Bonjour-bonjour
En Suisse comme ailleurs, l’interdiction des migrants est une obsession de l’extrême-droite à ceci près qu’ici ça passe par des votations qui reviennent régulièrement pour obtenir des lois restrictives.
Affiche de l’UDC en faveur de la votation limitant le chiffre de la population suisse. A noter le mouton blanc, symbole des suisses « de souche ».
Le projet qui a été rejeté hier stipulait que la population suisse ne devrait pas dépasser les 10 millions, alors que la confédération compte aujourd’hui 9,1 millions d’habitants. Si le seuil des 10 millions avait été dépassé, la Suisse aurait dû non seulement fermer ses frontières à de nouveaux migrants mais aussi dénoncer l'accord de libre circulation avec l'UE dans les deux ans, et d'autres accords bilatéraux portant sur l'asile et la sécurité. (Lire ici)
- Je n’épiloguerai pas sur ce que ce résultat nous dit de l’état de l’opinion en Suisse, mais je réfléchirai plutôt au procédé utilisé par l’UDC, le parti d’extrême droite suisse, pour obtenir ce résultat – à savoir geler le chiffre de la population pratiquement au niveau actuel.
La plupart des pays qui cherchent à empêcher la migration sur leur sol se dotent de lois restrictives, de garde-frontières, voire de murs. Ici, rien de tout cela : c’est de l’intérieur que cet obstacle est érigé – obstacle qui met en cause le peuple lui-même : « Attention lui dit-on à ne pas proliférer d’avantage. » Car peu importe comment le chiffre fatidique de 10 millions serait dépassé : par un apport extérieur ou – pourquoi pas ? – par une fécondité retrouvée : ce serait également interdit. On imagine comment la Suisse réagirait dans ce cas, à supposer que les circonstances se présentent, par des amendes, ou à la chinoise avec des sanctions allant jusqu’à priver de toute ressource les familles trop nombreuses ?
Par-delà ces rêveries, la vérité est quand même que l’interdiction de la migration aurait un coût financier et que ce serait au peuple suisse de le payer.
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