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jeudi 4 décembre 2025

Quelque chose de plus grand que soi – Chronique du 5 décembre

Bonjour-bonjour

 

Je découvre toute une série d’articles qui pointent un phénomène qui m’avait échappé : on observe un retour de la pratique religieuse chez les jeunes, observable principalement depuis le carême 2025 (simultané avec le ramadan) qui a vu de nombreux jeunes se retrouver sur les réseaux (en particulier TicToc) pour évoquer cette pratique, affirmant faire le choix « de se consacrer davantage à Dieu, de jeûner, de ne plus jurer, de se priver de leurs gourmandises préférées, des cigarettes, du maquillage ». (Lire ici)

Les raisons de ce nouvel essor du religieux seraient, selon le frère dominicain Paul-Adrien « que les gens veulent des réponses à leurs questions, des réponses simples. Ils attendent qu’on leur donne un peu d’espérance. » Non seulement l’intérêt pour la religion augmente, mais encore « le grand corps social, athée, militant est en train de fondre au soleil »

On le voit : à côté du groupe Bolloré il faut aussi penser aux influenceurs de TicToc. Quant à l’action de la hiérarchie catholique, on n’assisterait pas à une remontée en puissance.

 

--> Une remontée de la pratique religieuse spontanément issue de la jeunesse, associée à un recul de l’athéisme ? Peut-on croire qu’il s’agit d’une tendance profonde et non d’une mode passagère ?

Je relève deux observations qui me paraissent significatives :

            * D’abord une quête de sens qui vise « quelque chose de plus grand que soi »

            * A cela s’ajoute la régression de l’athéisme en tant que réponse à cette quête de sens – et cela depuis l’effacement du marxisme et de la Grande Révolution prolétarienne.


Après Marx, Jésus ? Pourquoi pas ? Du moment qu’on a une réponse à nos « Pourquoi(s) » ?

jeudi 17 juillet 2025

Que veut le peuple ? – Chronique du 18 juillet

Bonjour-bonjour

 

La polémique sur la suppression des journées fériés - dont le lundi de Pâques - fait feu de tout bois, dont celui de l’influence de la religion pour un pays laïque comme l’est la France.

- On se dit que tout ça sent très fort la manipulation : après tout il serait intéressant pour le gouvernement que les français s’écharpent sur l’importance des jours consacrés à la pratique religieuse plutôt qu’à faire les comptes du déficit imposé à chacun du fait du plan de retour à l’équilibre financier. 

Mais on ne refait pas les amateurs de polémique : les voici faisant état des graves conséquences qu’auraient pour notre pays un affaiblissement « de plus » de la vie religieuse – en particulier suite à la suppression de la pratique du lundi de Pâques. Et de rappeler cette citation attribuée à Napoléon : « Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole ». On se rappelle d’ailleurs la tentative de déisme durant la Révolution française avec le Culte de l’être suprême instauré par Robespierre visant à refonder la société sur la pratique de vertus civiques.

 

 

Estampe datant de 1794 

 

- L’intérêt de cette résurrection est de rappeler l’importance pour une société d’avoir un point d’ancrage pour notre époque. Pour parler comme Napoléon, quelle est notre « boussole » ? Et d’ailleurs – à supposer qu’elle existe quand bien même nous l’aurions oubliée – savons-nous bien quel "pôle nord" elle nous indique ?

Pour répondre à cette question il suffit de se remémorer les épisodes de luttes populaire vécus durant les dernières années : Gilet-jaunes et âge de départ à la retraite en tête. Notre Être suprême c’est bien les plaisirs sensuels sous toutes leurs formes, vécus par des êtres en pleine possession de leurs moyens.

Une preuve ? Hier (17/7/25) une statistique tout juste publiée montrait qu’alors que la crainte des méfaits du tabac grandissait dans le pays, en revanche l’usage du cannabis et de la cocaïne était jugé sans danger.

--> Dans un pays où la consommation de cocaïne aurait été généralisée et réputée sans danger, qu’est-ce que le peuple aurait encore à vouloir ?

mardi 10 juin 2025

C’est reparti, comme en 68 ! - Chronique du 11 juin

Bonjour-bonjour

 

Il y a eu hier deux attitudes devant l’assassinat de l’assistante d’éducation de Nogent : restaurer l’autorité, refonder les valeurs ; ou bien châtier plus durement.

Et c’est Bruno Retailleau, celui qu’on attendait sur le versant châtiment, qui a fait défaut, en déclarant : « la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. » On devine que l’autorité républicaine ne suffisait pas, et qu’elle devait donc être soutenue par une éducation religieuse, mieux armée pour incliner les volontés juvéniles devant les interdits. Le curé, puis le père et enfin l’instituteur. 

 


 

- Vous le devinez sans peine : moi, vieillard rempli encore des souvenirs de sa jeunesse, je me crois revenu en 1968, au milieu de la contestation de l’autorité et de la « loi-du-père », du refus des idéologies dominatrices, de la religion « opium-du-peuple » etc. Et je suis soutenu dans cette réminiscence par tous ces gens qui, comme Bruno Retailleau, déplorent la faillite de l’autorité.  

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie », a-t-on fait dire à Marx. Je dirais plus radicalement que si l’histoire ne se répète pas, ça ne signifie pas qu’il n’y a pas de répétition au cours du temps. Ça veut dire que ce qui se répète manifeste son appartenance à la nature humaine et non au courant évolutif de notre espèce. Et c’est là que ça devient intéressant. Car on comprend que l’obéissance à l’autorité n’a rien de spontané, et qu’il faut pour l’obtenir ou bien briser par la violence la résistance des individus, ou bien subjuguer leur volonté en substituant l’imaginaire de l’idéologie au réel.

Et ça, on nous dit qu’on ne sait plus faire ????

mardi 22 avril 2025

Les protecteurs de vaches – Chronique du 23 avril

Bonjour-bonjour

 

On connait les apéros « pinard et saucisson » des nationalistes français chargés de discriminer les musulmans. Les nationalistes hindous quant à eux font beaucoup plus fort avec leur gangs de « protecteurs de vaches » comme l’indique cette information : « Qui tue une vache ou mange du bœuf risque la mort. Le 24 août dernier, Aryan Mishra, 19 ans, a été tué d'une balle dans la tête par un gang de « protecteurs de vaches » qui l'ont pris pour un musulman transportant du bétail. Ce jeune, de confession hindoue, voyageait à bord d'une voiture en direction de Faridabad, une ville de l'État de l'Haryana, dans le nord du pays, quand son véhicule a été pris d'assaut par les «gau rakshak», des fondamentalistes de la protection des vaches, animal sacré dans la religion hindoue, qui patrouillent et fouillent les véhicules suspects. »

 


Il faut dire que tout comme chez nous, les tabous alimentaires sont des marqueurs d’appartenance religieuse, les impies mangeurs de vaches étant suspectés d’être des musulmans – ce qui est un cas particulier d’interdit religieux. Rappelons-nous d’ailleurs la révolte des cipaye, ces soldats indigènes en Inde au 19ème siècle (alors sous la domination des britanniques) qui, étant végétariens par conviction religieuse, refusèrent d'utiliser de nouvelles cartouches enduites de graisse animale et se mutinèrent pour cela.

En tout état de cause, on peut observer que les tabous alimentaires sont à l’œuvre partout dans les sociétés humaines. Il existe sans doute une branche de l’anthropologie consacrée à ces tabous : les hommes ont toujours voulu contrôler les aliments ingérés par le groupe humain.

Et nous ? N’aurions-nous donc aucun tabou – à part ceux du dégout, certes culturels eux aussi, mais soutenu par aucun mythe ? 

Ce serait faire comme si l’anthropophagie ne posait aucun problème parmi nous.

Erreur – souvenons-nous : suite à l’accident d’avion Uruguayen de 1972 dans les Andes où les survivants affamés n’ont eu d’autre possibilité pour survivre que de manger les corps de leurs compagnons morts dans l’accident. Le tabou sur le cannibalisme était puissant au point qui ne fut levé que par une mise en perspective religieuse – Ainsi que le montre ce récit d’un des naufragés : «… le jour est arrivé où nous n’avions plus rien à manger, et nous nous sommes dit que si le Christ, pendant la Cène, avait offert son corps et son sang à ses apôtres, il nous montrait le chemin en nous indiquant que nous devions faire de même : prendre son corps et son sang, incarné dans nos amis morts dans l’accident… Et voilà, ça a été une communion intime pour chacun de nous… C’est ce qui nous a aidés à survivre… »

C.Q.F.D.

vendredi 7 mars 2025

Notre IA qui êtes-aux-cieux…. – Chronique du 8 mars

Bonjour-bonjour

 

Il y a quelques décennies, des sites internet de confession en ligne, avec pénitence, absolution, et signe de croix tracé avec la souris, faisaient sourire. Et puis, les années passant beaucoup d’autres excentricités ont fait oublier cette pratique virtuelle de la dévotion.

Mais avec le confinement, la confession en « distantiel » a fait son retour au premier plan : rencontrer un prêtre via l’ordinateur, pourquoi pas ?

Mais avec les IA génératives, type ChatGPT, les choses ont changé. C’est qu’il ne s’agit plus de rencontre virtuelle avec un confesseur ; il s’agit, grâce à une Intelligence artificielle qui a ingurgité les textes des Pères de l’Église, des conciles, des encycliques..., d’obtenir des réponses à des questions existentielles de la foi que se pose un chrétien, sans qu’aucun ecclésiastique ne soit consulté. La machine jouerait alors le rôle dévolu au directeur de conscience, bien oublié aujourd'hui mais qui pourrait revenir sous cette version virtuelle au premier plan de la vie morale.

On aurait également la possibilité d’entendre le sermon du dimanche, fabriqué sur mesure pour la période et pour le public de fidèle concerné, concocté par une IA programmée sur mesure pour ce magistère.

Qu’en pense l’Église ?

- Voici ce qu’on lit à ce propos dans le journal La croix : « Nicolas Vandame et Benoît Sibille s’opposent au projet de création d’une intelligence artificielle (IA) catholique pour conserver le « magistère de la Parole ». Pour eux, l’idée qu’une IA puisse présenter « une synthèse des mystères de la foi » est insensée, car l’IA serait « intrinsèquement une profanation de la Parole ».


- « Magistère de la Parole » (notez la majuscule) : quésaco ? Lisons ceci : « Le « Magistère ordinaire et universel des évêques » est un enseignement universel… Il suppose la commune adhésion de foi des fidèles. Il est considéré comme divinement révélé et donc irréformable. » (Art. Wiki)

Bref : Dieu inspire le prêtre, mais il n’est pas prêt d’inspirer la machine « intelligente ».

 

Mais enfin : comment savons-nous que Dieu ne parle pas aux machines ? S’Il a inspiré le Sacré collège des cardinaux ou des évêques pour trancher les dilemmes de la foi et décréter les dogmes les plus connus, pourquoi ne ferait-Il pas de même avec des machines dès lors qu’elles serviraient à guider la méditation des fidèles et à confesser les croyants ?

Et si le Vatican était transformé en data-center ?

mercredi 17 juillet 2024

Et Dieu dans tout ça ? – Chronique du 18 juillet

Bonjour-bonjour

 

Un mythe s’écroule. Dans un rapport porté par les associations qu’il a lui-même créées, l’abbé Pierre, mort en 2007 à l'âge de 94 ans, est accusé d'agression sexuelle par sept femmes, dont une mineure au moment des faits, qui se seraient déroulés entre 1970 et 2005. (Lu ici) A noter que le plus récent témoignage porte sur des faits ayant eu lieu alors que l'abbé avait... 92 ans !

Baisers profonds, attouchements non consentis et tout cela de la part de celui qu’on avait fini par considérer comme un saint et qui était une conscience morale assez puissante pour aller faire la leçon jusqu’à l’Élysée – ajoutez à cela la sidération des victimes dont l’une s’est sentie harcelée par Dieu Lui-même : rien de cette situation ne parait imaginable

 

Sœur Véronique Margron, présidente élue de la conférence des religieuses et religieux en France (Corref), très en pointe dans le combat contre les abus sexuels dans l'Église exprime son désarroi : « ... son action – indiscutable – a interdit toute vigilance, tout esprit critique, tout courage peut-être même de ceux qui l'ont entouré, devant ses comportements indignes et coupables ». On comprend que l’aura de sainteté de l’abbé, a non seulement rendu possible l’abus de pouvoir envers les femmes victimes, mais a aussi interdit toute réaction de la part des témoins.

Dans un livre-confession publié en 2005 (1) l’abbé Pierre révèle son attirance sexuelle pour les femmes : « Il m'est arrivé de céder à la force du désir de manière passagère ». Pourtant il voyait dans la fugacité de ses pulsions un rempart contre le péché en empêchant l’enracinement d’une liaison profonde. Au fond, le harcèlement et l’agression étaient à ses yeux un motif allégeant la gravité de ses gestes : ça aurait pu être pire.

 

Oui – mais comment ses victimes ont-elles vécu ces situations ? Après avoir gardé le silence depuis près de 50 ans, elles parlent à présent, portées par la vague #meetoo. Certaines soulignent leur désarroi d’être ainsi agressées : « J'ai l'habitude de me défendre, mais là, c'était Dieu. Comment faites-vous quand c'est Dieu qui vous fait ça ? » s'interroge l'une de ces femmes.

Au-delà du sacrilège contenus dans ces propos, nous devons nous interroger. C’est en effet une prétention des gourous qui imposent des rapports charnels à des femmes membres de leur secte : par leur intersession, c’est Dieu en personne qui les féconde. On a l’habitude de prendre cette soumission comme une situation imposée par le dominateur sectaire. Ici et pour autant qu’on sache, l’Abbé Pierre n’a pas eu cette prétention, mais pourtant elle a été bel et bien ressentie.

Aurait-on ici une réaction féminine en présence d’un rapport sexuel imposé ? Quelque chose qui relèverait de la psychologie des profondeurs ? En tout cas on doit profiter de cette situation pour s’interroger : 

Et Dieu dans tout ça ?

 

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(1) Frédéric Lenoir « Mon Dieu… pourquoi ? » (Plon) (Publié en 2005

vendredi 29 mars 2024

La prospérité par le travail – Chronique du 30 mars

Bonjour-bonjour

 

La suppression de la pauvreté est un souci qui revient dans l’esprit de nos dirigeants sans doute depuis très longtemps, peut-être depuis l’origine de la civilisation. Plus près de nous on se rappelle que Louis-Napoléon Bonaparte, le futur Empereur s’était fait connaitre dans les années 1840 avec la publication d’un ouvrage intitulé « l’Extinction du paupérisme ».

 

Et nous ? Certes Emmanuel Macron avait affirmé au début de son 1er mandat que la pauvreté devrait disparaitre et qu’il savait comment faire. Mais devant l’absence de résultats probants à ce jour et suite au remède apporté par Gabriel Attal à l’existence du chômage – à savoir : supprimer les indemnités chômages – on se dit que le mieux pour les pauvres serait peut-être que le Gouvernement ne s’occupe pas d’eux.

 

Et puis, quoi ? Faut-il donc que l’État se préoccupe de la pauvreté ? Mieux même : est-il justifié de s’en préoccuper ? Cette question fait sursauter, mais écoutons les libéraux du genre des puritains américains. Selon eux, la richesse est le produit du travail quand il est bien fait. C’est la manière de montrer son mérite à Dieu, la vertu du travailleur étant celle de la créature humaine. Ce qui fait que la devise américaine « In God we trust » soit inscrite sur chaque dollar américains.


 

- Devant les travailleurs les portes du Paradis s’ouvrent ; aux pauvres elles resteront fermées. C’est tellement vrai que les aides sociales sont là-bas réduites à (presque) néant, la redistribution des richesses étant assumée par les œuvres de bienfaisance des très-riches.

La France, qui s’enorgueillissait de ses aides sociales permettant aux plus pauvres de mener en vie jugée décente, n’est-elle pas entrain de suivre la même pente avec son mot d’ordre : « la prospérité par le travail », faisant des pauvres non seulement des gens soupçonnés de trainer les pieds devant la recherche d'emploi (ne suffit-il pas en effet de supprimer les allocation chômages pour que chacun retrouve un emploi ?), mais en plus des menaces pour le dynamisme économique ? 

Seulement voilà : on assiste depuis quelques dizaines d’années à la multiplication des travailleurs pauvres, oxymore qui vient détraquer le bonne conscience des classes dirigeantes. 

« Le travail doit payer ! » s’exclame le Premier Ministre. – Oui, mais combien ?

samedi 9 mars 2024

Happy ramadan – Chronique du 10 mars

 

 

 

Francfort le 5 mars dernier

 

Bonjour-bonjour

 

Imaginez un peu cette illumination de rue « Happy ramadan » installée en travers du boulevard Barbès. Je ne lui donne pas une demie journée avant d’être sabotée.

Et pourtant elle existe bien à Francfort, en Allemagne, ville qui reprend la pratique vue à Londres déjà l’an passé.

Lisez plutôt : « Ce dimanche 10 mars, à 18 heures, les illuminations seront allumées dans la grande rue piétonne de Francfort. 15% des habitants de cette ville très multiculturelle sont musulmans. Pour la mairie, dirigée jusque l'an passé par une élue écologiste née en Iran, il était important de faire un geste pour le ramadan durant lequel les illuminations financées par la ville resteront accrochées. » (Lu ici)

Comme on s’en doute, les réseaux sociaux se sont emparés de l’affaire, dénonçant avec violence « l’islamisation » de la société allemande. 

La décision de la mairie de Francfort a aussi suscité des réactions positives. La communauté musulmane forte de 100 à 150 000 personnes se réjouit de cette initiative espérant que la décision prise par la ville fera école ailleurs en Allemagne. Mais ils ne sont pas les seuls à l’applaudir : comme eux, les Églises catholique et protestante ainsi que la communauté juive saluent cette initiative.

 

Bof, direz-vous : on écrit bien en lettres de néon « Joyeux Noël » pourquoi pas « Heureux ramadan » ? Et en effet : il faut profiter de cette occasion pour réinterroger notre apport aux religions, car, ne l’oublions pas, ce rapport est (re)devenu un sujet brûlant en politique. 

Que dit là-dessus la « laïcité à la française » ? Elle n’interdit nullement que s’affichent dans l’espace public des signes religieux. Simplement ils sont exclus dès lors qu’ils troublent l’ordre public – tout comme n’importe quelle liberté individuelle. 

Le citoyen que nous sommes reste soumis à ses désirs : voir satisfaits ses envie – si nécessaire au détriment de la satisfaction des autres. C’est complètement irrationnel, mais c’est très fort ; suffisamment pour que mouvements politiques appuient là-dessus : « Vous n’allez quand même pas tolérer que les musulmans envahissent nos rues. Bientôt ils vont exiger de voiler toutes les femmes dont la chevelure excite leur libido malsaine ».

Et si les guerres étaient entrées dans l’humanité en même temps que les religions ?

 

lundi 15 janvier 2024

Affaire Oudéa-Castera : c’était encore plus pire – Chronique du 16 janvier

Bonjour-bonjour

 

On sait que les explications données par madame Oudéa-Castera pour justifier le placement de ses trois enfants dans le collège privé Stanislas focalisent toutes les réactions. Il faut dire que, pour la Ministre qui est en charge de l'enseignement public, justifier la mise de ses enfants dans enseignement privé en raison précisément des carences du public (heures manquées non remplacées) est une critique évidente de la qualité de cet enseignement comparé à celui du privé. 

Or, voici que cette explication tombe devant le témoignage de l’enseignante concernée : « Un seul de ses enfants a été scolarisé dans le public, six mois seulement, et en petite section de maternelle, dans un établissement où les heures non remplacées n’étaient manifestement pas un problème. » (Selon Libération – lire ici)

 

Si la Ministre de l’éducation nationale a tenté ce mensonge - qui lui était pourtant défavorable - on est en droit de supposer que la vérité lui aurait été encore plus défavorable. Comme, par exemple de dire que le choix du collège Stanislas n’était pas un choix par défaut (madame Oudéa-Castera a prétendu que la proximité de cet établissement par rapport à leur domicile expliquait son choix), mais bien évidemment pour sa qualité pédagogique - et aussi (et surtout ?) pour la qualité de l’éducation morale et religieuse qui y est donnée. Cet établissement a d’ailleurs été fréquemment pointé pour ses options traditionnaliste tant sur le plan religieux que moral. Il y aurait comme un choix de classe effectué par un couple bien implanté dans la (très) haute bourgeoisie (rappelons que Frédéric Oudéa, le père des enfants, après avoir été le directeur de la Société-Générale est aujourd’hui le président du conseil d’administration de Sanofi, une entreprise du Cac 40). 

--> Madame Oudéa-Castera aurait cherché à dissimuler les raisons de son choix derrière un poncif bien populo dénonçant l’incapacité du service public à remplir sa mission. Finalement ce mensonge qui paraissait gratuit à l’origine, était destiné à allumer un contre-feux aux accusations de ségrégation de classe qui n’auraient pas manqué de lui tomber dessus.

C’est qu’il est plus grave de s’avouer réactionnaire que de montrer qu’on a de l’ambition pour ses enfants – même si c’est assorti du dénigrement du service public.

lundi 11 décembre 2023

Quand l'intégrisme assassin s'ajoute à la bêtise – Chronique du 12 décembre

Bonjour-bonjour

 

Voici ce qu’on lit dans la presse de ce matin : « Une œuvre du XVIIe siècle, « Diane et Actéon », a fait déborder le vase de la colère enseignante au collège Jacques-Cartier d’Issou, dans les Yvelines. Et révélé combien certains sujets sont devenus sensibles à l’école. Un professeur de français ayant présenté ce tableau en classe, des élèves musulmans ont refusé de le regarder puis des protestations de parents ont mis en cause non seulement la présentation de femmes nues à des élèves de 6ème, mais encore une accusation mensongère de racisme. » 

 

Voici le tableau mis en cause :

 


Diane et Actéon de Giuseppe Cesari, dit Le Cavalier d'Arpino 1600 / 1625

 

On y voit l’illustration du mythe grec selon le quel Actéon, un jeune chasseur, surprit Diane à son bain violant ainsi l’interdit de la voir nue. Pour se venger, elle transforma Actéon en cerf immédiatement dévoré par sa meute de chiens.

Vous trouverez ici une étude documentée et historique des diverses interprétations de ce mythe au cours des âges, mais à notre époque, à part une interprétation de Diane comme femme castratrice, rien de nouveau n’était apparu.

Jusqu’à aujourd’hui ou ce tableau est jugé pornographique et indigne d’être montré à nos enfants.

D’où l’étonnement des enseignants : si ce tableau, œuvre classique, exposée au musée du Louvre (excusez du peu !) est devenu une simple image reçue comme œuvre documentaire montrant à des enfants innocents l’anatomie des femmes, alors il va falloir cacher la Vénus de Milo ou autres statues d’Aphrodite (1). Et puis s’interroger sur la perception des œuvres venues de notre culture, mais éloignées de nous par le passé historique qui se révèle à cette occasion est formateur pour la compréhension de ce passé. (2)

- Au-delà de cet étonnement, il faut s’alarmer de la censure exercée par des personnes qui se réclament de leur appartenance religieuse pour prohiber notre culture humaniste.

Car voilà l’affaire : autant on peut s’émouvoir de présenter des œuvres telles que « l’origine du monde » de Courbet destinée à violer un tabou social, autant ces femmes dénudées sont une illustration du moment où Actéon surgit entrainant le repli effarouché de la déesse. D’ailleurs, sans savoir dans quel but ce tableau a été montré on peut penser qu’il a été au moins choisi comme illustration.

Cette censure est insupportable. Mais il y a pire dans cette affaire : elle reprend hélas le schéma de l’affaire qui a abouti à l’assassinat de Samuel Paty, raison pour laquelle les profs de ce collège ont exercé leur droit de retrait et que le Ministre de l’éducation nationale a fait un déplacement immédiat sur place.

Car à la bêtise s’ajoute l’intégrisme assassin.

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(1) N'oublions pas Corne d'aurochs qui, dans la chanson de Brassens, "... sur les femmes nues des musées, au gué, au gué / Faisait le brouillon de ses baisers, au gué, au gué" Mais ça, c'est de la poésie...

(2)Les représentations de nu féminin venues du moyen-âge sont caractérisée par le fait que la poitrine est strictement similaire à celle des hommes à ce détail près que les seins qui semblent venus d’ailleurs sont plaqués sur les pectoraux. Les enfants gavés d’images pornographiques savent bien que ce n’est pas réaliste

vendredi 8 décembre 2023

Hanouka à l’Élysée – Chronique du 9 décembre

Bonjour-bonjour

 

La question de la laïcité est revenue sur le devant de la scène suite à la célébration de la fête juive de Hanouka qui s’est déroulée à l’Élysée en présence du Président Macron et qui a entrainé une violente polémique.

Si cette polémique est stérile et hors propos, vu l’actualité des guerres en Ukraine et à Gaza, sans oublier la Cop 28, il n’en reste pas moins qu’on devrait être attentif à ces réactions, qui sont éclairées par la publication d’un sondage IFOP auprès des français musulmans sur la laïcité telle qu’ils la vivent en rapport avec l’actualité récente (interdiction des abayas à l’école, attentat d’Arras par un islamiste...)

 

On lira ici le rapport sur ce sondage, je me contenterai de revenir sur deux aspects.

            * D’abord, à la question : « la laïcité telle qu'elle est appliquée aujourd'hui par les pouvoirs publics est-elle discriminatoire envers les musulmans ?», 78 % des musulmans interrogés répondent oui : 34 % d’entre eux jugent la laïcité « assez discriminatoire », et 44 % d’entre eux, « très discriminatoire » (art. cité). 

Autrement dit les musulmans français pensent que la laïcité, au rebours de ce qu’affirment les responsables politiques pour qui elle est un facteur d’égalité entre tous les citoyens, est en réalité un moyen d’étouffer leur pratique religieuse. 

Les juifs et les protestants n’ont pas la même réaction ; il est vrai qu’ils ont vécu la laïcité comme une forme de liberté à une époque où leur culte était interdit.

Quant à eux, les musulmans français, s’estiment brimés dans leur souhait d’occuper l’espace public – mais leur soupçon de discrimination va au-delà. On peut en effet penser qu’en France on tolère mieux les écarts à la laïcité pour les autres religions que pour les musulmans. Sans parler de la célébration quasi officielle des fêtes catholiques, imaginons ce qu’on aurait dit si le Président avait accepté une célébration musulmane au Palais de l’Élysée ?

            * Autre question : « Lorsque la religion et la science s'opposent sur la question de la création du monde, d'après vous, est-ce le plus souvent la science ou la religion qui a raison ?» : 76 % des musulmans optent pour la religion, contre seulement 22 % des croyants des autres religions. » (Art. cité)

Comme on peut croire que les musulmans de France ne sont pas plus bêtes que le reste des français, il faut admettre que leur réponse signale leur soumission à la Parole du prêtre.

C’est sans doute là que le sentiment d’avoir été rejeté par la communauté française produit son effet en créant un communautarisme où les Imams jouent le rôle de refuge des réprouvés. 

C’est d’ailleurs la conclusion apportée par la chercheuse du CNRS Florence Bergeaud-Blackler, auteur d’un livre consacré à l’influence de l’islam frériste en France : « La ’halalisation’ des comportements est nettement visible (le fait de se demander dans chaque geste de sa vie quotidienne si son comportement est ou non conforme à la loi religieuse) dans ce sondage», ajoutant : « L’hégémonie du frérisme dans le champ religieux se voit à présent dans les sondages auprès des musulmans de France. Un demi-siècle de pression islamiste a porté ses fruits ». (Art. cité)

Quant à nous, nous n’avons donc pas su (ou pas voulu) faire effort pour contrer ces pressions islamistes..

mardi 14 novembre 2023

Athées de tous les pays, unissez-vous ! – Chronique du 15 novembre

Bonjour-bonjour

 

Vous n’en avez pas assez, vous, de tous ces gens qui réclament le respect (entendez que vous devez censurer vos propos les concernant) au nom de leur origine, de leur genre, de leurs pratiques ou de leurs croyances ? On a même un mot pour dire ça : c’est le wokisme (1).

Les wokistes, ce sont des gens désagréables qui passent leur temps à revendiquer des droits minuscules et ridicules. Seulement ça ne dit pas grand-chose de la réalité des droits revendiqués. 

Pour y parvenir, un procédé expérimental est possible : il s’agit de se mettre dans la peau d’une personne dont on nie les droits jugés inconcevables. 

Par exemple celui de faire respecter votre athéisme si vous l’êtes.

 On me dira sans doute que la laïcité à la française, (à condition laisser de côté la revendication que tous se conforment à la croyance d'un seul) c’est exactement cela : que faudrait-il revendiquer de plus ? 

Rien si et seulement si cette laïcité était respectée par tous. Or, c’est de moins en moins le cas, et il n’y a personne pour venir défendre le droit des athées.

Vous ne me croyez pas ? Regardez comment on est obligé de tortiller des neurones pour justifier le droit au blasphème au nom de la liberté d’expression : que la liberté, concept fort général, puisse donner un droit à offenser les adeptes de religions diverses parait exorbitant.

Pourtant il suffirait de dire les choses simplement en proclamant le droit à ne pas croire, ni à tel Dieu ni à aucun Dieu. 



Vu ici


Le dessin ci-dessus montre combien les exigences wokistes sont exorbitantes, en déplaçant le fanatisme des religieux vers les athées. En concluant que ça paraitrait ridicule, il souligne que les athées sont des gens très pacifiques – en tout cas on ne compte pas de fanatiques dans leurs rangs.

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(1) « les wokes sont surtout sensibles aux inégalités qui frappent les minorités (ethniques, religieuses ou sexuelles). » Lire la suite ici

vendredi 27 octobre 2023

Sainte Bernadette, priez pour nous ! – Chronique du 28 octobre

Bonjour-bonjour

 

Le spectacle « Bernadette de Lourdes » n’est plus éligible au Pass Culture pour non-respect de la laïcité.

Le Pass Culture Collectif ayant été spécifiquement créé afin que les élèves de moins de 18 ans bénéficient d’un enseignement culturel pédagogique au cours de l’année scolaire, l’argument évoqué est que cette comédie musicale ne s’inscrit pas particulièrement dans une démarche éducative. – Selon les membres de la commission de référencement au Pass Culture, le respect de la Charte de la laïcité pose question. 

(Rappelons que la comédie musicale coproduite par l’humoriste Gad Elmaleh, retrace la jeunesse de Bernadette Soubirous, une jeune femme ayant affirmé avoir vu la Vierge Marie de ses propres yeux dans une grotte à Lourdes au milieu du XIXe siècle. Morte en 1858, sainte Bernadette a été canonisée en 1933 par le pape Pie XI. - Lire ici)

- A supposer que l’argument du viol de la laïcité soit valable, il signifierait que la subvention apportée par l’État à ce spectacle serait une contribution à une entreprise d’apologie d’une sainte de l’Église catholique.

Tout le problème est de savoir si « La vie de Bernadette de Lourdes » est un récit historique ou bien s’il s’agit de l’hagiographie d’une sainte. Où finit la réalité et où commence la religion ? On devine que le problème vient de ce que, pour les uns la religion n’est qu’une fiction, alors que, pour les autres, elle s’inscrit dans la réalité. 

* Soit les visions de Bernadette sont des élucubrations pathologiques et leur retentissement résulte des besoins de consolation d’un peuple affamé par un capitalisme qui exploite la misère humaine.

--> Et alors cette comédie musicale n’est rien d’autre qu’un rappel nostalgique de la gloire des miséreux que furent nos ancêtres.

            * Soit le récit de la vie de Bernadette montre que seul le soutien de la Vierge Marie peut expliquer la ténacité et l’aura de cette très-jeune fille.

--> Et alors ce spectacle est là pour nous inviter à prier la Très-sainte Mère de Dieu qu’elle nous fasse la grâce de partager l’extase de Bernadette-de-Lourdes. 

Et c’est là que la laïcité en prend un coup.

mardi 10 octobre 2023

Israël/Hamas : qui a commencé ? - Chronique du 11 octobre

Bonjour-bonjour

Concernant la guerre avec le Hamas, la polémique avec LFI porte sur la responsabilité d'Israël dans l'opération commando du Hamas qui a laissé dans son sillage des rivières de sang. Certains affirmant que l'Etat hébreux a commis depuis longtemps des actes de barbarie qui, accumulés, ont déclenché cette opération qui n'est finalement qu'une réaction aux exactions juives.

Qui a commencé ? Si on veut absolument le savoir, il faut lire la Bible dans l’Ancien Testament (le livre de l’Exode). On y apprend que la Terre promise, quand elle fut donnée aux Hébreux, était déjà occupée par différentes tribus cananéennes.
Le Seigneur Dieu interdit alors aux hébreux de faire alliances avec ces gens-là et leur intima l’ordre de les détruire.
Ce qu’ils firent à l’exception des Héviens qui par ruse conclurent alliance avec les hébreux. Finalement Salomon les réduisit en esclavage.
Voici un des texte de la Bible dont cette  histoire est extraite : 
"J'établirai tes limites depuis la mer Rouge jusqu'à la mer des Philistins, et depuis le désert jusqu'au fleuve; car je livrerai entre vos mains les habitants du pays, et tu les chasseras devant toi. 32Tu ne feras point d'alliance avec eux, ni avec leurs dieux. 33Ils n'habiteront point dans ton pays, de peur qu'ils ne te fassent pécher contre moi; car tu servirais leurs dieux, et ce serait un piège pour toi."

(Exode 23 31-33)

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Ça parait bidon de faire remonter la guerre contre les palestiniens à la Bible. Mais c’est tout à fait sérieux : les juifs ont toujours réclamé la Palestine au nom de la promesse qui leur fut faite par Dieu ; et c’est la même histoire qui selon eux inscrit dans les origines du peuple élu le droit (= le devoir) d’en exterminer les occupants.

En tout cas les ultra-orthdoxes y croient  dur comme fer et sont prêt à massacrer tous ceux qui n’y croient pas

vendredi 29 septembre 2023

Des cathos mal-baisant – Chronique du 30 septembre

Bonjour-bonjour

 

Hélène Dumont sexothérapeute dite « catho compatible » parle de ces femmes qui ont grandi avec un idéal de pureté… et qui souffrent aujourd’hui de vaginisme ; de ces hommes à qui l’on a toujours dit de ne pas se masturber, et qui aujourd’hui rencontrent des difficultés pour éjaculer ou pour éprouver du plaisir ; de ces jeunes ayant érotisé l’interdit de coucher avant le mariage, souffrant de perte de libido une fois mariés ; ou encore de ces couples à qui l’on a enseigné qu’ils devaient jouir au même moment pour ne pas prendre un plaisir égoïste.

« Il y a des malentendus, une mauvaise compréhension de la sexualité, car en réalité c’est difficile de jouir en même temps ! À terme, cela crée des troubles sexuels », affirme la sexothérapeute. (lire ici)

Ce qui arrive aujourd’hui doit aussi arriver dans d’autres religions : il ne s’agit pas seulement de la difficulté à jouir « en même temps » : il s’agit de la difficulté de jouir tout simplement.

Mais au fond, cela ne doit pas trop perturber les autorités religieuse. Peut-être fonctionnent encore avec une croyance médiévale, disparue aujourd’hui, selon laquelle l’orgasme féminin est indispensable à la fécondité ?

Balivernes ! (1)

Mais surtout, l'objectif de la religion est de réduire la sexualité à la fécondation. La jouissance n’est pas la condition pour faire des enfants ? Hé bien on s’en passera !

Ces intégristes devraient pourtant se méfier : l’ignorance en matière de sexualité est périmée. Les couples souffrant des prescriptions de l’Église en matière de sexualité, il y en a sans doute toujours eu. Mais des catholiques acceptant de corréler leurs souffrances avec des exigences spirituelles, il doit y en avoir de moins en moins.

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(1) Pour les curieux : on imaginait alors que la fécondation résultait du mélange entre deux semences, celle du mâle, émise dans l’éjaculation ; celle de la femme supposée émise lors de son orgasme.

jeudi 31 août 2023

Interdiction de l'abaya à l'école : c’est l’intention qui compte – Chronique du 1er septembre

Bonjour-bonjour

 

En ce jour de pré-rentrée une des questions soulevées – il est vrai depuis plusieurs jours – sera sans doute l’interdiction du port de l’abaya pour les jeunes filles. 

Le problème est celui de la légalité d’une telle mesure : si le port de signe religieux est bien connu, il est problématique de déterminer que ce vêtement en soit un. C’est à cette question que s’est attelé le Ministère soutenu il est vrai par les Républicains du Sénat (1)

C’est ainsi qu’on a pu dégager une idée qui permet d’affecter directement un caractère religieux à tel vêtement ou tel comportement : c’est celui de « religieux par destination ».

Ainsi même si l’abaya est une robe tout à fait banale et que rien ne désigne comme signe religieux, le fait de la porter en l’associant à un comportement spécifique permet de lui conférer ce caractère en raison d’une intention religieuse. « Si /la nature de ces vêtements/ n'est pas directement religieuse, on peut parler de vêtements ou signes religieux « par destination ». » (cf texte référencé)

Par destination : « (Droit) Précise une catégorie juridique dans laquelle entre un objet, voire un animal, non par sa nature, mais à cause de l'usage qui en est fait. Un tournevis, un parapluie ou un chien utilisés pour agresser ou même menacer quelqu'un sont juridiquement des armes par destination. » (Ref wiki)

Ce qu’il faut remarquer, c’est que l’intention peut très bien être indépendante de la fonction originelle pour laquelle l’objet a été prévu. Inutile donc de se réfugier derrière la fonction utilitaire de l’abaya ; le contexte dans lequel elle est portée, le refus de la remplacer par un autre vêtement seront seuls pris en compte.

 

- Alors on dit : « Voilà ! Ce sont encore les femmes qui sont visées ! Déjà avec le foulard ; maintenant avec les robes ; et bientôt on va vérifier si les soutifs sont signés par l’Imam ? »

Éh bien pourquoi pas les hommes aussi ?

- On va avoir très bientôt des barbes qui seront religieuses par destination. Ça se fait déjà dans certains pays musulmans – alors pourquoi pas chez nous ? (2)

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(1) Voir le texte de Stéphane Ravier (ici)

(2) En réalité, ça se fait déjà : « Ahmed Ali, 39 ans, a été récemment expulsé d’un avion en partance pour Marrakech à cause de sa barbe. » Ça se passait à l’aéroport de Manchester (lire ici)

lundi 28 août 2023

Les prêtres ont une loupe pour regarder les zizis – Chronique du 29 aout

Bonjour-bonjour

 

Suite à son dialogue avec les jésuite portugais, on peut se faire une opinion un peu plus précise de la position du Pape vis-à-vis de l’homosexualité : c’est ainsi que, critiquant l’attitude de l’Église à ce propos il en vient à reprocher aux prêtres de ne s’intéresser qu’à la sexualité et en particulier à l’homosexualité. 

Autrefois, dit le pape, « si vous exploitiez des travailleurs, si vous mentiez ou trichiez, cela n’avait pas d’importance. En revanche seuls comptaient les péchés en dessous de la ceinture ». Il en va encore de même aujourd’hui où le catéchisme de l’Église catholique explique que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés et appelle les personnes homosexuelles « à la chasteté » (lire ici)

 

- Le Pape serait-il donc plus jésuite que les jésuites en disant : « Oui, l’homosexualité est un péché, mais ce n’est pas un bien gros péché ; le voici réduit à une taille qui le mélange avec toute sorte d’autres péchés. ». Certes, mais l’essentiel apparait lorsqu’il ajoute immédiatement : « Tout le monde est appelé à vivre dans l’Église »,

 

On comprend que ça choque bien des fidèles pour qui l’homosexualité est LA souillure par excellence, celle qui met au ban de toutes les communautés humaines : ces catholiques se demandent pourquoi, alors qu’ils sont rejetés de partout, l’Église devrait les accueillir ?


- En fait cette question est un sacrilège commis à l’égard d’une religion qui se fait un devoir d’accueillir les faibles et les opprimés de façon inconditionnelle. Mais il n’y a pas que cela.

Car dans la même intervention, le Pape reproche au clergé de (je cite) « regarder le “péché de la chair” avec une loupe ». Autrement dit, la surévaluation de la sexualité ne concerne pas seulement les comportement homosexuels ; ce sont les actes sexuels en général qui doivent être remis à leur juste place dans la hiérarchie des fautes. N’oublions pas que Jésus lui-même a reproché à ceux qui voulaient lapider la femme adultère d’oublier leurs propres fautes « Qui donc lui jettera la première pierre ? »

samedi 19 août 2023

Des limites de la profanation – Chronique du 20 aout

Bonjour-bonjour

 

La question de la profanation religieuse revient périodiquement à propos d’actes de vandalisme perpétrés à l’encontre du Coran. Ainsi de la Suède où depuis quelques semaines des exemplaires du Coran sont brûlés en place publique, déclenchant de furieuses manifestations dans les pays musulmans. (Lire ici)

Comme la France, la Suède ne possède pas de législation condamnant ces actes profanateurs et ne peut faire intervenir les forces publiques contre de tels actes, sauf à les considérer comme source de désordres.

Occasion de revenir sur l’idée de profanation. Le terme qui désigne l’impiété commise à l’encontre de ce qui est porteur de sainteté renvoie à ces actes qui détruisent les objets qui en sont porteurs, soit en les anéantissant (comme le coran brûlé), soit en les dépouillant de ce qui les rends sacrés (donc en les rendant profanes). On peut ajouter qu’une extension de ces destructions consiste à démontrer que les miracles révélés n’existent pas (1).

- Que ces actes soient condamnables moralement n’implique pas qu’ils soient ipso facto interdits, même si la liberté d’opinion peut fort bien être limitée par la souffrance qu'elle pourrait imposer à autrui. Ce n’est pas parce que j’ai le droit de faire ce que je veux chez moi que j’ai le droit de troubler la sieste dominicale de mes voisins en tondant mon gazon avec une machine pétaradante en début d’après-midi.

Pourquoi ne le fait-on pas ? Parce qu’il faudrait alors que le domaine considéré comme sacré soit défini de façon précise et ses limites posées avec rigueur, ce qui n’est pas le cas.

Reste encore un autre cas : la profanation peut correspondre à refus de sanctuariser religieusement des idées, des actes, des pratiques, ou plus profondément une vision du monde.

Car, si les dogmes sont rigoureusement figés, la vie des sociétés ne l’est pas et les connaissances humaines non plus.

Chez nous, la laïcité signifie qu'on prend en compte cette réalité.

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(1) Le cas le mieux connu dans la chrétienté est « la profanation de l’hostie » qui consiste à percer d’un coup de couteau ou à brûler une hostie consacrée pour voir si elle se met à saigner conformément au miracle annoncé par Jésus (« Ceci est mon corps »)