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mardi 7 juillet 2026

Pyrrhon, notre maitre à douter – Chronique du 8 juillet

Bonjour-bonjour

 

Le président américain a publié dimanche soir sur sa plateforme Truth Social une image montrant la Première ministre italienne lui faisant les yeux doux, accompagnée d’un message en lettres capitales : « Ordonnance de protection demandée »

/ Ordonnance de protection : si vous êtes victime de violences conjugales ou intrafamiliales, vous pouvez demander au juge aux affaires familiales la délivrance d’une ordonnance de protection pour que des mesures soient prises dans l’urgence. Lire ici)

 

 


Publié sur la plateforme Truth Social

 

Faisant allusion à des difficultés avec l’opinion publique italienne, le Président américain n’a pas hésité à modifier cette photo pour suggérer que la Présidente du conseil italien le suppliait de lui accorder sa protection.

Avouez que vous vous y auriez fait prendre : ce regard énamouré était trop sincère pour qu’on en doute ! Et puis, comment supposer que le Président des Etats-Unis pourrait sur son propre réseau social tromper ainsi les gens ?

Pourtant c’est bel et bien un trucage et le contexte de cette humiliant commentaire trouve sa source dans une affirmation toute aussi truquée : « En juin le président américain avait affirmé - sans en apporter la preuve - que Giorgia Meloni l’avait imploré de prendre une photo avec lui lors d’un sommet du G7 quelques jours plus tôt. Il avait ensuite affirmé que celle qui fut jusqu’à récemment l’une de ses plus proches alliées en Europe, « se débrouillait mal en Italie en matière de popularité ». (Lu ici)

o-o-o

La leçon de tout ça ? Nous voilà revenus au 4ème siècle avant notre ère, lorsque Pyrrhon d’Ellis fondait l’école sceptique.

Rappelez-vous ce que, selon Diogène Laërce, on disait de Pyrrhon, le fondateur du scepticisme : « n'évitait rien, ne se gardait de rien, s'exposant à tout, aux chars, aux précipices, aux chiens, ne se fiant en rien aux sens. Mais ses amis le suivaient et le protégeaient » Autrement dit, il ne faisait même pas attention au risque de tomber dans un ravin (ou un précipice) au point que ses disciples devaient constamment intervenir pour l'empêcher de se blesser ou de mourir. 

Donc : ne jamais croire quoique ce soit et de quelque source que ce soit, quand bien même nous en serions intimement persuadés : telle est la leçon de notre siècle d’informations à jet continu qui est en même temps source de mensonge permanent.

Nous voici ramenés aux époques les plus sombres de notre histoire quand les tyrans interdisaient toute information. Le tyrans d’aujourd’hui sont beaucoup plus malins : ils n’interdisent rien, mais ils déforment tout.

jeudi 31 mars 2022

1er avril : une rémoise découvre 194 grammes d’héroïnes dans sa petite culotte – Chronique du 1er avril

Bonjour-bonjour

 

Poisson d’avril !

Mais non ! On trouve ça ici, dans le journal local.

Je sais, ça fait plouc de blaguer un 1er avril tellement c’est décadré. Car normalement, j’aurais dû chroniquer l’éviction du chef du renseignement militaire français, suite à la déconfiture de nos renseignements incapables d’anticiper l’invasion russe de l’Ukraine ; ou bien la coupure du gaz russe pour l’Europe entière à ce jour ; ou encore le pronostic des instituts de sondages qui voient Marine le Pen sur le point de devenir Présidente de la République...

Mais tout cela c’est bien anxiogène, et franchement si on peut profiter de ce jour pour blaguer ça ne fera pas de mal.

 

- Reste que, comme on l’a dit ailleurs, le 1er avril est le seul jour ou les gens vérifient les informations qu’on leur donne. Et que la nouvelle donnée ici est douteuse : comment une femme découvrirait-elle quelque chose dans sa culotte, à part bien sûr les éléments de son anatomie qui s’y trouvent normalement ? C’est vrai, et ce n’est que par un souci de concision que j’ai formulé ainsi la nouvelle. Car en réalité, c’est la police qui a fait cette étrange découverte ; mais il reste vrai que la femme a déclaré pour sa défense qu’elle ne savait pas qui l’y avait mis, ce qui revient à dire qu’elle avait découvert la chose en même temps que la police.

On l’a compris : le fait de cacher de la drogue dans sa culotte est pour une femme un procédé courant, pour ne pas dire rationnel : c’est tout compte fait le dernier endroit que la police devrait fouiller. Par contre se défendre en affirmant qu’on ignorait ce fait, c’est comme dire qu’on peut y mettre la main sans que l’intéressée le sache. 

On a affaire à une dénégation : de quoi s’agit-il ?

Dans le Dictionnaire de psychanalyse on lit à l’article « Dénégation : « Procédé par lequel le sujet, tout en formulant un de ses désirs, pensées, sentiments jusqu'ici refoulé, continue à s'en défendre en niant qu'il lui appartienne » (Laplanche et Pontalis) 

Même si les désirs refoulés ne sont pas ici de mise, il n’en reste pas moins que la dénégation a pour effet de dire quelque chose de nos désirs : celui d’être disculpée.

mercredi 31 mars 2021

Poisson d’avril et fake news – Chronique du 1er avril.

Bonjour-bonjour

 

Il fut un temps où le 1er avril chacun faisait des blagues en diffusant des fausses nouvelles, bien grosses et bien désopilantes, qui ridiculisaient ceux qui y croyaient. Au point qu’on pouvait dire : « Le 1er avril, c’est le seul jour où les gens vérifient une info avant de la croire » car bien sûr le reste du temps toutes les informations avaient été vérifiées par les diffuseurs.

Autrement dit, comme il est permis de se déguiser en femme quand on est un homme ou en homme quand on est une femme uniquement en période de carnaval, on ne pouvait sciemment tromper les autres que le 1er avril.

 

Oui, « il fut un temps… » Mais ce temps n’est plus puisque les fakenews nous ont envahi désormais tous les jours et qu’elles n’existent qu’à condition que leur diffusion ne soit pas un délit – et que des réseaux soient équipés à grand frais rien que pour ça. Et en plus, tout le monde le sait mais personne ne s’en étonne : qu’on soit couillonné (permettez l’expression) tous les jours et avec notre assentiment, voilà qui étonne quand même pour peu qu’on y réfléchisse.

Comment une telle mutation s’est-elle opérée ? Comment le ridicule d’avoir pris pour vrai et défendu opiniâtrement un bobard ne couvre plus de honte ceux qui en ont été victimes ? Comment le fait d’avoir été piégé par des fakenews ne conduit pas à plus de prudence ? Comment ceux qui ont diffusé ces mensonges en tirent-ils une certaine popularité ? 

 

Voilà bien des mystères… Mais le privilège du philosophe c’est de pouvoir poser des questions sans qu’on n’exige de lui qu’il y réponde.

dimanche 7 janvier 2018

Repose en paix, #joliepetitesheila

Le-point-du-jour vous donne ici les fake-news que les autres sites vous refusent.





Repose en paix, #joliepetitesheila

Après Johnny, après France Gall, la série noire continue ! On annonce ce matin le décès de Sheila, retrouvée morte un livre à côté d’elle. Il semble qu’elle ait succombé à une suffocation résultant d’une apnée prolongée : la chanteuse paraît avoir tenté de lire à haute voix sans reprendre son souffle une phrase de La recherche du temps perdu.
Depuis l’Elysée, le Président Macron a tweeté : « Repose en paix, #joliepetitesheila ! Va rejoindre Johnny Hallyday et France Gall ! Et préviens les anges du ciel qu’ils prévoient de la place pour Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc, Françoise Hardy »

On annonce une journée d’hommage jeudi prochain. À cette occasion le service public se mobilise : France-Culture fera une émission spéciale et France-Musique retracera la carrière de la chanteuse.