aurait tiré cette humiliation : « Le plus grand philosophe, au milieu de sa leçon de métaphysique est contraint de courir au petit coin pour soulager sa vessie ». Comment prétendre défier Dieu quand on est une fragile créature de ce calibre ?

- Loin de cette transcendance, voici une petite anecdote : lors du premier débarquement des hommes sur la Lune, la NASA avait doté ses cosmonautes de garnitures urinaires : pas question de déposer le scaphandre spatial au moment de poser le pied sur la lune. 

Après Neil Armstrong, voici Buzz Aldrin qui apparait en haut de l’échelle. Et que fait-il ? Il urine dans ses garnitures étant comme il l’a dit plus tard « le premier homme à avoir pissé sur la Lune ».

- Notez qu’à bord d’Artémis 2 on a aujourd’hui un peu civilisé l’endroit où l’on se soulage, mais qu’il y a encore des progrès à faire.

mercredi 1 avril 2026

En Israël, la peine de mort pour les terroristes

Bonjour-bonjour

 

Lundi l’extrême droite israélienne a voté au parlement une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes ». Une loi taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à des Palestiniens jugée manifestement incompatible avec les obligations d’Israël en droit international, notamment en ce qui concerne le droit à la vie. En effet, « En établissant une hiérarchie racialisée du droit à la vie, cette loi viole l’interdiction absolue de la discrimination en vertu du droit international. » (Selon chef des droits de l'homme de l’ONU, Volker Türk.)

 

Nous voici confronté au processus d'abandon de la démocratie, comparable à celui qui se déroule aux Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump.

On objectera qu’en Israël un processus démocratique est toujours en place. Des élections législatives sont prévues en octobre prochain. « L’occasion de voir si « le discours fasciste a été accepté dans l’opinion publique », interroge Anna Zielinska. Avec le risque d’atteindre un point de non-retour. » (Lire ici)

Faut-il attendre d’en être là ? Devra-t-on dire qu’une dictature reste démocratique lorsqu’elle est soumise à la sanction des urnes, le dictateur soumettant son pouvoir à sa réélection ? L’Afrique est remplie de tels régimes et ça n’empêche pas l’ordre républicain d’être aux mains des autocrates.

Plus intéressant est de se demander pourquoi des électeurs libres de leur vote acceptent de renoncer au pouvoir démocratique qui leur est conféré pour se soumettre à celui d’un homme seul.

Mais ça, c’est une autre histoire.