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mercredi 29 avril 2026

La santé par le travail – Chronique du 30 avril

[Pour la fête du travail, Le point du jour offre à ses lecteurs une mise à niveau gratuite des méthodes qui permettent d’éviter les problèmes ostéo-musculaires liés à la posture au travail.]

Poste de travail informatisé - Prévenir les problèmes de santé reliés au travail

Pour bien régler et bien aménager son poste de travail informatisé.

« Fiche du ministère du travail de la santé de Montréal »

 

- Messieurs les managers, si vous avez une jeune collaboratrice qui débute – ou mieux : une stagiaire – aidez-la à prendre une bonne position devant son ordinateur.

 


 

1 – Passez votre main pour vérifier que sa cuisse soit bien parallèle au sol

2 – Prenez son pied et posez le bien à plat sur le sol

3 – Assurez-vous que votre main passe aisément derrière son genou.

4 – Vérifiez que le bas de son dos est bien appuyé contre le dossier de sa chaise. Au besoin appuyez lui sur le ventre pour améliorer sa position

5 – Prenez ses avant-bras et posez-les correctement sur le bureau

6 – Faites la même chose avec ses coudes.

7 – Idem avec ses poignets.

8 – Mettez votre visage contre le sien pour vous assurer que ses yeux soient à la bonne distance de l’écran.

mercredi 3 décembre 2025

L’IA : un engouement excessif ? – Chronique du 4 décembre

Bonjour-bonjour

 

Un des thèmes le plus évoqué ces jours-ci est la destruction d’emploi dûe à l’IA – et en particulier à l’IA générative. Il ne s’agit pas seulement des employés à des tâches peu compliquées, comme de préparer des dossiers ou fabriquer des documents standardisés, mais aussi des traducteurs ou des comédiens spécialisés dans le doublage des films étrangers.

Bien qu’on admette que souvent l’IA ne constitue qu’un instrument pour aider à la réalisation de certaines tâches, il n’en reste pas moins que des firmes comme Amazon ou – justement – Google annoncent des milliers de licenciements. 

- L’IA dévoreuse d’emploi ou simple outil au service des employés pour optimiser leur travail ? Le doute est-il permis ? On reconnait que les emplois les mieux protégés sont ceux où l’action humaine reste indispensable. On pense alors aux métiers de relations (infirmières) ou ceux qui exigent une activité créative : designers ou musiciens – encore que ce soit justement sur ces derniers métiers que les avancées de l’IA soient les plus spectaculaires.

--> Occasion de s’interroger sur la nature de ce facteur humain non « mécanisable ».

Par exemple, les doubleurs de cinéma se lamentent : l’IA parviendrait à imiter parfaitement la voix du comédien doublé, et l’IA générative façonnerait la diction pour s’adapter au contexte. Toutefois, il reste quelque chose que la machine ne sait pas faire, c’est jouer le rôle, car le doubleur doit aussi être un comédien qui interprète le personnage. Autrement dit, ce doublage mécanisé ça marcherait pour faire la voix-off d’un documentaire mais pas pour doubler Lady Macbeth.

- Mais enfin, pourquoi un chabot ne saurait pas imiter la joie ou la peine d’un personnage ? Si ça ne marche pas aujourd’hui, pourquoi ça ne marcherait pas demain avec de nouvelles machines ? – Peut-être parce que pour simuler le joie ou la folie, il faut la susciter en soi, être un peu terrifié comme Lady Macbeth sortant de ses cauchemars. 

Et ça, c’est le domaine des émotions, celui qui reste inaccessible aux ordinateurs.

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N.B. Nous aborderons prochainement la question de la comparaison entre la reproduction propre à la machine et la création propre aux humains

mardi 14 octobre 2025

Totem et tabou – Chronique du 15 octobre

Bonjour-bonjour

 

Alors, c’est fait ? Monsieur Lecornu va obtenir la confiance de l’Assemblée nationale pour présenter son budget – lequel a déjà été détaillé hier en prélude au vote de jeudi prochain ? Et cela en violant consciencieusement un tabou du macronisme à savoir suspendre la réforme des retraites – qui a été érigée en totem par le Président.

Si Freud vivait encore, sûr qu’il se ferait beaucoup d’argent avec les droits d’auteur de son ouvrage de 1913 « Totem et Tabou » – sous-titré : « Quelques concordances entre la vie psychique des sauvages et celle des névrosés » (voir ici)

On aurait en effet une correspondance entre d’une part le totem considéré comme une créature fondatrice du clan, opposé au tabou entendu comme une atteinte impie au totem – ce que pointe l’ouvrage de Freud – et aujourd’hui la croyance quasiment religieuse selon laquelle le travail serait la seule source de la prospérité sociale, opposée au refus du recul de l’âge de la retraite – période bénie où l’homme est affranchi de la servitude du labeur.

- Simple, n’est-ce pas ? Seulement voilà : si la prohibition de l’inceste, dont l’élucidation est l’objet du livre de Freud, suppose bien un retour infantile du totémisme primitif, c’est au prix d’angoisse et de névrose. Et cela concerne aujourd’hui aussi bien le pouvoir en place que les forces de gauche : alors que le premier érige le travail en force sacrée seule capable de soulager l’angoisse de la récession, les secondes considèrent la retraite comme seule capable libérer de l’aliénation du travail – source d’affliction et de malheur.

--> Le respect sacré, voulu par les partisans du Président, de l’âge limite de la retraite - trop précoce selon eux, serait donc calqué sur le totémisme primitif. Ce serait donc ce mécanisme qui imposerait aujourd’hui encore les croyances en une « ligne rouge » sur laquelle le compromis est impossible.


Et c’est sur cela que le gouvernement macroniste a dû reculer hier.

Fin de la crise ?

- En psychanalyse, la guérison passe par la prise de conscience de l’origine du traumatisme. Ici, on aurait à faire à des résidus d’un combat idéologique entre les marxistes et le libéralisme capitaliste. 

Mais alors, si un rapport de force défavorable a fait plier le gouvernement, sommes-nous en droit de supposer que cela s’est fait avec une prise de conscience libératrice des idéologies archaïques ?

mardi 23 septembre 2025

Arrêts de travail abusif : qui est responsable ? – Chronique du 24 septembre

Bonjour-bonjour

 

La communication gouvernementale cible les usagers de la sécu : ils feraient en sorte de prendre des congés de maladie sans nécessité.

Mais la Sécurité sociale n’en reste pas là. Elle vise aussi les médecins via les statistiques des arrêts de maladie "accordés" aux patients et il lui arrive de sanctionner certains praticiens lorsque ce nombre dépasse la moyenne. Ces médecins protestent qu’on touche à leur souveraineté médicale – reste que cette souveraineté, couplée au secret professionnel, rend opaque le bien fondé de ces arrêts de maladie. Le cas évoqué dans cet article, met en jeu la particularité de la patientèle d'un praticien de Montluçon mis en cause pour abus de prescription. 

On se reportera à cet article – je voudrais insister sur ce que nous pouvons imaginer du rapport entre le médecin et son patient. 

Imaginons : ce patient a 40° de fièvre et c’est via son ordinateur qu’il « téléconsulte » son médecin.

Le médecin : Pour nous résumer, cher monsieur, vous avez une forte fièvre, des douleurs articulaires et vous êtes fortement enrhumé. Visiblement vous avez la grippe comme bon nombre de mes patients ces jours-ci. Je vous prescrits du sirop Typhon et des pastilles Valda et surtout restez au chaud. 

Le patient : Et pour mon travail ?

Le médecin : Hé bien je vous donne 8 jours d’arrêts et je vous envoie la feuille pour votre entreprise.

Le patient : 8 jours ! Seulement ! Mais docteur, dans 8 jours je serai encore vanné par le virus. Il me faut 15 jours et c’est un minimum.

Le médecin : Mon pauvre monsieur, sachez que j’ai rempli mon quota d’arrêts de maladie. Je suis dans le viseur des contrôleurs de la sécu et si je donne satisfaction à des demandes comme la vôtre, je vais me trouver « sous accord préalable » ce qui veut dire qu’en réalité c’est la sécu qui va décider de votre arrêt pour grippe. Et croyez-moi, ça n’ira sûrement pas au-delà de 8 jours.

Maintenant, si vous en voulez plus allez consulter mon collègue, le docteur Camomille, qui est gériatre aux Glycines, l’Ehpad voisin. Lui il ne doit pas avoir dépassé son quota d’arrêt de maladie.

mercredi 3 septembre 2025

Le droit de pécho au boulot – Chronique du 4 septembre

Bonjour-bonjour

 

En lisant ce titre, vous avez deviné que je veux parler de la mésaventure vécue par le Directeur général de Nestlé, licencié pour, je cite : « avoir eu une relation amoureuse non déclarée avec une subordonnée directe »

Autrement dit, et contrairement aux commentaires erronés qu’on entend un peu partout, il ne s’agit pas simplement d’un licenciement pour relation amoureuse dans le sein de l’entreprise, mais principalement pour en avoir eu une de façon clandestine.

Et c’est là qu’est la surprise. Car on a parfaitement le droit chez Nestlé d’aimer qui on veut, même sa DRH, même son bras droit. On peut aussi choisir le mode de relation préféré : un diner romantique pendant un séminaire sur la côte adriatique ou une petite gâterie sous le bureau pendant la pose de 10 heures. 

 


La seule chose qui soit impératif est d’en faire la déclaration explicite « J’ai une relation amoureuse avec ma secrétaire, Madame X*** ». 

 

Et c’est tout de même perturbant. 

- Déjà parce que la vie privée ne doit pas se confondre avec la vie publique dont le monde du travail fait partie. Par cette déclaration je suis en effet obligé de rendre publique une relation qui devrait rester strictement confidentielle. Supposez un homme marié dont l’épouse occupe une place importante dans l’organigramme de l’entreprise où il travaille également ; vous imaginez facilement que cette obligation de transparence peut faire des dégâts.

- Et puis aussi parce que la firme Nestlé s’arroge un droit de regard sur la vie intime de ses employés. L’amour relève non seulement de la sphère privée, mais encore de l’intime. En révélant ma relation avec une personne – qu’elle soit de l’entreprise ou non, finalement peu importe – je révèle quelque chose qui doit rester cachée au plus profond de moi-même, enfouie dans cette part de moi à laquelle personne, à part celle que j’aime, n’a accès.

- Enfin, la question essentielle : pourquoi l’entreprise veut-elle s’imposer dans la relation amoureuse entre ses employés ? Veut-elle « tenir la chandelle » ? S’agit-il d’indiscrétion, de voyeurisme ? Craint-elle que l’amour ne pousse ces gens à trahir sur l’oreiller un secret professionnel ? Mais alors c’est l’amour avec un concurrent et non avec un collègue qui serait à redouter.

Bref : tout ça c’est bien glauque.

vendredi 23 mai 2025

Débout, Pépé ! C’est l’heure d’aller au taf ! – Chronique du 24 mai (1)

Bonjour-bonjour

 

Le Point l’annonce triomphalement cette semaine : « Le Danemark adopte la retraite à 70 ans » avant d’ajouter : « l’idée germe ailleurs en Europe »

 

Pourquoi aller jusqu’à 70 ans ? Parce que l’espérance de vie s’allonge également, au point que le parlement danois a voté une loi qui indexe l’âge de départ en retraite sur l’espérance de vie de la population. (1)

« Espérance » ! Vous parlez d’une espérance ! S’entendre promettre une vie allongée de quelques années de travail, c’est donc ça notre horizon ! Comme dit le proverbe, on préfèrerait ajouter de la vie aux années que des années à la vie – pour autant qu’il s’agit d’années de labeur.

 


Et alors ? En route pour des centenaires en bleu de travail ? 

Peut-être pas. Voici la conclusion de l’article du Point : « En 2024, la cheffe du gouvernement socialiste danois, Mette Frederiksen, avait indiqué qu'elle serait prête à revoir le système du pays quand serait atteinte la barre des 70 ans, assurant : « Nous ne croyons plus au caractère automatique de la hausse du départ à la retraite. »

Ah bon ? Il y aurait un âge physiologique qu’il ne faudrait pas dépasser pour arrêter le travail ? Mais alors, que restera-t-il des forces humaines encore vaillantes ? Quand on n’a plus de forces pour travailler, alors on n’en a plus non plus pour randonner autour du le Mont-Blanc. 

Mais aussi comment définissons-nous la retraite ? Une protection de la vieillesse ou un droit au bonheur ?

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(1) Ce jeudi 22 mai, le Parlement a adopté une loi repoussant l'âge légal de départ, aujourd'hui fixé à 67 ans. Dans le pays scandinave, celui-ci est indexé sur l'espérance de vie et révisé tous les cinq ans depuis 2006. Il passera donc à 68 ans en 2030, 69 ans en 2035, et 70 ans en 2040 – et ce, pour toutes les personnes nées après le 31 décembre 1970.

jeudi 15 mai 2025

Comment lutter contre la flemme ? – Chronique du 16 mai (1)

Bonjour-bonjour

 

Cet article publié dans le Point s’attaque à l’épineuse question du goût pour le travail, sorte de tendance spontanée à consentir des efforts. En être dépourvu c’est subir la flemme, attitude illustrée par cette image :

 


… où l’on voit une jeune femme sommeillant, un smartphone dans les mains, un ordinateur ouvert à ses pieds tandis que ses lunettes et une tasse de café reposent sur des livres entassés au sol.

Teddy Mayeko, maître de conférences en sciences de l'éducation à l'université de Cergy Paris et auteur de l'ouvrage « Le goût de l'effort. Cette chose essentielle avec laquelle il nous faut renouer » observe : « On opère une forme de cloisonnement mental entre d'un côté le travail qui nécessite rigueur, sérieux, abnégation et de l'autre, le plaisir, exclusivement réservé au domaine du jeu et de la distraction. »

Pour lutter contre cette dichotomie, « un conseil à donner aux parents est de relier très tôt l'effort à la notion de curiosité et de découverte » selon David Gourion. « Transmettre l'idée, par exemple, qu'il y a du plaisir à faire des mathématiques, à faire du codage informatique, à jouer aux échecs ou que la littérature est un formidable terrain de jeu, ouvrant des champs considérables pour développer sa compréhension du monde ». 

L’article cité détaille ces plaisirs éprouvés au cours des efforts liés au travail intellectuel qui développe les capacités artistiques, intellectuelles, physiques, cognitives, etc.

 

- Le philosophe se souviendra à cette occasion de l’opposition opérée par Freud entre le plaisir, purement gratuit, et le travail lié au besoin et soumis à la dure loi de la nécessité.

Suffirait-il donc de déplacer la frontière qui sépare le plaisir du travail, à la faire empiéter sur ce dernier pour que du coup l’activité laborieuse devienne aussi légère qu’une plume au vent ?

De son côté la position de l’Église depuis Léon XIII et sa célèbre encyclique Rerum Novarum (1891) souligne la nécessite de réglementer le travail et de faire du plaisir ce qui vient pardessus-le-marché. Quant au capitalisme nous le voyons encore aujourd’hui juger le travail comme un moyen de s’enrichir – passion jugée fondamentale chez les hommes.

Après tout si comme le suggère cet article la recherche du plaisir peut s’accorder avec l’exercice d’un travail pourquoi ne pas en profiter ? Mais alors soumettons la recherche d’un travail à ce souci de le rendre compatible avec la réjouissance et faisons-lui une place dans les items de parcoursup.

vendredi 3 janvier 2025

Au boulot ! – Chronique du 4 janvier



Bonjour-bonjour

 

Depuis le 1er janvier, les allocataires du RSA doivent s’acquitter de 15 heures de travail hebdomadaire pour percevoir leur dû. Sinon ? Perte des allocations.

Des critiques venues de partout se sont manifestées. Écartant toutes celles qui portent sur l’accusation de manœuvres politiques, il reste 3 aspects négatifs de ces mesures (lu ici) : 

- Ne s’agit-il pas d’un travail contraint – comme au temps du bagne ? L’État se défend de cette accusation en disant que ces 15 heures sont la compensation de l’allocation du RSA : « Ce travail est une simple contrepartie de l’allocation fournie. » Reste que cette mesure repose, d’abord, sur la fausse certitude que chacun des bénéficiaires du RSA a la capacité de travailler. 

- Mais surtout il s’agit d’une forme de travail gratuit : quinze heures d’un labeur non rémunéré : non pas pour ce qu’il est, mais en raison de ce que représente celui qui perçoit l’aide sociale.

- Cette mesure parait également inique car le RSA n’est pas seulement un moyen de retrouver du travail, mais aussi et surtout de vivre, tout simplement. Comment pourrait-il être conforme au pacte social de priver un homme une femme de ses ressources vitales ?

--> C’est pour ces raisons que l’obligation de signer une clause imposant ces 15 heures rend ces contrats léonins – ce qui annule la clause en question (voir ici).

 

Derrière ce débat pointe la question (aussi vieille que la philosophie) de la raison d’être de chacun. Pour faire court, disons qu’il s’agit de savoir si nous avons une dette envers la société du simple fait de notre existence, ce qui nous mettrait en demeure de la justifier par une contribution quelconque au bien collectif. Le contrat social comporterait alors une clause permettant d’euthanasier les improductifs. On sait que le 3ème Reich fonctionnait comme cela.


lundi 23 septembre 2024

Big Brother, watch me, please! – Chronique du 24 septembre

Bonjour-bonjour

 

Les cérémonies de passation de pouvoir entre les ministres sortants/entrants sont souvent des solennités plutôt barbantes. Toutefois, on y trouve aussi des prises de positions fraîches et créatives car les manipulations politiciennes ne sont pas encore venu les corseter par des éléments de langage bien convenus.

Ainsi : la nouvelle ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet (ci-dessous) a déclaré, lors de la transmission de pouvoir : « Depuis sept ans, les gouvernements se sont beaucoup concentrés sur le plein emploi. C’est indispensable », appelant notamment à « poursuivre les efforts de la réforme de France Travail (ex-Pôle emploi, NDLR) ou de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA ». (Lu et vu ici)

 

 


 Jusqu’ici, rien de bien surprenant ; on a simplement affaire à l’éloge du précédent ministère. 

 

- Mais tout aussi traditionnel, le nouveau ministre doit s’appliquer à montrer son originalité - ce que madame Panosyan-Bouvet a fait ainsi : « Mais le plein emploi ne doit pas être la seule priorité », car il « n’est pas le travail », qui est « un lieu de construction de l’estime de soi et du lien social » et « le moyen d’une vie digne et décente ». 


Vous avez bien lu : pour définir le travail, l’emploi n’est pas le seul élément à prendre en considération parce que le travail intervient aussi pleinement dans l’édification des composantes psycho-sociales de la personne, ainsi que dans les conditions matérielles – non pas celles qui assurent la survie, mais aussi celles qui permettent de vivre de façon digne et décente.

Et donc, en perdant son travail du fait du départ en retraite, on fait bien plus que perdre son emploi : en réformant les retraites c’est tout cela que l’État doit garantir. 

Or la retraite telle que réformée récemment ne parait pas prendre en compte suffisamment ces variables. Que fait-on de l’estime de soi assurée par l’abandon de la tâche réalisée dans le cadre du métier ? Et les liens positifs avec des ex-collègues attelés à la même tâche ? Et les ressources suffisantes pour vivre décemment ?

Mais dire que l’État doit se charger de tout cela, c’est aussi lui confier la mission de s’occuper intégralement de la vie intime des individus. 

… Oui, mais d’ici qu’il la codifie il n’y a qu’un pas. Il ne faudra pas venir se plaindre alors que « Big Brother » s’occupe de vous.

jeudi 16 mai 2024

Le « congé malheur » - Chronique du 17 mai 2024

Bonjour-bonjour

 

L’idée que le bonheur au travail est déterminant pour les performances dans l’entreprise est familière car réitérée de temps autre. Par contre, la prise en compte du malheur, ou du moins de ces matins où, même quand on aime son job, il est bien difficile de sortir du lit et de démarrer sa journée, est moins fréquemment prise en considération – je dirai même pas du tout. C’est pourtant de Chine que vient l’information qu’il est possible de rester chez soi les jours où ça ne va pas.

« Nul besoin d'avoir un fond dépressif pour connaître ce genre de sentiment, qui peut s'expliquer par un excès de fatigue ou une accumulation de mauvaises nouvelles – et qui peut aussi débarquer sans prévenir ni raison apparente. L'idée du « congé malheur » est d'autoriser les employés à s'absenter en cas de besoin sans avoir à entrer dans les détails lorsqu'ils en font la demande à leur supérieur » (Lire ici

Cette mesure nous vient de l'exemple de la chaîne de supermarchés Pang Dong Lai, situés dans la province chinoise du Henan. « The Independent explique que son patron, Yu Donglai, a mis en place un système permettant à ses employés de prendre jusqu'à dix jours de congés par an, destinés aux moments où ils ne se sentent pas heureux ». Yu Donglai, le chef de l'entreprise poursuit : « Nous connaissons tous des moments pendant lesquels nous ne sommes pas heureux et donc, si vous n'êtes pas heureux, ne venez pas au travail. » (Article cité)

o-o-o

Bien sûr il n’est pas sûr que 10 jours de mise en retrait par an suffisent à dissiper les nuages qui assombrissent la vie quotidienne. Mais cette mesure exceptionnelle éveille quelques remarques.

    - On observe d’abord que, si les entreprises s’impliquent dans le bonheur de leurs employés par des mesures de management, en revanche elles ne peuvent que s’effacer lorsqu’ils sont malheureux. Ce n’est pas que chasser la tristesse de la vie au bureau soit inimaginable, mais pour la surmonter on ne peut se contenter de petites taches de joie ici ou là.

    - D’autre part pour la première fois il est reconnu qu’on ne peut travailler correctement si l’on est malheureux.

    - Il en résulte que, du côté de l’entreprise, la mise en retrait est la seule mesure valable. On ne dit pas que ça va aller mieux grâce à ça, mais on prend acte que tristesse et emploi ne sont pas compatibles.

Cette seule observation devrait suffire à faire réfléchir les philosophes.

mardi 23 avril 2024

À Reims, un projet peut en cacher un autre – Chronique du 24 avril

Bonjour-bonjour

 

Permettez-moi de donner pour une fois des nouvelles de ma bonne ville de Reims, laquelle est en émoi : la municipalité a décidé de détruire le pont le plus important de la ville qui enjambe l’autoroute et le canal qui la traversent pour le remplacer par une passerelle et des espaces verts – et ça commence dans un mois.



Selon la Municipalité, « ce projet vise à connecter la ville à l’eau et à la nature tout en développant les activités de loisirs autour de la halte nautique. » (Lire ici)

Bien entendu les opposants n’en démordent pas : ce pont a pour objet de permettre la circulation entre les deux parties de la ville et non de faire joli dans le décor.

Posé comme cela, on voit que ce sont deux philosophies de la ville qui s’opposent : l’une, qui est hédoniste, délaisse les besoins pauvrement utilitaires ; l’autre estime que ces besoins passent avant le souci de rendre la ville plus belle à regarder et plus agréable à vivre 

Le travail s’oppose ainsi aux loisirs, ce n’est pas nouveau. Toutefois il y a un aspect qui reste dans l’ombre, constituant presque un soupçon : et si le projet du Maire était aussi - voire même surtout - de réduire significativement la circulation automobile dans le centre-ville auquel ce pont donne accès ? Après tout un tel projet peut fort bien être soutenu par deux orientations : l’une qui repousse et l’autre qui attire. Repousser les véhicules polluants : attirer les adeptes des centre-ville beaux et ludiques.

Oui, mais voilà : un projet peut surtout servir à en cacher un autre - il n’est pas utile de demander le quel cache et le quel est caché.

vendredi 29 mars 2024

La prospérité par le travail – Chronique du 30 mars

Bonjour-bonjour

 

La suppression de la pauvreté est un souci qui revient dans l’esprit de nos dirigeants sans doute depuis très longtemps, peut-être depuis l’origine de la civilisation. Plus près de nous on se rappelle que Louis-Napoléon Bonaparte, le futur Empereur s’était fait connaitre dans les années 1840 avec la publication d’un ouvrage intitulé « l’Extinction du paupérisme ».

 

Et nous ? Certes Emmanuel Macron avait affirmé au début de son 1er mandat que la pauvreté devrait disparaitre et qu’il savait comment faire. Mais devant l’absence de résultats probants à ce jour et suite au remède apporté par Gabriel Attal à l’existence du chômage – à savoir : supprimer les indemnités chômages – on se dit que le mieux pour les pauvres serait peut-être que le Gouvernement ne s’occupe pas d’eux.

 

Et puis, quoi ? Faut-il donc que l’État se préoccupe de la pauvreté ? Mieux même : est-il justifié de s’en préoccuper ? Cette question fait sursauter, mais écoutons les libéraux du genre des puritains américains. Selon eux, la richesse est le produit du travail quand il est bien fait. C’est la manière de montrer son mérite à Dieu, la vertu du travailleur étant celle de la créature humaine. Ce qui fait que la devise américaine « In God we trust » soit inscrite sur chaque dollar américains.


 

- Devant les travailleurs les portes du Paradis s’ouvrent ; aux pauvres elles resteront fermées. C’est tellement vrai que les aides sociales sont là-bas réduites à (presque) néant, la redistribution des richesses étant assumée par les œuvres de bienfaisance des très-riches.

La France, qui s’enorgueillissait de ses aides sociales permettant aux plus pauvres de mener en vie jugée décente, n’est-elle pas entrain de suivre la même pente avec son mot d’ordre : « la prospérité par le travail », faisant des pauvres non seulement des gens soupçonnés de trainer les pieds devant la recherche d'emploi (ne suffit-il pas en effet de supprimer les allocation chômages pour que chacun retrouve un emploi ?), mais en plus des menaces pour le dynamisme économique ? 

Seulement voilà : on assiste depuis quelques dizaines d’années à la multiplication des travailleurs pauvres, oxymore qui vient détraquer le bonne conscience des classes dirigeantes. 

« Le travail doit payer ! » s’exclame le Premier Ministre. – Oui, mais combien ?

mercredi 15 novembre 2023

Siffler en travaillant… - Chronique du 16 novembre

Bonjour-bonjour

 

Il fut un temps où le travail était la pire des servitudes, assimilant le travailleur à un esclave. Marx élaborait alors sa théorie de l’aliénation (au travail l’ouvrier est « à côté » de lui-même ; il n’est lui-même « qu'après » le travail). Les spécialistes de l’étymologie rappelaient à qui voulait l’entendre que l’origine du mot était le latin « tripalium », instrument de torture.


- Et puis, voilà que le monde de l’entreprise a remplacé celui de la fabrique et de l’usine ; que les patrons ont été remplacés aux commandes du personnel par les managers ; enfin que la notion de durée de travail a été redoublée par celle de charge de travail.

Toutefois les enquêtes le disent : aujourd’hui encore la prise en compte de cette charge est insuffisante alors même que « réguler la quantité de travail de chaque salarié de l’entreprise contribue à optimiser la productivité tout en réduisant l’inconfort ou le désengagement des employés comme des manageurs, voire à éviter les burn-out » (Cf. ici)

Pour l’observer et pouvoir suivre sa régulation dans les entreprises, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a élaboré un modèle qui en distingue trois composantes : 

* la charge prescrite, qui désigne ce que le prescripteur demande à l’employé de réaliser, le travail à faire

* la charge réelle qui correspond aux conditions, aux outils mis à disposition et à la façon de faire ce travail

* la charge vécue, plus subjective, est la perception par le salarié de ce travail et de sa réalisation. (Article référencé)

 

 Appliquons cette grille aux Nains de Blanche Neige (1) :

1° Quelle est la charge prescrite ? Combien de tonnes de diamants leur faut-il extraire en un laps de temps défini ? On n'en sait absolument rien et c’est là la grave lacune du conte : à moins que les Nains soient leur propre patron et leur mine une auto-entreprise ?

2° Dans quelle condition doivent-ils faire leur travail ? Ils disposent de pioches et de pelles, et de rien d’autre : pas de marteau piqueur, par de dynamite, pas de barre à mine : Stakhanov était mieux équipé ! Mais ne l’oublions pas : leur mine regorge à ce point de pierres précieuses qu’elles tapissent les parois de la caverne, il n’y a plus qu’à les recueillir.

3° Clairement, les Nains sont heureux de travailler, au point qu’ils « sifflent en travaillant », comme un peintre en bâtiment, alors qu’ils font un travail réputé pour sa dureté.

 


Conclusion : demandons à être notre propre employeur ; cherchons un créneau où la demande excède l’offre ; et enfin soyons conscients que le travail est le lieu de notre épanouissement. 

Bref : aujourd’hui les Nains de Blanche-Neige auraient fondé leur start-up spécialisée dans l’IA.

Et pour remplacer Blanche-Neige, ils feraient appel à Petits-fils.

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(1) Ils sont mineurs dans une mine de diamants, et ils rentrent du boulot satisfaits de leur journée. Le vrai labeur, c’est de tenir leur maison, chose que la jeune et belle princesse va faire à leur place.

mercredi 8 novembre 2023

Au berceau ou au boulot ? – Chronique du 9 novembre

Bonjour-bonjour

 

La ministre des Solidarités et des Familles annonce ce mercredi la création d'un nouveau droit pour les parents : le congé familial, impliquant une plus grande participation du père au premiers soins à donner à l’enfant.

Lors de la précédente réforme, en 2014, l'objectif était déjà que 25% des pères prennent le congé parental. Or « le taux de recours des pères n'a presque pas augmenté avec cette réforme : moins de 1% des pères le prennent, selon une étude de l'OFCE de 2021. » 

Il ne s’agit pas d’incriminer spécialement les pères, car « le nombre des parents qui y recourent a chuté de 500.000 en 2013, à 246.000 en 2020, selon les chiffres du gouvernement ». (Lire ici)

On l’aura compris : il ne s’agit pas simplement d’un réflexe patriarcal. Les mères aussi renoncent de plus en plus souvent à ce congé, sans doute pour des raisons professionnelles. La carrière passe avant les soins du nourrissons qui n’est certes pas abandonné, mais dont la charge est déléguée à des service sociaux compétents.

Le problème n’est pas nouveau : il s’agit de savoir comment concilier le souci de l’enfantement avec celui du travail. On se rappelle peut-être de Rachida Dati, revenant au conseil des Ministres trois jours après avoir accouché : on avait pensé alors qu’elle craignait que quelqu’un s’empare de son portefeuille le temps de son absence – chose que devrait ne pas être le souci de chacun. Mais les discriminations à l’embauche des femmes sont connues pour être appuyées sur la volonté de l’entreprise d’avoir des collaborateurs présents à tout moment, dès lors qu’on a besoin d’eux.

Donc : les hommes ne veulent pas quitter leur travail à la naissance de leur bébé, parce qu’ils savent bien ce que ça entraine comme inconvénients pour les femmes : ils ne veulent pas subir la même chose.

Et puis tant qu’à faire, les femmes aussi ne veulent pas subir ça. Sauf qu’elles pourraient aussi faire pression sur les politiques pour que ça change. Mais apparemment ça ne sert pas à grand-chose.

jeudi 21 septembre 2023

Travailler à perte ? – Chronique du 22 septembre

Bonjour-bonjour

 

La vente à perte « autorisée » par le gouvernement pour le carburant est rejetée par les professionnels dans l’indifférence générale. Il semble que le public si prompt à condamner les profits des producteurs soit indifférent ici ; en vérité il ne comprend pas la démarche : à quoi bon parler de « perte » là où il n’y a que profit ? Instaurons des super-taxes pour frapper les superprofits et voilà tout.

- Quant aux producteurs et revendeurs, ils l’affirment : vendre à perte ne leur permettrait pas de continuer leur activité, les marges bénéficiaires étant juste suffisante pour permettre à l’exploitation de continuer à vivre.

Rappelons que les profits des producteurs sont absolument normaux – entendez qu’ils sont un produit normal du travail humain, ce que Marx avait nommé la « plus-value » (1). Vendre à perte signifierait que cette plus-value n’existerait plus, ou plutôt, puisqu’il n’appartient à personne de la faire disparaitre, qu’elle ne serait plus versée ni aux travailleurs ni aux patrons ni aux actionnaires.

- Quant à moi, je me réjouis de ce refus. Car je ne crois pas un seul instant à la réalité de ces pertes, et on nous l’a dit fortement : les stations-services qui feraient ce calcul seraient celles des hyper-marchés, la décote sur le prix des carburants constituant des prix d’appel pour des clients qui iraient ensuite reperdre par des achats surfacturés le bénéfice réalisé sur le carburant. Ça reviendrait à faire payer l’augmentation du prix de l’essence à ceux qui ne s’en servent éventuellement pas du tout, mais qui achètent dans leur hyper leur pain ou un kilo de pomme-de-terre.

Alors, je veux bien qu’on nous parle de solidarité : que chacun prenne sa part des sacrifices demandés pour secourir nos concitoyens – et même que ces sacrifices soient proportionnels aux capacités financières de chacun. Mais qu’on me fasse payer quelque chose que je ne consomme pas, je n’appelle pas ça « solidarité ».


Au fait, dès que l’État subventionne un service public, il le fait avec l’argent de nos impôts. C’est ainsi que nous tous, provinciaux, nous payons le métro parisien.

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(1) La plus-value est selon Marx « la différence entre la valeur des biens produits et le prix des salaires » dont les capitalistes confisquent la possession aux travailleurs.

jeudi 14 septembre 2023

Aujourd'hui, c'est la panne - Chronique du 15 septembre

 Bonjour-bonjour

aujourd'hui, panne d'inspiration. Rien dans l'actualité ne me fait envie, rien ne suscite autre chose que des réflexion déjà diffusées.

D'où l'idée de relancer une citation commentée dont mon défunt blog de commentaire de citations datant. Il date de 2013 mais après tout, rien n'a vraiment changé depuis (sauf que ma référence au Smartphone Samsung a dû être corrigée : elle mentionnait le Samsung 5 et non le 14)

o-o-o

L'horreur de l'homme pour la réalité lui a fait trouver ces trois échappatoires : l'ivresse, l'amour, le travail.

Jules & Edmond de Goncourt

 

Échapper à l’horreur de la réalité : voilà un beau programme ! Mais ce n’est rien encore : il faut voir comment les Goncourt nous proposent de le faire :

            - par l’ivresse ? – Soit : c’est même une évidence.

            - par l’amour ? – Soit encore : c’est une nouvelle forme d’ivresse.

            - par le travail ? Là on hésite. Comment le travail qui permet de transformer la réalité, pourrait-il nous en couper ? Si l’on perd conscience du réel, comment pouvons-nous agir en travaillant ? On ne travaille pas en rêve tout de même !

On devine que si le travail nous permet de nous évader de la réalité, il ne s’agit pas de toute réalité. Il s’agit par exemple de notre réalité, que nous pourrons oublier le temps que nous serons absorbés dans le travail. (1)

Est-ce bien cela ? A ce moment-là on se tourne vers le philosophe : « Ami philosophe, sais-tu pourquoi nous travaillons ? »

Et le philosophe de répondre : « Je ne sais pas, ami, pourquoi tu travailles ; mais je peux te dire ce que tu fais en travaillant.

Comme je te le disais il y a un instant, tu transformes la réalité pour qu’elle te fournisse ce que la marâtre nature ne te fournit pas naturellement : le pain qui ne pousse pas sur les arbres et le Galaxy-14 qu’on ne trouve pas dans les choux.

Mais en même temps, camarade, tu transformes ta conscience, tu deviens plus que tu n’étais – à moins hélas ! que tu ne la mures dans un recoin de ton cerveau, et qu’elle y croupisse et se recroqueville.

Certains, comme les Goncourt, voudront croire que dans ce cas tu la libères du poids de la lucidité.

Mais ceux-là, ce sont des pessimistes. »

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(1) C’est Kant qui l’avait dit avec beaucoup de force : « L’homme doit être occupé de telle manière qu’il soit rempli par le but qu’il a devant les yeux, si bien qu’il ne se sente plus lui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit le travail. »

dimanche 10 septembre 2023

Il faut bien que quelqu’un le fasse – Chronique du 11 septembre

Bonjour-bonjour

 

Les sondeurs sont formels : les femmes sont majoritaires à revenir de vacances fourbues, pour avoir été en charge des soucis de la famille pendant que leurs maris, s’estimant déchargé de toute responsabilité parce qu’en vacances, se sont reposés.

 

En cause la charge mentale, qui affecte la vie féminine durant le reste de l’année et qui s’alourdit au moment des vacances : « On a les corvées à gérer, faire à manger, le ménage. Ça dépayse, mais ce n’est pas du repos. Toutes ces tâches, c’est moi qui les fais. ». (Déclaration de Stéphanie en camping dans le Périgord – Lire ici)

 

On l’a compris : cette liste interminable et inépuisable qui affecte les femmes plus que les hommes serait la trace d’une inégalité homme-femme, laissant aux homme la tranquillité d’une répartition des tâches ménagères très avantageuse. Ces messieurs se seraient arrangés pour avoir une « liste de choses à faire » close, alors que celles des femmes est une liste ouverte, qui sans cesse s’allonge – Il faut bien que quelqu’un le fasse !

 

Les ouvrages qui proposent des méthode pour échapper à la charge mentale font florès, on s’y reportera à l’occasion. 

--> Reste que c’est ici l’occasion de remarquer :

            * D’abord que la fatigue peut être d’origine mentale, ce qui signifie qu'elle n'a pas de fin comme ce serait le cas pour un travail physique, comme le montre ce dessin :


 

            * La représentation d’un travail est donc déjà un travail.

            * Il existe ainsi une fatigue d’origine cérébrale qui ne relève pas de la fantaisie et qui peut se comparer à la fatigue physique.

            * C’est un cas dans lequel on rangera le travail intellectuel, dont il faut se reposer régulièrement.

… Mais comment faire pour se décharger de la charge mentale qui dépend d’une disposition psychologique et non d’un règlement social ?

En étant soi-même prise en charge ? Par son compagnon ? 

lundi 21 août 2023

Vacances : pourquoi rentrez-vous ? – Chronique du 22 aout

Bonjour-bonjour

 

Vous avez-vu cette photo ?

 


Elle représente les vacanciers rentrant chez eux à la fin de leurs congés.

- Et je me dis : « Pourquoi tous ces gens rentrent-ils ? À supposer qu’ils n’aient pas tous épuisé leurs congés, en ont-ils eu assez et préfèrent-ils retrouver leurs petit F2 et leurs habitudes de promenade du chien-chien/télé/ pizza du samedi soir ? »

Question qui sera peut-être considérée comme oiseuse : c’est le cœur en rage contre le boulot à reprendre et les voisins qui font du tintouin le week-end que tous ces gens qu’on voit embouteillés sur la photo ont pris le chemin du retour. 

--> Mais une étude jugée sérieuse a découvert que la durée idéale des congés était de … de combien ??? (Ici roulement de tambour) : de 8 jours ! 

Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt : « Cette recherche a, comme plusieurs études antérieures, montré que le bien-être des employés s'améliore pendant les vacances, mais pas après. Et le pic de ce bien-être arriverait au 8e jour des congés. Ensuite, les effets commencent à s'estomper pour finalement disparaître à partir du 11e jour. Ce qui semble indiquer qu'il ne servirait à rien de faire une pause plus longue. » -  Étude de Springer Nature (Lue ici)

Donc ma question était certes judicieuse mais tout compte fait, sa réponse était parfaitement évidente : on rentre de vacances parce qu’on n’est plus fatigué. 

L’article cité écrit en effet : « Se demander pourquoi on devrait continuer à partir en vacances est comparable à se demander pourquoi on devrait aller se coucher, compte tenu du fait qu'on se fatigue à nouveau, souligne Springer Nature. Dès lors, il est nécessaire d'alterner des périodes d'investissement dans l'effort au travail avec des périodes de récupération afin de rester en bonne santé sur le long terme. En clair : des congés plus nombreux mais moins longs. »

Ben voyons ! Alors tous ces gens rentrent de vacances simplement parce qu’ils ne sont plus fatigués : la reprise du travail pour eux, ça ne signifie rien de particulier, et ils ont autant envie d’aller bosser que de continuer leurs parties de beach-volley.

Alors, pourquoi se sont-ils mobilisés comme des furieux contre la réforme des retraites ? Pourquoi ont-ils crié leur colère de voir leurs deux plus belles années gâchées par le travail ?

Moi je crois que si tous ces gens reprennent le chemin du travail, c’est parce qu’ils n’ont plus de sous, et qu’il faut bien refaire des réserves avant d’aller claquer leur thune sur les dancefloors d’Ibiza.