mercredi 5 août 2026

Et si la vigne pensait ? – Chronique du 6 aout

Bonjour-bonjour

 

Ce matin je lis ceci « Pour faire grossir ses raisins, à la mi-juin, la vigne a besoin de soleil et d'eau. Lorsqu'elle n'a pas d'eau, elle entre dans un état de stress hydrique et ne pense plus qu'à une chose : sauver sa vie au lieu de nourrir les raisins. » René Maury – Viticulteur en Corrèze

Alors la vigne serait comme une mère indigne qui abandonne ses enfants en cas de disette pour ne se préoccuper que d’elle -même ? N’avons-nous pas ici un cas d’anthropocentrisme un peu ridicule qui attribue aux végétaux des « pensées » - voire même des choix existentiels ? 

Sans doute, mais force est d’observer qu’il y a deux stratégies de survie chez les végétaux comme chez les animaux – et finalement comme chez l’homme : quand il est impossible de sauver l’adulte et le rejeton, soit l’adulte abandonne les soins liés à la reproduction, soit il se sacrifie. J’ai eu l’occasion d’observer ces deux stratégies à l’œuvre chez moi avec des photinias :

- Soit deux plans de photinias achetés le même jour dans la même pépinière, plantés dans des bacs identiques et placés côte à côte dans la même cour, avec la même exposition. Depuis plus de 20 ans ces arbustes s’épanouissent au printemps de façon différente : l’un se couvre d’abord de fleurs avec de développer son feuillage ; l’autre développe un feuillage plus luxuriant et met au jour quelques rares fleurs. 

Sans prêter aux plantes la moindre « pensée », force est de constater que l’un favorise la reproduction, et l’autre son propre développement. Dans de nombreuses espèces animales c’est l’inverse, comme ces petits rongeurs qui hibernent durant plusieurs mois et qui, sortant d’un long sommeil pendant lequel ils ont jeûné, quittent leur tanière pour aller se reproduire plutôt que manger.

Il serait intéressant de considérer les hommes sous cet angle : les uns ne recherchent que leur avantage, tandis que d’autres procréent une nombreuse famille au détriment éventuel de leur confort et de leur sécurité. Occasion d’observer que ce choix a été remplacé par des obligations culturellement transmises, mais que depuis la contrôle des naissances il est dévolu aux individus.

Et si les individus privilégiaient leur avantage en sacrifiant l’espèce ? N’est-ce pas un petit peu le dilemme posé aux femmes qui ont à choisir entre leur carrière et leur famille ? 




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire