Bonjour-bonjour
C’est avec ce dessin placé en une de Charlie Hebdo que l’Hebdomadaire satirique a salué la mort de la mère de Didier Deschamps, soulevant ainsi une vague d’indignation :
On se dit que, si pour réfléchir sur la valeur de l’humour il faut prendre des cas-limites, alors on ne trouvera pas mieux. Donc : faut-il s’indigner ?
- Déjà, voyons ce que les amateurs ont trouvé à dire pour la défense : « Ce dessin n'a pas pour but d'être drôle. Un journal satirique a le droit de publier un dessin qui choque, c'est son but. Le deuil et la liberté de caricaturer ne sont pas incompatibles. Vous insultez encore la DDHC /*Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen/ Je suis Charlie ! » (Un internaute - Publié ici)
L’avantage de cette intervention c’est de déblayer le terrain : finie la justification par le rire.
--> Non, la satire n’a pas besoin d’être drôle, dès lors qu’elle répond à une liberté revendiquée au nom de la Déclaration des droits de l’homme – la liberté en question étant de caricaturer le deuil.
Le but de la satire serait donc de choquer et non de faire rire ?
C’est un peu court. On sait que la satire consiste à se moquer des personnages remarqués pour leur importance, pour une attitude, un vice, en les tourant en ridicule.
Donc si satire il y a c’est que la critique est admissible en la circonstance. Certains le refuseront en soulignant le fait que le deuil n’a rien qu’on puisse ridiculiser. Sauf à admettre que ce deuil n’est en réalité qu’un évènement dont le sens est pris dans le contexte de l’idolâtrie pour les joueurs de la Coupe du Monde de Football.
- Il y aurait donc une justification à ce dessin : il ne s’agit pas de ridiculiser un fils terrassé par la mort de sa maman, mais mais de montrer par l'importance démesurée accordée à cet évènement qu'il s'agit d'un chef adoré pour cette compétition dont on révèle ainsi la minuscule importance.
Reste à savoir si le fait qu’on soit choqué puisse être mis au crédit du dessin : selon notre internaute, ce serait même une raison suffisante, s’agissant d’un but présenté comme prioritaire. Mais là, je ne peux pas suivre : vouloir choquer pour choquer, ça relève du comportement infantile de petit garçon qui dit des gros mots rien que pour choquer ses parents.
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