dimanche 16 août 2026

L'obligation qui nous saisit au saut du lit – Chronique du 17 aout

Bonjour-bonjour

 

Avec ce blog j’ai la prétention de montrer comment un esprit intéressé par la philosophie réagit devant les évènements petits ou grands de l’actualité. Mais je trouve aujourd’hui une tâche bien plus importante : faire partager une pensée qui fonde une moralité à la dimension des défis de notre époque.

Car voici un article publié ces jours-ci qui, sans recourir à une technicité rébarbative, nous permet d’approcher un philosophe qui a réellement posé les données du problème que nous avons à résoudre.

- Il s’agit de Hans Jonas dont l’ouvrage « Le principe responsabilité » a été publié en 1991 dans sa traduction française.



Hans Jonas, philosophe allemand père du « Principe responsabilité ». DPA/ABACA



Cet ouvrage fonde l’obligation de l’éthique nouvelle de nous engager vis-à-vis des générations future : « Nous n’avons pas le droit de choisir le non-être des générations futures à cause de l’être de la génération actuelle » Cette obligation est fondée sur la valeur absolue de l’humanité, qui doit se protéger pour aujourd’hui, mais aussi pour les générations de demain.

Pour le dire plus simplement : « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre ». Vous aurez reconnu que l’obligation qui nous est faite n’est ni pour demain, ni pour après-demain, mais bien pour aujourd’hui – pour ce matin au saut du lit.

 

« Après nous, le déluge » aurait dit Louis XV parlant du dauphin le futur Louis XVI ; autrement dit, puisque l’avenir n’existe pas encore, inutile de nous en inquiéter. Mais avec Hans Jonas un nouveau principe surgit : la responsabilité peut précéder toute réciprocité.

 

Traduisons : nous restons libres de choisir de saccager la planète et de ruiner les espoirs de vie des hommes de demain ; mais nous ne pouvons le faire qu’en étant conscients que nous violons l’exigence morale qui est de les protéger en raison de leur vulnérabilité.

Cette obligation n’est pas une élucubrations intellectuelle : il s'agit de reconnaître que notre pouvoir sans précédent crée une responsabilité : plus nous pouvons agir sur l'avenir, plus nous sommes moralement responsables de cet avenir.

A partir de là Hans Jonas déroule les conséquences : tout ce qui existe mérite d’exister, qui fonde l’obligation se sauver la biodiversité.

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