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mercredi 30 avril 2025

Éloge de la copulation – Chronique du 1er mai (2)

Bonjour-bonjour

 

Lu ceci dans le magazine Topsanté : « … les hommes devraient éjaculer 21 fois par mois pour réduire de 31 % le risque de développer un cancer de la prostate (par rapport à ceux qui éjaculent entre quatre à sept fois par mois). Bien que le mécanisme exact de ce phénomène ne soit pas entièrement élucidé, les scientifiques estiment que l'éjaculation pourrait contribuer à éliminer les substances cancérigènes de la prostate. »

Pour ne pas oublier les dames, l’article poursuit : « Cette recherche n'est pas sans rappeler une précédente étude publiée dans la revue Breast Cancer Research. Chez les femmes, une activité sexuelle régulière peut également contribuer à réduire le risque de cancer du sein. Les auteurs de l'étude pensent que l'ocytocine, une hormone libérée lors des rapports sexuels, pourrait avoir un effet protecteur sur le tissu mammaire. »

 

--> Un bon point pour ceux qui « pensent à ça » souvent. Mais aussi une question pour les paresseux du samedi soir qui préfèrent une séance canapé télé-pizza à une soirée de drague en boite : une bonne masturbation pourrait-elle suffire ? 

Pas vraiment. Lisons encore : « En favorisant la libération d'hormones qui renforcent le système immunitaire, en éliminant les substances cancérigènes et en favorisant un mode de vie sain, le sexe peut être un outil précieux dans la lutte contre le cancer ». 

= Il faut en effet prendre en compte le « mode de vie sain » sans lequel ces performances copulatrices ne seraient pas envisageable. 

J’ai eu par le passé un coiffeur qui me disait que faire l’amour c’était comme « faire 4 kilomètres à pied ». Alors, je fais les comptes : 21 fois x 4km = 84 km à pied. Soit 20km par semaine. Faisable ? Oui, mais ça nécessite quand même la volonté de se maintenir en forme. 

En tout cas, ne pas oublier quand on s’envoie en l’air que, si ce n’est pas de l’amour, c’est au moins de la prudence.

mardi 19 novembre 2024

Mon corps, mon choix – Chronique du 20 novembre (2)

Bonjour-bonjour

 

Les femmes ont pris pour slogan de leur indépendance par rapport aux hommes cette formule (« My body, my choice ») pour dire que tout ce qui concerne leur corps, comme la liberté de procréer ou de vivre là et comment elles le souhaitaient ne dépend que d’elles-mêmes. Leur corps est alors entièrement soumis à leur volonté exclusive, un peu comme un objet.

C’est cette définition comme objet, qui est pris par la justice comme donnant un statut au corps des femmes, excluant par ce fait qu’on attribue à celui-ci le statut d’une personnalité de droit. 

Dit comme cela ça peut paraître bizarre mais ne l’oublions pas : l’objet est toujours défini par rapport à un sujet qui en use à sa guise : le galet sur la plage n’est un objet que lorsqu’un promeneur, attiré par sa forme, le ramasse. Le corps d’une femme est un objet par rapport à une personne qui en fait un certain usage : alors que les femmes considèrent qu’elles sont les seules à exercer légitimement un pouvoir sur leur corps, les hommes le contestent avec leur slogan démarqué de celui des femmes : « Your body, my choice »

On sait que les femmes font de leur slogan « My body, my choice » le fer de lance de leur droit à l’avortement, l’embryon qu’elles portent étant considéré alors comme une excroissance de leur corps et non comme une personne déjà autonome – ce que contestent comme on le sait les « pro-life » qui affirment que le fœtus est dès le premier jour un enfant dont la vie est sacrée.

Depuis l’antiquité à nos jours, les femmes ont revendiqué le droit d'exercer sur leur corps un droit inaliénable d'en user comme elles le souhaitent. C’est ainsi que de nos jours certaines parties du corps sont modifiées à volonté : ainsi des nez réduits ou des seins grossis, de ces fesses plates rendues rebondies ou de la peau avachie retendue.

On croira peut-être qu’il s’agit-là de transformations qui n’existent que depuis peu. C’est vrai qu’on a aujourd’hui le bistouri agile. Mais rappelez-vous : les amazones qui se coupaient un sein qui les encombrait fort pour tirer à l’arc ;




... ou ces petits garçons qu’on castrait pour conserver à l’âge adulte leur voix cristalline d’enfant. Ils étaient supposés en droit de le faire à condition d'avoir un droit total sur eux-mêmes, c’est-à-dire sur une partie de leur corps investi d’un projet. En tant que sujet humain, j’ai le droit de faire ce que je veux de mon corps-objet

Kant dira qu’il est immoral de considérer qui que ce soit comme un objet : le garçon de café est bien un objet puisqu’il est là pour me servir ; mais il est interdit de ne le considérer que comme tel : d’où le respect que je lui dois. Mais ce même principe s'exerce par rapport à moi-même : je dois me respecter.

La philosophe en tire une interdiction de la masturbation parce que cela revient à considérer son propre corps à un certain moment uniquement comme un objet : ainsi je n’aurais pas le droit de m’amuser avec mon kiki parce qu'il ne serait qu'objet séparé de mon corps-organisme. C’est très bizarre…

mercredi 6 mars 2024

La valeur et la norme – Chronique du 7 mars

Bonjour-bonjour

 

La polémique autour des abus sexuels dans le milieu du cinéma est à peine audible tant les victimes sont bruyantes. Pourtant certaines voix, dont celle de Fanny Ardent persistent à se faire entendre : non Gérard Depardieu ne peut avoir été violent avec des femmes, seule la justice pourrait à condition d’en apporter la preuve démentir capable cette certitude.

Propos bénins mais entendus de façon généralisante par Marilou Berry, fille de Richard Berry, dont le nom a été dénoncé pour pédophilie et inceste. Voici ce qu’elle a déclaré à propos de Fanny ardent : « Je sais qu'elle fait partie d'une génération où la norme, c'était de fermer sa gueule, voire d'accepter de coucher pour obtenir un rôle. Et puis, c'est difficile d'admettre qu'on appartient à ce système » Marilou Berry, elle, incarne une génération qui refuse le silence et la passivité face aux accusations d'abus sexuels, appelant à une remise en question profonde des mentalités. (Lu ici)

Autrement dit, le refus des violences sexuelles dépend non d’une valeur ni d’une loi, mais du respect ou du refus d’une règle admise comme norme – et qui peut bien sûr changer avec le temps.

- Que dirait la valeur mise en cause ici ? Kant répond avec la seconde formulation de l’impératif catégorique : « Agis de telle sorte que tu traites toujours l'humanité en toi-même et en autrui comme une fin et jamais comme un moyen » (1) Il est clair que la sexualité ne saurait déroger à cette loi, qui consiste à toujours considérer autrui comme un sujet libre, quand bien même on l’utiliserait comme objet dans un rapport sexuel (2).

- On voit le chemin qui sépare la valeur de la norme qui suppose un simple accord sur des règles et qui ne tire son autorité que de là : « Ce qu’il faut faire, c’est ce sur quoi nous sommes d’accord » Donc si on estime « normal » que des starlettes soient violées par des producteurs, à condition que cela soit « rétribué » par l’octroi d’un rôle dans un film – hé bien, que cela soit ainsi.

Vous protestez, disant que jamais on n’a conçu le viol comme normal et autorisé selon une règle. Soit. Mais changeons le nom – parlons par exemple de « Promotion canapé » et le tour est joué.


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(1) Les trois formulation de l'impératif catégorique sont : « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée par ta volonté en une loi universelle ; agis de telle sorte que tu traites toujours l'humanité en toi-même et en autrui comme une fin et jamais comme un moyen ; agis comme si tu étais à la fois législateur et sujet dans la république des volontés ... » Kant – Métaphysique des mœurs 

(2) Kant va jusqu’à utiliser cette règle pour condamner la masturbation qui consiste à se prendre soi-même comme un pur objet de jouissance.

mercredi 15 janvier 2020

Affaire Preynat : « Cela pouvait être quatre ou cinq enfants chaque semaine de camps »

Parmi les victimes Pierre-Emmanuel Germain-Thill, abusé pour la première fois à l’âge de 10 ans en 1989. « Au fil du temps, il est allé plus loin. Ces gestes étaient de plus en plus appuyés, se souvient-il. Il me caressait le sexe d’un mouvement circulaire de la main ». Au total, une « cinquantaine de fois » en quasiment trois ans, évoque le jeune homme. 
L’ancien curé demande pardon mais revient progressivement sur les faits qu’il a reconnus en garde à vue. Les baisers imposés sur la bouche ? « Non, ce n’était pas ma méthode. Je ne mettais pas la langue », insiste-t-il à plusieurs reprises, faisant état de « bisous sur les yeux ou les sourcils ». Des mains passées dans les slips ? « Seulement » sur le corps ou les cuisses, répond-il à certaines victimes. Des demandes de masturbation ? « Pas pour lui ».
Il y a également les caresses imposées à la vue de tous dans les cars ramenant les scouts de leur séjour à la montagne ou à l’étranger.
« Je vous accorde qu’il n’y a pas eu de dénonciation pour des faits datant d’après 1991 mais l’analyse que vous livrez sur votre volonté est un peu… limite », relève la vice-procureure, Dominique Sauve.
- On a bien lu : les caresses pendant les déplacements des scouts étaient vues de tous : personne n’en a parlé. Était-ce tellement habituel donc normal ?
En tout cas on constate que ça a duré 20 ans, que ça se passait il y a maintenant presque 50 ans, et que durant tout ce temps, rien ne s’est ébruité. Je dis : ébruité pour montrer qu’on savait mais qu’on n’en parlait pas au-delà d’un cercle très restreint de familiers. La respectabilité d’un prêtre doublée de l’autorité personnelle de celui-ci a suffi à imposer le silence à tous, y compris aux parents. 
Quand on ajoute à tout cela la bienveillante tolérance durant toute cette période concernant les agissements de Gabriel Matzneff, on comprend que la criminalisation de la sexualité n’était alors pas du tout ce qu’elle est devenue aujourd’hui. On en était arrivé à penser que des actes sexuels prédateurs ça n’existait "presque" pas (sauf viols avérés biens sûr) et que la participation à de tels ébats ne pouvait pas faire de mal, sous réserve que le consentement soit acquis. 
Irons-nous jusqu’à dire que l’on pensait que leur interdiction ferait plus de mal que leur tolérance ?
A l’aune de quelle justice va-t-on condamner le père Preynat ? De celle qui a tenu pour vénielle les fautes de Gabriel Matzneff ? Ou de #metoo ? On ne se pose pas la question car on pense toujours que la justice est unique et universelle, intemporelle même. 
En tout cas, à la barre Bernard Preynat se repent mais ne fléchit pas : « Je n’ai jamais recommencé ».
Cela suffira-t-il pour l’absoudre ?

lundi 5 novembre 2018

#NONUTNOVEMBER : NE PAS ÉJACULER PENDANT UN MOIS POUR AVOIR PLUS DE PLAISIR

Des internautes ont décidé de se lancer un défi un peu particulier… Le principe ? Se retenir d’éjaculer, et donc s’interdire tout rapport sexuel ou toute activité de masturbation pendant tout le mois de novembre. (Lu ici)
o-o-o
Ah… J’en connais qui vont ricaner et me dire : « toi, compte tenu de ton âge tu ne dois pas avoir trop de mal à tenir le challenge ! »
Ricanez tant que vous voudrez, et admettez que, quel que soit son âge, un homme a bien le droit de réfléchir à la continence sexuelle volontaire.
On lira l’article référencé, mais surtout on n’oubliera pas qu’il s’agit de s’abstenir de toute éjaculation durant le mois de novembre uniquement pour maximiser la jouissance et non pas pour accéder à une pureté qui permette d’approcher Dieu.

Ceci posé, on se retrouve dans un schéma bien connu des épicuriens : si le plaisir est le souverain bien, on doit rechercher le plaisir maximum, quitte à renoncer à des plaisirs secondaires qui empêcheraient d’accéder à cet acmé.
Pourquoi pas ? On gère bien la nourriture en freinant les grignotages pour avoir meilleur appétit – Halte donc aux grignotages sexuels.
D’autres pourtant vont faire la grimace : car voilà qu’on va autocensurer nos plaisirs et que, sous prétexte de jouissance, on va la repousser. « Non mademoiselle, ne me flanquez pas votre décolleté sous le nez car nous sommes en novembre, le mois sans éjac’ »
Ridicule, n’est-ce pas ? Mieux vaut encore les rigueurs religieuses qui condamnent le kiki à rester enfermé faute de quoi ce sont les portes de l’enfer qui vont s’ouvrir. Au moins le risque est suffisant pour un tel sacrifice.
Et puis n’oublions pas que ce n’est pas sans danger d’éviter les décharges intempestives : les auteurs de l’article évoquent les exercices à faire pour dominer les débordements intempestifs :
« Des exercices permettent, au moment où l’on sent que l’on va éjaculer, de contracter les muscles du périnée. Cela va écraser la prostate et bloquer l’éjaculation. »

Bigre…