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mardi 10 octobre 2023

Israël/Hamas : qui a commencé ? - Chronique du 11 octobre

Bonjour-bonjour

Concernant la guerre avec le Hamas, la polémique avec LFI porte sur la responsabilité d'Israël dans l'opération commando du Hamas qui a laissé dans son sillage des rivières de sang. Certains affirmant que l'Etat hébreux a commis depuis longtemps des actes de barbarie qui, accumulés, ont déclenché cette opération qui n'est finalement qu'une réaction aux exactions juives.

Qui a commencé ? Si on veut absolument le savoir, il faut lire la Bible dans l’Ancien Testament (le livre de l’Exode). On y apprend que la Terre promise, quand elle fut donnée aux Hébreux, était déjà occupée par différentes tribus cananéennes.
Le Seigneur Dieu interdit alors aux hébreux de faire alliances avec ces gens-là et leur intima l’ordre de les détruire.
Ce qu’ils firent à l’exception des Héviens qui par ruse conclurent alliance avec les hébreux. Finalement Salomon les réduisit en esclavage.
Voici un des texte de la Bible dont cette  histoire est extraite : 
"J'établirai tes limites depuis la mer Rouge jusqu'à la mer des Philistins, et depuis le désert jusqu'au fleuve; car je livrerai entre vos mains les habitants du pays, et tu les chasseras devant toi. 32Tu ne feras point d'alliance avec eux, ni avec leurs dieux. 33Ils n'habiteront point dans ton pays, de peur qu'ils ne te fassent pécher contre moi; car tu servirais leurs dieux, et ce serait un piège pour toi."

(Exode 23 31-33)

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Ça parait bidon de faire remonter la guerre contre les palestiniens à la Bible. Mais c’est tout à fait sérieux : les juifs ont toujours réclamé la Palestine au nom de la promesse qui leur fut faite par Dieu ; et c’est la même histoire qui selon eux inscrit dans les origines du peuple élu le droit (= le devoir) d’en exterminer les occupants.

En tout cas les ultra-orthdoxes y croient  dur comme fer et sont prêt à massacrer tous ceux qui n’y croient pas

mardi 8 août 2023

La “guerre des parasols” enflamme l’Espagne – Chronique du 9 aout

Bonjour-bonjour

 

L’actualité suit inexorablement sa pente habituelle en se focalisant sur ces activités estivales qui repoussent loin les faits divers bien saignants et autres rumeurs de scandale ou de guerre.

J’en veux pour preuve cette « Guerre des parasols » qui sévit en Espagne ces jours-ci. 

Ecoutez plutôt : « Avec des plages toujours plus bondées sur la côte méditerranéenne, certains vacanciers s’approprient des emplacements sur le sable en y déposant leurs affaires dès l’aube. Des municipalités sévissent contre les serviettes et parasols inoccupés.

Certains restent sur place pour profiter de la “tranquillité inhabituelle” de cette plage qui, à mesure que le soleil se lève, se remplit jusqu’à déborder en fin de matinée. Mais d’autres filent se recoucher et laissent traîner leurs affaires afin d’être sûrs d’avoir une bonne place sur le sable en journée. » (Lu ici)

Certaines municipalités espagnoles n’ont pas hésité à confisquer le matériel abandonné sur la plage « Ce n’est que lorsque les propriétaires se rendent en mairie pour protester − beaucoup avec véhémence − qu’ils peuvent récupérer leur bien, après avoir payé une amende de 300 euros » (Art. cité)


Le philosophe verra dans ce fait divers (ou plutôt d’été) une occasion de revenir sur le droit à se déclarer propriétaire du sol – Rousseau en a fait un chapitre entier dans le Contrat social (1) : la question était de savoir si le fait d’être le premier occupant du sol donnait un droit sur lui. C’est ainsi que les estivants espagnols se lèvent aux aurores pour déposer leur serviette de bain sur le sable avant de repartir, prétendant malgré tout avoir un droit à son occupation plusieurs heures après leur départ. 

--> A quoi Rousseau répondait que le droit sur le sol dépendait du travail qu’on y faisait : au point que dans le Contrat social il imagine un pays où la terre serait répartie aux familles au prorata de leurs besoins, mais ce droit serait soumis au travail effectif du sol, qui, s’il venait à manquer entrainerait la confiscation du bien. 

 

--> A condition de remplacer le manque de travail par le farniente sur le sable, l’analyse de Rousseau autorise en effet la confiscation des serviettes de bain abandonnées sur le sable.

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(1) Première partie, chapitre 9. Il prend l’exemple du conquistador Nunez Balboa qui prenait sur le rivage possession de la mer du Sud et de toute l’Amérique méridionale au nom de la couronne de Castille.

jeudi 5 janvier 2023

Allez-vous-en : c’est notre territoire – Chronique du 6 janvier

 

 


Mission Artémis

Bonjour-bonjour,

 

A qui appartient la Lune ? À personne ? À ceux qui vont se poser dessus et y fonder une base occupée par des astronautes-cosmonautes-taïkonautes ? Et qu’est-ce que ça voudrait dire ? Quelle propriété peut-on revendiquer dans ce cas ?

C’est Bill Nelson, l’actuel patron de la NASA qui agite la sonnette d’alarme : « La Chine pourrait s'emparer d'une partie de la Lune sous prétexte de recherches scientifiques. » Cette alarme vient en partie de la découverte de la présence abondante d’hélium-3 dans le sol lunaire, mais en revanche très rare sur la terre. Précision : l’hélium-3 est un « carburant » indispensable dans la fusion nucléaire, donc dans la production espérée inépuisable d’énergie. (Sur tout cela : lire ici)

Bon – Revenons donc à nos questions initiales :

            *  A l’origine (durant les grandes découvertes en particulier), il suffisait aux explorateurs de prendre pied sur un territoire nouveau et de le déclarer possession de leur souverain. C’est ainsi que Pedro Álvares Cabral prit possession du Brésil : Rousseau s’en moque dans le discours sur l’inégalité, ajoutant que le seul titre de propriété possible est celui du premier occupant par le travail.

            * Une base scientifique serait donc, par le travail qu’elle suppose une propriété de l’État qui l’a financée et donc la Chine pourrait très bien revendiquer la souveraineté sur la portion de sol qu’elle exploite.

            * Jusqu’où irait cette propriété ? Pour l’essentiel, la propriété est un droit de souveraineté sur un domaine, ce qui signifie que personne ne peut en revendiquer une partie.

 

On devine que la Chine est particulièrement suspectée au vu de sa conduite dans la mer de Chine où elle s’empare par tous les moyens qu’on lui tolère de nouveaux territoires y compris de ceux qui, bien sûr, sont déjà soumis à une autre souveraineté. Mais quel État, ayant consenti les efforts nécessaires pour s’implanter à la surface de la Lune et y installer des unités de production accepterait de partager avec d’autres États ?

Autrement dit, les mines d’hélium-3, qu’elles soient chinoises, américaines, russes ou européennes, ne seront pas plus partagées que ne le furent les mines d’or du Pérou.

vendredi 12 juillet 2019

LA NASA VA EXPLORER UN ASTÉROÏDE REMPLI D’OR, MAIS À QUI APPARTIENT L’ESPACE ?

« Pour le traité de l'espace (1967), l'espace n'appartient à personne, pour l'accord sur la Lune (1979), il appartient à toute l'Humanité ». 

A supposer que cela ait un sens, cet article (à lire ici) affirme que des hommes sont tentés d’aller prospecter l’or contenu dans l’astéroïde « Psyché 16 », quelque part entre Mars et Jupiter.
C’est une fiction sans aucun doute, mais elle permet de poser de nouveau la question de la propriété dans toute la fraicheur qu’elle avait au 18èmesiècle quand l’appropriation des terres du Brésil ou d’Afrique faisait encore débat. 
Reste que la signification de cette question parait bien être liée à l’impossibilité pour des humains d’imaginer une telle masse d’or sans propriétaire. Oui, une richesse sans possesseur est impossible ! Le fait que cette réalité soit si désirable entraine ipso facto que quelqu’un s’en soit emparé – autrement dit qu’elle soit interdite à tout autre. Ou bien c’est à moi, ou bien c’est à autrui, mais c’est nécessairement à quelqu’un. Rien ne peut exister librement dans le monde, ni hommes, ni femmes, ni ressources. Et si ces richesses sont hors de portée nous continuerons à les désirer, c’est à dire à rêver aux moyens de nous en emparer.
vous ne me croyez pas ? Lisez ce qui suit :
- Les féministes d’aujourd’hui devraient prendre conscience que les (belles) femmes sont comme cette masse d’or qui gravite entre Mars et Jupiter : des proies potentielles visées par la nature captatrice du désir. La liberté des femmes est le corolaire de l’effort des hommes pour dominer leurs passions. Bien sûr cela va de soi, à notre époque où, hors mis dans les populations musulmanes, tout homme s’efforce de dominer ses pulsion quelles qu’elles soient et où que ce soit – y compris sur la plage au milieu de corps dénudés.

mardi 19 février 2019

ORANGE VA LANCER SON PROPRE PC DANS LE CLOUD À DESTINATION DU GRAND PUBLIC

Après la start-up Blade et ses PC dématérialisés, l’opérateur historique met les pieds dans le cloud computing. Orange prévoit de lancer dans les prochains mois une offre de streaming de PC à distance. (Lire ici)

Orange vient nous annoncer la disparition prochaine de nos encombrants ordinateurs, de leurs tours, de leurs écrans, de leurs claviers et de leurs souris : encore une révolution numérique ? Peut-être pas autant qu’on le croit, car, rappelons-nous ce qu’on nous annonçait depuis des dizaines d’années : les ordinateurs auront bientôt disparu, remplacés par les applications en ligne qui prendront en charge toutes les opérations, toutes les fonctions dont nous aurons besoin.
Oui, il y a 30 ans déjà, alors que les américains développaient de puissants ordinateurs, nous, Français, fiers de notre Minitel, pauvre coquille vide tout juste capable d’afficher du texte, nous rétorquions que nous étions en avance sur tout le monde, vu que bientôt plus personne ne ferait appel à des machines capables de gérer des « programmes » individuels parce qu’on n’utiliserait plus que des programmes transmis via Internet. Certes  Internet à l’époque n'arrivait pas jusque chez nous et le fil du téléphone alimentait péniblement les modems poussifs (1), mais l’idée était là : à quoi bon la propriété privée, quand le service collectif fait mieux ? 
--> Et voilà  ce qu'on nous annonce aujourd'hui : « Courant 2019, l’agrume (= Orange) va proposer à ses utilisateurs un service de PC dans le cloud, lequel fonctionnera avec la clef TV 2 4K d’Orange déjà utilisée par des centaines de milliers de clients de l’opérateur ». Restera juste dans ma poche mon smartphone, mais lui aussi sera vidé de tout contenu : il ne restera que pour fournir le clavier pour communiquer avec un écran qui sera à la réception des images.

…Attendez. Je viens bien d’écrire « à quoi bon la propriété privée » ? Ce rêve ne serait-il pas plutôt un cauchemar ?
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(1) 56 kb/s : lire ici

jeudi 9 août 2018

LA JUSTICE DONNE DEUX MOIS POUR ÉVACUER LE SQUAT DU HAMEAU DES BROUETTES À ROUEN

C’est tout un dispositif de solidarité qui doit cesser, contraint par la justice. Le tribunal d’instance de Rouen (Seine-Maritime) a décidé de l‘expulsion de la résidence la Garenne, située rue du Hameau des brouettes, sur la rive gauche à Rouen, dans un délai de deux mois.
Depuis le 19 mai 2018, près de 160 sans-abri, principalement des migrants, ont investi les lieux, aidés par le collectif la Garenne. Une occupation « très mal vécue » par la Ville qui demandait son expulsion immédiate, selon son avocat Me Maxime Cauchy. (Lu ici)

Il s’en passe des choses inquiétantes au Hameau des brouettes ! Déjà que cet endroit a du dans le passé servir de cadre à des choses peu racontables pour mériter un tel nom… Mais voici qu’on y commet des délits de solidarité si l’on en croit le reportage cité plus haut.
Oh, certes, le mot « délit » n’est pas employé ; reste toutefois qu’on dit bien qu’il s’agit d’un « dispositif de solidarité » qui doit cesser. L’indignation qu’on ressent alors est sans condition : être solidaire est un devoir d’humanité qui ne peut être soumis à condition.
Quoique… Les principes inconditionnels sur les quels est construite la société ont été choisis par elle (ou par une tradition qui s’enracine en elle) : ils n’étaient rien du tout avant, ils sont tout après – mais seulement après. C’est d’ailleurs la contradiction embarrassante de la Déclaration des droits de l’homme : droits imprescriptibles et naturels mais qu’il faut pourtant proclamer, comme si sans cela ils n’existeraient pas ?

Le dispositif de solidarité de La Garenne dénoncé aujourd’hui par les tribunaux entre dans ces dédale de droits enchevêtrés, tous plus sacrés les uns que les autres. En bref : le droit de propriété peut-il être annulé dès que le devoir d’humanité entre en jeu ? Il semble que ce ne soit pas si évident, puisqu’au Hameau des brouettes, le propriétaire de l’immeuble occupé par des sans logis a réussi, en faisant appel aux Tribunaux, à faire jeter à la rue des malheureux qui l’occupent sans autre droit d’obtenir un abri qu’ils n’ont alors plus.