Bonjour-bonjour
Le président américain a publié dimanche soir sur sa plateforme Truth Social une image montrant la Première ministre italienne lui faisant les yeux doux, accompagnée d’un message en lettres capitales : « Ordonnance de protection demandée »
/ Ordonnance de protection : si vous êtes victime de violences conjugales ou intrafamiliales, vous pouvez demander au juge aux affaires familiales la délivrance d’une ordonnance de protection pour que des mesures soient prises dans l’urgence. Lire ici)
Publié sur la plateforme Truth Social
Faisant allusion à des difficultés avec l’opinion publique italienne, le Président américain n’a pas hésité à modifier cette photo pour suggérer que la Présidente du conseil italien le suppliait de lui accorder sa protection.
Avouez que vous vous y auriez fait prendre : ce regard énamouré était trop sincère pour qu’on en doute ! Et puis, comment supposer que le Président des Etats-Unis pourrait sur son propre réseau social tromper ainsi les gens ?
Pourtant c’est bel et bien un trucage et le contexte de cette humiliant commentaire trouve sa source dans une affirmation toute aussi truquée : « En juin le président américain avait affirmé - sans en apporter la preuve - que Giorgia Meloni l’avait imploré de prendre une photo avec lui lors d’un sommet du G7 quelques jours plus tôt. Il avait ensuite affirmé que celle qui fut jusqu’à récemment l’une de ses plus proches alliées en Europe, « se débrouillait mal en Italie en matière de popularité ». (Lu ici)
o-o-o
La leçon de tout ça ? Nous voilà revenus au 4ème siècle avant notre ère, lorsque Pyrrhon d’Ellis fondait l’école sceptique.
Rappelez-vous ce que, selon Diogène Laërce, on disait de Pyrrhon, le fondateur du scepticisme : « n'évitait rien, ne se gardait de rien, s'exposant à tout, aux chars, aux précipices, aux chiens, ne se fiant en rien aux sens. Mais ses amis le suivaient et le protégeaient » Autrement dit, il ne faisait même pas attention au risque de tomber dans un ravin (ou un précipice) au point que ses disciples devaient constamment intervenir pour l'empêcher de se blesser ou de mourir.
Donc : ne jamais croire quoique ce soit et de quelque source que ce soit, quand bien même nous en serions intimement persuadés : telle est la leçon de notre siècle d’informations à jet continu qui est en même temps source de mensonge permanent.
Nous voici ramenés aux époques les plus sombres de notre histoire quand les tyrans interdisaient toute information. Le tyrans d’aujourd’hui sont beaucoup plus malins : ils n’interdisent rien, mais ils déforment tout.
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