Un des travers de notre époque est de trouver dans la pathologie l’origine de tous les comportements jugés répréhensibles. Ainsi de la lutte contre l’Islam transformée en islamophobie – et ces jours-ci des auteurs d’incendies volontaires jugés comme des pyromanes.
Pourtant, entre les motivations utilitaires qui usent du feu pour détruire des preuves ou pour venger une agression, et l’attirance obsessionnelle pour tous les moyens capables de mettre le feu, il y a une large plage de sens qui est négligée ici et qui a été éclairée par Gaston Bachelard avec sa « Psychanalyse du feu ».
Les psychologues estiment que l'acte d'allumer le feu répond à une nécessité interne de décharger une tension ou une angoisse profonde : en fait ils éclairent le « comment » sans évoquer le « pourquoi ». Bachelard, lui, explique par les mythes et les légendes que la fascination du feu répond à une aspiration au renouvellement. Il s'agirait d'aspirer à plus grand que soi, révélant ainsi une connotation spirituelle. On rappelle que le phénix se renouvelle par le feu, et que plus largement celui-ci est un élément sacré qui permet de purifier et régénérer tout ce qui existe.
Bachelard écrit aussi : « Le feu réchauffe et réconforte, il invite l’âme au repos. Il est le symbole du changement et du renouvellement. » ; à côté de l’incendiaire actif il existe aussi l’incendiaire passif, celui qui allume un feu pour le contempler.
La passion pour le feu n'est pas exclusivement une aspiration pour l’autodestruction mais elle a aussi une connotation spirituelle. Loin de l’acte pathologique, ce geste est le symbole la recherche de la lumière qui chasse l’obscurité, comme en témoigne ce tableau de Rembrandt montrant le philosophe en méditation :
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