L’émotion suscitée par le meurtre de la petite Lyahanna est intéressante à observer. Car il ne s’agit pas comme d’habitude de dénoncer le laxisme des juges, ni le manque de moyens, source de l’accablante charge de travail à la quelle est confrontée. Ce qu'on met en accusation, c'est la lenteur d'une instruction qui aurait pu - qui aurait dû - protéger la petite victime et qui ne l'a pas fait.
On prend comme repère le fait suivant : « Une plainte pour viol sur mineur est déposée à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne. Pourtant, le dossier ne parvient au parquet de Toulouse qu'en octobre. » (Lu ici) Finalement il faudra plus de dix mois pour qu'un dossier-papier transmis par la poste à la vitesse des escargots, arrive sur le bureau de la procureure compétente pour démarrer l’instruction d’un fait de viol dont la matérialité était évérée.
--> Et vous savez quoi ? C’est normal. Oui, normal – simplement on a affaire ici à la lenteur ordinaire de la justice, celle qui lui est consubstantielle et qui se justifie par le sérieux du respect des procédures dont la complexité lui est inhérente. Le juge c'est l'homme qui "se hâte avec lenteur", pour parler comme Jean de La Fontaine.
Ordinairement cette lenteur-là, incompréhensible pour le vulgum pecus, se dissimule derrière la pile de dossiers amoncelée sur le bureau du procureur.
Mais il arrive comme ici que la justice ait à se justifier, en expliquant pourquoi la lenteur de ses juridictions est consubstantielle à son essence. Une justice qui serait plus rapide serait « expéditive » péché dont on ne croit pas nécessaire d’expliquer l’abomination.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire