Bonjour-bonjour
On le sait depuis Nietzsche : le nihilisme est l’achoppement sur le quel trébuche la vie morale des hommes : nous sommes établis en un lieu où nulle transcendance n’est possible, chaque action n’étant soutenue que par son absence d’engagement.
C’est ce que relève cet article intitulé « La pilule philosophique » dont le projet est de nous appeler à surveiller – et à guérir – une dérive pathologique liée à notre époque.
Ainsi de cette pensée de Nietzsche qu’on désigne par la formule « le dernier des hommes » qui révèle que nous vivons dans un monde sans transcendance (Dieu est mort), qui délite tout fondement possible de la morale, raison pour laquelle nous appelons à réanimer de nouvelles transcendance, quitte à le faire avec des idoles dangereuses. Au pire – ou au mieux ? – sans aucune source, les objets que nous proposent ces pseudo-valeurs ne sont que feu de paille, l’idole du jour remplacée dès demain par une autre qui ne durera pas plus longtemps.
Et tout cela, Nietzche l’a très précisément décrit dans Ainsi parlait Zarathoustra : il s’agit des derniers des hommes.
« Nous avons inventé le bonheur, » – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’oeil.
Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l’on se frotte à lui : car on a besoin de chaleur. Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes ! Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables ; /…/ On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.
« Nous avons inventé le bonheur, » – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. » (Texte cité ici)
Et nous ? Qu’avons-nous pour faire mieux ? Sur quelle fondement établir nos valeurs – du moins celle qui valent encore qu’on se batte pour elles ?
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