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vendredi 4 août 2023

Elle ne respecte donc rien ?! – Chronique du 5 aout

Bonjour-bonjour

 

C’est de Sandrine Rousseau dont il est question, peu après sa « sortie » sur Geneviève de Fontenay, juste après son décès. La députée écologiste l’a accusé « d'avoir fait reculer l'image et les droits des femmes » pour avoir comme on le sait dirigé le concours des Miss France.

Cette critique n’est certes pas nouvelle, mais elle intervient alors que la France pleure la disparition de « la dame au chapeau », de son franc parler, et de son éthique sourcilleuse quant à la « pureté » des jeunes femmes venues concourir pour le port de la fameuse écharpe.

 


Le chroniqueur du Figaro (1) se focalise d’abord sur l’irrespect dont fait preuve la député écologiste, allant jusqu’à mépriser le délai de décence qui habituellement ménage le défunt le temps que le deuil se fasse. (Lire ici)

S’appuyant sur cet exemple, la chronique du Figaro critique ensuite ces figures médiatiques issues du mouvement écologique qui rejettent de façon générale tout ce que nous admirons le plus : « Tout ce qui leur semble populaire est à leurs yeux suspect d'impureté. Ils ont fustigé le sapin de Noël, le tour de France, parlent d'interdire plus de quatre voyages en avion par an et les maisons individuelles avec jardin. Ils approuvent le saccage des œuvres d'art dans les musées. Madame Rousseau, elle-même, a condamné le barbecue comme machiste. Maintenant, c'est la beauté du corps féminin exposée à la télévision qui, à leurs yeux, devient suspecte ou immorale »

Laissant de côté le pêlemêle qui caractérise cette énumération, je retiens quand même que la beauté du corps féminin peut être, selon cet éditorialiste, mise en évidence par les canons usités dans les concours de beauté – chose dont on peut discuter ; qu’on peut sans vergogne l’exposer comme un simple objet ; et qu’il est « pur » de toute souillure. Ce qui signifie que la beauté féminine des Miss reste innocente de la concupiscence masculine qui la recherche et qui la soutient.

Façon de dire que la concupiscence ne souille que celui qui l'éprouve et non les objet sur les quels elle se répand.

Tiens! Une idée !

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(1) Il s’agit de Maxime Tandonnet, essayiste et haut fonctionnaire, il a soutenu la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007

mercredi 12 juillet 2023

10 toutes petites secondes, monsieur le Président – Chronique du 13 juillet

Bonjour-bonjour

 

Nos amis transalpins ont le sens de l’exactitude. Lorsqu’il arrive qu’une personne (une jeune femme en général) se plaigne d’avoir été pelotée par un monsieur, alors que celui-ci se défend de toute intention libidineuse, le juge italien sort son chronomètre : si on peut établir que vous – oui, vous le tripoteur – n’avez pas commis le délit en question plus de 10 secondes, eh bien justement : ce n’est plus un délit.

 Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt ceci : jugeant le cas du gardien d'une école qui avait tripoté les fesses d'une élève de 17 ans une dizaine de secondes, le Tribunal a estimé que « La soudaineté de l'action, sans aucune insistance dans l'action de toucher, qui relève presque de l'effleurement, ne permet pas de caractériser l'intention libidineuse ou concupiscente généralement requise par le droit pénal » (source : Il Corriere della Sera, cité ici)

L'inculpé avait en effet protesté de son innocence, affirmant que c’était « juste par plaisanterie » – ce qui a justement suscité l'indignation d'associations d'élèves et d'influenceurs.

o-o-o

 

S'il vous plait, un peu de réflexion avant de crier au scandale.

            1° Le contact corporel avec une autre personne n’a pas de sens en soi ; il peut être dû à une promiscuité accidentelle (transports en commun), il peut être non voulu et dès lors il ne peut être considéré comme délictueux.

            2° Lorsqu’une intention est mise en cause, il s’agit de savoir si elle est ou non « libidineuse ». Le juge italien considère en effet que seule cette intention peut être incriminée par le code pénal.

            3° En particulier, en dehors de la concupiscence, on peut mettre la main aux fesses de quelqu’un par plaisanterie – la quelle ne saurait tomber sous le coup de la loi.


Comme ça....

            4° Si par contre l’intention lascive est suspectée, le juge interroge le chronomètre : en dessous de 10 secondes, cette cause est écartée, ce qui suppose qu’on ne peut obéir à cette pulsion sans cette durée minimum. 

Moins de 10 secondes : c’est une blague ; plus de 10 secondes : c’est que ça pousse dur.

Notez, je vous prie, cette précision qui pourrait bien vous servir dans la vie ordinaire pour évaluer les gestes déplacés, les regards appuyés, les mots équivoques. 

Une main aux fesses, si c’est juste pour le fun, y a pas mort d’homme.

Et puis, profitez-en tant qu’il y a de la demande…

 

----> Non ! Me tapez pas !!! Pas sur la tête !!!

vendredi 19 mai 2023

L’Église et le zizi-sexuel – Chronique du 20 mai 2023

Bonjour-bonjour

 

À l’heure où, un peu partout de par le monde, le droit à l’avortement est remis en cause, il est bon de revenir sur la position de l’Église, non seulement concernant l’IVG, mais aussi sur la sexualité : car concernant la sexualité, l’IVG consiste à la découpler la jouissance sexuelle de la procréation. 

En dehors de toute position dogmatique concernant la nature de l’embryon, (est-il déjà personne humaine ou seulement un simple amas de cellules non différenciées du corps maternel ?), la sexualité est reconnue par le Vatican selon deux axes principaux : la génération des enfants ; et l’assistance et le remède à la concupiscence (1)

Toutefois le plaisir sexuel n’est pas pris en compte pour lui-même : si pour l’Église il est impossible de séparer la concupiscence de la procréation c’est seulement celle-ci qui fait partie intrinsèque de l’amour conjugal défini par sa fécondité.

 

Tout le problème est de penser cette double nature de la sexualité : d’une part le plaisir qui est le fait de l’individu ; d’autre part la procréation qui est fondamentalement celui de l’espèce. Faut-il chercher le lien qui unit ces deux orientations, quitte à subordonner l’un à l’autre ? Ou bien faut-il les concevoir comme distincts, estimant comme le marquis de Sade que « le plat souci de la propagation de l’espèces » était tout à fait secondaire par rapport à la jouissance ?

 

Les philosophes ont volontiers condamné la concupiscence : Kant d’abord qui estime que trouver du plaisir dans un rapport sexuel consiste à prendre le partenaire comme un objet ce qui est moralement condamnable ; et puis Schopenhauer qui voit dans la jouissance le piège fomenté par l’espèce pour forcer, l’individu à procréer.

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(1) Il s’agit des deux fins du mariage, la fin primaire (prolis generatio et educatio) et la fin secondaire (mutuum adiutorium et remedium concupiscentiae). Sur tout cela voir cet article

lundi 5 décembre 2022

Freed from desire / Nananananana – Chronique du 5 décembre

 

Bonjour-bonjour

 

Lorsqu’une équipe de foot gagne un match, lors de son retour au vestiaire elle célèbre en petit comité sa victoire en entonnant une chanson, qui sera la même durant toute la compétition – et que reprendront les supporters. Qu’on se rappelle de « I will survive » lors de la coupe du monde en 1998

--> En ce moment Les Bleus ne manquent pas à cette tradition et leur hymne est « Freed from desire » de la chanteuse italienne Gala.

« Freed from desire » : Libéré(e) du désir… Un petit peu de sagesse antique ou de philosophie orientale s’inviteraient donc dans les débordements « testéronnés » des footeux ? Bizarre, ne trouvez-vous pas ? Où donc les Bleus ont-ils déniché cette chanson et pourquoi en avoir fait leur hymne ?

 

- Il s’agit selon les spécialistes d’un « tube dance » datant de 97, et l’essentiel de son intérêt est dans le refrain « entêtant » fait de « Na-na-na… » (voir les paroles ici). On dit d’ailleurs que c’est sur ce refrain entonné à tue-tête que les joueurs ont choisi de décompresser.  

- En réalité cette chanson a été depuis quelque temps déjà reprise un peu partout de par le monde dans les manifestations étudiantes comme un hymne à la liberté contre les abus du pouvoir. 

-  Mais en lisant plus attentivement ces paroles, on s’aperçoit qu’il s’agit d’abord d'une contestation féministe contre le harcèlement dont les jeunes femmes sont victime. Et c’est là que s’explique ce curieux titre « Libéré du désir » où est dénoncée l’hubris du désir sexuel ; c'est justement à l'éradication de ce désir que fait allusion la liberté de l’esprit et la purification des sens.

- Plus encore : l’interview (ici) de la chanteuse confirme qu’elle a écrit ces paroles en souvenir de sa jeunesse pourrie par le harcèlement masculin dont elle fut très longtemps victime. 


L’absence de désir est une forme de liberté face à cette violence ; et la disparition de cette concupiscence est une purification. Peut-on aller jusqu’à voir là une forme de philosophie orientale ? Certains n’hésitent pas à l’affirmer.

 

Alors, fait pour lâcher la tension après le match, cet air peut devenir une seconde marseillaise si le succès de l’équipe se confirme. Il ne faudrait donc pas aller trop loin dans l’interprétation des paroles, que d’ailleurs personne ne cherche à comprendre (à part bien sûr « Nanananana… ») Mais vous n’empêcherez quand même pas certains à l’esprit plus curieux de s’attacher à cette formule « Libéré(e) du désir »