Bonjour-bonjour
De partout monte la colère : flambé des prix des carburants, blocage des ports par les pécheurs, menace des agriculteurs – sans parler de tous ceux qui sont tributaires de la voiture, petits salariés auxquels le pays doit beaucoup et ne donne rien.
Du côté de l’Élysée, on s’inquiète d'un retour d'une violente colère sociale à quelques mois du départ du Président. Mais pour l’heure il s’agit de discuter du budget de la nation. Reste une précision encore : les caisses sont vides et on ne peut espérer les remplir alors que les taux d’intérêt sont au plus haut.
On lira ici le reste des réflexions que ce sujet suscite, mais pour aller à l’essentiel, demandons-nous plutôt ce qu’il reste de l’action politique lorsqu’aucun choix ne s’offre aux représentants du pays. Lorsque Winston Churchill promit aux britanniques « de la sueur du sang et des larmes » dans son discours d’investiture le 13 mai 1940, il n’offrait aucune alternative : son discours n’en était pas moins politique. Le peuple était invité à faire corps pour résister à l’ennemi, et cette union était le seul acte vraiment civique. Dans ce cas, la politique consiste à accepter les mesures prises par le gouvernement quand bien même on devrait en souffrir.
En est-il autrement aujourd’hui alors que le renouveau nous est promis par différents partis pour les élections de 2027 ? Il se peut que les citoyens, délaissant les partis, s’emparent eux-mêmes du sujets et le fassent brutalement savoir, comme lorsque les Gilets-Jaunes descendirent dans la rue pour faire entendre leur voix.
Et que dit cette voix ? Que le peuple ne veut plus payer et que les élites gouvernantes doivent se soumettre ou se démettre. Du temps de Louis XIV on envoyait les Dragons saccager la province rebelle, on pendait quelques meneurs et tout rentrait dans l’ordre. De nos jours, on sait que l’acceptation doit être libre puisque nous sommes en démocratie.
Mais rester unis devant l’inévitable, seule manière de rester dans la lignée de l’action politique, cela n’est pas forcément du goût de tout le monde.
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