Bonjour-bonjour
« Ne mangez pas seul, c'est mauvais pour votre cerveau » titre cet article découvert ce matin sur le Net.
En effet, des « chercheurs » (nom donné à des gens payés pour effectuer des travaux à portée scientifique) le constatent : la meilleure façon de prendre soin de son cerveau se trouve autour de la table lors des repas. Ce qui importe alors n’est pas ce que nous mangeons mais le fait de manger entouré de plusieurs convives.
(Les festins BNF)
« En 2025, des chercheurs japonais ont découvert que les personnes qui mangent régulièrement seules présentent un volume cérébral réduit dans des régions associées aux fonctions cognitives, notamment le lobe temporal médial et l'hippocampe. » peut-on dans l'article cité, qui ajoute : « Le plaisir et les liens sociaux procurés par les dîners partagés pourraient également apaiser le stress, lui-même associé au risque de déclin cognitif chez les personnes âgées. Les conversations lors des repas stimulent notre matière grise, ce qui maintient le cerveau actif jusqu'à un âge avancé. »
C’est alors qu’on pense à un point de la doctrine kantienne concernant la table – non pas celle des catégories, mais bien celle du souper. (Concernant la table des catégories les petits curieux pourront cliquer ici). Pour Kant en effet, le fait de manger est une façon d’être solidaire des autres durant un temps suffisant pour avoir avec eux une conversation agréable et enrichissante. Il y a deux principes à ne pas oublier : d’abord éviter d’être affamé pour passer à table : la goinfrerie n’est pas compatible avec un exercice satisfaisant de la pensée. Ensuite être avec des convives de bonne éducation : le repas annuel des chasseurs de lapins ne promet rien de ce genre.
La science contemporaine ne se borne pas à enquêter et à convenir que Kant avait raison ; elle donne aussi des mesures objectives : ceux qui font plusieurs diners ensemble chaque semaine ont un cerveau plus gros que celui des autres. Maintenant elle ne dit rien des clubs où on se retrouve pour picoler ensemble ? Ou des débauchés qui se retrouvent pour des parties fines mensuelles ? Kant n’en a pas parlé, mais j’imagine qu’à condition que ce soit avec des gens qui savent exprimer de leur ressenti, ça pourrait matcher.
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