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mercredi 24 juin 2026

L’ère du jetable – Chronique du 25 juin

Bonjour-bonjour

 

Parmi les dangers qui menacent notre environnement et donc aussi nous-mêmes, il en est un dont on a assez peu parlé mais qui a laissé derrière lui une très longue traînée de dévastation. Je veux parler du plastique dont les déchets sous forme de micro-parcelles envahissent tout, depuis les océans jusqu’à notre organisme, provoquant des troubles gravissimes : « Des études montrent qu’on retrouve ces plastiques dans nos poumons, notre foie, notre sang ou le lait maternel. Ils peuvent provoquer des inflammations, maladies du système reproducteur, fibroses, ou encore des problèmes neurologiques et reproductifs. » peut-on lire ici.


- Voilà donc encore une mutation dans nos habitudes exigée par les troubles dévastateurs provoqués par notre industrie : arriver à se passer du plastique.

Seulement voilà : penser qu’on va revenir vers le bois et le fer pour usiner les objets dont nous avons besoins dans la vie courante est une utopie : sauf à revivre dans une époque révolue depuis plusieurs siècles, c’est absolument inconcevable.

Alors, que faire ? On pourrait s’intéresser à cette coutume qui date de plusieurs décennies, je veux parler des objets jetables. Chaque semaine je mets à la poubelle le rasoir tout-plastique utilisé depuis quelques jours seulement. Est-il usé ? Non, sauf bien sûr les lames qui sont ici solidaires du manche au point qu’on ne puisse les changer sans avoir un nouvel objet.

 


 

Il suffirait donc de revenir une cinquantaine d’années en arrière, lorsque la mode du tout-jetable n’était pas née et qu’on devait réutiliser les objets mais aussi leurs emballages – je songe bien sûr à la consigne des bouteilles et des bocaux.

Sachant que les méfaits du plastique ne relèvent pas de sa fabrication mais de son recyclage, on comprend que trouver la solution de ce problème n’est pas insurmontable.

dimanche 21 juin 2026

L’effacement des traces – Chronique du 22 juin

Bonjour-bonjour

 

Définir ce qu’on entend par « liberté » comporte un risque : être trop étroit, comme ceux pour qui la liberté signifie pouvoir rouler en Ferrari tout au long de leur vie, ou trop large, comme lorsqu’on dit « On peut être libre tant qu’on ne nuit pas à la liberté des autres ».

- Une bonne définition de la liberté devrait comporter au moins des critères permettant de la situer dans le monde réel. Ainsi de la définition donnée hier sur France 5 par Gaspard Koenig : « Principe fondamental : « Tu as le droit de faire tout ce que tu peux défaire »

 

- Alors bien sûr, rien d’intuitif ici ; car de quoi parle-t-on quand on dit qu’il s’agit d’un principe « fondamental » ?  S’agit-il d’un principe d’ordre purement pragmatique – selon lequel une action libre serait en même temps maitrisée intellectuellement, comme de savoir remonter le moteur qu’on vient de démonter ? Ou bien de ce qui est permis, qui est d’ordre moral – auquel cas on aurait à penser aux conséquences de notre action ?

Dans ce second cas, l’irréversibilité entre dans le champ de la morale comme la limite à ne pas franchir : la maitrise de l’avenir est alors aussi une condition de nos actes. Comme le disait Hans Jonas, le principe de la vie morale est la responsabilité qu’on endosse par rapport à l’avenir. Agir moralement c’est savoir que nous sommes responsables des conséquences de nos actes. Ici on ajoute : parmi ces conséquences les seules que nous puissions accepter sont celles qui permettent d’effacer ce que nous avons fait.

Car voici le sens ultime de ce principe : nous devons rendre à la nature tout ce que nous avons reçu d’elle, dans un échange d’égal à égal. C’est là que le principe, catésien de maitrise de la nature sort du champ de la morale.

mardi 11 novembre 2025

Le grand remplacement : après les S.H, le P.Q. – Chronique du 12 novembre

Bonjour-bonjour

 

Lu (ici) en titre : « La fin du papier toilette semble plus que jamais imminente et son successeur est d’ores et déjà connu. »

 

 

Le papier toilette semble en effet sur le point de disparaitre au détriment d'une solution plus écologique. Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt : « On trouve le papier toilette réutilisable, souvent fabriqué en coton. Celui-ci peut être rangé dans un sac pour être lavé et réutilisé. Un choix à la fois économique et plus respectueux de l'environnement. Au Japon plus de 80 % des ménages l'ont déjà adopté. » (Article cité)

- On a eu les coupelles menstruelles destinées à remplacer les serviettes hygiéniques au moment des menstrues. Pas très appétissant mais enfin ça a autrefois servi et si les arrières grand-mères des femmes actuelles s’en sont contentées, pourquoi ne pas recommencer ?

Seulement voilà : le papier hygiénique nouvelle formule est un papier lavable et réutilisable. Et ça, ça ne passe pas. Je ne voudrais pas vous mettre mal à l’aise, mais imaginez un peu le cycle de ce papier, du sac à main d’où il sort propre – au même sac où il retourne après usage ; et puis la machine à laver pour nettoyer un stock de papier souillé avant de le sécher et de le remettre là où il devra attendre un nouveau cycle.

Pour sauver la planète, nous sommes prêts à de nombreux sacrifices – mais pas celui-là.

En revanche pourquoi ne pas nettoyer cette zone de notre corps après son fonctionnement avec des feuilles de plante verte qui pousserait dans les W.C. et dont on pourrait emporter un stock dans le sac-à-main – à toutes fins utiles ?

 

 

Par exemple, ces feuilles d’Alocasia 'Calidora' feraient parfaitement l’affaire.

samedi 1 novembre 2025

Du CO2 à plein poumons – Chronique du 2 novembre

Bonjour-bonjour

 

Certains, soucieux de délivrer la planète de son principal prédateur, s’en réjouiront : la science est catégorique, l'espèce humaine va disparaître.

Evelyne Heyer, professeure d'anthropologie génétique au Muséum national d'histoire naturelle l’a rappelé « C'est la règle de l'évolution : toutes les espèces disparaissent /…/ Dans l'extraordinaire saga des lignées humaines, il y a déjà eu des extinctions, dont la plus récente : l'homme de Néandertal » 

Toutefois, « le moteur de l'évolution reste le hasard » /… et/ l'espèce humaine continuera peut-être d'évoluer au fil des millions d'années à venir, peut être vers une forme évoluée de l'humain. (Lu ici)

--> De fait, il n'y a que deux possibilités : soit une crise majeure où un phénomène extérieure nous extermine dans une fulgurante catastrophe ; soit notre « espèce fine » s'éteindra pour laisser place à d'autres espèces « fines ».

Que penser de cette alternative ? Imaginez-vous qu’en effet, dans quelques temps, de jolis animaux gambaderont dans de belles forêts, et des truites sauteront dans de belles petites rivières, sans qu’aucun produit chimique, aucun bulldozer ne viennent les débusquer ni les empoisonner.

 


- A moins que… Oui, imaginez ce que serait la nouvelle espèce humaine « fine » pour reprendre le terme de l’anthropologue. Cette nouvelle espèce humaine sera mieux adaptée à l’environnement – oui, mais quel environnement ? Celui que nous sommes en train de saccager ? Ou bien un autre, entièrement créé par des artefacts humains ? Imaginez qu’après avoir inventé l’homme augmenté, nous ayons inventé la nature augmentée ? Avec des arbres, des oiseaux, des animaux à quatre pattes dont la caractéristique principale serait leur aptitude à survivre dans une nature définitivement polluée, tirant leur substance d’un air vicié et d’une terre empoisonnée ?

Avec des hommes devenus capables de vivre à condition de respirer du CO2 à plein poumons.

mardi 28 octobre 2025

L’effet Pinocchio – Chronique du 29 octobre

Bonjour-bonjour

 

Durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2022, Emmanuel Macron avait promis de mettre en place une planification écologique pour remporter le « combat du siècle », selon ses mots.

On le sait aujourd’hui : la planification écologique est à l’arrêt et la transition vers une société plus verte connaît même des reculs très importants (voir la réintroduction de l’acétamipride).

Le personnel politique accrédite ainsi l’idée qu’il est incapable de penser le long terme, même sur des enjeux aussi importants que ceux du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité.

… A moins que cette incapacité soit en réalité due à un mensonge rigoureusement pensé à des fins électoralistes. Mensonge passé inaperçu sur le moment.

 --> Occasion de regretter une fois encore qu’il n’existe pas un effet Pinocchio qui pourrait effectivement trahir les gens qui mentent.

 


C’est du moins ce que je croyais jusqu’à ce que je lise ça : « Les psychologues Emilio Gómez Milán et Elvira Salazar López développent l'utilisation de la thermographie pour mesurer l'activité mentale et les états émotionnels. Des images obtenues au moyen d'une caméra spéciale indique la température de différentes régions du visage ou du corps. Ils ont observé, au niveau de la pointe du nez, une baisse de la température lorsque les participants réalisaient un effort mental. Alors qu'une anxiété entraînait généralement une augmentation de la température faciale.

Ainsi, En cas de mensonge, l'image thermographique montre que le nez atteint le rouge alors que le reste du visage apparait jaune orangé. » (Voir ici)

Alors, c’est vrai ? Les menteurs sont trahis par le fait que leur nez - même s'il ne s'allonge pas - rougisse notablement ?

--> Mais alors, surveillons le nez de nos politiciens : s’il rougit lorsqu’ils nous promettent quelque chose, ce serait l’indice qu’ils sont en train de nous raconter des craques ?

Oui – mais non : ce serait trop beau. Car ce qui importe, ne l’oublions pas, ce sont non pas les nez rouges, mais les nez qui rougissent, indice du moment du mensonge. Or on peut hélas ! soupçonner les politiciens qui nous gouvernent de mentir en permanence, donc d’avoir le nez rouge en permanence, impossible à discerner des nez qui sont physiologiquement rouges, comme en cas de vent froid qui fait dilater les vaisseaux sanguins pour maintenir la chaleur, ou en cas de couperose quand les vaisseaux sanguins du visage restent dilatés, donnant l'aspect rouge qu'on connait chez les ivrognes.

Quand même : une vigilance accrue devrait tout de même être de rigueur.

lundi 22 septembre 2025

Jardiner… Et la morale dans tout ça ? – Chronique du 23 septembre

Bonjour-bonjour

 

Encore un article de « reporterre » (ici) qui stimule la réflexion : Jardiner, est-ce créer ou détruire ? Article écrit par Marie Astier, qui s’interroge : « Cultiver, c’est détruire un bout de prairie, pour créer un autre espace de vivant qui nous est utile. « De quel droit ? »

 

Si vous êtes amoureu(se)x de la nature vous refusez d’exercer sur elle une activité prédatrice ; vous voilà donc à vous interroger au moment d’arracher une « mauvaise herbe » : ai-je le droit de faire ça ? Et d’ailleurs comment puis-je savoir qu’elle est « mauvaise » cette herbe ? Si je n’étais pas là, que se passerait-il ? En réalité, personne ne le sait, car il faut pour cela retourner aux origines, quand les hommes n’existaient pas encore.

Mon petit verger était alors une parcelle au sein de la forêt primaire dont personne ne sait à quoi elle ressemblait. Au point qu’aujourd’hui on laisse volontairement certaines zones dans les parcs naturels où personne n’intervient histoire de voir au bout de 30 ans à quoi ça ressemble. Mais qui nous dit qu’il ne faudrait attendre plus longtemps ? Il se révèle que même la forêt amazonienne jugée primaire était par endroit déjà habitée et donc déforestée il y a 13000 ans – à quoi ressemblait-elle avant ? Et aujourd’hui est-elle revenue telle qu’« avant » ?

 

- Et puisqu’on ne peut éviter de laisser notre trace dans la nature, selon quelle valeur juger ce qui est bon et ce qui est mauvais dans notre pression écologique ? Marie Astier écrit : « L’agriculture a donc déforesté, détruit, puis créé de merveilleux lieux de vie en certains endroits, des déserts chimiques en d’autres. Voici un doute qui me taraudait levé. Cultiver, c’est détruire et créer à la fois. (…)

Oui, mais : comment choisir ce qui doit disparaitre et ce qui doit apparaitre, et quel prix il faut payer pour cela ?

L’exemple des sangliers nous montre aujourd’hui que le respect de la nature ne peut exister sans une action destructrice. Quelques précautions qu’on prenne, ces charmantes bêtes on le défaut de ne pas respecter nos plantations en les labourant au mépris des petites plantes qui y poussent. Devrais-je les laisser faire ou bien appeler une horde de chasseurs sanguinaires qui vont les mitrailler ?

 


Marie Astier ne nous laisse pas en rade avec notre questionnement : elle y répond, à la façon des philosophes qui vous renvoient sans cesse à votre responsabilité : « Je veux savoir comment, dans mon jardin, je soupèse mes actions, pour juger si la destruction que j’entame est justifiée par ce qui poussera ensuite. L’agriculture n’étant ni bonne ni mauvaise en soi, jardiner restera donc pour moi un exercice moral permanent. Sans cesse, il me faut affiner les critères qui guident mes gestes. »

Freud à qui on demandait comment élever les enfants répondait : « Faites comme vous voulez, de toute façon ce sera mal ». Si élever et cultiver sont deux activités comparables, avouez que ce pessimisme est décourageant. Par contre si cultiver c’est créer « de merveilleux lieux de vie », alors pas d’hésitation : à vos bèches !

dimanche 7 septembre 2025

En écologie la vertu n’est vraiment pas récompensée – Chronique du 8 septembre

Bonjour-bonjour

 

En écologie les vertus qu’on nous rabâche depuis des années doivent être remplacées par leur contraire : la vérité, c’est que nous avons trop d’électricité car le problème n’est pas de la produire mais de la vendre !

 


Je sais bien que la gigantesque panne de courant en Espagne lors du mois d’avril semble plaider le contraire : pour ne pas avoir pu répondre à un pic ce consommation tout le système s’est écroulé. Mais ce n’est là qu’un épiphénomène, lié à une mauvaise anticipation des besoins. La vérité c’est que plus globalement « le problème énergétique principal de la France n'est pas le manque d'offre mais la faible demande. Il est donc essentiel d'adapter la fiscalité pour absorber les excédents de production » selon l'entrepreneur Alexandre Stachtchenko (lu ici)

--> Nous consommons trop peu d’électricité et de surcroit cette consommation reste incapable de s’adapter à la variabilité de la production manquant totalement de flexibilité. Vous ne me croyez pas ? Alors lisez ceci : « RTE et la CRE soulignent que la faiblesse de la consommation et le déficit de flexibilités sont devenus des points clés du système.

Dans le même temps, notre production a atteint 539 TWh et nous exportons déjà autant que possible. La demande est insuffisante pour valoriser tout notre potentiel : c'est une perte économique pour la collectivité qui risque d'empirer. » Saisissant ! Mais attendez : ce n’est pas fini : « Si la production continue d'augmenter sans que la demande ne suive, les coûts fixes se répartiront sur moins de MWh et les prix moyens monteront, ce qui dissuadera encore la demande : c'est le serpent qui se mord la queue. » Moins je consomme et plus c’est cher : la vertu n’est vraiment pas récompensée.

Hélas ! Le pire est à venir. Car comment absorber ces quantités pharaoniques d’énergie produite par nos centrales ? Alors qu’on nous attriste avec la consommation d’énergie nécessaire pour les applications numériques, IA et Big data – gourmandises vicieuses – c’est du côté du Bitcoin et de ses machines à vérifier les cours (le « minage de cryptomonnaie ») qu’on va trouver les besoins gigantesques d’énergie associé à la capacité à suivre la fluctuation de la production.

Voilà le message que nous recevons : « Développez vos besoins numériques pour consommer d’avantage d’énergie – sans quoi vous allez la payer votre électricité de plus en plus cher. »

Dans quel monde vivons-nous ?

samedi 23 août 2025

En quoi le désir est-il un sujet écologique ? – Chronique du 24 aout

Bonjour-bonjour

 

Ça devait arriver : l’écologie et l’érotisme, cher à la culture des année-68, devaient fusionner, faire un enfant ensemble.

C’est chose faite depuis un certain temps sans qu’on le sache (du moins : moi). On trouvera une description détaillée de l'interview de Cy Lecerf Maulpoix et de Myriam Bahaffou publié ici par Reporterre) – article trop détaillé pour qu’il soit possible d’en faire la recension ici : chacun pourra le lire à loisir à l’adresse indiquée.

o-o-o

- Je voudrais quant à moi indiquer de quelle façon ce sujet m’est apparu décisif. Il s‘agit d’une conception du désir sans laquelle nulle théorie des enjeux érotique de l’écologie ne saurait avoir de sens. Il faut en effet concevoir l’écologie comme décrivant l’humain comme étant en lien avec le monde naturel, traversé par ses forces et nourrissant le désir de vivre cette union comme une jouissance.

--> Une définition du désir et de sa force érotique est alors nécessaire et je la retrouve chez Georges Bataille. Voyez plutôt de quelle façon le désir se définit chez lui, selon cet article :

« l'érotisme serait le désir de continuité de l'homme dans sa vie discontinue. Par continuité, Bataille entend le fait de se retrouver dans l'autre, de s'étendre à travers une autre personne que soi, de prolonger qui nous sommes dans l'autre ».

De même que cette définition éloigne l’érotisme de Bataille de sa version libertine, l’érotisme relié à l’écologie mis en jeu par ces mouvements écologiques refuse toute assimilation avec la pornographie – qui, outre une marchandisation fascisante du corps humain, soumet la jouissance à des règles culturellement définies.

Alors bien sûr il y a de l’excès dans cette théorie du rapport entre désir et écologie, comme de voir dans les actes de protection de l’environnement des actes d’amour en réponse à une excitation ressentie en présence du milieu naturel. Mais on peut aussi y trouver une nouvelle vision de cette relation à autrui qui efface les barrières et les différences avec eux comme l’occasion d’une pénétration « multiopérée ». Voyez plutôt cet appel de Myriam Bahaffou : « J’invite quant à moi à penser l’interdépendance comme un rapport réellement corporel, celui de la pénétration ; être pénétré·e de, c’est reconnaître que je suis composé·e d’autrui, c’est m’ouvrir à l’autre, c’est désacraliser la notion d’humain, de genre et de race, comme des « identités » fixes. » -.

Ça ouvre des horizons n’est-ce pas… mais ça invite aussi à voir les choses avec sérieux.

vendredi 11 juillet 2025

Être ou ne pas être : telle est la question - Chronique du 12 juillet

Bonjour-bonjour

 

Autrefois, c’était la nature qui décidait si un couple allait ou non avoir un enfant. Autrement dit, l’idée que les parents se faisaient de son éventuelle venue était secondaire : content, pas content, c’était la même chose.

Mais depuis que la contraception a fait son entrée dans la vie des couples, tout à changé. Il s’agi de savoir si la future mère et le futur père sont d’accord pour avoir un rejeton. Et du coup la question s’est posée de savoir pourquoi on refuserait de faire cet enfant (qui d’ailleurs manque cruellement dans les statistiques des démographes).

 

- Cet article de Reporterre pointe un fait largement répandu : il s’agit des écolos qui ne veulent pas avoir d’enfant. Telle cette femme qui a rompu avec son compagnon qui en voulait et à qui elle a répondu « non, parce que je ne veux pas que mon enfant naisse sur une terre plus polluée et moins belle que celle que je connaissais »

- On se focalise sur la justesse de cette prophétie – son incertitude ne devrait-il pas la disqualifier lorsqu’il s’agit de donner la vie ? Certes. Et aussi qu'à vouloir généraliser ce raisonnement c'est la fin de l'espèce humaine qui est proposée ? Certes encore.

- Mais encore plus étrange est cette volonté d’intervenir dans le destin d’un être humain et qui consiste à décider qu’il est meilleur pour lui de ne pas exister plus tôt que d’être. Cette volonté de néant appliquée non à soi-même mais à autrui fait frémir. Elle rappelle la formule du pessimisme antique et que Nietzsche rappelle dans l’Origine de la tragédie, où il fait répondre par le vieux Silène au roi Midas qui lui demandait ce qui vaut le mieux pour les hommes : « Race éphémère et misérable, enfant du hasard et de la peine, pourquoi me forces-tu à te révéler ce qu’il vaudrait mieux pour toi ne jamais connaître ? Ce que tu dois préférer à tout, c’est pour toi l’impossible : c’est de n’être pas né, de ne pas être, d’être néant. Mais, après cela, ce que tu peux désirer de mieux, — c’est de mourir bientôt. »

 


"Etre ou ne pas être": autrefois Hamlet posait la question pour lui-même - comment accepter de continuer à vivre ? Mais ce choix est-il possible lorsqu’il s’agit de décider pour autrui ? Et encore : si c’était comme on décide pour l’enfant mineur : ce serait pensable. Mais décider pour un autrui qui n’existe pas encore, se substituer à une volonté en lui refusant justement l’existence – comment penser cette contradiction ?

samedi 24 mai 2025

« Ils » ont voulu saboter le Festival ! – Chronique du 25 mai

Bonjour-bonjour

 

Hier, au moment où tous les yeux étaient braqués sur la Croisette où se préparait la cérémonie de clôture du Festival du cinéma, une gigantesque panne d’électricité avait lieu affectant non seulement les Alpes-Maritimes mais aussi le Var.

Le préfet a dénoncé des "actes graves de dégradations" affectant l’infrastructure électrique, un incendie volontaire ayant touché un poste électrique tandis qu’un pylône électrique subissait des « dégradations majeures ».

 

 

Photo prise à Villeneuve-Loubet

 

Tandis que les habitants redécouvraient les misères d’un monde sans électricité, dans lequel on ne peut plus sortir de chez soi, bloqué par les ascenseurs ou par la porte électro-pilotée, où les rues sont privées de feu rouges et où les téléphones ne fonctionnent plus, l’information principale était : « Ils » ont voulu saboter le Festival » ! 

Qu’importe de savoir qui a voulu une telle chose : l’important est qu’elle ait été possible. Que les multiples rouages de cette grosse machine impliquant des milliers de gens – y compris pour la sécurité – aient été inopérants en face de ces actes si primitifs et si archaïques : détruire un pylône électrique et incendier un transformateur.

La disproportion entre le raffinement technologique des installations impliquées et la grossièreté des moyens mis en œuvre pour les détruire est frappante : à quoi bon les caméras, les capteurs, les systèmes pour rétablir l’équilibre du système si rien de tout cela n’empêche l’action de la scie du saboteur ou du détonateur de sa bombe ?

Cela, la guerre en Ukraine nous l’avait déjà montré : la guerre du 21ème siècle faite à coup de satellites ou d’Intelligence Artificielle est aussi une guerre de tranchées – comme en 14. On se pilonne, on se canonne, et tant pis si ça tombe à côté : à la guerre comme à la guerre.

- Ceci étant posé, on aimerait quand même savoir qui a sorti cette grossière « artillerie » pour menacer le Festival ? On aimerait apprendre que c’est le fait d’écolos radicalisés qui ont voulu empêcher cette manifestation au bilan carbone désastreux ?

jeudi 10 avril 2025

Le Peuple français contre la planète – Chronique du 11 avril

Bonjour-bonjour,

 

- « La majorité de droite et du centre a fait adopter plusieurs textes qui scandalisent les défenseurs de l'environnement, à commencer par une proposition de loi afin d'assouplir le très critiqué ZAN (zéro artificialisation nette) ».

Cette info (qu’on lit ici) n’est qu’une parmi beaucoup d’autres qui relayent ces débats au cours des quels les principales lois destinées à engager la transition écologique sont défaits à l’Assemblée. Le plus récent débat en cours de « détricotage » concerne l’institution des ZFE (= zones à faible émission) qui bloque les vieux véhicules hyper-polluants, empêchés de rouler dans les centres-villes au motif que ceux qui possèdent ces vieilles guimbardes n’ont pas d’argent pour s’en procurer d’autres.

On se rappelle que la révolte des Gilets-Jaunes a eu la même origine : le refus de payer la taxe carbone frappant le carburant pour inciter à moins utiliser la voiture. Le « petit peuple » relégué dans les lointaines banlieues ou à la campagne pour des raisons économiques a fait savoir qu’avant de protéger la planète il fallait songer à protéger les français – tous les français, y compris les plus pauvres. Et de brandir la Révolution française et sa proclamation de la souveraineté populaire.

C’est à cela que nous revenons ces jours-ci : la démocratie voudrait que le pouvoir souverain possédé par le peuple s’applique à la réalité – par exemple celle du réchauffement climatique. On pourrait alors voter contre l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, ou encore contre la pauvreté, la maladie etc…

Faut-il le rappeler : la souveraineté populaire exerce son pouvoir sur les volontés humaines et non sur les lois de la physique. Tout au plus peut-on contraindre les forces vives de la société à prendre en charge les malheurs ainsi occasionnés aux plus pauvres des citoyens.

lundi 3 mars 2025

Pour une guerre propre - Chronique du 4 mars

Bonjour-bonjour

 

Hier à l’Assemblée nationale, débat sans vote sur la situation en Ukraine à la lumière du renversement d’alliance des Etats-Unis.

Après le discours du 1er ministre, les présidents des différents groupes se succèdent à la tribune. Vient le moment où Cyrielle Chatelain Présidente du groupe Les Écologistes de l’Assemblée nationale fait son discours.

Discours fort convenu dont je ne vous aurais pas parlé s’il n’y avait eu le moment où la différence écologiste se fit entendre.

- Car, oui : il faut se préparer à la guerre avec plus d’armements, plus de soldats, et éventuellement un engagement physique sur le terrain. Mais tout cela doit être réalisé dans le respect de l’environnement : réduire l’empreinte carbone, éviter la pollution des terrains, supprimer les émanations toxiques, etc. 

On connaissait la guerre qui ne tue que des combattants tout en épargnants les civils – grâce aux frappes « chirurgicales ». Maintenant on a la guerre propre, dont la signature carbone est réduite : une guerre respectueuse de l’environnement, qu’on n’hésitera pas à qualifier de guerre durable, comme nous avons des énergies durables.

Tout cela vous parait surréaliste (« lunaire » selon le terme utilisé à présent) ? Oui, mais quand on y réfléchit bien, pas tant que cela. Car si on entend ces précautions comme des arguments en faveur de la guerre, on doit évoquer les guerres d’autrefois destinées à sauver la liberté, la justice et la vraie religion. Les guerres saintes il a dû y en avoir des kyrielles depuis que le monde est monde ; des guerres pour protéger l’espace vital d’un peuple aussi.

- Mais des guerres respectueuses de l’environnement, ça c’est sans doute nouveau.

 

Ça n’empêche : les morues ont nagé joyeusement dans le secteur de Terre-Neuve tant que les hommes se sont fait la guerre entre 40 et 45 : ils ne pensaient pas alors à chaluter leurs bancs.

 


Les guerres aussi peuvent protéger la nature : pour cela il suffit qu’elles détruisent suffisamment d’hommes.

jeudi 12 décembre 2024

Véhicule électrique et érosion fiscale – Chronique du 13 décembre

Bonjour-bonjour

 

Un souci majeur des États en ce (futur) début d’année fiscale 2025 : le calcul des recettes de l’État qui montre une perte progressive des ressources apportées par la taxe sur les carburants en raison de la plus large diffusion des voitures à moteur électriques qui s’accompagne de la baisse de la consommation de carburants habituellement fortement taxés.

C’est la Norvège qui nous donne un aperçu de la situation : « Premier pays au monde en termes d’adoption des véhicules électriques, avec plus de 90% des ventes de voitures neuves, le pays scandinave fait déjà face à une érosion significative de ses recettes fiscales dans le secteur automobile (..) » (Lu ici)

Autrement dit l’essence est un carburant qui, non seulement fait rouler les voitures, mais qui fait aussi tourner le moteur de l’État. On retrouve la contradiction bien connue entre l’intérêt de la planète et l’intérêt de l’État : le premier ne peut être sauvé qu’au prix de l’appauvrissement du second. Par ailleurs, l’idée d’augmenter la fiscalité sur l’électricité est contreproductive puisque celle-ci est aussi la source d’énergie des entreprises.

- Remarquons que dans tout cela il n’est fait aucune mention du souci écologique de « sauver la planète » : on la sauvera « si » on peut s’enrichir malgré tout. Il y a une inversion des sources d’intérêt : au lieu de sauver la planète et, au passage, d’espérer un bonus fiscal, on cherche à garder ce bonus tout en espérant une amélioration en matière de pollution.

Le fameux « quoiqu’il en coûte », qui a permis à la France de négocier au mieux la période du confinement (avantage qu’elle paye fort cher aujourd’hui), ne fonctionne pas aujourd’hui car il se paye au prix d’un déséquilibre du budget – mais a-t-il jamais fonctionné ?

vendredi 22 novembre 2024

Nutella : ferme les yeux, ouvre la bouche – Chronique du 23 novembre

Bonjour-bonjour

 

Lu ce matin : « La coopérative Unicoque, principal opérateur français et européen de noisettes, enregistre une chute de 50% de sa production, sous l’effet d’une météo défavorable et faute d’insecticides efficaces, dont l’acétamipride, un néonicotinoïde autorisé en Espagne et en Italie. » (vu ici)

Traduction immédiate : sans le secours des italiens et des espagnols, la production de Nutella tomberait en dessous de 50% de nos besoins – et donc nous n’aurions plus rien à mettre dans nos crêpes.

Inutile de dire que nous engloutissons comme de coutume notre Nutella, aux noisettes gorgées d’acétamipride sans aucun tremblement. Oui, c’est inutile de le redire car nous le constatons chaque jour. Mais on peut quand même s’en étonner : comment se fait-il que la moindre trace de glyphosate nous fasse fuir alors que nous fermons les yeux et ouvrons la bouche pour avaler les pâtes à tartiner sans broncher ? 

Et pourtant combien de campagnes anti-nutella se sont déchainées pour évincer ce produit de la gourmandise humaine ; combien d’articles indignés pour nous apprendre que l’huile de palme nécessaire à la fabriquer entraine la déforestation à Bornéo et détruit les orang-outans.

 


Et donc : combien de pesticides nécessaires à sa fabrications tolérons-nous bien que leur emploi soit déconseillé pour la santé humaine ?

 

Le philosophe habitué à d’amères constat n’hésitera pas à le dire : quand notre plaisir immédiat est en jeu, le désagrément ultérieur ne compte pas. Que la cigarette soit « un orgasme instantané dans la gorge » (selon les propos de serge Gainsbourg) et voilà la bronchite chronique et le cancer du poumon renvoyé dans les brumes du lointain. On verra bien… 

« Primum fruor (= jouir), deinde vivere (= vivre) »

samedi 5 octobre 2024

Est-ce que « plus » c’est « moins » ? – Chronique du 6 octobre

Malthusianisme, 1


Bonjour-bonjour

 

A quelque chose malheur est bon dit le proverbe. N’est-il pas judicieux de le rappeler en cette période où, alors que sans croissance notre économie vacille et menace de s’effondrer, les courbes de l’environnement ne cessent quant à elles de se redresser, un peu comme lors des confinements anti-covid l’air devenait plus respirable, le ciel plus pur, et que les espèces sauvages regagnaient l’espace des centres villes. Tout se passe comme si entre la nature et l’espèce humaine un combat était engagé, de sorte que lorsque l’un gagne, l’autre perd nécessairement.

Allons bon ! Nous voici à pleurnicher sur la nature dont on sait qu’on ne peut survivre qu’à son détriment, en sorte qu’on ne la retrouve que là où les hommes sont exclus – soit expulsés manu militari, soit qu’on ait trouvé un endroit particulièrement inhospitalier. Comment pacifier les rapports, faire que les petits lapins de Blanche-Neige puissent cohabiter avec nous ? 



--> On pourrait réduire drastiquement le nombre des humains : autorisons un seul enfant par couple : mécaniquement la population devrait diminuer avant de se stabiliser lorsque le moment serait venu avec la permission du 2ème enfant. C’est la solution la chinoise.

--> On peut aussi laisser faire la compétition pour la survie : les ressources étant stables, ce sont les plus forts et les mieux doués qui survivront en excluant les individus moins bien dotés pour la survie. C’est la solution darwinienne.

--> Soit on institue un quota de biens consommables alloués à chaque foyer, supposant que les couples auto-limiteront leur fécondité selon les ressources disponibles. C’est la solution malthusienne.

 

Si on ne fait rien, alors comme le disait Leroi-Gourhan, bientôt le dernier homme mourra de faim après avoir mangé le dernier rat cuit avec la dernière poignée de foin.

- Beurk ! Vous n’avez pas mieux ?

- La réponse opposée consiste à compter sur les miracles du progrès qui permettrait de faire mieux en consommant moins – ou pas plus, suivant le principe que personne ne peut dire à combien il faudra limiter notre consommation dans 1 ou 2 siècles. Par exemple, lorsque les premiers colons arrivèrent en Australie on estime que le nombre d’habitants était limité à un demi millions d’humains : autant dire que ce semi-continent ne pouvait, compte tenu de l'environnement, en nourrir d’avantage. Aujourd’hui l'Australie compte 22 millions d'habitants qui n’ont aucune difficulté de subsistance. Si les recherches concernant la fusion nucléaire aboutissent – et pourquoi n’aboutiraient-elles pas ? – la ressource d’énergie non polluante deviendra inépuisable. Notre casse-tête de faire coïncider conservation de la planète et ressource énergétique appartiendra au passé.


L’idéologie écologique s’est bâtie sur la certitude que tout progrès était une régression pour la conservation de la nature. Et si l’inverse était possible ?

lundi 16 octobre 2023

Venez comme vous êtes – Chronique du 17 octobre

Bonjour-bonjour

 

Les refondateurs du mouvement écologique français ont eu une panne d’imagination. Renouvelant leur nom, ils n’ont su trouver que « Les écologistes ». Quant à leur slogan, voici ce qu’ils ont trouvé « Venez comme vous êtes ».

Oui, vous ne vous trompez pas : il s’agit bien du slogan des McDo encore dans toutes les mémoires : 

 


Si on comprend parfaitement la différence des messages qui distinguent ces deux affiches, on ne comprend pas par contre l’intention des communicants : ils ont dû être payés fort cher pour… pour faire de la publicité à McDonald – chose que les écolos n’ont surement pas l’intention de faire. Que va dire José Bové ?

 

Car c’est bien comme cela que fonctionnent les slogans : avant d’être un sens ils ont été un cri de guerre chez les écossais (Lire ici) : ils le sont encore. D’ailleurs, qui donc se rappelle spontanément du sens de la formule pour évoquer Mac Donald ?

Notez bien que ce n’est pas la première fois qu’une campagne publicitaire rate sa cible et fait de la pub pour autre chose. Mais en général il s’agit d’une différence de notoriété entre l’annonceur et le support de sa publicité. Ce fut le cas lorsque la mère Denis devint plus célèbre que la firme Vedette dont elle vantait pourtant les machines à laver.

Seulement ça ne s’est produit qu’au terme d’une longue campagne et non comme ici dès le début. 

En tout cas, bravo les communicants !

mercredi 13 septembre 2023

Forest City, la ville fantôme…Brrrr !!!! – Chronique du 14 septembre

Bonjour-bonjour

 

Voici Forest City ville prévue pour accueillir 700000 habitants construite en Malaise par des investisseurs chinois. 

 


Seulement les acheteurs ont été finalement très peu nombreux, et la ville ne comporte à présent que… 9000 habitants. Et voici à quoi cela ressemble : « Rues désertes, magasins et appartements vides, « silence inquiétant » qui s’abat sur la ville à la tombée du jour, une fois les ouvriers qui travaillent sur le chantier partis, rangées de boutiques fermées, et seules quelques fenêtres éclairées dans les gigantesques tours, la nuit… » (Lu ici)

 

On pourrait minorer cette information en faisant valoir que les chiffes d’habitants ne veulent rien dire, puisque des appartements, sans qu’on sache exactement combien, ont été vendus à des investisseurs qui ne comptaient pas habiter leurs acquisitions. Reste que ça ne se revend pas et que les pertes financières sont colossales. Et surtout, ce qui se passe en Malaisie ressemble furieusement à ce qui arrive dans toutes les crises immobilières de par le monde : on découvre des édifices entièrement construits et qui n’ont aucun acquéreur. On se rappelle d’un aéroport en Espagne il y a quelques années dont personne ne voulait, et même une prison aux Etats-Unis !

Pour ma part j’y vois un effrayant exemple de la crise qui précipite l’humanité dans la catastrophe écologique, puisque les besoins humains ne sont plus l’objectif du développement économique, celui-ci étant sous l’autorité de la recherche de profit, lequel, comme on le sait ne connait pas de limites.

jeudi 7 septembre 2023

Une mondialisation peut en cacher une autre - Chronique du 8 septembre

Bonjour-bonjour

 

À Nairobi (Kenya) « les pays participant au premier Sommet africain sur le climat ont trouvé une voie commune résumée dans la « déclaration de Nairobi. » Pour les pays africains, il est nécessaire d’agir pour ralentir le réchauffement climatique, tout en gardant le cap de l’industrialisation et de la croissance. Ils préconisent des mesures globales, et notamment une taxe carbone mondiale. Le continent africain ne représente que 4% des émissions de gaz à effet de serre, pour 17,2% de la population mondiale. Ce sont donc les pays du Nord, plus riches et pollueurs, qui sont pointés du doigt, pour n’avoir en particulier pas respecté leurs propres accords climatiques. » (Lire ici)

Cet article est illustré du dessin ci-dessous :

 

Comment mieux illustrer le fait que constitue la mondialisation ? Petits producteurs de CO2, mais (à leur corps défendant, bien sûr) aussi gros consommateurs que le reste de l’humanité, les africains voudraient de surcroit se développer comme les autres pays, donc en pillant les ressources de la planète et en la polluant désormais au même niveau que les pays développés.

Car une mondialisation peut en cacher une autre : celle de la dévastation ne doit pas faire oublier le modèle dévastateur mondialement partagé parce qu’on ne sait toujours pas par quoi le remplacer. 

vendredi 4 août 2023

Elle ne respecte donc rien ?! – Chronique du 5 aout

Bonjour-bonjour

 

C’est de Sandrine Rousseau dont il est question, peu après sa « sortie » sur Geneviève de Fontenay, juste après son décès. La députée écologiste l’a accusé « d'avoir fait reculer l'image et les droits des femmes » pour avoir comme on le sait dirigé le concours des Miss France.

Cette critique n’est certes pas nouvelle, mais elle intervient alors que la France pleure la disparition de « la dame au chapeau », de son franc parler, et de son éthique sourcilleuse quant à la « pureté » des jeunes femmes venues concourir pour le port de la fameuse écharpe.

 


Le chroniqueur du Figaro (1) se focalise d’abord sur l’irrespect dont fait preuve la député écologiste, allant jusqu’à mépriser le délai de décence qui habituellement ménage le défunt le temps que le deuil se fasse. (Lire ici)

S’appuyant sur cet exemple, la chronique du Figaro critique ensuite ces figures médiatiques issues du mouvement écologique qui rejettent de façon générale tout ce que nous admirons le plus : « Tout ce qui leur semble populaire est à leurs yeux suspect d'impureté. Ils ont fustigé le sapin de Noël, le tour de France, parlent d'interdire plus de quatre voyages en avion par an et les maisons individuelles avec jardin. Ils approuvent le saccage des œuvres d'art dans les musées. Madame Rousseau, elle-même, a condamné le barbecue comme machiste. Maintenant, c'est la beauté du corps féminin exposée à la télévision qui, à leurs yeux, devient suspecte ou immorale »

Laissant de côté le pêlemêle qui caractérise cette énumération, je retiens quand même que la beauté du corps féminin peut être, selon cet éditorialiste, mise en évidence par les canons usités dans les concours de beauté – chose dont on peut discuter ; qu’on peut sans vergogne l’exposer comme un simple objet ; et qu’il est « pur » de toute souillure. Ce qui signifie que la beauté féminine des Miss reste innocente de la concupiscence masculine qui la recherche et qui la soutient.

Façon de dire que la concupiscence ne souille que celui qui l'éprouve et non les objet sur les quels elle se répand.

Tiens! Une idée !

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(1) Il s’agit de Maxime Tandonnet, essayiste et haut fonctionnaire, il a soutenu la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007