Faut-il couper le zizi aux violeurs pour les empêcher de perpétrer leurs crimes ?
Planche médicale par Charaf-ed-Din montrant une opération de castration totale effectuée par un musulman à l'époque timouride, 1456
Alors que Bruno Retailleau affole tout le monde en exhumant des vieux rapports sur la castration chimique (lu ici), il est temps de rappeler que le débat parlementaire est déjà allé beaucoup plus loin – par exemple avec la castration physique débattue en 2009 : « La question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement.» Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, a réagi dans une interview au Figaro Magazine, et sur Europe 1, à la demande de Francis Evrard, qui a pris la plume pour demander à « subir une ablation des testicules par chirurgie » (article publié en 2009)
Mais qu’elle soit physique ou chimique, la castration assimile toujours des actes de viol à un dérèglement hormonal.
Ce que conteste énergiquement Walter Albardier, psychiatre : « La très grande majorité des actes pédocriminels n’ont pas grand-chose à voir avec la question de la sexualité, mais avec la question de la violence, de la destructivité. Et là-dessus, ces traitements-là n’ont aucune efficacité » (Art. cité)
On ne peut que lui donner raison quand on songe au fait que certains de ces violeurs ont à leur disposition des femmes consentantes et que pourtant ils agressent sexuellement d’autres femmes qui ne s’offrent pas à eux. Comme si on disait que « donner » c’est sans intérêt mais que « voler » c’est ça la jouissance. On songe bien sûr au cas de Patrick Bruel – dont par ailleurs on respecte la « présomption d’innocence » (sic).
L’inconvénient de cette réponse est de rendre très floues les frontières du viol : devenu simple destructivité, le viol est alors confondu avec toutes sortes d’actes pervers sans que la destruction du corps violé soit en cause. Par ailleurs le rôle du sexe comme organe proprement dit, considéré comme central dans la définition du viol (« Tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit ») est complètement occulté.
- Toutefois, je remarque qu’il y a une sorte d’application du Talion dans cette affaire de castration : « Tu détruis le corps de tes victimes, alors on va aussi détruire ton corps ». Comme bien souvent la punition est d’avantage une compensation accordée aux victimes qu’une punition des criminels.
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