Bonjour-bonjour
« Distorsions cognitives » : quésaco ? Vous savez ce que c’est, vous ? Moi, je le découvre dans la définition qui en est donnée ici : « Ces distorsions cognitives peuvent se définir comme des pensées verbalisées qui déforment la réalité, permettent au délinquant de supporter le regard des tiers, en particulier celui de sa famille, tout en se défendant dans l’espoir d’adoucir le châtiment qui lui sera réservé » (Article Wikipédia)
- Autrement dit, il s’agit des mensonges qu’un coupable invente pour se disculper ou pour minorer sa faute. Sauf que ça n’est pas tout à fait ça. Selon Wikipédia, les distorsions cognitives sont plus généralement des pensées qui amènent les individus à percevoir la réalité de manière inexacte. Autrement dit ce serait à la rigueur un mensonge, mais d’un type tout à fait spécial, tel que le menteur croirait à son mensonge autant que celui à qui il est destiné.
- L’exemple cité est celui du procès des hommes qui ont violé Gisèle Pélicot, prétendant être certains qu’elle était consentante, même plongée dans un sommeil quasi hypnotique. Ces distorsions impliquent un état psychopathologique, autrement dit le menteur du quotidien ne saurait connaitre une telle situation.
Reste que ces cas éveillent en moi un souvenir d’ordre philosophique : celui du « mensonge à soi-même » dont parle Sartre lorsqu’il évoque la mauvaise foi. On se rappelle l’exemple du garçon de café qui joue un rôle que lui attribue sa fonction comme si c’était une réalité permanente à laquelle il est totalement identifiable. On lira ce texte célèbre ici.
- Devons-nous dire que ces analyses philosophiques recoupent les découvertes de la psychopathologie ? Pas tout à fait, car pour Sartre, la mauvaises foi est une modification de la conscience : c’est le rapport à soi-même qui est en cause. Par contre dans les distorsions évoquées, c’est la réalité qui est déformée, et non la conscience de soi. Alors certes ça suppose une altération de la conscience. Toutefois il s’agit - pour parler comme Sartre - de la conscience « thétique » du monde et non de la conscience « thétique de soi », même si la seconde est enveloppée dans la première.
--> Redisons-le : la distorsion cognitive affecte la perception du monde alors que la mauvaise foi sartrienne affecte la perception de soi.
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