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lundi 5 février 2024

Faire crac-crac, ou trouver mieux ailleurs ? – Chronique du 6 février (1)

Bonjour-bonjour

 

Les chiffres viennent de tomber : cette étude de l’IFOP le montre : « la France n’échappe pas au phénomène de récession sexuelle observé ces dernières années ». Les français font de moins en moins l’amour et tous les âges sont concernés.

- On lira ici de détail par tranche d’âge et par explication fournie. Pour nous il s’agit surtout de réfléchir à la question : mais qu’est que ces femmes et ces hommes ont donc trouvé de mieux ? Car il ne s’agit pas de faire tous ces gens qui ne copulent plus (ou presque plus) des frustrés. L’explication qu’on trouvera le plus souvent c’est qu’en réalité ils n’en ont plus envie : auraient-ils plus de plaisir ailleurs, dans la contemplation des petits oiseaux au printemps ou dans le jaillissement d’une fontaine ? A moins qu’ils n’aient trouvé avec leurs écrans de nouveaux jeux pour enflammer leur vie ? 

- L’idée pessimiste est qu’on ne cherche plus à « allumer le feu » dans notre vie. D’ailleurs le « feu » en question était loin de s’embraser pleinement et systématiquement. Combien de fois a-t-on fait l’amour sans en avoir envie, « comme d’habitude » comme le chantait Claude François.

- Allez : un peu d’optimisme dans ce terne paysage. Les couples admettent qu’ils ont découvert qu’ils pouvaient vivre ensemble sans intimité physique avec leur conjoint. On espère que cette révélation s’est faite sur le fond de la découverte d’autres plaisirs « à deux », ignorés jusqu’alors en raison de la priorité accordée à la libido. 

--> La libido : justement puisqu’on en parle. Dans les années 70, avec le freudisme triomphant, elle était partout, secrétée par la vie, s’immisçant dans tous les actes du quotidien, donnant leur sens et leur valeur à nos modes vestimentaire, à nos choix, à nos rêves. 

Illusion dûe à un phénomène de mode : la vérité est que dès que la pression extérieure (et donc indépendante de la libido) diminue, son retrait se fait sans douleur et sans regret.

Il y a des femmes qui vont protester : « Avec tous les gros lourds qui nous harcèlent, cette perte de libido on n’y croit pas » Mais si, chère sœur, il faut y croire. Ce que ces insupportables individus cherchent, ce n’est pas à faire l’amour, c’est à assurer leur supériorité sur les femmes.

samedi 2 décembre 2023

Divergence de point de vue – Chronique du 3 décembre (1)

Bonjour-bonjour

 

Et si le problème de l’égalité des sexes devait inclure les discriminations dont souffrent les hommes ?

Vous ne me croyez pas ? Voyez ceci :

 

Dessin de Dupé

 

Saisissant, ne croyez-vous pas ?

Affabulation ? Tentative de détourner l’attention à propos du sort des femmes ? Occasion de valoriser le fantasme (bien masculin) de la voisine à poil devant sa fenêtre ? Peut-être… ou pas. Car n’est-ce pas là ce qui se passe – à des degrés bien entendu moindres – dans la réalité ?

Bien sûr, les hommes ne sont jamais dans la situation du monsieur du dessin, sans quoi ils seraient en effet coffrés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. En revanche, les femmes ont un pouvoir de séduction évident dont elles ont fait usage depuis les temps immémoriaux et qu’elles n’ont jamais réellement abandonné. On pense bien sûr aux Femens, mais la beauté féminine n’est-elle pas souvent cultivée à partir de stimulations sensuelles - voire sexuelles ? 

Mais pourquoi y auraient-elles renoncé ? Car, l’asymétrie évoquée dans ce dessin relève peut-être d’une disposition de la nature humaine, portée par les instincts ancestraux nécessaires à la propagation de l’espèce ? Si les mâles sont à l’affut des femelles qui stimulent leur libido, celles-ci sont aussi à la recherche du mâle capable de les féconder ; ce qui signifie qu’il ne s’agit pas de voir quelle est la longueur de la bistouquette, mais bien les rondeurs musculeuses du fessier capable de propulser ce bazar dans le fond de la matrice. (1)

Vous ne me croyez toujours pas ? Regardez plutôt à quoi ressemble un fessier masculin galbé dans un de ces bon vieux 501 :


 

Affolant, n’est-ce pas ?

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(1) Une anecdote venue de Diderot : « M. le président de Brosses aimait les femmes et allait voir des filles. Le petit président, qui n’est guère plus grand qu’un Lilliputien, dévoila à leurs yeux un mérite (sic) si étonnant, si prodigieux, si inattendu, que toutes en jetèrent un cri d’admiration. Mais quand on a beaucoup admiré, on réfléchit. Une d’entre elles, après avoir fait en silence plusieurs fois le tour du merveilleux petit président, lui dit : « Monsieur, voilà qui est beau, il en faut convenir ; mais où est le cul qui poussera cela ? » Diderot - Salon de 1767

mercredi 12 juillet 2023

10 toutes petites secondes, monsieur le Président – Chronique du 13 juillet

Bonjour-bonjour

 

Nos amis transalpins ont le sens de l’exactitude. Lorsqu’il arrive qu’une personne (une jeune femme en général) se plaigne d’avoir été pelotée par un monsieur, alors que celui-ci se défend de toute intention libidineuse, le juge italien sort son chronomètre : si on peut établir que vous – oui, vous le tripoteur – n’avez pas commis le délit en question plus de 10 secondes, eh bien justement : ce n’est plus un délit.

 Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt ceci : jugeant le cas du gardien d'une école qui avait tripoté les fesses d'une élève de 17 ans une dizaine de secondes, le Tribunal a estimé que « La soudaineté de l'action, sans aucune insistance dans l'action de toucher, qui relève presque de l'effleurement, ne permet pas de caractériser l'intention libidineuse ou concupiscente généralement requise par le droit pénal » (source : Il Corriere della Sera, cité ici)

L'inculpé avait en effet protesté de son innocence, affirmant que c’était « juste par plaisanterie » – ce qui a justement suscité l'indignation d'associations d'élèves et d'influenceurs.

o-o-o

 

S'il vous plait, un peu de réflexion avant de crier au scandale.

            1° Le contact corporel avec une autre personne n’a pas de sens en soi ; il peut être dû à une promiscuité accidentelle (transports en commun), il peut être non voulu et dès lors il ne peut être considéré comme délictueux.

            2° Lorsqu’une intention est mise en cause, il s’agit de savoir si elle est ou non « libidineuse ». Le juge italien considère en effet que seule cette intention peut être incriminée par le code pénal.

            3° En particulier, en dehors de la concupiscence, on peut mettre la main aux fesses de quelqu’un par plaisanterie – la quelle ne saurait tomber sous le coup de la loi.


Comme ça....

            4° Si par contre l’intention lascive est suspectée, le juge interroge le chronomètre : en dessous de 10 secondes, cette cause est écartée, ce qui suppose qu’on ne peut obéir à cette pulsion sans cette durée minimum. 

Moins de 10 secondes : c’est une blague ; plus de 10 secondes : c’est que ça pousse dur.

Notez, je vous prie, cette précision qui pourrait bien vous servir dans la vie ordinaire pour évaluer les gestes déplacés, les regards appuyés, les mots équivoques. 

Une main aux fesses, si c’est juste pour le fun, y a pas mort d’homme.

Et puis, profitez-en tant qu’il y a de la demande…

 

----> Non ! Me tapez pas !!! Pas sur la tête !!!

dimanche 26 mars 2023

A quoi sert la libido ? – Chronique du 27 mars

Bonjour-bonjour

 

Une expérience scientifique visant à tester l’impact du visionnage de « vidéos pour adultes » en réalité virtuelle sur la qualité de la semence humaine vient d’être réalisée (lire ici). Cette étude était faite en faveur des banques du sperme, afin d’optimiser la collecte de semence masculine.

« Les résultats de cette étude montrent un clair avantage de l’utilisation de la casques de VR ( = réalité virtuelle) sur la collecte de semence quand la période d’abstinence du donneur est courte (moins de 24 heures). Nous avons trouvé un taux de spermatozoïdes (combien d’entre eux sont en mouvement, et donc vivants et pertinents) plus élevé de presque 50%. » (cité ici)

 


Même si on ne comprend pas tout, et en particulier pourquoi cet avantage ne joue que sur une collecte intervenant 30 heures maximum après une autre – délai au-delà duquel le rapport s’inverse – on se doute bien qu’il y a quand même quelque chose de la libido masculine qui se faufile là-dedans.

Et c’est là que la science s’essouffle un peu : quelle expérience imaginer pour relier la spermatogénèse à l’excitation libidinale ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ? On peut en effet stimuler sa sexualité par toutes sortes de procédés, tels que des ambiance (chandelles, voiles diaphanes) l’utilisation d’huiles de massage chauffantes, ou encore des visionnages (images, film, réalité virtuelle) – la question reste : les gonades masculines vont-elles sécréter d’avantage de semences ? Si on admet intuitivement que plus on bande et plus on sécrète, alors comment comprendre que passé 30 heures d’abstinence c’est le contraire qui se produit ? D’avantage de libido = moins de spermatozoïdes ? 

Si c’est le cas, alors à quoi sert cette libido si elle ne contribue pas à la fécondation ?

 

… Si ça se trouve, il y a un mécanisme biologique secret qui bloque la fécondité quand la stimulation sexuelle dépasse une certaine limite ?

Quelque chose qui nous débarrasse du « plat souci de la propagation de l’espèce », pour parler comme le Divin Marquis.

mercredi 18 août 2021

La solidarité nationale ne prend pas en charge les frais d’orgasme – Chronique du 19 aout

Bonjour-bonjour

Parcourant le récent numéro de la revue 60 millions de consommateurs, je me suis arrêté sur une information concernant le rejet d’une demande d’indemnisation venant d’un homme dont la femme était décédé, victime d’un accident médical.

Deux demandes étaient faites : l’une pour la perte d’assistance ménagère du fait de la mort de l’épouse ; l’autre pour … préjudice sexuel. L’office nationale d’indemnisation des accidents médicaux a répondu favorablement à la première demande et a rejeté la seconde au motif que le préjudice sexuel n’est pas du ressort de la solidarité nationale.

Et c’est là que la chose prend tout son intérêt : si la solidarité nationale accorde un secours lorsque les besoins des citoyens sont menacés, en revanche elle le refuse lorsque c’est leur plaisir qui est en cause. Financer la tambouille et la vaisselle : oui ; rembourser les frais d’orgasme : non. 

Ce jugement un peu sec nous mène-t-il à la conclusion que le « pacte social » n’inclut pas un quelconque droit à la jouissance, et que seules les nécessités vitales communes peuvent être envisagées ?

Peut-être… ou peut-être pas. N’étant pas sûr d’avoir compris, et soucieux d’aller un peu plus loin, je me suis alors tourné vers la solidarité médicale : prenant l’exemple du Viagra, ma question a été de savoir si ce médicament dont la prescription concerne les troubles de l’érection est pris en charge par la sécurité sociale et au cas où il serait remboursé, à quelle fréquence. – Je veux dire : combien d’orgasmes mensuels sont financés par la solidarité nationale ?

La réponse ne s’est pas faite attendre : aucun remboursement du Viagra n’est possible dans les cas ordinaires d’utilisation, c’est-à-dire quand le disfonctionnement érectile n’est pas la conséquence de pathologies spécifiques (sclérose en plaque, séquelles du priapisme, etc. Voir le détail ici). Mais alors que le verdict concernant l’accident médical ci-dessus était un peu sec, ici on a des précisions essentielles : « La présentation du sildénafil (= Viagra) a d’emblée pris la forme d’une réponse thérapeuthique à une pathologie individuelle nouvelle, comme si le dysfonctionnement érectile était indépendant de tout contexte relationnel et affectif. » Les difficultés érectiles lorsqu’elles ne sont pas des pathologies médicales sont la conséquence « de relations personnelles et affectives » : voilà l'essentiel. Moyennant quoi les troubles pour lesquels le Viagra est habituellement prescrit, relèvent d’abord de la conduite personnelle et ne sauraient être à la charge de la collectivité. 

--> On est soulagé d’apprendre qu’il n’y a pas un refus de principe de la solidarité nationale de financer notre libido, mais simplement que cette carence érectile ne figure pas dans la liste des pathologies prises en charge par la solidarité nationale. 

Après tout c’est à chacun de trouver l’âme sœur avec laquelle il se sentira à l’aise.

mardi 23 mars 2021

Mort la trique en l’air – Chronique du 24 mars

Bonjour-bonjour

 

Désolé de revenir sur les agressions sexuelles dont ont été victimes les collègues journalistes de Pierre Ménès, le colossal commentateur foot de Canal+ : j’ai été hier un peu trop réactif en chroniquant ces nouvelles, car d’autres informations sont venues depuis, comme les réponses de l’intéressé à ces révélations.

- A propos des baisers imposés : « Le baiser à Isabelle Moreau, je ne referai plus ça aujourd’hui. Le monde a changé. On ne peut plus rien faire. Mais ce que je maintiens, c’est qu’un mec et une fille c’est pareil. Ne pas chambrer c’est insupportable ». Je décode : « chambrer » veut dire se moquer, charrier. Pierre Ménès revendique le droit à chambrer aussi bien les filles que les mecs. Et pour lui, chambrer une fille ça veut dire l’embrasser quand elle ne s’y attend pas : ce qui signifie que ce baiser n’a de rien de sexuel.

Refuser ça, serait donc révoltant car alors on ne pourait plus rire ? Je vous renvoie sur ce chapitre à mon blog d'hier.

 

- A propos de la jupe soulevée de Marie Portolano : « Je t’ai peut-être soulevé la jupe, je ne m’en souviens pas, mais est-ce que j’ai été incorrect avec toi au moins une fois ? » Donc soulever la jupe d’une femme ne peut être pris pour une incorrection – c’est clair et net. 

Reste à dire en quoi consisterait une incorrection dans ce cas.

De toute façon Pierre Ménès le dit : il n’a gardé aucun souvenir de ce non-évènement, et il s’en explique : c’était lors de la dernière émission avant que sa grave maladie ne soit diagnostiquée. « J’avais le masque de la mort », assure-t-il, tout en expliquant ne pas avoir attrapé les fesses de sa collègue comme certains le prétendent. Y a pas mort de femme !

Si j’ai voulu revenir sur ces incidents c’est pour souligner le fait qu’imprégné par l’angoisse de sa mort prochaine, Pierre Ménès reste quand même encore titillé par sa libido. Façon de se rassurer, puisque comme le chantent les carabins à propos du bon saint Eloi « Oh non-non Saint Eloi n’est pas mort… Car il b*** encore ! »

Hélas, comme le regrette Georges Brassens, nous refusons à présent aux mourants une ultime érection. Quelle époque de m*** !

samedi 13 mars 2021

Faites le plein de libido sans plomb – Chronique du 14 mars

Bonjour-bonjour

 

Chers amis, ce matin vous vous réveillez un peu plus dynamique que d’habitude, n’est-ce pas ? Inutile de vous interroger : ce n’est pas seulement qu’on soit dimanche, jour du Seigneur, mais aussi parce que nous sommes à une semaine du printemps !

- À une semaine du printemps ? Et alors, qu’est-ce que ça fait ?

- Ça fait que ta libido commence à se réveiller et à titiller tes terminaisons nerveuses – et tes neurones aussi bien entendu aussi.

- Bouffff… Tout ça c’est pipeau et compagnie. Ton truc c’est juste pour étaler ta culture et rien de plus. Si je me réveille un peu plus énergique que d’habitude c’est à l’idée d’aller faire un jogging avec les potes et qu’après on se tapera le gueuleton meuh-meuh que Ginette nous a préparé. Et ça, ça m’excite pas mal.

- Ne te moque pas de la culture, elle peut nous apporter beaucoup. Ainsi quand je dis que ta libido se réveille, je ne fais qu’observer que le printemps, c’est la saison des amours. Tu es d’accord n’est-ce pas ? 

- Bien entendu, Monsieur l’enfonceur de portes ouvertes !

- Hé bien quand tu aimes, tout te parait plus tentant, plus facile, parce que tu es plus heureux. Ta libido qui se développe déborde de partout et fournit de l’énergie pour plein d’autres choses, comme de faire ton jogging par exemple. C’est elle le carburant de la vie ! D’ailleurs c’est bien cela que le monde animal nous révèle : quand les animaux hibernateurs se réveillent au printemps, vont-ils se restaurer après un hiver de jeûne ? Pas du tout ! Ils vont d’abord se reproduire.

- Mais dis-donc, alors il suffit de filer un aphrodisiaque aux travailleurs qui partent pour la mine et vas-y que je te fais péter les compteurs de performance. Dire que Staline n’avait pas pensé à ça !

- Non ça ne marche pas quand la libido est plombée par la contrainte. Si ta pulsion s’investit dans une activité c’est qu’elle y a trouvé un domaine symbolique qu’elle reconnait comme signifiant son désir.

- Ah, c’est donc ça… Quand je mange le mironton de Ginette, je pense en réalité déjà à la sieste crapuleuse qui va suivre ?

- C’est un peu fruste, mais pourquoi pas ? L’essentiel c’est que tant qu’il y a de la pulsion il y a du besoin d’extériorisation. C’est quand ça ne s’écoule plus et que ça fermente qu’on s’empoisonne en frustrations, angoisses et perversions. 

- Voilà pourquoi le confinement qui bloque tous nos loisirs dès qu’on s’arrête de travailler nous pourrit la vie.

- Oui, notre carburant est alors plombé.