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vendredi 23 mai 2025

Le petit-fils du pape est en réalité son fils (2)

Bien que la sexualité dans l’Église soulève aujourd’hui de très nombreuses interrogations, nous devons nous rappeler qu’elle fut dans le passé encore plus fortement mise en cause – par exemple à propos de la sexualité… des papes.

Pour mesurer l’écart entre nos scandales et ceux dont l’histoire regorge, lisons cet extrait de l’article « Foi » du dictionnaire philosophique de Voltaire où est débattue la question de savoir si le prochain petit fils du Pape Alexandre VI ne serait pas en réalité … son fils.


« Un jour le prince Pic de La Mirandole rencontra le pape Alexandre VI chez la courtisane Émilia, pendant que Lucrèce, fille du saint-père, était en couche, et qu’on ne savait pas dans Rome si l’enfant était du pape ou de son fils le duc de Valentinois, ou du mari de Lucrèce, Alphonse d’Aragon, qui passait pour impuissant. 


La conversation fut d’abord fort enjouée. Le cardinal Bembo en rapporte une partie. « Petit Pic, dit le pape, qui crois-tu le père de mon petit-fils ? — Je crois que c’est votre gendre, répondit Pic. — Eh ! comment peux-tu croire cette sottise ? — Je la crois par la foi. — Mais ne sais-tu pas bien qu’un impuissant ne fait point d’enfants ? — La foi consiste, repartit Pic, à croire les choses parce qu’elles sont impossibles ; et de plus, l’honneur de votre maison exige que le fils de Lucrèce ne passe point pour être le fruit d’un inceste. Vous me faites croire des mystères plus incompréhensibles. »

Voltaire – Dictionnaire philosophique, article Foi

mercredi 2 octobre 2024

Après les péchés capitaux, les péchés inédits – Chronique du 3 octobre

Bonjour-bonjour

 

La vie spirituelle, ça bouge. Telle action qui était autrefois un péché est devenue insignifiante aujourd’hui. Exemple ? La sexualité – à condition de ne pas succomber à la passion dévorante.

C’est ainsi qu’à la liste vétuste des 7 péchés capitaux (1), voici que s’ajoute une liste de 7 péchés inédits.

Je lis en effet ici que le pape François a fait une « demande de pardon » pour sept péchés jusqu'alors inédits pour les catholiques :

1- Premier de cette liste : le « péché contre la paix ». 

2- Vient ensuite le « péché contre la création, contre les peuples indigènes, contre les migrants ». Il s’agit des cas où l’Église a favorisé la discrimination raciale et l’esclavage ; plus actuel aujourd’hui le refus de s’impliquer dans la lutte pour l’accueil des migrants : « La valeur de la personne est toujours plus grande que celle de la frontière » a déclaré le cardinal Michael Czerny

3- À quoi s'ajoute le « péché d'abus » qui implique la maltraitance des faibles - qui sont pourtant des créatures de Dieu.

4- et le « péché contre les femmes, la famille, les jeunes » : « j’ai honte de toutes les fois où nous n'avons pas reconnu et défendu la dignité des femmes, où nous les avons rendues muettes et soumises, et bien souvent exploitées, en particulier dans la condition de la vie consacrée », a déclaré le cardinal irlandais Kevin Joseph Farrell.

5- Cinquième péché évoqué, celui « de la doctrine utilisée comme des pierres à jeter ». Le cardinal argentin Victor Manuel Fernandez a reconnu que : « nous n'avons pas su sauvegarder et proposer l'Évangile comme une source vivante de nouveauté éternelle, en « l'endoctrinant » et en risquant de le réduire à un tas de pierres mortes à jeter sur les autres ». 

6 – Puis vient le « péché contre la pauvreté » dont l’article ne détaille pas les abus, mais on n’oublie pas que la pauvreté est le fonds de commerce de l’Église pour qui elle est la source de la sainteté. Selon ce péché il s’agit moins de sortir de la pauvreté les miséreux que de la leur faire accepter comme une bénédiction divine.

7 – Enfin le « péché contre la synodalité (2), le manque d'écoute, de communion et de participation de tous » a été cité.

Ainsi soit-il.

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(1) Pour mémoire, ces 7 péchés capitaux sont : l'orgueil, la gourmandise (ou addiction), la paresse (ou acédie, la négligence spirituelle), la luxure, l'avarice, la colère et l'envie.

(2) La synodalité est un processus durant lequel il s'agit d'écouter et de discerner la volonté de Dieu pour l'Église de ce temps, en impliquant la totalité des baptisés

jeudi 4 janvier 2024

Bénis soient les évêques bretons – Chronique du 5 janvier

Bonjour-bonjour

 

La sophistique ecclésiastique est sans limites. Voici que des évêque bretons inventent le couple à une place. Oui, vous avez bien lu : alors que nous croyions naïvement qu’un couple c’était 1+1, les évêques en question décident de ne prendre dans leur bénédiction que des personnes seules, bien que représentant un couple – homosexuel en l'occurence.

Vous avez du mal à suivre ? Ça ne m’étonne pas. Lisons ensemble « Des évêques de la Province ecclésiastique de Rennes demandent, dans un document adressé aux prêtres et diacres de leurs diocèses de ne pas bénir les membres de couples de même sexe ensemble ». En revanche, « il est opportun de bénir de façon spontanée, individuellement, chacune des deux personnes formant un couple, quelle que soit son orientation sexuelle », indiquent-ils. (Voir ici)

Il y aurait donc deux formes de bénédictions : l’une réfléchie, ciblant des êtres spécifiques, choisis pour bénéficier de la bénédiction en raison de certaines caractéristiques (on a vu l’Église bénir des pécheurs et leur bateau, des coureurs cyclistes et leurs vélos, des pompiers et leurs voitures, etc). Et puis il y a la bénédiction spontanée, individuelle, au hasard de la rencontre « Tiens, ce monsieur qui passe près de moi, je le bénirais bien »

 

Je parlais plus haut de la sophistique des raisonnements ecclésiastiques ; il y a pourtant une vision très libérale de l’homosexualité à côté de la quelle il ne faut pas passer.

L’idée des évêques bretons, c’est que les homosexuels ne le sont que lorsqu’ils sont deux – et qu’ils copulent, forcément. Plus précisément ce qui est rejeté (implicitement bien sûr) c’est l'existence d'une « essence de l’homosexualité » qui ferait d’un homme ou d’une femme des gens à part, qu’ils soient en couple ou bien qu’ils soient seuls : ça ne changerait rien, vu que l’homosexualité ne serait pas seulement qui se passe quand ces gens font l’amour, mais c’est ce qui existerait au tréfonds de leur âme. 

Oui, pour ces prêtres bénir un homosexuel signifie qu’il n’y a pas d’âmes homosexuelles.

Et vous voudriez encore vous indigner après cela ?

mardi 24 octobre 2023

Le zizi, oui. Le pan-pan, non - Chronique du 25 octobre

Bonjour-bonjour

 

On est désormais habitué aux affaires sexuelles qui secouent la hiérarchie de l’Eglise, jusqu’au plus haut niveau.

C’est ainsi que les médias polonais ont eu à relater le dernier scandale en date intervenu en septembre à Dabrowa Gornicza, dans le diocèse de Sosnowiec, où un des prêtres a organisé dans sa paroisse une orgie, en y invitant un prostitué. L’affaire a explosé lorsque l’homme invité a perdu connaissance lors de la soirée et qu’il a fallu appeler les secours.

 

 


Amateurs de nuits chaudes et de prières, bonjour ! (Lu ici)

 

En annonçant mardi sa démission, l’évêque Kaszak a demandé à ses ouailles de lui « pardonner » ses « faiblesses humaines » (Art. référencé)

- C’est bien la moindre des choses… 

Quoique : et si la sexualité était réintégrée en tant que comportement humain licite dans la vie tolérée par l’Église ? Si le plaisir sexuel, qui fait partie intégrante de la nature humaine, devenait, sous des formes légalisées par l’Église, exempt de péché ? Car à ne tolérer que l’acte sexuel susceptible de procréer, on condamne tout le reste considéré comme déviance. 

Or, en faisant du plaisir un but de la sexualité, on peut encore y mettre des barrières telles que le refus de tout ce qui humilie le partenaire et le rabaisse au rang de simple objet.

Le zizi, oui. Le pan-pan, non.

vendredi 19 mai 2023

L’Église et le zizi-sexuel – Chronique du 20 mai 2023

Bonjour-bonjour

 

À l’heure où, un peu partout de par le monde, le droit à l’avortement est remis en cause, il est bon de revenir sur la position de l’Église, non seulement concernant l’IVG, mais aussi sur la sexualité : car concernant la sexualité, l’IVG consiste à la découpler la jouissance sexuelle de la procréation. 

En dehors de toute position dogmatique concernant la nature de l’embryon, (est-il déjà personne humaine ou seulement un simple amas de cellules non différenciées du corps maternel ?), la sexualité est reconnue par le Vatican selon deux axes principaux : la génération des enfants ; et l’assistance et le remède à la concupiscence (1)

Toutefois le plaisir sexuel n’est pas pris en compte pour lui-même : si pour l’Église il est impossible de séparer la concupiscence de la procréation c’est seulement celle-ci qui fait partie intrinsèque de l’amour conjugal défini par sa fécondité.

 

Tout le problème est de penser cette double nature de la sexualité : d’une part le plaisir qui est le fait de l’individu ; d’autre part la procréation qui est fondamentalement celui de l’espèce. Faut-il chercher le lien qui unit ces deux orientations, quitte à subordonner l’un à l’autre ? Ou bien faut-il les concevoir comme distincts, estimant comme le marquis de Sade que « le plat souci de la propagation de l’espèces » était tout à fait secondaire par rapport à la jouissance ?

 

Les philosophes ont volontiers condamné la concupiscence : Kant d’abord qui estime que trouver du plaisir dans un rapport sexuel consiste à prendre le partenaire comme un objet ce qui est moralement condamnable ; et puis Schopenhauer qui voit dans la jouissance le piège fomenté par l’espèce pour forcer, l’individu à procréer.

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(1) Il s’agit des deux fins du mariage, la fin primaire (prolis generatio et educatio) et la fin secondaire (mutuum adiutorium et remedium concupiscentiae). Sur tout cela voir cet article

lundi 8 novembre 2021

L’Église vend les bijoux de famille – Chronique du 9 novembre (2)

Re-bonjour

 

Indemnisation des victimes de la pédophilie dans l’Église de France : "Les évêques de France ont décidé d'abonder ce fonds en se désistant de biens immobiliers et mobiliers de la conférence des évêques et des diocèses", a déclaré Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, lundi 8 novembre 2021 à Lourdes - Lire ici

 

Nous ne reviendrons pas sur la question de la responsabilité de l’Église comme institution dans les actes de pédophilie dont furent victimes de jeunes catholiques durant plusieurs décennies. En revanche leur indemnisation divise les fidèles, les uns se déclarant satisfaits de voir l’Église se dépouiller de ses biens pour indemniser toutes les victimes ; les autres étant préoccupés de voir l’Église de France perdre de sa substance en perdant son écorce matérielle attachée à l’activité spirituelle depuis des siècles. 

Et en effet, prier c’est prier dans une église, au pied de l’autel ou d’une statue, méditer dans une chapelle ou bien dans l’espace élevé d’une nef gothique. Bien sûr il ne s’agirait pas de vendre les églises, et surtout pas celles qui furent édifiées avant 1905 et qui appartiennent à la France : imagine-t-on Paris vendant Notre-Dame ? Mais le doute est quand même semé : et si la spiritualité chrétienne dépendait de lieux sacrés ? Dans les temples antiques, il y avait ainsi une salle réservée aux prêtres parce qu’investie de la puissance divine. En la détruisant on dissiperait cette énergie et on la perdrait. Qui sait si en dispersant aux enchères non seulement les bâtiments mais aussi les trésors des églises, les cierges, les crucifix, les objets de culte on ne perdait pas la spiritualité qui leur était attachée ? Les masques africains ne sont pas des objets quelconques pour touristes soucieux de ramener de quoi décorer le salon. Ils ont été fétichés, ils ont une force surnaturelle, et ils peuvent être dangereux : on ne peut ni on ne doit les mettre dans le commerce.