samedi 27 juin 2026

Etienne Klein et la vérité scientifique – Chronique du 28 juin

Bonjour-bonjour

 

Je reviens sur le scandale qui frappe Etienne Klein après la découverte des plagiats qui émaillent non seulement ses ouvrages de vulgarisation, mais aussi sa thèse de doctorat.

Dans une publication récente, Etienne Klein répond à des questions qui mettent très durement en relief les effets délétères que ses emprunts non référencés ont eu sur le contenu de ses travaux y compris lorsqu’il a présenté sa thèse sur la question de l’unité en physique.

J’ai eu l’occasion de dire il y a quelques jours combien son travail de vulgarisation a été important selon moi, et que de ce point de vue il me paraissait secondaire que ses emprunts n’aient pas été référencés comme ils auraient dû l’être. 

Toutefois il en va autrement avec sa thèse de doctorat. Le doctorant est en effet lancé dans une démarche de recherche personnelle, et s’il s’attribue des découvertes que d’autres ont déjà faites alors on est dans de l’escroquerie pure et simple.


Qu’en est-il ? Bien sûr je n’ai pas la compétence pour en juger. Toutefois lors de la soutenance le jury qui comportait des noms tels que Dominique Lecourt n’a jamais signalé un tel fait qui d’ailleurs aurait été rédhibitoire. Il me semble par contre que l’essentiel est à chercher dans les motifs qui ont poussé le jury a apprécier cette thèse, à savoir qu’elle développe cette idée qui est alors passée pour originale : « La question de l’unité de la physique était un enjeu ontologique au temps des Grecs, c’est-à-dire que la question qu’ils se posaient était de savoir s’il y a une unité de la substance qui forme le cosmos, tandis que chez les Modernes, le problème s’est peu à peu déplacé, est devenu « législatif » au sens où les physiciens ne sont plus en quête d’une substance unique mais de lois qui sont, elles, universelles et totalisantes. »

Là, je dis : si cette idée n’est pas originale mais qu’elle est pompée sur d’autres publication, il y a tromperie. Et c’est peut-être le cas, mais alors que penser de la compétence du jury ? 

Reste que l’idée de cette disjonction entre l’unité de la physique chez les grecs et chez les modernes est essentielle et c’est elle qui compte vraiment pour moi.

Pour conclure, je dirai que l’interview donnée ici est radicale : je n’apprécie pas le sens très relatif de l’intégrité de la création intellectuelle propre à monsieur Klein. Mais ce n’est pas vraiment ce que j’attends de lui. 

En revanche s’il publie de nouveau pour vulgariser la science, j’achèterai son livre.

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