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dimanche 5 juillet 2026

Éloge du mystère – Chronique du 6 juillet

Bonjour-bonjour

 

Le mot du jour revient à Catherine Deneuve qui a déclaré : « … cette idée qu’on est en train de se regarder faire les choses et non pas de les vivre, c’est terrible. » Elle parlait ici des selfies que certains s’acharnent à enregistrer plutôt que de prendre plaisir à regarder le paysage. Cela avant de faire part, concernant l’usage des réseaux sociaux, de ses regrets d’une époque où la discrétion, le mystère et la retenue occupaient une place plus importante dans la vie publique. (Lire ici)

L’idée n’est pas neuve, mais il est bon de la mettre de nouveau en compétition avec les pratiques courantes aujourd’hui. Car de nos jours, il est en effet une chose qui disparait encore plus vite que la banquise : c’est la vie privée. A présent, plus d’arrière-boutique, plus de coulisses mystérieuses : tout est montré, tout est hissé sur la scène. Personne ne peut ignorer à quoi vous ressembliez dans votre enfance et comment vous avez passé vos dernières vacances – presque nu(e) sur une plage de la mer Égée. Plus d’intimité.

 

 

Les portes de WC ont un verrou, pour protéger l'intimité. (Art. Wikipédia)

 

Plus important est de dire pourquoi il faut garder une part de secret concernant sa vite intime.

« Au temps de la transparence, de la traçabilité et de la communication, y-a-t-il encore place pour l’intime, ses douceurs secrètes, ses recoins de velours et ses discrètes déchirures ? Reste-t-il un lieu où déposer le trésor de nos fantasmes et la richesse de notre singularité » écrit Emmanuel Diet. (Ici)

Alors, c’est vrai, surmonter l’intime c’est élargir ses relations avec autrui – et donc ne pas avoir de secret pour quelqu’un, voilà qui permet un épanouissement dans ses rapport à l’autre. Mais en même temps, cette ouverture est contrôlée, c’est une entrée réservée ; tout le contraire de l’usage des confidences ouvertes à tous par les réseaux sociaux.

mercredi 3 septembre 2025

Le droit de pécho au boulot – Chronique du 4 septembre

Bonjour-bonjour

 

En lisant ce titre, vous avez deviné que je veux parler de la mésaventure vécue par le Directeur général de Nestlé, licencié pour, je cite : « avoir eu une relation amoureuse non déclarée avec une subordonnée directe »

Autrement dit, et contrairement aux commentaires erronés qu’on entend un peu partout, il ne s’agit pas simplement d’un licenciement pour relation amoureuse dans le sein de l’entreprise, mais principalement pour en avoir eu une de façon clandestine.

Et c’est là qu’est la surprise. Car on a parfaitement le droit chez Nestlé d’aimer qui on veut, même sa DRH, même son bras droit. On peut aussi choisir le mode de relation préféré : un diner romantique pendant un séminaire sur la côte adriatique ou une petite gâterie sous le bureau pendant la pose de 10 heures. 

 


La seule chose qui soit impératif est d’en faire la déclaration explicite « J’ai une relation amoureuse avec ma secrétaire, Madame X*** ». 

 

Et c’est tout de même perturbant. 

- Déjà parce que la vie privée ne doit pas se confondre avec la vie publique dont le monde du travail fait partie. Par cette déclaration je suis en effet obligé de rendre publique une relation qui devrait rester strictement confidentielle. Supposez un homme marié dont l’épouse occupe une place importante dans l’organigramme de l’entreprise où il travaille également ; vous imaginez facilement que cette obligation de transparence peut faire des dégâts.

- Et puis aussi parce que la firme Nestlé s’arroge un droit de regard sur la vie intime de ses employés. L’amour relève non seulement de la sphère privée, mais encore de l’intime. En révélant ma relation avec une personne – qu’elle soit de l’entreprise ou non, finalement peu importe – je révèle quelque chose qui doit rester cachée au plus profond de moi-même, enfouie dans cette part de moi à laquelle personne, à part celle que j’aime, n’a accès.

- Enfin, la question essentielle : pourquoi l’entreprise veut-elle s’imposer dans la relation amoureuse entre ses employés ? Veut-elle « tenir la chandelle » ? S’agit-il d’indiscrétion, de voyeurisme ? Craint-elle que l’amour ne pousse ces gens à trahir sur l’oreiller un secret professionnel ? Mais alors c’est l’amour avec un concurrent et non avec un collègue qui serait à redouter.

Bref : tout ça c’est bien glauque.

vendredi 29 novembre 2024

Pour Noël, offrez un paillasson personnalisé – Chronique du 30 novembre

Bonjour-bonjour

 

Au lendemain du black Friday tout n’est que ruissellement de marchandises high-tech, de smartphones, d’appareils photos - hélas bien plus cher que ce que votre budget peut supporter. L’inflation et le (futur) plan d’économie budgétaire sont en train de passer par là.

Mais voilà que Noël arrive avec son obligation de faire des cadeaux, ce qui risque de dépasser vos possibilités. Que faire ? Pour vos amis, un cadeau personnalisé peut résoudre le problème : pas besoin de dépenses somptuaires, un geste amical et que vous seuls penserez à faire sera très bien.

- Pourquoi pas un paillasson personnalisé ?

 


 

Bien entendu vous pourrez mentionner le nom de votre choix, aussi bien pour l’animal que pour les amis en question. Peut-être même pourrez-vous remplacer le chien par un chat.

- Un peu bizarre de mettre l’animal favori au centre de ce moment de générosité ?  Sauf que les cadeaux de Noël ont une fonction très générale : montrer l’importance que vos amis ont à vos yeux. Ce qu’on peut faire avec des cadeaux somptueux (enfin : le plus possible) chargés de montrer la distinction que vous leur conférez : l’appareil photo ou la tablette dernier cri conviendra alors – à supposer que votre budget le supporte. Ou bien quelque chose qui mettra de l’intime au coeur de votre intention, comme le chien de la famille, que vous connaissez bien mais que d’autres ignorent, raison pour laquelle ce genre de cadeau restera très personnel.

- Et en effet, mettre un paillasson semblable sur le seuil de la maison c’est aussi faire état de la nature de ces amis – regardez l’image : Marie (Elle) + Clément (Lui) + Nala (le bon toutou) forment un ensemble indissociable regroupés dans la maison à la quelle renvoie le paillasson.

C’est peu de choses, mais tout est dit : « Je vous aime chers amis, et je reconnais qu’en vous aimant, j’aime aussi le trio que vous formez avec votre bon chien. »

Ouaf-ouaf !

lundi 28 octobre 2024

À poil sur Internet – Chronique du 29 octobre

Bonjour-bonjour

 

Il est une exposition qui vient en ce mois d’octobre éclairer un phénomène de société contemporain : il s’agit de l’« Intime » au musée des Arts décoratifs.

Car on peut parvenir à une distinction éclairante entre le privé et l’intime et en même temps percevoir les modifications d’attitudes récentes, suite au développement des réseaux sociaux. 

Alors que le privé reste dépendant règles juridiques, le domaine intime dépend de décisions individuelles, soumises non pas à la loi mais à la volonté personnelle, sinon à la coutume, et porteuse de tabous inviolables.

L’exposition parisienne s’intéresse donc à l’aspect social et culturel de l’intime. En premier lieu, domaine central de l’intime, on trouve la chambre à coucher, qui a évolué passant d'un domaine symbolisant la vie privée bourgeoise au XIXe siècle à un espace de personnalisation et de retrait personnel. 



--> C’est l’idée de retrait qui caractérise le mieux le domaine intime, évoquant des lieux protégés – mais aussi paradoxalement mis en scène dans les intérieurs des maisons. 

- C’est que l’intimité peut être partagée, comme on l’imagine souvent aujourd’hui lors du dévoilement de la sexualité ; mais au 18ème siècle c’est le boudoir qui apparait porteur de cette fonction : « boudoir » — « espace réservé aux femmes, synonyme de secret et de confidence, où elles pouvaient jouir d’une forme d’intimité et d’expression personnelle au sein d’une société souvent contraignante. » (Voir cet article). L’intime n’est pas seulement le lieu où se dévoile le corps et où se révèlent certains gestes souvent en rapport avec la sexualité ; il est ce domaine choisi par chacun comme impossible à partager sinon avec des personnes choisies pour être justement des « intimes ». Ce moment à la fois strictement personnel et pourtant partagé avec des personnes élues est le moment de l’intimité où la personne se révèle. 

L’exposition parisienne se donne pour but de montrer comment ces comportements liés à l’intimité ont une histoire, faisant qu’aujourd’hui certaines fonction du corps sont honteuses à montrer, comme les lieux d’aisance où l’on se dissimule alors que Louis XIV pouvait se permettre de se montrer aux courtisans sur sa chaise percée. 

--> Mais dans le même temps l’histoire récente des comportements valorisés interrogent : y a-t-il au temps des réseauxsociaux un domaine protégé de l’intimité ?

« Avec la montée d’Instagram, de TikTok ou encore de YouTube, l’intime n’est plus une affaire de retrait, mais s’expose, se partage et se performe. Des influenceurs et influenceuses du monde entier montrent leur quotidien à des millions de followers, redéfinissant ainsi les frontières entre ce qui est personnel et public. » (Art. cité)

Alors que l’époque contemporaine serait celle de l’exhibition, caractérisée par le franchissement de cette frontière on peut s’interroger sur les effets de cette disparition de l’intime. Ne s’agit-il pas là du domaine sur lequel s’exerce le viol ?

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Exposition “L’intime, de la chambre aux réseaux sociaux” : du 15 octobre au 30 mars 2025 au Musée des Arts décoratifs 107, rue de Rivoli Paris 1er

jeudi 1 septembre 2022

Pipi room – Chronique du 2 septembre

Bonjour-bonjour

 

La rentrée a eu lieu hier et on s’étonne aujourd’hui que le cataclysme annoncé n’ait pas eu lieu : on n’a pas parlé plus que d’habitude de classe en rade, sans prof ou avec des locaux impropres. Mais ça ne signifie pas non plus que tout se soit bien passé : c’est qu’on a pris l’habitude de dysfonctionnements graves qui, se répétant d’années en années, sont devenus insignifiants

- Ainsi du niveau des élèves beaucoup plus bas qu’espéré, pour ce qui est de la lecture ou des mathématiques. Cette rentrée n’a donc pas dérogé à l’habitude de promesses en forme de catalogue d’expériences pédagogiques, de « plan-mathématiques », de chantier-clé, etc. qui depuis 50 ans suit les statistiques de l’échec du système français. (Lu ici)

 

- Mais depuis peu on a aussi des nouvelles alarmantes du cadre de vie des enfants, principalement à l’école élémentaire : la cantine dont les plats repartent à la poubelle et … les toilettes qui sont aussi mises en cause.

C’est avec cet article que le Monde nous informe : « Des élèves de maternelle nous disent “je ne peux pas aller dans les toilettes parce que tout le monde me voit”. » Pour répondre à la fois à la demande d’intimité des enfants et aux exigences de sécurité qui impliquent une surveillance, le ministère préconise désormais, pour cette tranche d’âge, des « demi-cloisons » qui permettent à l’enfant d’être seul tout en étant visible par un adulte. »

L’article ajoute même « les sanitaires sont évités par 81 % des élèves, selon une étude Harris Interactive de 2019 sur des enfants de 6 à 11 ans. Parmi eux, 55 % évitent de boire de l’eau pour avoir moins envie d’y aller. »

 

On le voit la vie intime des enfants continue même à l’école, chose que l’école Jules ferry avait oblitéré avec ces écoliers dont la vie commençait à 8 heures du matin avec l’ouverture de la classe et disparaissait à 17 heures lors de la sortie.

Ces petits robots qui étaient vus comme des petits cerveaux qu’il s’agit de faire grandir, voilà qu’on découvre à présent qu’ils ont   aussi une vie plus intime, qui se poursuit de la maison à l’école, et dont on ne songe pas à niveler l’écart. Comme le dit l’article cité, le corps des enfants reste « l’impensé de l’école » : sauf à la maternelle où la question des toilettes adaptées aux tout-petits est prégnante, personne ne songe que certains élèves rationnent leur boisson pour ne surtout pas aller aux toilettes à l’école. 

Mais ça ; on aurait dû le savoir, avec ces toilettes dont la porte ne ferme pas et les filles qui y vont deux par deux, chacune gardant à son tour  la porte.

samedi 7 août 2021

La liberté : sentiment ou concept ? – Chronique du 8 aout

Bonjour-bonjour

 

Hier j’arrive pour assister à un spectacle et je suis interpellé par deux hommes, tenue de combat et carrure ad-hoc :

- Votre pass sanitaire s’il vous plait !

Moi, un peu craintif, j’allume mon smartphone et j’affiche mon QR-code. Bien sûr en appuyant sur l’écran on n’affiche que l’image du code histoire de limiter la lecture du texte au seul possesseur du décodeur. Mais pour le contrôleur, c’est cela qui s’affiche :

 

 

« TousAntiCovid Vérif » révèle aux professionnels qui l'utilisent quatre informations. Les prénoms, le nom, la date de naissance et la validité du pass sont affichés à l'écran.

Avec d'autres applications de lecture, un simple scan sur une application lambda de lecture de QR Code révèle par exemple le type de pass sanitaire (vaccin, tests) et le nom du vaccin injecté (Pfizer, Moderna, Johnson & Johnson), la date de l’injection. » (Lire ici)

Libre à ceux qui ont l’intimité chatouilleuse d’y voir la divulgation d’informations sensibles. Quant à moi qui cherche à prendre un peu d’altitude, je laisse les cas les plus particuliers à leur place, et je me dis que ce refus du pass ne tient pas à ces infos, mais plutôt à l’usage qui en est fait. Hier quand j’ai franchi allègrement le contrôle j’étais certain que seules des personnes immunisées (en oubliant quand même les simples titulaires d’un test négatif) pouvaient accéder à cet espace. D’où l’idée que la protection des personnes n’est pas l’objectif ce pass : car si nous sommes effectivement immunisés, que nous importe que des gens non protégés nous côtoient ?  Ce n’est pas pour nous que cette vérification est faite, mais pour eux. Pour les empêcher de répandre le virus et de faire qu’un cluster ne puisse se créer à l’occasion de réunions publiques.

Et là on comprend le mouvement des manifestants qui crient à la volonté liberticide : on ne protège pas ceux qui ont le pass, puisqu’ils n’en ont pas besoin ; mais on veut empêcher la propagation de la maladie chez les non-vaccinés et pour cela on leur interdit de faire ce que bon leur semble. Alors, certes, l'épidémie constitue une explication de ces mesures. Mais est-elle suffisante? Sans doute, mais la liberté est un principe qui n'admet pas d'exception. Ce qui importe ce sont les conditions philosophiques auxquelles cette restriction des libertés publiques est compatible avec la liberté garantie par la constitution. J'ai déjà évoqué la question (ici) et je n'y reviens pas.

Reste que la liberté c’est aussi un sentiment -avant même d’être un concept.

Quand on lui demande son QR, l’homme de la rue crie instantanément « A bas la police ! »

Le citoyen-philosophe réfléchi d’abord.

dimanche 6 janvier 2019

HUAWEI PUNIT DES EMPLOYÉS… AYANT TWEETÉ AVEC UN IPHONE

Le fabricant chinois de smartphones Huawei a sanctionné deux employés qui avaient utilisé un iPhone de son grand rival américain Apple pour publier un message sur le compte Twitter de l'entreprise, révèle une note interne.
Ils avaient envoyé un tweet «Joyeux #2019» suivi d'une petite mention indiquant que le message avait été envoyé «via Twitter pour iPhone». (Lu ici) (1)
Bien sûr, chacun d’entre nous qui possède un smartphone ou une tablette est frappé par le sans gène de ces fabricants qui se permettent de squatter ainsi nos messages pour y loger leur propre publicité. Et on se promet de supprimer cette incongruité… et puis on pense à autre chose, et voilà le résultat : puni pour avoir utilisé un smartphone de l’adversaire. 
Remarquons aussi que, si nos messages sont manipulés par le fabricant expéditeur, leur contenu est également scruté par l’employeur qui, violant la confidentialité des messages privés, se permet de faire irruption dans la vie de leur employé. Ca se passe en Chine, rappelons-le ; chez nous, en France, l’employeur se retrouverait vite fait sur le banc des accusés pour viol de la vie intime, justement. Mais voilà : la Chine est un grand pays qui a ses coutumes qui sont parfaitement acceptées par les chinois…
Est-ce qu’on n’en fait pas un peu de trop, justement ?
Peut-être certains hausseront les épaules : « a l’époque de la guerre économique entre la Chine et les USA, cette susceptibilité des dirigeants de Huawei paraît bien mesquine. Ce sont les milliers de milliards de dollars qui sont en jeu, alors il faudrait quand même s’intéresser à des évènements plus importants que ceux-là ! » Oui, ces gens-là auront raison. Mais quand même, tout ce qui arrive dans la vie des gens ordinaires comme vous et moi constitue un élément dans ce vaste combat.

Car, l’essentiel est là : Entre Apple et Huawei, choisit ton camp, camarade !
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(1) Mention, précisons-le, ajoutée automatiquement par le programme équipant ce matériel avant son achat.

dimanche 3 juin 2018

CORVÉABLE À MERCI, RAS-LE-BOL : DES POLICIERS MANIFESTENT POUR LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL


A Paris : en pyjamas et bonnets de nuit, des policiers manifestent pour leurs conditions de travail. Ils souhaitaient dénoncer "le mal-être des policiers franciliens" et leur "droit à une vie privée" : « Nous sommes amenés de plus en plus à travailler à n'importe quelle heure, à avoir des repos supprimés à la dernière minute » a expliqué à l'AFP Joseph, 48 ans, policier depuis 27 ans. « En ce qui concerne les repos c'est identique, vous finissez votre dernière journée, vous vous dites que vous êtes en repos le lendemain et on vous rappelle pour vous faire travailler et il n'y a rien à dire, il n'y a qu'à appliquer », a-t-il raconté. Rocco Contento a mis en garde sur les conséquences sur la vie familiale des policiers et leur moral: « Si on est mal dans sa famille et au travail on peut arriver à des situations extrêmes » Lu ici

- D’abord remarquons la menace à peine voilée : si les policiers deviennent nerveux ils risquent d’avoir la gâchette plus facile et … bonjour les dégâts.
- Ensuite que pour se ressourcer, le policier a besoin, comme n’importe quel travailleur d’une période de repos sécurisée et passée dans sa famille.
- Enfin notons que la vie privée fait partie de la personnalité du policier au point qu’aucun roman policier digne de ce nom ne ferait l’impasse sur celle-ci
--> Voyez les détectives privés américains : ont-ils une vie privée ? Oui, si l’on veut, à condition que leur errance nocturne dans les bars louches puisse en tenir lieu. Mais chez nous, tout le monde connaît le nom de la femme du commissaire Maigret (1).

Bref, il faut comprendre qu’un policier ne peut se définir que par le contraste entre sa mission et sa vie privée, et que souvent cette dernière est envahie par la première (2). Sa personnalité ne s’éclaire que de ce contraste : on la connaît certes par son activité dans les dangers et les risques courus dans poursuite des malfaisants, mais elle ne peut être totalement connue que dans la vie privée.
D’ailleurs, n’est-ce pas un cas bien général ? Sartre ironisait sur le garçon de café qui veut nous faire croire qu’il est par essence garçon de café, qu’il agit, qu’il vit, respire et dort comme garçon de café : c’est l’exemple même de la mauvaise foi. Pour comprendre la personnalité du garçon de café, imaginons-le, avec ses différents aspects dans son métier, mais aussi dans des activités ordinaires extra-professionnelles – entrain de se laver les dents ou de faire l’amour à sa régulière.
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(1) Voir ici. L’auteur de cet article à qui rien n’échappe précise même qu’elle est « grassouillette et bonne cuisinière »

(2) Dans le même ordre d’idée, on sait que James Bond après une mission périlleuse prend du bon temps sur une plage paradisiaque en compagnie d’une créature de rêve, mais que c’est juste le moment où lui arrive le message de rejoindre le chef du MI6

lundi 7 mai 2018

UNE CHAINE HUMAINE POUR PROTESTER CONTRE LE COMPTEUR LINKY


Dans le village d’Autrans (Isère), 300 personnes, vêtues de gilets fluo forment une chaine humaine pour protester contre le déploiement du compteur Linky (vu ici)

Parmi les nombreux griefs formulés à l’encontre du compteur Linky, il y a le détournement des données confidentielles sur le comportement des usagers au bénéfice de l’opérateur Enedis. On dit en effet que, suivant heure par heure le débit électrique d’un foyer, il serait facile de deviner les éléments sensibles de la vie privée de chaque usager.
Pour y voir plus clair, commençons par la définition des données sensibles :
« Donnée sensible (Définition de la CNIL: Information concernant l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, l’appartenance syndicale, la santé ou la vie sexuelle. En principe, les données sensibles ne peuvent être recueillies et exploitées qu’avec le consentement explicite des personnes. »
--> Pour déduire de la consommation électrique des informations sur la sexualité, la religion ou l’engagement politique, autant consulter une boule de cristal.
On reproche aussi à ces compteurs de porter atteinte à la santé, par les ondes électro-magnétiques produites – et aussi de pousser à la consommation. Autant dire qu'on risque gros dès qu'on branche un sèche-cheveu dans sa maison.

En fait le soupçon qui reste sous-jacent ici, c’est qu’une firme comme Enedis ne peut pas investir des capitaux aussi importants sans chercher un retour profitable sur investissement. Et chaque client peut se dire : C’est dans ma poche qu’Enedis va chercher ce profit.