lundi 31 août 2026

Les jardins ça sert à rien – Chronique du 1er septembre

Bonjour-bonjour

 

Je reçois d’une amie ce courrier : « Les jardins c'est embêtant ..., les oiseaux qui s'égosillent le matin, les tomates, les radis, les salades, les poireaux, les abeilles sur les fleurs, le jardinier qui jardine, retourne la terre, plante des pommes de terre pour nourrir sa famille grâce à la Mairie qui lui a donné ce petit lopin qu'il a attendu si longtemps, il a coché toutes les cases du formulaire mais il lui a fallu être patient. Et maintenant il bêche, récolte au milieu des rires de ses enfants qui se croient à la campagne dans ce petit coin de ville. »

Bon, me dis-je : voilà que les jardins deviennent un petit morceau de campagne oubliés au cœur des villes et qui vont disparaitre – chacun chez soi, madame : votre jardin, il ne va pas dans le sens de l’histoire.

 

Et en effet, lisons la suite : « …on va passer le bull, ratiboiser tout cela, les lilas, les tournesols, le petit chemin qui fait rêver. Tout cela va être bien plat, bien propre, bien climatisé en prévision des canicules annoncées. » Oui, c’est ça : ce petit jardin va disparaitre englouti par l’appétit des promoteurs. Car on annonce la construction d'un ensemble immobilier appelé justement "Garden Park" - On ne saurait mieux dire.


- C’est bien triste en effet, mais la nouvelle n’est pas si nouvelle : déjà en 1972 Jacques Dutronc chantait l’histoire d’un petit jardin parisien menacé de disparaitre sous les assauts des promoteurs immobiliers (on retrouvera cette chanson ici) Seulement voilà : c’était l’époque où Pompidou clamait qu’il fallait « adapter la ville à l’automobile », où les voies rapides plongeaient au cœur de la cité, pendant que les HLM remplaçaient les petits pavillons… Bref : on en était à la résignation et déjà à la nostalgie.

Sauf que là, ce n’est pas pareil. Les petits jardins sont des parcelles vertes là où on s’efforce aujourd’hui de redonner un peu d’air aux villes confinées. Alphonse Allais n’avait donc pas tort en parlant des villes qu’il faudrait « construire à la campagne parce que l’air y est plus pur » ?

Et puis les citoyens ont vu déjà disparaitre tant de nature artificialisée par les parkings de supermarchés… Aujourd’hui ils ne se laisseront pas faire. Autrefois ces mouvement passaient pour des soubresauts de Bisounours naïfs. 

Mais attention ! Aujourd’hui les Bisounours sont en colère.




dimanche 30 août 2026

La guerre du P.Q. aura-telle lieu ? – Chronique du 31 aout

Bonjour-bonjour

 

Conséquence imprévue des tensions entre les Etats-Unis et le Canada, les américains ont commencé à stocker le papier toilette dans la crainte de l’envolée des prix suite à la guerre commerciale entre ces deux pays. Il faut dire qu’entre un quart et la moitié des rouleaux de papier toilette et des produits nécessaires à leur fabrication utilisés aux États-Unis proviennent du Canada et aussi que chaque Américain en utilise en moyenne 141 par an. Soit davantage que dans n'importe quel autre pays. Sachant qu’un rouleau coute en moyenne un dollar, on voit que cet investissement risque bien d’être au final significatif. On lira ici quelques détails supplémentaires.

 

Le Canada tiendrait-il donc les américains par … là ? (Je manque de vocabulaire ce matin) Donald Trump risque-t-il de perdre les élections de « midterm » à cause du P.Q. ?

 

 

- Futilités, direz-vous. Peut-être, mais ces interrogations doivent être quand même prises au sérieux, tant il est vrai que les petits soucis font les grandes inquiétudes. Cette sentence pourrait bien être élue sentence du jour en cette période de rentrée où les gens se lamentent de voir partir un été perdu pour les petits bonheurs : entre canicule et moustique tigre, plus d’apéro-terrasse-BBQ.

- Comparé aux inquiétudes devant la montée des prix de l’énergie et les désordres dûs au climat, c’est peu de choses ? Là est justement le point : les petits soucis ont cette propriété de pouvoir se coaguler en états dépressifs généralisés, générateurs de colère et de comportements excessifs. Comme si à force d’injustices, certains basculaient d'un coup dans le terrorisme. La France n’a pas oublié les Gilets-Jaunes qui se sont soulevés contre une taxe sur les prix du carburant. Suite à ça, qu’on puisse faire des émeutes et menacer de prendre d’assaut l’Élysée pour raccourcir le Président, voilà ce que cet épisode nous a appris.

Les partisans de Donald Trump devraient méditer cet exemple à chaque fois qu’ils utilisent leur papier hygiénique made-in Canada.

samedi 29 août 2026

A table avec Emmanuel Kant – Chronique du 30 aout

Bonjour-bonjour

 

« Ne mangez pas seul, c'est mauvais pour votre cerveau » titre cet article découvert ce matin sur le Net.

En effet, des « chercheurs » (nom donné à des gens payés pour effectuer des travaux à portée scientifique) le constatent : la meilleure façon de prendre soin de son cerveau se trouve autour de la table lors des repas. Ce qui importe alors n’est pas ce que nous mangeons mais le fait de manger entouré de plusieurs convives.



(Les festins BNF)


« En 2025, des chercheurs japonais ont découvert que les personnes qui mangent régulièrement seules présentent un volume cérébral réduit dans des régions associées aux fonctions cognitives, notamment le lobe temporal médial et l'hippocampe. » peut-on dans l'article cité, qui ajoute : « Le plaisir et les liens sociaux procurés par les dîners partagés pourraient également apaiser le stress, lui-même associé au risque de déclin cognitif chez les personnes âgées. Les conversations lors des repas stimulent notre matière grise, ce qui maintient le cerveau actif jusqu'à un âge avancé. »

C’est alors qu’on pense à un point de la doctrine kantienne concernant la table – non pas celle des catégories, mais bien celle du souper. (Concernant la table des catégories les petits curieux pourront cliquer ici). Pour Kant en effet, le fait de manger est une façon d’être solidaire des autres durant un temps suffisant pour avoir avec eux une conversation agréable et enrichissante. Il y a deux principes à ne pas oublier : d’abord éviter d’être affamé pour passer à table : la goinfrerie n’est pas compatible avec un exercice satisfaisant de la pensée. Ensuite être avec des convives de bonne éducation : le repas annuel des chasseurs de lapins ne promet rien de ce genre.

La science contemporaine ne se borne pas à enquêter et à convenir que Kant avait raison ; elle donne aussi des mesures objectives : ceux qui font plusieurs diners ensemble chaque semaine ont un cerveau plus gros que celui des autres. Maintenant elle ne dit rien des clubs où on se retrouve pour picoler ensemble ? Ou des débauchés qui se retrouvent pour des parties fines mensuelles ? Kant n’en a pas parlé, mais j’imagine qu’à condition que ce soit avec des gens qui savent exprimer de leur ressenti, ça pourrait matcher.

vendredi 28 août 2026

Népal : on ne commande à la Nature… - Chronique du 29 aout

Bonjour-bonjour

 

Une vague immense plus haute que les immeubles qu’elle submerge et emporte avec elle : il s’agit de la coulée de boue du Népal. On n’avait pas vu de telles images depuis le tsunami de 2004 en Thaïlande, et aujourd’hui les hommes ne peuvent que venir après coup pour contempler le spectacle et sauver ceux qui peuvent encore l’être.

 

 

Revient alors à l’esprit la phrase de Bacon : « On ne commande à la nature qu’en lui obéissant », ce qui signifie que nos prétentions à extirper de la nature grâce à nos technologies ce qu’elle ne consent jamais à donner, ne fait que déclencher des catastrophes prévisibles selon les lois naturelles bien connues.

Déjà les stoïciens avaient dit qu’on ne pouvait contrer ces lois sans détraquer la nature. Pourtant ces catastrophes, elles aussi, sont naturelles. Rien d’illogique à ce qu’un glacier fonde et puis se rompe. Rien d’illogique qu’il se déverse alors dans des vallées en contrebas. Mais alors, tout à fait illogique que des hommes se soient installés là et qu’ils aient construits de barrages.

Stop ! C’est tout à fait logique, au contraire ; seulement il s’agit d’une autre logique, celle des hommes cherchant à obtenir de meilleures conditions de vie. Ils construisent des barrages ? Quoi de plus naturel ? Les castors en construisent bien eux aussi. S’il y a une contradiction, on peut s’attendre à ce que la nature fasse le bilan des « pour » et des « contre » - comme au Népal mercredi dernier.

Reste un dernier point : on peut s’attendre à ce que les hommes parviennent à anticiper ces catastrophes grâce à la puissance de calcul de leurs machines. Mettez l’IA sur la question ; demandez-lui combien va coûter à la planète en termes de CO2 la construction du parc d’attraction saoudien dans la région parisienne.

jeudi 27 août 2026

Le jugement de Salomon – Chronique du 28 aout

Bonjour-bonjour

 

Dans la Bible (Livre des rois, 3,16-28) Salomon devant départager deux femmes qui se dispute la possession d’un enfant, demande une épée et déclare : « Partagez l'enfant vivant en deux et donnez une moitié à la première et l'autre moitié à la seconde » - suscitant la réaction d’une des femmes : « Je préfère renoncer à l'enfant plutôt que de le voir mourir ».

 


Sanctuaire de Frauenberg

 

Le célèbre jugement de Salomon est alors : « Donnez lui l'enfant, c'est elle la mère ! » = La filiation s’établit alors sur la base de l’affectivité quasi instinctive qui attache une mère à son enfant.

Mais il arrive de nos jours, que le problème soit un peu plus compliqué. Voyez cette histoire qui vient d’arriver en Australie : « Une femme vient de donner le jour à des jumeaux issus pour l’un d’une GPA, et pour l’autre d’une fécondation naturelle. Il a fallu une analyse d’ADN pour savoir à qui revenait chaque bambin. » (Lu ici)

- Supposez que Salomon ait voulu appliquer sa méthode : certes il ne s’agit plus cette fois d’identifier la mère, mais le père ; reste que s’il l’avait fallu l’identification ADN aurait tranché de façon décisive dans le cas qui fut alors soumis à Salomon. Après tout, si l’enfant qu'il a attribué à la femme compatissante a sans doute été élevé avec amour, rien ne prouve que la véritable mère ne fût pas celle-là qui le laissait mourir. Seul le test ADN aurait pu trancher.

 

 

La leçon de notre histoire est que nous avons gagné en certitude scientifique, mais en revanche nous avons perdu en sens. Car que vaut une mère qui n’éprouve aucun sentiment pour son enfant ? Et si elle l’abandonne, la véritable mère ne sera-t-elle pas plutôt la femme aimante que l’accueille dans son foyer ? Lorsque les tribunaux, se substituant à Salomon, donnent la priorité à la mère biologique, on ressent comme une injustice la brutale rupture de ce lien d’amour qui avait été tissé. 

N’est-ce pas la preuve que c’est Salomon qui avait raison ?

mercredi 26 août 2026

Et un high five pour Sophie ! – Chronique du 27 aout

Bonjour-bonjour

 

Sophie Adenot effectuera une troisième sortie dans l'espace, à l'extérieur de la Station spatiale internationale (ISS), le 1er septembre, indique aujourd’hui la Nasa sur son site internet. Cette sortie aura pour but de "remplacer un dispositif d'aide à la navigation et effectuer diverses tâches de maintenance liées aux opérations de la station" et elle doit durer plus de six heures.

Décidément la NASA ne peut plus se passer de notre française, vu qu’elle vient de remplacer une antenne après deux sorties, réussies au point qu’elle a claqué un « high five » avec son collègue américain

Un high five

 

Le président de la République, Emmanuel Macron, a qualifié sa première sortie de « fierté française », voyant en elle « le visage de tous les possibles ».

Tiens, puisqu’on en parle : et vous, vous l’avez ce matin le « visage de tous les possibles » ?

Un coup d’œil dans la glace, et le doute n’est pas permis : non, décidément votre visage avec ses poches sous les yeux et ces joues qui pendent lamentablement, ça ne colle pas avec l'idée de performance tous azimuts.. Sauf que le Président utilise ici un sens imagé. « Visage : apparence, aspect que prend ou présente une chose ; image », nous dit le CNRTL. En vous voyant on pense que vous êtes prof de physique ou bien videur de boite de nuit, ou boucher, ou encore boulanger ? 

 

Un boucher ?

 

Ou encore un boulanger ?

 

Non, bien sûr : le visage de « tous les possibles » veut donc dire non pas que votre figure donne une idée de ce que vous faites dans la vie, mais plutôt donne à penser que vous avez la force et l’intelligence pour tout entreprendre, rien ne serait trop difficile ni trop dur pour vous. 

Notez que vous avez peut-être été comme cela - mais c’était avant de vous être déterminé à un choix donné. Après, c’est trop tard. Qui vous dit que ces messieurs dont la photo apparait ci-dessus n’avaient pas eux aussi le visage de tous les possibles avant de devenir boucher ou boulanger ? Et d’ailleurs, n’est-ce pas là le sens de la crise de l’adolescence, lorsque le jeune se demande ce qu’il va choisir. Car n’est-ce pas justement cette abondance qui fait problème ?

Trop de choix tue le choix.

mardi 25 août 2026

Ramollo le mosquito– Chronique du 26 aout

Bonjour-bonjour

 

Canicule = plus de moustiques, bouzillés par la chaleur. Bon débarras !

Sauf qu’avant de disparaitre ils ont pris la précaution de pondre des œufs qui ont vaillamment résisté en attendant le retour la pluie.

Pour limiter l’invasion des moustiques on a inventé des pièges dans les quels c’est le moustique lui-même qui en fait office. Il s’agit de la technique dite « de l’insecte stérile » ainsi décrite : « La technique de l’insecte stérile (TIS) repose sur la libération d’insectes mâles rendus stériles par irradiation. » Ainsi traités, les mâles qui s’accouplent avec les femelles ne peuvent plus les féconder. (Lire ici)

Tout irait pour le mieux si ces moustiques irradiés avaient toujours le même empressement auprès de leurs femelles. Sauf que « L'irradiation des mâles pour les stériliser n'est pas sans effet sur eux. Ils peuvent s'en trouver affaiblis. Ils peuvent alors ne pas être assez forts pour entrer en compétition avec les mâles sauvages. » (Art. cité)

 


On se dit alors que ces petites bêtes vivent comme nous animées par des pulsions vitales : la pulsion sexuelle est sans doute amoindrie par le traitement, ce qui affecte tout l’élan vital.

Oui, mais pas seulement. Les chercheurs ont aussi trouvé que ces moustiques d’élevage ont vécu dans un environnement privilégié, avec tout ce qu’il faut pour faire le bonheur d’un moustique. Dès lors ils n’ont plus la même pugnacité pour copuler – peut-être même n’en éprouvent-il pas le besoin. Tout se passe alors comme si la procréation répondait à l’angoisse de la survie : menacé, l’individu cherche à transmettre le vie dont il risque d’être privé.

- On me dira que prêter au moustique des angoisses existentielles c’est galéger. Certes. Reste que ça ressemble fortement à ça.

lundi 24 août 2026

La guerre des robots : rêve ou cauchemar ? – Chronique du 25 aout

 

Droid TW-12.7. (DevDroid et Rovertech)

 

Bonjour-bonjour

 

Le guerre russo-ukrainienne est entrain de tout chambouler : non seulement avec l’usage performant de drone-à-cent sous, mais encore avec le rôle joué par des robots-tueurs sur le terrain.

- En témoigne cette information : « Les troupes ukrainiennes ont envoyé un véhicule terrestre armé sans pilote /le Droid TW-12.7/ sur le terrain pour attaquer une position tenue par les Russes, sans envoyer de soldats à portée de tir. Ce robot est parvenu à tuer 20 soldats russes » (Lu ici)

- Info aussitôt complétée par celle-ci : « Piloté par l’IA, un drone russe a choisi de lui-même sa cible, faisant trois morts » L’article cité poursuit : « En Ukraine, un drone russe avait été programmé par des opérateurs humains pour se diriger vers une station-service en Ukraine. Mais une fois à proximité de celle-ci, il a choisi lui-même sa cible exacte » (Lu ici)

 

- Rêve ou cauchemar ? Car enfin, voici une guerre où ce ne sont plus les hommes qui s’affrontent, mais des machines : bientôt les robots « tueront » seulement d’autres robots.

Oui-da, rêvez bonnes gens. Car la guerre c’est toujours la destruction de « l’Autre », ce mystérieux ennemi qui vit de l’autre côté de la frontière, celui qu’on hait et qu’on voudrait voir totalement disparaitre grâce à une miraculeuse « solution finale ». 

Les robots pourront toujours agir seuls, leur mission sera quand même de tuer quand bien même ça ne ferait pas bouger le front.

Je ne suis pas seulement pessimiste, je suis lucide. Je pense que derrière chaque robot il y a un homme qui l’a missionné pour provoquer le mort d’un autre homme.

Vous ne me croyez pas ? Alors imaginez que les nazis aient eu à leur disposition de telles machines capables de tuer des millions de personnes sans avoir à bouger : qu’en auraient-ils fait ? Bon. Et maintenant demandez-vous : sommes-nous si différents des criminels du 3ème Reich ?

dimanche 23 août 2026

L'avenir : combien ça coûte ? – Chronique du 14 aout

Bonjour-bonjour

 

Depuis plusieurs décennies la question de la fécondité des populations est interrogée : il était alors fréquent de coupler ces études avec celles de la pauvreté : paradoxalement les pays les plus pauvres était ceux où les femmes étaient les plus fécondes, mettant au monde toujours plus de bouches à nourrir. On découvre avec cet article que ce paradoxe est désormais révolu : les pays les plus pauvres ont eux aussi un taux de dénatalité très élevé ; ainsi des pays de l’Afrique subsaharienne. 

Les analyses de cette situation soulignent l’importance du facteur économique dans la natalité : partout et en particulier en Chine, le coût du troisième enfant (celui qui assure le renouvellement des générations) est pointé comme déterminant. On y ajoute habituellement le taux d’éducation des femmes qui privilégieraient alors leur carrière à la maternité.

Mais d’une manière comme de l’autre, ce sont les conditions de vie actuelles qui conditionnent l’avenir de l’humanité. Autrefois on vivait mieux avec de nombreux enfants exploités comme force travail d’appoint ; aujourd’hui, c’est l’inverse – le machinisme étant venu concurrencer ces petits bras frêles dans l’usine comme dans les champs.

 

Si l’on veut prendre encore un peu plus de hauteur, on se dit que la dénatalité suit exactement le même parcours que la transition écologique : il nous appartient d’investir aujourd’hui non pas pour nous, mais pour l’avenir. Pas évident, en effet…

--> Sauf que des quantités de gens se demandent pourquoi ils sont sur terre, quelle est la mission qui donne un sens à leur vie. La réponse est toute trouvée : « Tu es là pour que demain il y ait encore des hommes. »

Si tu refuses, alors c’est que tu penses que les hommes sont des bons à rien. Mais alors ta mission, c’est bien de ne rien faire – comme aujourd’hui, mais avec un engagement militant en plus. 

samedi 22 août 2026

Libre choix de chronique le 23 aout

Si la prochaine campagne électorale pour la présidentielle de 2027 vous casse déjà les pieds, passez directement au Post ci-dessous qui vous invitera à philosopher sur l’orgasme féminin.

 


On n’est plus chez nous ! – Chronique du 23 aout

 

Bonjour-bonjour

 

Le glissement à droite de l’opinion publique s’accompagne d’un nationalisme exacerbé : trop de migrants, moins de maitrise de la production de nos médicaments, de nos poulets… La souveraineté nationale est mise à mal dans beaucoup de domaines y compris dans celui auquel on ne pense pas assez aujourd’hui : la dette.

La dette souveraine de la France est tout sauf souveraine : soumise aux aléas du taux d’emprunt exigé par le marché, elle met la France sous la coupe de cet « ennemi sans visage » que François Hollande dénonçait déjà en 2012.

Inutile de le dire : cette question va dominer les débats durant la campagne électorale de 2027, et c’est bien ce qu’a compris Jean-Luc Mélenchon qui propose de « mettre au frigo » une partie de la dette, posant au passage la question de la reprise en main démocratique de notre économie.

Pour comprendre le détail de cette opération, on se reportera à cet article. Reste que pour l’essentiel il ne s’agit pas de déclarer la dette en faillite, comme on prétendait le faire en 2020-2021, mais de la soustraire, via des procédés déjà existant, aux exigences du marché.

C’est sans doute cela qui va retenir l’attention : nous sommes soucieux de préserver notre souveraineté dans l’armement ou dans la production des médicaments. Mais nous le sommes beaucoup moins dès lors qu’il s’agit de nos financeurs. Or quiconque nous prête de l’argent a un pouvoir sur nous ; à un point tel que toutes les propositions des candidats à l’élection présidentielle vont être placées sous la tutelle des marchés financiers. C’est tellement vrai que l’Europe a mis en place l’Eurosystème : « Tant qu’un titre public figure au bilan de l’Eurosystème, il est soustrait aux arbitrages quotidiens des marchés … Il ne peut plus être vendu par des créanciers privés qui décideraient soudain que la politique d’un gouvernement suscite de vives inquiétudes ou est insuffisamment « crédible ». Cet emprunt ne participe plus de la même façon à la mécanique disciplinaire qui traduit des propositions politiques considérées comme insatisfaisantes pour les marchés obligataires en hausse de taux, puis en argument pour réduire la dépense publique de la main gauche de l’État. » (Article cité)

- Quel que soit le procédé mis en place pour financer la dette, ce souci de préserver les finances de la France des mouvements spéculatifs parait répondre à un besoin si fondamental qu’on s’étonne qu’il n’ait pas été mis au premier plan.


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L’orgasme prématuré féminin : jamais contente ! – Chronique du 23 aout

 

 


Bonjour-bonjour

 

Sous le titre : L’orgasme prématuré féminin : une réalité méconnue cet article souligne une réalité ignorée : celui des femmes qui ont un orgasme qui arrive avant qu’elles aient eu le temps de profiter des préliminaires, subissant une excitation tellement intense qu’elle devient difficile à gérer. De même que chez les hommes éjaculateurs précoces, les femmes éprouvent alors un décalage entre ce qu’elles aimeraient vivre et ce qui se produit réellement.

- Résultat : le plaisir n’est pas forcément au rendez-vous. La culture de la performance qui investit l’acte charnel a souvent pour effet de stimuler la production d’orgasme sans se soucier de la jouissance qui peut ne pas suivre. On nous conseille alors de réinventer la lenteur, de ne pas se déshabiller pour des caresses plus diffuses, de musarder dans des zones pas spécifiquement érogènes.

Mais en dehors de ces propos de sexologue, il y a sans doute une autre explication à la déception de l’orgasme prématuré féminin : celui de la perte de contrôle de son corps ; de même que chez l’homme éjaculateur précoce, tout se passe comme si le corps décidait tout seul de l’issue du rapport. Or, c’est là que la contradiction s’affiche. Alors même qu’on développe des trésors d’inventivité et de technique pour aider à la montée du désir, voilà qu'on bascule brutalement dans le déchainement du corps (au sens littéral) qui produit quelque chose d’inimaginable, d’indescriptible – à savoir l’orgasme.

Cet article décrit de manière scientifique tout le processus : lorsque s’enclenche la phase gérée par le « système sympathique », on est en pilotage automatique. La volonté ne peut s’y maintenir qu’en empêchant l’orgasme d’arriver à bon port.

Quand le plaisir devient jouissance, c’est le « lâcher prise » qui s’impose. Et pourtant on ne renonce pas au désir de tout contrôler.

vendredi 21 août 2026

Tout sauf Nigel Farage – Chronique du 22 aout

Bonjour-bonjour

 

Ce matin, je lis ceci : « Le politique d'extrême droite britannique Nigel Farage a remporté la législative partielle dans sa circonscription de Clacton-on-Sea, dans l'Essex, avec 63 pour cent des voix. Suite à des accusations de corruption, il avait choisi de renoncer à son mandat et de provoquer un scrutin anticipé. En signe de contestation, les grands partis ont toutefois refusé de présenter des candidats. Son seul rival de taille a donc été le "Count Binface" (alias Comte à tête de poubelle), incarné par le comique Jon Harvey » (Lu ici)

Suit la photo du personnage en question :

 


Les candidatures fantaisistes ne sont pas nouvelles (on se souvient de celle de Coluche à la présidentielle de 1981) : elles ont en général toujours le même ressort : prouver que le candidat « sérieux » est tellement déplorable que voter pour un candidat dérisoire devient une option intéressante.

Mais il arrive aussi que les électeurs s’emparent du projet et lui donnent une force imprévue :

« L'obstination du comique à 'tête de poubelle' a plu à la société britannique – les sondages nationaux commencent même à tenir compte de lui. »  On peut dire que le succès de Count Binface ne reflète pas seulement la position d'une partie considérable des Britanniques vis-à-vis de Nigel Farage, mais qu'il est aussi caractéristique du positionnement d'une partie de la population britannique vis-à-vis de la politique actuelle. 

Il ne s’agit donc pas seulement de dénoncer Nigel Farage : c’est la classe politique toute entière qui est visée. Le candidat de fantaisie devient alors une icône de la protestation « anti-système » qui vise le régime représentatif dans son ensemble. 

Au fond, ce ne sont pas des hommes qui sont contestés ; la victime de cette protestation, c’est la confiance dans ceux qui prétendent vouloir et penser comme s’ils étaient moi. Car au bout du compte, si je me range aux décisions prises par tel représentant démocratiquement élu, je dois faire comme si j’avais voulu moi-même ce qu’il décide. Le gel des pensions ? Oui, je le veux. L’éradication des migrants ? Oui, j’en suis. L’instauration d’un délit de blasphème ? Let it be.

Il y a un moment où ça coince….

jeudi 20 août 2026

L'ennui, un formidable levier pour la créativité – Chronique du 21 aout

Bonjour-bonjour

 

Bientôt la fin des vacances ? Ce n’est pas trop tôt, car voici l’ennui qui vient ronger vos jours, les allongeant démesurément.

 

 

Cette vendeuse dans un magasin de souvenirs moscovite semble s'ennuyer en attendant le client.(Article Wikipédia)

 

J’ai ce qu’il vous faut : voici un article qui fait l’éloge de l’ennui. Oui, de l’ennui qui vous vient pendant ces vacances, alors que rien ne vient meubler vos journées passées à ne rien faire, justement.

Les spécialistes de l’article consulté pointent l’activité du cerveau durant ces périodes paradoxalement considérées comme inactives : « Durant ces instants de vacance, le cerveau trie les informations accumulées, consolide la mémoire et laisse émerger de nouvelles idées créatives. » Autrement dit, exactement comme durant les phases de rêves, le cerveau se tourne vers lui-même et répare les failles venues de son activité habituelle. 

L’ennui serait donc un sentiment fallacieux, venu d’une triste coutume valorisant l’activité besogneuse, qui nous rend pénible cette auto régénération. Comme si en s’occupant de lui-même le cerveau trahissait sa fonction principale : accompagner notre attention à la vie. En réalité, c’est l’inverse qui se produit : par cette activité nous nous préparons à produire de nouveaux élans créateurs qui vont venir s’incruster dans la réalité.

 

Il faut donc distinguer la réalité et le ressenti. Alors que nous devrions nous réjouir de produire enfin quelque chose de directement utile pour nous, nous voilà à nous désoler de ne pas savoir mieux utiliser notre temps. N’est-ce pas là l’effet pernicieux de l’éducation que nous avons reçue et qui nous a habitués à ne nous préoccuper que de notre utilité sociale ?

A moins que l’ennui ne soit aussi l’expression d’un vide ressenti dans notre âme, quelque chose comme des enfants qui se lamentent : « J’m’ennuie ! ».

Johnny Hallyday chantait :« Qu’on me donne l’envie/L’envie d’avoir envie » L’homme qui s’ennuie a bien envie d’avoir envie ; mais ça ne le comble pas pour autant.

mercredi 19 août 2026

Grandeur et décadence de Shein – Chronique du 20 aout

Bonjour-bonjour

 

Voici l’info qui a retenu mon attention ce matin : « Il y a quatre ans, Shein était valorisé près de 100 milliards de dollars. Pour son introduction en Bourse à Hong Kong, les investisseurs ne seraient aujourd’hui plus prêts à mettre qu’environ 25 milliards. En quelques années, les trois quarts de sa valeur se sont donc envolés. » – Lu ici.

Là, je lève le nez de mon écran et je me dis « Voilà encore la preuve que l’argent a bien des propriétés magiques : capable de foisonner sans qu’on fasse le moindre effort ; et puis pfuittt ! il s’évapore, comme de l’air du pneu crevé. D’où lui vient donc cette propriété miraculeuse ? »

En fait, il n’y a rien de miraculeux : il s’agit d’un fait que Karl Marx signalait déjà de son temps : la concentration du capital. Si on oublie un instant que derrière tout ça il y a « l’homme aux écus », comme disait Marx, l’argent est comme l’animal qui veut se reproduire et cherche donc une femelle féconde. Il flaire, il recherche et dès qu’il a trouvé une occasion prometteuse il y va et ça fait crac-crac.

 


Il semble bien que Shein soit devenue une femelle pas attirante du tout. Rien que de très banal en effet. Quoi que... Un autre problème se pose : pourquoi Shein, après avoir fait des miracles en matière de profit en vient-elle à peiner aujourd’hui ? Ses algorithmes seraient-ils moins performants ? La fermeture du détroit d’Ormuz l’impacte-t-elle gravement ?

- Peut-être, mais pas seulement. Il se trouve que les pays européens, comme les Etats-Unis d’ailleurs, se sont décidés à taxer les produits venus de Chine comme sont taxés leurs propres produits. Et voilà que Shein doit investir davantage dans la logistique, construire des entrepôts et stocker une partie de ses marchandises au plus près des consommateurs. Shein compte déjà 18 entrepôts en Europe et développe notamment un immense centre logistique en Pologne.

Et voilà ce qu'il faut dire : Shein continue de vendre énormément, mais ses bénéfices ont fortement baissé : de 3,4 milliards de dollars en 2024 à un peu plus de 2 milliards l’an dernier.

 

Autrement dit, Shein continue de faire rôtir la planète avec ses vêtements qu’on jette au lieu de les laver pour les renouveler plus vite, mais ça ne rapporte plus de gros sous, et ça, voyez-vous, c’est ce qui va sauver notre planète de la désertification.

La meilleure et peut-être la seule mesure de sauvegarde du climat c’est la taxe. Oui, la taxe, selon la recette de Trump – qui aura découvert une arme terrifiante pour dompter le commerce international, qui prive les entreprises du profit, seul carburant qui les fasse flamber.

mardi 18 août 2026

Adieu, monsieur le professeur – Chronique du 19 aout

Bonjour-bonjour

 

Il y a des évènements qui me montrent combien les temps ont changé depuis que j’ai quitté de monde actif où j’étais professeur.

Par exemple, « de mon temps » les étudiants se battaient comme des chiens pour réussir un concours de recrutement de prof, que ce soit celui de professeur des écoles, du CAPES ou de l’Agrégation. Et une fois réussi leur concours, ils s’installaient dans leur nouvelle fonction et ne la quittaient qu’après avoir atteint l’âge de la retraite.

Or, j’apprends aujourd’hui qu’un tiers des nouveaux enseignants démissionne avant d’avoir atteint la cinquième année d’exercice.

 


« Pourquoi tant de départs précoces ? » interroge cet article. De mon temps on considérait que les faiblesses de la formation étaient contrebalancées par les avantages acquis telles les fameuses vacances - et quand même encore un peu le prestige de la fonction. C’était une époque, où personne n’aurait osé imaginé aller tabasser l’instit jugé responsable des mauvaises notes du petit. On sait ce qu’il en est aujourd’hui du statut de l’enseignant, mal apprécié par les parents souvent excédés par les avantages de la fonction : « Des gens qui travaillent 6 mois par an avec des semaines de 18 heures. »

Mais tout cela, ce n’est pas réellement nouveau. Une autre raison avancée pour expliquer ces abandons tient à la difficulté du métier, avec des élèves peu ou pas du tout disciplinés : « /Les jeunes enseignants déplorent qu’/une part croissante de leur énergie soit consacrée au maintien de l’ordre plutôt qu’à l’enseignement lui-même » (Art. cité) Là encore : rien de nouveau ; c’était même une des raisons pour la quelle j’ai sans cesse tenté de renouveler ma pratique afin de maintenir le groupe dans une recherche de réussite.

Non, rien de tout ça n’est suffisamment nouveau pour expliquer que les « avantages » du métier ne retienne pas plus les jeunes enseignants. La différence vient d’ailleurs : c’est la rémunération qui est de moins en moins conforme à l’attente des jeunes dotés d’un « bac plus 5 ». 

 

- Est-ce tout ? Pas sûr : car comment expliquer que la volonté de faire progresser des jeunes esprits dans la voie du savoir soit émoussée en moins de cinq ans au point de se laisser aller à démissionner ?  Je ne vois qu’une réponse : les écrans. Les smartphones qui permettent à des communautés de jeunes d’échanger leurs impressions durant les cours ou les moments réservés au travail et qui dévaluent l’enseignement du prof au point qu’il apparaisse comme une purge lorsqu’il faut l’avaler.

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P.S. Rien que pour la nostalgie, écoutons la chanson de Hugues Aufray

lundi 17 août 2026

Une psychanalyse du pyromane – Chronique du 18 aout

Bonjour-bonjour

 

Un des travers de notre époque est de trouver dans la pathologie l’origine de tous les comportements jugés répréhensibles. Ainsi de la lutte contre l’Islam transformée en islamophobie – et ces jours-ci des auteurs d’incendies volontaires jugés comme des pyromanes.

Pourtant, entre les motivations utilitaires qui usent du feu pour détruire des preuves ou pour venger une agression, et l’attirance obsessionnelle pour tous les moyens capables de mettre le feu, il y a une large plage de sens qui est négligée ici et qui a été éclairée par Gaston Bachelard avec sa « Psychanalyse du feu ».

Les psychologues estiment que l'acte d'allumer le feu répond à une nécessité interne de décharger une tension ou une angoisse profonde : en fait ils éclairent le « comment » sans évoquer le « pourquoi ». Bachelard, lui, explique par les mythes et les légendes que la fascination du feu répond à une aspiration au renouvellement. Il s'agirait d'aspirer à plus grand que soi, révélant ainsi une connotation spirituelle. On rappelle que le phénix se renouvelle par le feu, et que plus largement celui-ci est un élément sacré qui permet de purifier et régénérer tout ce qui existe.

Bachelard écrit aussi : « Le feu réchauffe et réconforte, il invite l’âme au repos. Il est le symbole du changement et du renouvellement. » ; à côté de l’incendiaire actif il existe aussi l’incendiaire passif, celui qui allume un feu pour le contempler.

La passion pour le feu n'est pas exclusivement une aspiration pour l’autodestruction mais elle a aussi une connotation spirituelle. Loin de l’acte pathologique, ce geste est le symbole la recherche de la lumière qui chasse l’obscurité, comme en témoigne ce tableau de Rembrandt montrant le philosophe en méditation :




dimanche 16 août 2026

L'obligation qui nous saisit au saut du lit – Chronique du 17 aout

Bonjour-bonjour

 

Avec ce blog j’ai la prétention de montrer comment un esprit intéressé par la philosophie réagit devant les évènements petits ou grands de l’actualité. Mais je trouve aujourd’hui une tâche bien plus importante : faire partager une pensée qui fonde une moralité à la dimension des défis de notre époque.

Car voici un article publié ces jours-ci qui, sans recourir à une technicité rébarbative, nous permet d’approcher un philosophe qui a réellement posé les données du problème que nous avons à résoudre.

- Il s’agit de Hans Jonas dont l’ouvrage « Le principe responsabilité » a été publié en 1991 dans sa traduction française.



Hans Jonas, philosophe allemand père du « Principe responsabilité ». DPA/ABACA



Cet ouvrage fonde l’obligation de l’éthique nouvelle de nous engager vis-à-vis des générations future : « Nous n’avons pas le droit de choisir le non-être des générations futures à cause de l’être de la génération actuelle » Cette obligation est fondée sur la valeur absolue de l’humanité, qui doit se protéger pour aujourd’hui, mais aussi pour les générations de demain.

Pour le dire plus simplement : « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre ». Vous aurez reconnu que l’obligation qui nous est faite n’est ni pour demain, ni pour après-demain, mais bien pour aujourd’hui – pour ce matin au saut du lit.

 

« Après nous, le déluge » aurait dit Louis XV parlant du dauphin le futur Louis XVI ; autrement dit, puisque l’avenir n’existe pas encore, inutile de nous en inquiéter. Mais avec Hans Jonas un nouveau principe surgit : la responsabilité peut précéder toute réciprocité.

 

Traduisons : nous restons libres de choisir de saccager la planète et de ruiner les espoirs de vie des hommes de demain ; mais nous ne pouvons le faire qu’en étant conscients que nous violons l’exigence morale qui est de les protéger en raison de leur vulnérabilité.

Cette obligation n’est pas une élucubrations intellectuelle : il s'agit de reconnaître que notre pouvoir sans précédent crée une responsabilité : plus nous pouvons agir sur l'avenir, plus nous sommes moralement responsables de cet avenir.

A partir de là Hans Jonas déroule les conséquences : tout ce qui existe mérite d’exister, qui fonde l’obligation se sauver la biodiversité.

samedi 15 août 2026

Êtes-vous câblé ? – Chronique du 16 aout

Bonjour-bonjour

 

Les savants sont aussi des gens comme vous et moi, qui ont des fantasmes qui les tourmentent – en particulier lorsqu’il s’agit de l’attirance pour les femmes. Seulement dans ce cas, au lieu de s’abandonner passivement à leurs rêveries érotiques, ils s’en emparent pour en faire un objet d’étude. Comme par exemple : « Combien d’hommes regardent plutôt les seins et combien reluquent plutôt les fessiers. » Dit comme cela c’est plutôt trivial et indigne du niveau de ce blog. Mais attendez un peu.

 

Relatant les recherches de Mehmet Mehmetoglu (Norvège) cet article relève qu’il existe « un sous-groupe d'hommes clairement "orienté fesses", alors qu'aucun profil ne se concentre uniquement sur la poitrine ».

- Bon, direz-vous : des mateurs de fesses et de seins, ça court les rues, on a même fait des lois contre ça. Je ne vois pas le sujet de recherche ?

- Hé bien, voyez-vous, Mehmet Mehmetoglu, lui, il a trouvé. Et voici ce qu’il dit : « la principale leçon est que les fesses semblent être un indice bien plus central et stable dans le cerveau masculin que les seins". "Il semble que cette préférence soit 'câblée' depuis des millions d'années, car ces traits signalent des choses comme la jeunesse, la fertilité et la santé ». 

Si d’aventure votre regard insistant (ou un geste ?) a choqué une de vos collègue, vous pourrez lui dire « Je n’y suis pour rien. C’est la nature qui m’a fait tel : je suis câblé « mateur de c*** » 

Et si on vous rabroue pour avoir fait usage de références scientifiques jugées fumeuses, vous pourrez ajouter que « Le cadre évolutionniste évoqué dans l'article scientifique rappelle que fesses et seins signalent jeunesse, fertilité et réserves énergétiques. » (Art. cité)

 

- Ça y est  ! J'ai pigé : un gros c*** = réserves de graisse pour la prochaine disette ; des gros nibards = réserves de lolo pour le prochain baby.

Y a pas mort d’homme.

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N.B. On me reprochera peut-être d’oublier d’étendre ce câblage aux femmes : la nature les aurait-elle oubliées ? Des chercheurs se sont attelés à la question, et leur réponse est que la prédominance du regard des femmes porte sur les fesses des messieurs, d’où peut-être l’existence de jeans bien moulant pour souligner cet atout de la beauté masculine.