Affichage des articles dont le libellé est sexualité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sexualité. Afficher tous les articles

mardi 2 décembre 2025

La séduction est-elle un droit ? – Chronique du 3 décembre

Bonjour-bonjour

 

On évoquait il y a peu le statut de l’amour selon la Bible (Cf. ici). Dès l’origine du couple primordial Adam-Eve la Bible insiste sur le fait qu’à l’inverse de ce que l’on pense d’habitude, l’amour charnel doit être une reconnaissance de l’autre dans son statut de sujet, et non la sujétion de la femme au désir masculin.

Ce retournement de la relation sexuelle homme-femme reste encore aujourd’hui au centre des préoccupations. Écoutons Virginie Efira qui évoque la célèbre scène de « Basic instinct » où « Sharon Stone exerçait son pouvoir sur les hommes en écartant les jambes ! » (Lire ici)



Le décroisement des jambes dans Basic Instinct


On se souvient de cette séquence qu’on a même cataloguée comme la mise en scène d’une allumeuse – d’où le rejet de cette attitude comme avilissante pour qui s’y livre. 

- C’est précisément là que l’actrice porte le débat : « Ce n’est pas parce qu’on est une femme à la féminité exacerbée qu’on perd ses droits, sa dignité, et qu’on se soumet à l’homme pour autant. », concluant de façon très logique : « On a dépassé depuis longtemps le statut d’objet sexuel, alors pourquoi ne pas en devenir un si on en a envie ? ». Les femmes objet du désir masculin sont aussi des sujets qui ont pour projet d’être désirée – ou de ne pas l’être.

- Restons un instant au niveau de cette relation sujet-objet : être un sujet, c’est être source de ses volontés, de ses actes etc. Par contre, être un objet c’est être pensé par un sujet – et non une chose (qui existe par soi-même, qu'on y pense ou pas.). Par conséquent la seule question est de savoir qui produit cet objet : celui qui ressent du désir (production de fantasme) ou celui (= celle) qui suscite ce désir (séduction) ?

On a limité la question au fait de savoir quelle était la valeur morale de la séduction : car construire une relation désirante autour de l’attirance qu’on exerce sur autrui, c’est bien lui donner le statut d’objet. On ne suscite pas un désir sans rester le sujet actif qui modèle l’objet par le désir qu’on suscite. N’est-ce pas une faute comme le suggère Kant (à la suite de la Genèse) pour qui on doit toujours considérer l’autre également comme un sujet ? 

- Or la révolution féministe insiste sur le fait que les femmes peuvent rester des sujets tout en provoquant la libido masculine – et surtout que c’est un droit.

C’est sur ce principe que se situe l’actrice qui joue les rôles de femmes charnelles.

Mais c'est aussi là que se trouve le débat.

samedi 29 novembre 2025

Divorcés mais toujours dans le même lit – Chronique du 30 novembre (1)

Bonjour-bonjour

 

Le crise du logement est endémique en France avec des conséquences parfois surprenantes.

Ainsi de ces couples séparés mais contraints de vivre ensemble à cause de la crise du logement. Sachant que la cohabitation peut aller du canapé dans le salon jusqu’au partage … du même lit. (Lire ici)

On ne manquera pas de relever que cette situation constitue une limite : car, et c’est peut-être là le plus significatif, l’arrêt des relations sexuelles apparait comme la marque distinctive de la rupture matrimoniale.

En effet, lorsqu’un homme et une femme ne forment plus un couple, ils peuvent continuer a avoir des relations tout à fait amicales, surtout s’ils ont des enfants – sauf qu’ils n’ont plus de rapports sexuels. Lisez plutôt : « C’est une vie de famille : on a les mêmes habitudes, nos moments de joie, on part en vacances tous les quatre. On n’a juste pas de rapports sexuels » (raconte Maéva qui passe ses nuits sur le canapé du salon - Art. cité) 

 


La sexualité est donc le passage obligé des relations de couple et la survivance tenace de l’idée que le devoir conjugal se résume à cela en est la preuve.

Occasion de réfléchir à l’importance de ces rapports dits « intimes » : on pense que la diffusion des procédés contraceptifs a changé la donne : la procréation était jusque-là toujours liée à l’acte sexuel, au point que Freud lui-même n’hésitait pas à définir la perversion comme le fait d’avoir des rapports sexuels ne débouchant pas sur l’éventualité de la procréation (1).

Mais est-ce que ça change vraiment quelque chose aux relations entre un homme et une femme engagés dans une relation de couple ? Ma génération avait inventé « l’Union libre » et aujourd’hui on se vante de pratiquer le « polyamour » : s’il est vrai qu’on définit la rupture par le fait de ne plus avoir de sexualité commune, alors on se dit que ces pratiques, bien que consenties, ne peuvent pas vraiment porter la marque d’une nouvelle conception de la vie à deux.

Certains pensent que c’est là un fait de civilisation, et qu’on pourrait tout aussi bien dire que la fidélité matrimoniale consiste non à copuler toujours avec la même personne mais à consommer exclusivement la cuisine qu’elle mitonne.

En effet ; seulement ce n’est pas comme cela que les choses se passent.

----------------------

(1) Perversion : « Déviation par rapport à l'acte sexuel “normal”, défini comme coït visant à obtenir l'orgasme par pénétration génitale, avec une personne du sexe opposé » (Laplanche, Pontalis, 1978, p. 307).

mardi 25 novembre 2025

Une sexualité biblique – Chronique du 26 novembre

Bonjour-bonjour

 

On ironise souvent sur l’incapacité de l’Église à comprendre l’importance de la sexualité humaine, allant jusqu’à en faire un obstacle sur le chemin de la rédemption. Un chrétien ne pourrait jouir du sexe sans risquer son âme – à moins bien sûr de n’y chercher que la procréation.  

- On aurait tort, du moins si l’on se réfère à la Note doctrinale « Une seule chair. Éloge de la monogamie » publiée mardi 25 novembre et qui explore la valeur du mariage (lire ici)

 

Ce document envisage les différents aspects du mariage y compris la sexualité en prenant appui sur le chapitre 2 de la Genèse où il est dit que, après la création d’Eve « l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un ».

Le mariage chrétien consiste à faire en sens inverse ce moment de la création : de la séparation de la femme et de l’homme on va vers leur (ré)union – l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre pour ne former qu’une seule chair. 

- La sexualité occupe une place essentielle dans cette fusion qui est issue du don de soi. Certes, pas question de sacraliser le coït comme l’ivresse du transport érotique ; il s’agirait plutôt d’une expérience de la fusion des corps, chacun dépassant ses propres limites par la sensation issues du corps de l’autre.

 


--> Mais attention ! Il ne s’agit pas de limiter ce partage à l’expérience venue du corps de l’autre comme si on disait « Je ressens ton sexe comme le mien et ta langue comme ma langue » - Car la « chair » objet de ce partage désigne dans l’Ancien Testament non seulement le corps mais aussi l’âme dont il est indissociable. 

Mais il y a plus : le don par lequel la sexualité accomplit la prescription biblique de ne faire qu’une seule chair implique un renoncement : la sexualité est le don par lequel chacun renonce à son insularité pour s’ouvrir au partage avec l’autre. Pour le dire en termes plus philosophiques, dans la jouissance il n’est pas question de jouir du corps de l’autre, mais de jouir avec le corps de l’autre, effaçant ainsi son statut d’objet du désir

- Bref : la Bible nous donne une leçon de sexualité par laquelle il s’agit non pas de l’expérience furtive d’un plaisir qui culmine dans l’orgasme, mais d’un instant de consubstantialité, dont l’Église tirera l’idée qu’une telle fusion ne peut se pérenniser que dans l’enfant à naitre.

C.Q.F.D.

mercredi 29 octobre 2025

Dis-moi oui, dis-moi non, dis-moi oui ou non – Chronique du 30 octobre

Bonjour-bonjour

 

"Tout acte sexuel non consenti" est désormais juridiquement considéré comme un viol ou une agression sexuelle. (voir cet article)

Reste à définir 1° l’acte par lequel le consentement est acquis. Et ensuite dire 2° s’il y a des actes par rapport auxquels il ne peut y avoir de consentement.

1° « Dorénavant, le consentement est défini dans le Code pénal comme étant “éclairé, spécifique, préalable et révocable" et ne pouvant "être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime". Le non-consentement sera "apprécié" par les juges au regard des "circonstances".

2° Le texte précise également qu'"il n'y a pas de consentement si l’acte à caractère sexuel est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise, quelle que soit leur nature", une formulation qui maintient les quatre critères utilisés jusqu'ici pour caractériser le viol et les agressions sexuelles. 

- La loi étend en outre la définition du viol en y intégrant explicitement les « bucco-anaux. » : les juges se sont documentés sur youporn dirait-on…

 

Très bien : mais moi, je suis borné – je veux savoir comment se manifeste le consentement. Pour l’instant on sait seulement qu’il doit être explicite, donc affirmé d’une façon non équivoque.

Or, voilà le problème : pour consentir, il ne suffit pas de dire « oui », comme nous le fait remarquer la députée Marie-Charlotte Garin : « Quand c'est non, c'est non. Quand ça n'est pas non, ça ne veut pas dire que c'est oui. Et quand c'est oui, ce doit être un vrai oui (...) et céder ne sera plus jamais consentir »

Du temps du Général, on savait qu’on devait lui répondre par un « Oui » franc et massif. 

Mais ici ?

- Ma mignonne, consentirais-tu à ce que je glisse ma langue dans ton *** ?

- Mais oui Gontrand

- Dis-moi, est-ce bien un oui franc et massif ?

- Bien sûr Gontrand – mais magne toi, j’en peux plus d’attendre.

mardi 30 septembre 2025

Nouveau programme de SVT – Chronique du 1er octobre

Bonjour-bonjour

 

Lu ceci dans cet article du café pédagogique :

1) Le projet de programmes de sciences de la vie et de la Terre du cycle 4 (5ème/4ème/3ème) insiste, comme le précédent, sur la distinction des élèves entre ce qui constitue « un savoir scientifique éprouvé de ce qui relève, soit d’une opinion non prouvée, soit d’une croyance ». 


Pour qui se souvient encore des rodomontades du professeur Raoult, affirmant qu’il possédait un savoir scientifique que des profanes comme les journalistes ne pouvaient comprendre et encore moins critiquer, voilà une bonne nouvelle. Je dirais pour ma part que si cet aspect du programme était assimilé, l’année scolaire en SVT serait une réussite

2) « Il en est de même pour les bases de la procréation humaine avec les cycles féminins, le rapport sexuel et la formation d’une cellule œuf. /…/ » Poursuit ce chapitre qui conclut ainsi : « Le programme inclut clairement la notion de clitoris.» (art. cité)

On le devine : j’accroche sur la référence au « clitoris » qualifié ici de « notion ». 

 

 

 

Le clitoris représenté en majesté ici

 

« Une notion est une connaissance élémentaire, souvent tirée d'observations empiriques. Elle est donc moins élaborée et abstraite que le concept » nous dit Wiki. On comprend que les gamins tout juste pubères n’ont pas droit à plus qu’une brève description.

- Toute fois le philosophe proteste : le clitoris mérite mieux qu’une approche élémentaire et empirique. Car il est le seul organe du corps humain qui apporte de la jouissance sans rien réclamer en échange. Voyez ce qu’il en est chez l’homme : le pénis apporte de la jouissance, oui – mais seulement s’il ensemence la femme. L’espèce est là qui veille au grain : « Tu jouiras, oui – mais à condition de remplir ta fonction fécondatrice ». Inutile d’énumérer les autres zones érogènes du corps : elles ont toutes une utilité pour la survie de l’individu ou pour la propagation de l’espèce.

Voilà au moins quelque chose que nos enfants auraient intérêt à savoir en accédant à la puberté.

vendredi 19 septembre 2025

De l’origine du vice – Chronique du 20 septembre

Bonjour-bonjour

 

Voici une nouvelle qui date… du 26 juillet, mais qui n’a pas perdu de son actualité : « la chanteuse de Lulu Van Trapp termine son concert seins nus pour protester après une agression sexuelle. Au micro, elle déclare le rester « jusqu’à ce que ce soit normal, jusqu’à ce que soit complètement désexualisé d’être comme ça ». (Lire cet article)

 

Alors que les Femens jouent sur les instincts jugés insurmontables qui poussent à braquer le regard sur la poitrine des femmes, Lulu joue sur la culture : il n’est pas inévitable que les femmes se fassent agresser sexuellement. Pour éviter ça, Il suffirait qu’elles soient « désexualisées ».

On va pousser des hauts cris : comment ça « désexualiser » ? La nature a doté le corps humain de zones qui attirent le désir sexuel – on n’y peut rien. Mais alors, comment comprendre l’indifférence des hommes devant les tenues que portent au quotidien les femmes dans différents pays. Ainsi des habits d’été de jeunes femmes occidentales comparées aux femmes talibanes. Les hommes vont-ils agresser les femmes qui se promènent en bikini sur la plage ?

Le corps des femmes peut, selon la façon dont elles le dénudent ou pas de façon coutumière, être désexualisé ou au contraire hyper-sexualisé. Seulement à l’encontre de l’opinion ordinaire, c’est le vêtement qui cache qui sexualise ce qui est caché et celui qui dévoile qui banalise ce qui est dévoilé. Donc Lulu a parfaitement raison.

 

- On a l’habitude d’accuser l’islam de développer l’obsession sexuelle des hommes en faisant des femmes des pièges à fantasmes. Mais restons humbles : le christianisme en a fait tout autant, qu’on se rappelle cette phrase de Nietzsche :

« Le christianisme a donné du poison à boire à Eros. Il n'en est pas mort, mais il a dégénéré en vice. » (Par-delà le bien et le mal § 168)

samedi 6 septembre 2025

L’ennui de Don Juan – Chronique du 7 septembre

Bonjour-bonjour

 

Les français s’ennuient. Et cela se voit là où ça ne devrait jamais apparaitre : au lit, quand se retrouve le couple. 

--> À l'occasion de la Journée Mondiale de la Santé Sexuelle du 4 septembre, l'Ifop a réalisé une enquête auprès de 1 300 Français(es). Il s’agit d’une étude destinée à faire le point sur leur moral quant à leur vie affective et sexuelle : « La proportion de femmes avouant s'ennuyer lors de leurs ébats a explosé, passant de 36% en 1996 à 56% en 2025, soit plus d'une sur deux désormais et 26% trouvent leur sexualité "routinière". De manière générale, les femmes jeunes (moins de 45 ans) souffrent plus de cet ennui que les plus âgées. »  –  on se doute que le ressenti des hommes est à peu près le même. 

On voudrait croire à une perte de libido, et à sa conséquence : la frustration sexuelle. Les un(e)s n’ont plus envie, tandis que les autres sentent que leur désir n’est plus pris en compte. D’une manière comme d’une autre, c’est au lit que le problème prendrait naissance. Il suffirait d’éviter les rapports trop "plan-plan" : 36% des personnes en couple reconnaissent ne pas faire suffisamment d'efforts pour pimenter leur intimité, un chiffre deux fois plus élevé qu'il y a trente ans (17% en 1997). (art. cité)

Les couples ne cherchent plus à innover et la monotonie gagne du terrain de plus en plus tôt : des efforts pour « libertiner » la sexualité devraient être faits.


 


Mais c’est justement là qu’est l’erreur : c’est en amont que le problème se pose. 

« le manque de plaisir ne se résout pas seulement par des positions nouvelles, mais par la qualité du lien. Plus le couple cultive des moments agréables et complices au quotidien, plus l'intimité redevient vivante. Le désir naît d'abord de l'attention portée à l'autre, pas seulement de ce qui se passe dans la chambre. » (art. cité)

- Ici, que dit le philosophe ? Qu’il n’est ni psychiatre ni sexologue et que sa spécialité laisse la libido aux spécialistes ? En réalité, si Freud a intéressé les philosophes, c’est parce qu’il a révélé toute une part de la vie humaine qui avait jusque-là été écartée de leurs analyses. La sexualité n’est pas un îlot séparé du continent de l’âme dont la présence ne jouerait aucun rôle dans la vie des êtres humains. - Eh bien, voilà, que cette étude sur l’ennui nous invite à faire le voyage sexualité-vie humaine dans le sens inverse : non seulement mes pensées sont influencées par ma sexualité, mais réciproquement celle-ci subit les malheurs qui affectent celle-là. Supposez que vous ayez usé les liens qui vous unissaient à votre compagne/compagnon. Comment voulez-vous avoir quelque complicité avec lui/elle ? Et comment avoir de plus fortes émotions sexuelles – dans la mesure où celles-ci demandent d’inventer à deux une aventure amoureuse nouvelle ? Les liens quotidiens ayant usé la révélation de la nouveauté, en inventer d’autres est devenu trop fatiguant - mieux vaut en chercher de nouveaux ailleurs. Mais ce palliatif ne durera pas : Don Juan est un perpétuel insatisfait.

Et si « approfondir le lien », cela signifiait savoir trouver de nouvelles sensations dans de nouvelles situations ? Si on prenait désormais son pied en écoutant ensemble ce diable de don Juan susurrant « La cidarem la mano » ? (par exemple ici)

vendredi 23 mai 2025

Le petit-fils du pape est en réalité son fils (2)

Bien que la sexualité dans l’Église soulève aujourd’hui de très nombreuses interrogations, nous devons nous rappeler qu’elle fut dans le passé encore plus fortement mise en cause – par exemple à propos de la sexualité… des papes.

Pour mesurer l’écart entre nos scandales et ceux dont l’histoire regorge, lisons cet extrait de l’article « Foi » du dictionnaire philosophique de Voltaire où est débattue la question de savoir si le prochain petit fils du Pape Alexandre VI ne serait pas en réalité … son fils.


« Un jour le prince Pic de La Mirandole rencontra le pape Alexandre VI chez la courtisane Émilia, pendant que Lucrèce, fille du saint-père, était en couche, et qu’on ne savait pas dans Rome si l’enfant était du pape ou de son fils le duc de Valentinois, ou du mari de Lucrèce, Alphonse d’Aragon, qui passait pour impuissant. 


La conversation fut d’abord fort enjouée. Le cardinal Bembo en rapporte une partie. « Petit Pic, dit le pape, qui crois-tu le père de mon petit-fils ? — Je crois que c’est votre gendre, répondit Pic. — Eh ! comment peux-tu croire cette sottise ? — Je la crois par la foi. — Mais ne sais-tu pas bien qu’un impuissant ne fait point d’enfants ? — La foi consiste, repartit Pic, à croire les choses parce qu’elles sont impossibles ; et de plus, l’honneur de votre maison exige que le fils de Lucrèce ne passe point pour être le fruit d’un inceste. Vous me faites croire des mystères plus incompréhensibles. »

Voltaire – Dictionnaire philosophique, article Foi

mercredi 30 avril 2025

Éloge de la copulation – Chronique du 1er mai (2)

Bonjour-bonjour

 

Lu ceci dans le magazine Topsanté : « … les hommes devraient éjaculer 21 fois par mois pour réduire de 31 % le risque de développer un cancer de la prostate (par rapport à ceux qui éjaculent entre quatre à sept fois par mois). Bien que le mécanisme exact de ce phénomène ne soit pas entièrement élucidé, les scientifiques estiment que l'éjaculation pourrait contribuer à éliminer les substances cancérigènes de la prostate. »

Pour ne pas oublier les dames, l’article poursuit : « Cette recherche n'est pas sans rappeler une précédente étude publiée dans la revue Breast Cancer Research. Chez les femmes, une activité sexuelle régulière peut également contribuer à réduire le risque de cancer du sein. Les auteurs de l'étude pensent que l'ocytocine, une hormone libérée lors des rapports sexuels, pourrait avoir un effet protecteur sur le tissu mammaire. »

 

--> Un bon point pour ceux qui « pensent à ça » souvent. Mais aussi une question pour les paresseux du samedi soir qui préfèrent une séance canapé télé-pizza à une soirée de drague en boite : une bonne masturbation pourrait-elle suffire ? 

Pas vraiment. Lisons encore : « En favorisant la libération d'hormones qui renforcent le système immunitaire, en éliminant les substances cancérigènes et en favorisant un mode de vie sain, le sexe peut être un outil précieux dans la lutte contre le cancer ». 

= Il faut en effet prendre en compte le « mode de vie sain » sans lequel ces performances copulatrices ne seraient pas envisageable. 

J’ai eu par le passé un coiffeur qui me disait que faire l’amour c’était comme « faire 4 kilomètres à pied ». Alors, je fais les comptes : 21 fois x 4km = 84 km à pied. Soit 20km par semaine. Faisable ? Oui, mais ça nécessite quand même la volonté de se maintenir en forme. 

En tout cas, ne pas oublier quand on s’envoie en l’air que, si ce n’est pas de l’amour, c’est au moins de la prudence.

jeudi 23 janvier 2025

Éducation à la vie affective et sexuelle : un abrégé – Chronique du 24 janvier

 

Bonjour-bonjour

 

Connaissez-vous ce que contient le programme pour l’Éducation à la vie affective et sexuelle qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2025 ? Non ?

- Vous allez dire que c’est un peu tard pour vous soucier d’apprendre un tel programme. Peut-être (ou pas ?) mais il n’est pas top tard pour savoir de quoi vont parler les ennemis de ce programme qui vont l’accuser de provoquer la dégénérescence de l’Occident.

- Passons sur le programme de l’école maternelle et élémentaire (voir ici) et attardons-nous sur le collège et le lycée.

« - En 6e  ils doivent appréhender les changements du corps et le respect des autres l'orientation sexuelle et le fait de développer librement leur personnalité, » 

- notamment en 5e où ils apprennent à "différencier sexe, genre, orientation sexuelle et respecter leurs diversités".

- En 4e, la sexualité est abordée comme une "réalité complexe" ("pouvant faire intervenir le plaisir, l'amour, la reproduction, etc") et en termes de santé (dont la prévention des risques). Les "incidences des réseaux sociaux sur les relations" sont aussi évoquées.

--> Résumons : respect du corps et des personnes va de paire avec le développement « libre » de sa personnalité. Autant dire que nulle normalisation ne doit paraitre.

- En 3e, les élèves doivent être amenés à "interroger les liens entre bonheur, émotion et sexualité", "savoir reconnaître et caractériser des contextes de danger et de vulnérabilité" (risques, mécanismes d'emprise...), les violences sexuelles ou les discriminations.

--> Comprendre le lien entre « bonheur émotion et sexualité » : bigre ! J’en connais qui se feraient recaler parmi ceux ou celles qui rentrent de boite avec « leur coup du soir » !

- La classe de seconde permet d'"explorer les tensions entre l'intime et le social" (dont la protection à l'ère des réseaux sociaux). Les élèves doivent, entre autres, "comprendre que les différences biologiques entre les femmes et hommes ne déterminent pas les expressions, les comportements et les rôles attribués au genre 'masculin' et 'féminin'". Pour la première fois dans le programme, il est proposé, "à partir de témoignages", de leur faire "prendre conscience que le sexe biologique peut ne pas correspondre à son identité de genre".

--> Alors là, j’applaudis des deux mains, mais j’exige que chacun, dès qu’il est en âge de rencontrer ses semblables et de les différencier les uns des autres soit capable de réciter et de commenter ces leçons. Bien entendu la formation des enseignants doit être à la hauteur.

La première doit permettre d'aborder "les conduites, tentations, plaisirs et risques" (à travers par exemple l'étude d'œuvres).

--> Là place aux grands classiques (La princesse de Clèves ?)

La terminale "rassemble les acquis permettant à l'élève d'appréhender la sexualité en jeune adulte responsable". Il s'agit, entre autres, de "savoir résister individuellement et collectivement aux violences sexistes et sexuelles et aux discriminations liées au sexe, à l'identité de genre, à l'orientation sexuelle".

--> Hummmm ! Voici le moment venu d’ouvrir l’œuvre du Marquis de Sade….

samedi 16 novembre 2024

Faites des bébés – Chronique du 17 novembre

Bonjour-bonjour

 

Les campagnes natalistes qui se développent un peu partout dans le monde (de l’Europe à la Corée du sud) cherchent le biais capable de motiver le passage à l’acte (sexuel) qui faciliterait la naissance des bébés. D’autres, bien que soutenant le même objectif, estiment que c’était mieux avant, quand la nature était seule à gérer les familles, et que la procréation n’était là que parce que le Bon Dieu l’a voulu.

Mais aujourd’hui, il en va tout autrement : le calcul économique vient se mêler à l’affaire, comme le montre cette publicité pour Durex (= marque de préservatif)

 



On objectera que ce calcul peut être contrebalancé par bien d’autres comme celui de laisser une trace qui nous survivra, ou celle d’un amour fusionnel avec le gamin produit par cette fusion. Mais, dans tous les cas, on aura toujours la même situation : une volonté éclairée à l’origine de la procréation – ou de son refus.

 

- Or la situation la plus courante est justement qu’à l’inverse, la relation sexuelle soit exclusive de ce qu’elle va engendrer. Nos penchants sensibles n’impliquent généralement pas la représentation du mécanisme déclenché par leur satisfaction : l’alcool consommé fait oublier la gueule de bois et la repas plantureux les kilos en trop. On irait même jusqu’à insinuer que ce souci (« Chéri, tu as un préservatif ? ») serait le signe d’une tiédeur de mauvais aloi. 

Que devons-nous faire ? Écouter notre cœur ou suivre notre intérêt rationnel ?

Nous avons opposé la nature qui nous porterait par ses impulsions et la culture qui nous guiderait par ses déductions. Mais c’est oublier un peu vite que la nature elle-même, grâce au mécanisme de l’évolution nous a doté d’un cortex préfrontal « qui joue un rôle dans le contrôle exécutif tel que la planification et le raisonnement déductif (changement de l'ensemble des règles en cours set-shifting, résolution de problèmes complexes, récupération de souvenirs en mémoire à long terme, stratégies d'organisation et mémoire de travail). » (Art Wiki ici)

Ainsi, même quand nous n’avions aucune possibilité de savoir si un rapport sexuel aurait une chance d’être ou non fécond, toutes sortes de règles culturelles nous gouvernaient déjà.

mercredi 28 août 2024

Faut-il donc « galantiser le sexe » ? – Chronique du 29 aout

Bonjour-bonjour

 

Le magazine Elle consacre cet article aux nouveaux rapports entre homme et femme depuis #meetoo. On y trouvera les principaux points sur les quels ont été sondé(e)s les femmes et les homme d’aujourd’hui, nous contentant de nous arrêter sur la question de la galanterie.

 

 

--> Comme le montre ce sondage, alors que les femmes les plus engagées dans le féminismes restent hostiles aux attentions et gestes de bienveillance venus des hommes, jugés infantilisants et humiliants, une majorité de femmes – y compris les plus jeunes – constatent que « les femmes restent attachées à ce qu'elles perçoivent plus comme une forme de respect et de bienveillance que comme une forme de sexisme incompatible avec le féminisme » (Sondage à retrouver dans l’article cité)

 

Humiliant ? Infantilisant ? Faut-il donc en arriver là ? Les sondages disent que non, attitude que la professeure de lettres féministe Jennifer Tamas résume parfaitement dans « Peut-on encore être galant ? » (éd. Seuil, en librairie le 6 septembre), un texte bref et engagé dont la conclusion offre une synthèse implacable : « Au lieu de sexualiser la galanterie, il faut galantiser le sexe pour le rendre plus ludique, plus respectueux et plus joyeux. »                         

 

« Galantiser le sexe » : je note. Ainsi il serait galant que les messieurs aident leur compagne à retirer leur petite culotte le moment venu. Ou qu’ils lui permettent permette de parvenir en premier à l’orgasme avant eux-mêmes (ce qui d’après de ce que sais n’est pas la conduite habituelle). 

Stop ! Arrêtez donc de me taper dessus- c’est une féministe qui dit ça – pas un affreux phallocrate !

D'ailleurs je vous laisse imaginer les gestes de galanterie plus joyeux et plus ludiques à inventer dans cette circonstance : ça fait partie des fantasmes de l’amour

mercredi 17 juillet 2024

Et Dieu dans tout ça ? – Chronique du 18 juillet

Bonjour-bonjour

 

Un mythe s’écroule. Dans un rapport porté par les associations qu’il a lui-même créées, l’abbé Pierre, mort en 2007 à l'âge de 94 ans, est accusé d'agression sexuelle par sept femmes, dont une mineure au moment des faits, qui se seraient déroulés entre 1970 et 2005. (Lu ici) A noter que le plus récent témoignage porte sur des faits ayant eu lieu alors que l'abbé avait... 92 ans !

Baisers profonds, attouchements non consentis et tout cela de la part de celui qu’on avait fini par considérer comme un saint et qui était une conscience morale assez puissante pour aller faire la leçon jusqu’à l’Élysée – ajoutez à cela la sidération des victimes dont l’une s’est sentie harcelée par Dieu Lui-même : rien de cette situation ne parait imaginable

 

Sœur Véronique Margron, présidente élue de la conférence des religieuses et religieux en France (Corref), très en pointe dans le combat contre les abus sexuels dans l'Église exprime son désarroi : « ... son action – indiscutable – a interdit toute vigilance, tout esprit critique, tout courage peut-être même de ceux qui l'ont entouré, devant ses comportements indignes et coupables ». On comprend que l’aura de sainteté de l’abbé, a non seulement rendu possible l’abus de pouvoir envers les femmes victimes, mais a aussi interdit toute réaction de la part des témoins.

Dans un livre-confession publié en 2005 (1) l’abbé Pierre révèle son attirance sexuelle pour les femmes : « Il m'est arrivé de céder à la force du désir de manière passagère ». Pourtant il voyait dans la fugacité de ses pulsions un rempart contre le péché en empêchant l’enracinement d’une liaison profonde. Au fond, le harcèlement et l’agression étaient à ses yeux un motif allégeant la gravité de ses gestes : ça aurait pu être pire.

 

Oui – mais comment ses victimes ont-elles vécu ces situations ? Après avoir gardé le silence depuis près de 50 ans, elles parlent à présent, portées par la vague #meetoo. Certaines soulignent leur désarroi d’être ainsi agressées : « J'ai l'habitude de me défendre, mais là, c'était Dieu. Comment faites-vous quand c'est Dieu qui vous fait ça ? » s'interroge l'une de ces femmes.

Au-delà du sacrilège contenus dans ces propos, nous devons nous interroger. C’est en effet une prétention des gourous qui imposent des rapports charnels à des femmes membres de leur secte : par leur intersession, c’est Dieu en personne qui les féconde. On a l’habitude de prendre cette soumission comme une situation imposée par le dominateur sectaire. Ici et pour autant qu’on sache, l’Abbé Pierre n’a pas eu cette prétention, mais pourtant elle a été bel et bien ressentie.

Aurait-on ici une réaction féminine en présence d’un rapport sexuel imposé ? Quelque chose qui relèverait de la psychologie des profondeurs ? En tout cas on doit profiter de cette situation pour s’interroger : 

Et Dieu dans tout ça ?

 

---------------------------------------

(1) Frédéric Lenoir « Mon Dieu… pourquoi ? » (Plon) (Publié en 2005

samedi 22 juin 2024

Pourquoi cela dure-t-il si longtemps ? – Chronique du 23. Juin

Bonjour-bonjour

 

Messieurs, quand vous faites crac-crac, ça dure combien de temps ? Une étude scientifique, expérience à l’appui l’a montré : la durée moyenne d’une rapport sexuel est de 5,4 minutes évaluée sur une période de quatre semaines.

Allez vous illico vous chronométrer pour vous situer dans cette échelle, espérant durer plus longtemps que la moyenne ?

Ridicule orgueil masculin, car la bonne question est de se demander : Pourquoi cela dure-t-il si longtemps ?  

En effet, termes d’efficacité pour la préservation de l’espèce, le seul intérêt de la copulation est la délivrance du sperme dans le vagin : ce qui pourrait être quasi instantané. Alors pourquoi de si longs ébats ? Parce que « ça fait plaisir » ? Mais l’espèce n’a que faire du plaisir : ce qu’elle demande c’est que la semence arrive à bon port ; un point c’est tout.

Une expérience menée par différents chercheurs montre que les mouvements répétés de l’homme pourraient avoir pour objectif d’éloigner le sperme laissé par d’autres hommes, et ainsi de s’assurer, au moment de l’éjaculation, que ses petits nageurs auront les meilleures chances d’atteindre l’ovule les premiers. Ce phénomène pourrait d’ailleurs expliquer pourquoi l’homme éprouve de la douleur lorsqu’il poursuit ces mouvements après l’éjaculation : il risquerait alors d’évacuer son propre sperme.

Car, voyez-vous, le but du rapport sexuel c’est de permettre aux spermatos de gagner la course contre la concurrence. J’explique :

- Monsieur, vous qui rentrez du travail à 20h et qui vous mettez au lit à 21h vite-vite pour féconder votre Dulcinée, savez-vous si elle n’aurait pas fauté dans l’après-midi vous laissant pénétrer dans ses organes déjà ensemencés par toutes sortes de petites graines ?

 

Allez-vous vous fâcher et mettre l'inconstante à la porte ? Mais non ! Contentez-vous de copuler assez longtemps pour évacuer par un énergique va-et-vient ces envahisseurs. 

-----------------------------

NB – Notre époque soucieuse de parité demandera : « Et les femmes ? Quel est leur intérêt dans la chose ? » Eh bien on peut imaginer qu’elles attendent que Monsieur ait terminé sa petite affaire parce que, voyez-vous, l’intérêt de l’espèce quelles portent, c’est simplement d’être fécondée. Après, savoir si le copulateur ressemble à Alain Delon, ça n’a strictement aucune importance. Non pas qu’il n’y ait aucune préférence, mais que chacune a la sienne, ce qui prouve qu’on n’est pas dans le registre universel – celui de la propagation de l’espèce.


lundi 3 juin 2024

Face à #metoo : que savons-nous de nos actes ? - Chronique du 4 juin

Bonjour-bonjour

 

Six femmes accusent Edouard Baer d'agressions sexuelles et d'attitudes "déplacées" – parfois plus simplement de harcèlement.

L’intéressé a répondu : « Je ne me reconnais pas dans les mots ou les gestes qui me sont attribués… Je ne peux qu'exprimer mes regrets que mon comportement ait mis mal à l'aise ou blessé ces femmes. Je n'ai pas eu l'intelligence de le percevoir. J'en suis profondément désolé ».

Son amie Sandrine Kiberlain a renchéri : « J'aime trop Édouard pour le réduire à ce dont on l'accuse. Et même en parler, je trouve que c'est y accorder trop d'importance. Il a très bien su s'excuser lui-même, ce qu'il a dit est très parlant, il est intelligent ». (Lu ici)

 

Des regrets, pas des remords : est-ce grave ?

Oublions un instant le caractère odieux des actes reprochés, et cherchons seulement comment ils ont été vécus par leur auteur : « mains baladeuses », « flirt appuyé », « laisser aller de fin de journée », tout cela n’était finalement vécu que comme des gestes sans intention de nuire, réalisés avec la tolérance que seul contestait alors le respect de la morale.

Oui, c’était cela : on voyait alors dans ces gestes quelque chose qui offensait la morale, et pas du tout la femme qui les subissait. Bien sûr on se rendait parfois compte qu’elle n’était pas d’accord.  Mais après tout n’était-pas là la preuve de l’intérêt qu’elle suscitait ? Une valeur qui lui était accordée ? Était-ce du cynisme ? En ce cas on disait qu’il était innocent car inconscient de la souffrance de la femme qui était victime de ces gestes. 

Bien sûr on avait le moyen de comprendre que ces gestes ne pouvaient être tolérés simplement parce qu’on ignorait leur conséquences. Mais bof... Cette souffrance n’avait pas de poids devant la bienveillance que ces agressions suscitaient.

 

- On avait pourtant les moyens de réfléchir à ce que cette complaisance recouvrait : éviter à des femmes d’être qualifiées de « mal baisées », ou encore un hommage rendu à sa jeunesse et à sa beauté : « Profites-en, tant qu’il y a de la demande. », c’était les définir comme objet sexuel, dont la valeur dans la société consistait à les identifier à leur tour de poitrine ou à l’ombre de leur entrejambe.

Avait-on le droit d'ignorer ça ?

Quand bien même les intentions seraient restées pures, il y a de la pureté coupable.

Et ça, c’est grave.

dimanche 12 mai 2024

Nemo : le troisième sexe – Chronique du 13 mai

Bonjour-bonjour

 

Le concours de l’Eurovision de la chanson (37 participants) a été remporté par le chanteur suisse Nemo, artiste non-binaire de 24 ans.

- Non-binaire ? Qu’est-ce donc ? 

En termes de logique classique il n’y a que deux possibilité : être vrai ou faux ; ou bien avoir telle caractéristique ou ne pas l’avoir. Par exemple être homme ou femme ; or voici que la non-binarité nous explique qu’il y a une troisième option, que les logiciens désignent comme « indécidable » quand on ne peut trancher entre les deux possibilités en présence. 

- Donc Nemo ne se reconnait ni homme, ni femme – qu’est-ce à dire ?

Selon " Question sexualité ", le portail gouvernemental d’information, « La non binarité, c'est tout simplement le fait de ne pas se reconnaître comme strictement femme ou strictement homme. Les personnes non-binaires peuvent ne se sentir ni homme ni femme, les deux, ou toute autre combinaison des deux. Le terme « non-binaire » désigne donc toutes les possibilités en dehors d'une identité strictement féminine ou masculine. »

Là-dessus les scientifiques se cabrent : la sexualité n’est qu’une façon pour la différence homme/femme de s’exprimer. Car elle résulte d’un facteur génétique : les femmes possèdent un chromosome XX et les hommes XY. Chaque cellule du corps de Nemo est porteuse du chromosome XY, et rien ne l’empêchera jamais.

Pourtant il se passe dans ces cas-là quelque chose qui n’est pas rien - occasion de rappeler la distinction sexe/genre : « l’identité de genre, c’est autre chose (que l’identité biologique). Il s’agit du sentiment profond de qui on est. Et ce sentiment ne correspond pas toujours au sexe biologique. » rappelle le portail cité. Donc, ce que nous appelons habituellement un homme ou une femme se trouve identifié par des caractéristiques socio-culturelles, qui dépendent de la société, de l’histoire, de choix personnels – et non uniquement de facteurs génétiques. 

--> Ce que nous appelons le « sexe » d’une personne est donc fait de deux éléments : un facteur génétique d’une part ; un facteur psychologique de l’autre. Et on est en grande difficulté quand il faut faire le partage entre les deux : où s’arrête le facteur génétique ? Où commence l’aspect psycho-culturel ?

Les homophobes sont des gens qui affirment que le facteur psychologique n’est pas constitutif de l’appartenance à la masculinité ou à la féminité : tout est biologique et les écarts sont des anomalies. Les gens qui sont favorables à la reconnaissance du facteur trans-genre estiment que nous devons les reconnaitre comme … non binaires, leur attribuer un pronom personnel caractéristique ("iel") et ne pas les stigmatiser selon leur apparence un peu excentrique.

dimanche 28 avril 2024

À quoi ressemblerait une société sans homme ? – Chronique du 29 avril

Bonjour-bonjour

 

Comment définir le féminisme radical ? A cette question l’actualité répond aujourd’hui par l’exemple de la Corée du sud où le mouvement féministe "4B" prône le renoncement aux hommes. ( Le terme "4B" est un raccourci pour quatre mots coréens qui commencent tous par bi, la marque de négation en coréen. (Lu ici)

Et pour ceux qui n’auraient pas compris, l’article cité ajoute : « Ces femmes se refusent 4 choses : "bihon", pas de mariage hétérosexuel, "bichulsan" pas de maternité, "biyeonae" pas de rencontres, et" bisekseu" pas de relations sexuelles hétérosexuelle » 

Bref, il s’agit d’éradiquer toute présence masculine, dans l’environnement féminin aussi bien que dans les structures sociales qu'elles fréquentent. Plus de mixité, plus de famille et bien sûr plus d’hétérosexualité.

o-o-o

À quoi ressemblerait une société sans homme ? Difficile de répondre ? Il suffit pourtant de chercher du côté de son symétrique : une société sans femmes. Parce que là, les exemples ne manquent pas – dont le cas le plus célèbre (mais pas unique) est celui des moines du Mont Athos, en Grèce, qui refusent tout ce qui est féminin, les femmes bien sûr, mais aussi les poules pondeuses. 

Vous voulez quelque chose de plus proche de la réalité ? De façon plus ponctuelle mais en même temps aussi radicale, nous pouvons citer l’interdiction des femmes dans la liturgie catholique, qui a été effective jusqu'à une date récente dans le domaine  des chants d’église. Jugez plutôt : « Dès le 11ème siècle les chœurs de femmes sont définitivement interdits dans les églises. À l’inverse, les écoles et les chœurs professionnels masculins se multiplient. Ce n’est qu’en 1953 qu’une nouvelle réforme, avec cette fois le pape Pie XII autorise enfin les femmes à chanter pendant la messe (à condition de se tenir éloignées de l’autel) » – Lire ici.

 

On haussera les épaules en observant que ce ne sont là que fantasmes et que pour que des hommes existent il faudra toujours des femmes pour les pondre. Mais cela ne change rien au désir, qui lui est bien réel. Et ce désir s’exprime bien réellement dans les pressions patriarcales, comme celle de quitter son travail après la maternité, ou encore les violences domestiques qui atteignent 40% en Corée.

--> Que les fantasmes les plus incongrus soient ridicules et dérisoires ne signifie pas pour autant qu’ils n’ont pas d’effets bien concrets dans des comportements qui restent incompréhensibles sans eux. Dans le cas de la haine des femmes il suffit de regarder ces chiffres que nous venons de citer. 

Toutefois, si la Corée du Sud est effectivement marquée par la haine des femmes, dirons-nous qu’elle n’est pas pour autant marquée par la haine des hommes ? 

Il est vrai que le mouvement 4B est totalement minoritaire. Mais il serait dangereux d’ignorer que le taux de naissance est exceptionnellement bas en Corée.

Comme si les coréennes voulait assurer leur autonomie en réservant leur temps à leur carrière plutôt qu’à la maternité.

vendredi 19 avril 2024

Et le sexe dans tout ça ? – Chronique du 20 avri

Bonjour-bonjour

 

Devant la multiplication des épisodes de violence, que ce soit du fait de guerres ou dans les relations sociales gangrénées par le fanatisme, beaucoup s’interrogent : d’où vient cette prédilection de l’humanité pour son autodestruction ? Et comment se fait-il que malgré cela l’humanité persiste et prolifère, atteignant un chiffre astronomique qui risque de menacer la survie de l’espèce par l’impossibilité de nourrir tous ces gens ?


C’est Malthus qui le premier a posé le problème en 1798 dans son ouvrage fondateur « Essai sur le principe de population ». Il y démontrait que l’équilibre entre une population et les ressources du milieu s’établissait à un niveau très bas, de sorte que les peuples parvenus à ce point ne pouvaient qu’à peine subvenir à leurs besoins. Il préconisait donc de contrôler les naissances afin maintenir le chiffre de la démographie en deçà de cette situation de survie misérable.

En sorte que d’un côté l’espèce humaine a tendance à proliférer, mais de l’autre il lui faut aussi un penchant à l'auto-destruction afin de purger l’excédent de population.


--> D’un côté les femmes qui font des enfants, de l’autre les hommes qui les détruisent.

Ce que les artistes ont exprimé sans détour : 

 

 

A gauche l’Origine du monde (Courbet) – A droite l’origine de la guerre (ORLAN)

 

Certes nous devrons affiner l’analyse : la sexe masculin a deux fonctions bien distinctes : d’une part procréer, et d’autre part susciter la violence par les hormones qu’il secrète.

Mais c’est l’occasion de comprendre que, si la nature nous a dotés comme toutes les espèces de la faculté de nous perpétuer, elle nous a aussi donné les hormones de la violence et de l’autodestruction. 

Vous détestez la guerre ? Alors, castrez les messieurs ; mais alors dites adieu à l’espèce humaine.