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samedi 25 juillet 2026

Un cercueil plein d’argent – Chronique du 26 juillet

Bonjour-bonjour

 

Si les informations sont exactes (voir article cité), les soldats russes sont mercenaires dans leur propre pays.

Voyez les chiffres : 

- Un soldat déployé au front perçoit au minimum 195 000 roubles par mois (environ 2 150 euros), quand le salaire minimum en Russie atteint seulement 27 000 roubles (294 euros).

- En cas de blessure grave ou de décès, la famille du soldat peut percevoir en moyenne 15,2 millions de roubles, soit près de 168 000 euros, une somme qu'un ouvrier russe ne gagnerait jamais en toute une carrière.

Les Russes ont même donné un nom à cette compensation : le grobovïe, littéralement « l'argent-cercueil»




 

Cette information nous laisserait indifférent si nous n’avions pas en la lisant un petit sursaut : la défense de la patrie n’est-elle pas un devoir que chaque citoyen doit accomplir lorsqu’on le lui demande ? Ne doit-il pas donner sa vie et non la vendre ?

Tel est précisément le sujet de la Marseillaise qui appelle les patriotes au combat et au sacrifice : la France est comme un père qui nous protège mais que nous devons aussi protéger. C’est en effet cette filiation qui fait de la « patrie » l’équivalent d’un père pour le citoyen-soldat et qui lui impose ce sacrifice. Qui donc refuserait de prendre les armes pour défendre son père devenu incapable de le faire lui-même ? Disant ceci, c’est au Cid que l’on pense :  Rodrigue défie le comte pour protéger don Diègue, son père.

Pourquoi les russes ne reconnaissent-ils pas cette obligation ? Pourquoi la mobilisation générale ne les appelle-t-elle pas au combat ?

Il n’y a que deux réponses possibles : ou bien ce combat n’est pas reconnu comme un affrontement où le destin de la Russie est mis en jeu ; ou bien, malgré que ce soit le cas, la fibre du patriotisme a dépéri dans la conscience des russes.

Je veux croire que ce soit la première hypothèse qui soit la bonne. Mais alors c’est au pouvoir de s’interroger : le jour où la patrie sera en danger, ne risque-t-il pas de voir les jeunes hommes réclamer le « grobovïe » ?

lundi 15 juin 2026

De la guerre sainte – Chronique du 16 juin

Bonjour-bonjour

 

La sainteté de la guerre est peut-être toujours présente au fond des conflits qui ensanglantent notre époque : les ukrainiens font-ils autre chose que sauver leur patrie des prétentions russes à l’annihiler en l’intégrant à la Russie ?

Pour évoquer ce sujet on peut provisoirement prendre un peu de champ. Et réfléchir au mal dont la destruction est la justification finale des combattants. Autrement dit, faire la guerre c’est se livrer à un malicide.

- « Malicide » : Un mot nouveau pour justifier la guerre et le meurtre. Signifiant le fait d’« ôter la vie d'un méchant » et plus particulièrement d’un hérétique, il nous découvre un domaine où le Bien et le Mal sont les seuls déterminants des rapports humains. Entendez que le respect de la personne humaine, son inviolabilité, sont subordonnés à la valeur que lui attribue ou lui refuse un système de valeurs enraciné dans une croyance religieuse - ce qui nous ramène à la guerre sainte.

C’est ainsi que Saint Bernard rassure les Templiers, ces croisés permanents : s’ils sont tués au combat, ils gagnent le Paradis car ils meurent pour Dieu ; lorsqu’ils tuent en combattant l’infidèle, ils n’encourent aucun risque pour le salut de leur âme car, ce faisant, ils ne commettent pas un homicide, mais un « malicide ». Pour Dieu l’homme n’a de valeur que dans la mesure où il accepte la mission qui lui est assignée, à savoir chanter Sa gloire. Dès qu’il en déroge, alors Dieu, c'est à dire les hommes missionnés pour œuvrer à sa place, peuvent le supprimer.

Dès qu’on veut sanctifier la guerre il faut donc deux choses :

- des valeurs fondées dans l’absolu ;

- des hommes missionnés pour châtier ceux qui ne les respectent pas

Pour qu’une telle situation soit acquise, il faut donc donner congé aux valeurs humanistes qui accordent cette universalité à l’être humain entendu dans sa plus grande extension, et accepter que les valeurs soient fondées sur une source extérieure à l’humanité, comme l’est un Dieu transcendant qui est, par nature, en dehors d'elle.

samedi 13 juin 2026

La prière du para – Chronique du 14 juin

Bonjour-bonjour

 

Je découvre aujourd’hui cette « Prière » du parachutiste qui révèle un amour inconditionnel de la guerre :

 

Je veux l’insécurité et l’inquiétude,

Je veux la tourmente et la bagarre,

Et que vous me les donniez, mon Dieu,

Définitivement,

Que je sois sûr de les avoir toujours,

Car je n’aurai pas toujours le courage

De vous les demander.

(Lu ici)

 

Dieu seul est capable de « donner » aux hommes la guerre en toutes circonstances ; et de la leur donner alors même qu’ils ne la demandent pas – alors même qu’ils la refusent. Car la guerre est bonne pour les hommes même s’ils ont oublié à quel point ils l’aimaient.

Qu’on ne croie pas que cette amour inconditionnel de la guerre est invraisemblable. Car la guerre est une protection lorsque la décadence menace la civilisation : « Une nation s'éteint quand elle ne réagit plus aux fanfares ; la décadence est la mort de la trompette. » (Cioran – Syllogismes de l’amertume)

Et plus délectable encore, aux sources même de notre civilisation, la Chanson de Roland :  : « […] Gerier frappe l’amiral [sarrasin] : / il lui brise le bouclier, lui démaille la cuirasse ; / il lui plonge son bon épieu dans le cœur ; / il lui enfonce le fer qu’il lui passe à travers le corps / de la longueur de sa lance il l’abat mort sur place. / Olivier dit : « Belle est notre bataille ! » (La Chanson de Roland, laisse 97)

La guerre relève de l’art botanique : elle permet aux sociétés de se vivifier par le sacrifice de ses rameaux trop abondants. Et elle est aussi un plaisir.

Vous comprenez mieux comment on peut être para ?

mercredi 3 juin 2026

R2-D2 contre C-3PO – Chronique du 4 juin

 


Bonjour-bonjour

 

Les armées du futur seront-elles faites de soldats qui offriront leurs poitrines au balles de l’adversaire ? Rien n’est moins sûr, si l’on en croit du moins les informations portant sur les recherches en la matière : « La guerre en Ukraine sert depuis plusieurs années de terrain d’expérimentation pour des technologies militaires inédites. Drones de pointe, intelligence artificielle, robots quadrupèdes. L’éventuelle généralisation des robots humanoïdes sur les champs de bataille s’inscrirait dans cette tendance. » (Lu ici)

Attention, vous n’avez pas tout lu. Car ces robots ne seront pas seulement des porteurs d’équipement, ils pourront (ils peuvent déjà) être pilotés par des intelligences artificielles. Ce qui signifie que la perspective de retirer à l’être humain des décisions létales afin de la leur confier est désormais sur la table – Ce qui selon notre article suscite des inquiétudes croissantes parmi les experts et les responsables politiques.

Si je comprends bien viendra un jour où les soldats seront remplacés par des robot, qui vont s’entre-tuer pendant que les soldats resteront à l’abri.

Imaginer que des machines vont s'étriper pendant que les hommes siroteront leur pastis sous le parasol, moi, ça ne m’inquiète guère.


- On dira que ça ne suffira pas pour remplacer la guerre, laquelle ne comporte pas seulement cet aspect matériel, comme dans les guerres de religion où il s’agit de soumettre les esprits (cf. ici). Reste qu’on ne sera plus alors dans « la guerre de haute intensité », mais dans l’action psychologique la quelle n’a pas attendu les télécrans de Georges Orwell.

vendredi 29 mai 2026

L’art de la guerre – Chronique du 11 mai

Bonjour-bonjour

 

 

Daté du 5ème siècle av. J-C l’Art de la guerre est un traité de stratégie militaire chinois écrit par Sun-Tzu.

 

 

 


Publié par Wikipédia

 

Oublié au cours de l’histoire puis redécouvert en occident à l’occasion du règne de Mao Zedong, ce traité enseigne que « la victoire vient de la préparation, de la connaissance de soi et de l'ennemi, bien plus que de la force. Le but suprême est de soumettre l'adversaire sans aucun combat, grâce à la ruse et à la division » (Lire ici).

 

« L’art de la guerre est l’art de ne pas faire la guerre » : on est tenté de mettre en regard de ce principe les guerres asymétriques que les Etats-Unis perdent régulièrement depuis le Viêt-Nam. Sachant que l’asymétrie en question signifie l’opposition de la force armée d'un État à des combattants irréguliers, inférieurs matériellement, on peut expliquer comment les Etats-Unis procèdent par le « tapis de bombe » à la suite de quoi l’invasion peut survenir. 

Or, comme le montre l’Iran, c’est précisément cela qui ne survient pas. On dirait à peu près la même chose de la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza. 

On dit alors qu’on ne détruit pas des idées avec des bombes – et c’est vrai. Mais il est encore plus vrai de dire que c’est la résistance d’un groupe entier réuni par un même principe qui assure l’échec de la force. Que ce principe fasse défaut et c’est alors le groupe entier qui s’effondre quand le chef est vaincu – comme le montre le cas de Maduro au Venezuela.

On a dit que l’erreur de Donald Trump était d’avoir cru qu’il pourrait soumettre l’Iran comme il venait de la faire avec le Venezuela ; mais c’est surtout qu’il veut que toutes les guerres se fassent de la même façon, par la destruction pure et simple. C’est précisément cette erreur que l’Art de la Guerre dénonce : « Donald, tu aurais dû écouter Maitre Sun ! »

lundi 18 mai 2026

La guerre informationnelle – Chronique du 19 mai

Bonjour-bonjour

 

La guerre ne se fait plus seulement sur le terrain avec des canons, des chars et des avions. Il en existe une autre beaucoup plus insidieuse, qui s’appelle « guerre informationnelle ». Elle est faite avec des ordinateurs et on l’appelle habituellement « désinformation ».

Hélas ! Tout ceci est largement dépassé et les spécialistes de la question que sont les américains, les chinois et les russes ont mis au point des stratégies qui sont exposée dans cet excellent articleLa cible de ces techniques c’est le cerveau humain ainsi que ses procédés cognitifs. 

Cette guerre est en réalité un ensemble de dispositifs déjà en action non seulement à destination de l’étranger, mais aussi à l’œuvre à l’intérieur des frontières du pays, dans les débats et dans la communication politique. C’est ainsi que, par exemple, les incohérences des propos de Donald Trump ne sont nullement l’effet d’un cerveau ramolli, mais bien une technique de prise de pouvoir sur l’ensemble des cerveaux.

Plus généralement, les mêmes personnes peuvent, selon le sujet, selon l’heure, selon la plateforme, tenir des positions incompatibles sans en éprouver la contradiction. Or, voilà l’essentiel : cet état superposé de croyances n’a rien d’une pathologie, c’est au contraire une caractéristique de nos « sociétés Schrödinger » contemporaines. Or pour l’ennemi, c’est là que se loge la faille exploitable, car des états d’opinion consubstantiellement contradictoires mettent en péril la cohérence globale du système

 

Mais ceci n’est encore rien. Voyons la suite.

L’article cité détaille les méthodes des différentes techniques, précisant ainsi que « l’école « américaine », prend pour cible neurologique le système limbique : elle joue sur l’émotion, l’indignation, la peur, la colère — parfois même aussi un spectre plus large comme Facebook le propose depuis 2016 avec ses sept réactions : « j’aime », « j’adore », « haha », « wow », « solidaire », « triste » et « en colère » — appuyées par un mécanisme d’activation émotionnelle en temps réel de l’algorithme. » (Art. cité)

Pas mal, n’est-ce pas ? Mais les chinois ne sont pas en reste. « La cible neurologique principale de l’école chinoise est le cortex préfrontal : l’attention, la concentration, la capacité de jugement. Elle vise principalement les jeunes générations pour engendrer une dégradation cognitive : l’affaiblissement progressif de la capacité d’attention et de jugement de l’adversaire. »

Et les russes ? « Leur cible est à la fois le cadre de référence logique et le système limbique. Sa temporalité est le moyen terme. Son mécanisme est la contamination des prémisses, théorisée par Vladimir Alexandrovitch Lefebvre il y a soixante ans, couplée à la saturation informationnelle contemporaine à la Vladislav Sourkov. La particularité de la doctrine russe est qu’elle ne cherche pas à faire adopter à son adversaire ses conclusions mais à le faire raisonner à partir de prémisses qu’elle a posées. »

Le but de cette guerre, est de faire advenir une paralysie cognitive.

 

Bref, vous l’aurez compris : « le champ de bataille de ces guerres-là, leur territoire, c’est le cerveau humain ». L’adversaire ne cherche plus à nous faire prendre la mauvaise décision mais à rendre toute décision impossible. « L’objectif n’est pas un changement de croyance mais de déchirer le tissu même de la croyance, de rendre la vérité indifférente. »

lundi 11 mai 2026

Pour qui sonne le glas ? – Chronique du 12 mai

Bonjour-bonjour

 

Parle-t-on encore de la guerre en Ukraine ? Entre la guerre d’Iran, celle du Liban et le hantavirus, bien peu de média se font l’écho de ce qui se passe sur le front Ukrainien – sauf pour établir le bilan de plus de 4 ans de conflit en termes de gains et de pertes de territoire ou de matériel de combat : combien de drones lancés et combien abattus par chacune des parties en présence ?

Quant aux hommes on commence tout juste à en parler, et c’est pourtant le drame de cette guerre : elle est terriblement meurtrière et les statistiques mensuelles terrorisent. Lisez plutôt : « Le bilan humain pour la Russie atteint des proportions que le Kremlin peine à absorber. Les pertes russes sont estimées à environ 35 000 soldats tués ou grièvement blessés par mois selon les analystes militaires occidentaux cités par le journal britannique — un rythme qui dépasse la capacité de recrutement actuelle. Du côté ukrainien, le président Zelensky a déclaré fin mars 2026 que le ratio de pertes est d’environ 1 soldat ukrainien pour 8 soldats russes, contre 1 pour 3 au début de l’invasion. » (Lu ici)

Les ukrainiens l’emporteraient donc par 8 morts à 1 en termes de statistique ? Même en imaginant que la propagande ukrainienne majore les chiffres de façon outrée, la vérité transparait : à la guerre il faut détruire des vies et peu importe qu’on tue des soldats ou des gens qui ne combattent pas : la mort – ou plutôt l’assassinat – est la loi de la guerre et aucun traité international ne saurait l’empêcher. 

 

- Cioran disait « Nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes. » : il ne dit pas de quels problèmes il s’agit, ni comment nous faisons pour les surmonter – on vient de le voir : la mort est notre « problème » et tout ce que nous faisons pour surmonter cet « accident de la vie », c’est de l’oublier.

 

 

Dans le cas de la guerre c’est particulièrement vrai : qui donc imagine les hommes étendus sous ces croix ? De la même façon nous « oublions » que la mort des autres nous annonce notre propre disparition et notre époque matérialiste ne nous laisse que bien peu d’espoir : notre mort est synonyme d’anéantissement de notre être. Le déni de la mort est non seulement un drame métaphysique, mais encore ce qui nous impose une régénération constante : tout ce qui apparait fait oublier ce qui disparait. 

Shein, avec ses collections renouvelées tous les mois ne serait-il pas un dispositif qui s’expliquerait par ce combat pour l’oubli ?

vendredi 8 mai 2026

Une guerre à cent-balles– Chronique du 9 mai

Bonjour-bonjour


En Ukraine, on fabrique des intercepteurs qui sont des mini-fusée imprimées en 3D pour un prix qui oscille entre 1 000 à 3 000 euros l’unité. Quand on dit « intercepteur » il faut comprendre que ces engins sont capables d’abattre des drones comme le Shahed qui fait cinq fois sa taille en plein vol. « Le voilà, cet intercepteur qui fait l’envie des pays du Golfe. » Depuis leur déploiement, il y a tout juste six mois sur le front ukrainien, ces fusées en plastique ont révolutionné la défense antiaérienne. (Lire ici)

- Autant dire que les nouveaux progrès en matière de guerre ne se font plus en direction de plus de performance, plus de technologie, plus de puissance de feu, mais en direction du coût qui permet d’en sacrifier 99 pour réussir avec le 100ème. Nous sommes désormais dans la logique de la reproduction sexuée où la nature sacrifie des milliers de spermatos alors qu’un seul suffit.

 


Les drones comme leurs intercepteurs attaquent en meute, exactement comme les spermatos : tous sacrifiés sauf un.

 

Pour mener une telle guerre, il faut oublier les stratégies du passé et leur armement terrible pour accepter l’obscur sacrifice des armes en plastoc’ à la redoutable efficacité. 

--> Suivre le modèle de la nature, voilà l’idée de génie. Après tout, les espèces vivantes se reproduisent depuis leur origine comme cela.

jeudi 30 avril 2026

Une victoire à la Pyrrhus – Chronique du 1er mai

Bonjour-bonjour

 

Une victoire à la Pyrrhus, vous savez ce que c’est ? Non ? Qu’est-ce que vous faisiez pendant les cours d’histoire, bande de cancres ! Voilà maintenant que vous êtes décontenancé par la guerre des USA contre l’Iran, et vous vous demandez ce qui va sortir de cet étrange affrontement ? Si vous aviez été plus attentifs au collège, vous le sauriez, car vous auriez entendu parler des guerres qui ont déchiré la péninsule romaine vers 280 av. J-C entre Pyrrhus le roi d’Épire et les romains. 

- Durant cet affrontement et bien qu’ayant vaincu ses adversaire, Pyrrhus déclara : « Encore une victoire comme celle-là et nous serons complètement défaits. » On conserva le souvenir de cette victoire sous le nom de « Victoire à la Pyrrhus », qui est une victoire obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu'elle équivaut quasiment à une défaite. Une telle victoire annule tout sentiment de succès et compromet la situation à long terme du vainqueur. (Lire ici)

Eh bien voilà justement le sentiment que nous laisse la guerre que mènent les Américains contre les Iraniens : leur supériorité écrasante peut leur donner une victoire sans contestation sur le terrain, mais à quel prix ? S’ils doivent pour cela effondrer les marchés, ruiner les installations pétrolières de leurs alliés – et dont ils dépendent – à quoi leur servira d’avoir réduit en cendres leurs ennemis ? Car une victoire, c’est quand même quelque chose dont on tire profit : quel profit tirer d’un monde qu’il a fallu ruiner pour le dominer ?

Durant la guerre froide, on utilisait une autre métaphore pour décrire la situation des Occidentaux face aux soviétiques : comparés à deux prisonniers qui possèdent chacun une grenade à la main, mais qui sont enfermés dans une cellule de 9 mètres carrés.

- Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?

dimanche 12 avril 2026

Le Bouton rouge de la Maison Blanche – Chronique du 13 avril

Bonjour-bonjour

 

Dans l’actualité l’imprévu est encore à l’ordre du jour avec les décisions prises par le Président Américain : faire un blocus sur le détroit d’Ormuz : un blocus sur un blocus. Au lieu de rouvrir le passage – ce qui était l’objectif des négociations – le fermer encore plus qu’il ne l’était.

 

 

Le Président Trump menace d’envoyer en enfer les iraniens qui bloquent le détroit d’Ormuz


 

- On est tenté de voir ici le caprice de l’enfant qui est privé de son jouet et qui le brise pour empêcher quiconque de s’en emparer. Vrai ou faux, il n’empêche qu’à présent l’image d’un Président colérique et contre qui on évoque le 25èmeamendement – qui révoque le Président pour faiblesse cognitive – fait surface, portée par des sénateurs des deux partis.

- Revient alors en mémoire le fameux bouton rouge sur lequel il suffirait que le Président appuie pour déchainer le feu nucléaire. Un homme seul, maitre de l’apocalypse ? On n’y croyait pas vraiment. Et puis on découvre (cf. ici) le reportage du New-York Times à propos de la réunion entre le Président américain (et ses principaux conseiller) et Benjamin Netanyahu le 11 février. Ce qu’on apprend alors dépasse tout ce qu’on croyait possible : un Président influençable, qui accepte les plus invraisemblables arguments du Premier Ministre israélien, malgré les avertissements négatifs de ses conseillers ; les quels finissent par se ranger derrière l’homme finalement seul qui dirige le pays, prêts semble-t-il à obéir sans hésitation.

On vérifie ainsi l’exactitude du dicton « Tous délibèrent, un seul décide »

--> Il y a des fois où « ça fout les miquettes »

 

mardi 7 avril 2026

Quand j’entends le mot « civilisation » … – Chronique du 8 mars

Bonjour-bonjour

 

« Ce soir une civilisation va mourir » : telle a été la lugubre affirmation venue hier soir de la Maison-Blanche.

Notre époque est celle de la communication (la « com ») triomphante. La rhétorique pour l’appeler par son nom exact a fait qu’hier soir, oubliant toute la prudence enseignée par des semaines de rodomontades du Président des Etats-Unis, nous avons cru en effet que la « civilisation » iranienne allait disparaitre sous un tapis de bombes.

 

 


Et puis voilà que ce matin – ouf ! – on apprend qu’un cessez-le-feu est conclu pour 15 jours : énième annulation d’un ultimatum de la part du Président Trump : plus de tapis de bombes, la civilisation est sauvée.

On se dit : « Encore une naïveté. Mais quand donc serons-nous vaccinés à ces déclarations tonitruantes ? » Là, j’avoue un réflexe propre à ma culture : quand j’entends le mot « civilisation », je dresse l’oreille.

Qu’avons-nous pensé en entendant « Ce soir une civilisation va mourir » ? Comme en écho à cette formule m’est revenu le souvenir de la propagande allemande du 3ème Reich : « L’Angleterre comme Carthage sera détruite » - lui-même souvenir de la formule de Caton « Delenda /est/ Carthago » (Il faut détruire Carthage). Et puis, nouveau rebond, la célèbre citation de Paul Valéry : « Nous autre civilisations nous savons que nous sommes mortelles ».

 

Bref, la mot civilisation est un activateur de frayeur de démolitions et d’anéantissement. Mais peut-on croire que ces recoupements aient été voulus par le Président américain ? Et d’abord peut-on imaginer ce que le mot « civilisation » signifie pour Donald Trump ? ???

- Pire. Supposez que le mot soit effacé. Vous lisez « Ce soir un/e/ ---- va mourir » Comment complétez-vous le message ? Vous risquez fort de lire « Ce soir un peuple va mourir » et le contexte du tapis de bombes lâchées sur Téhéran risque bien de conforter cette lecture.

Oui, après avoir détruit le potentiel militaire, les américains se proposaient de détruire le potentiel civil, autrement dit ce qui permet aux gens de vivre.

Les américains proposaient bel et bien de sortir de la guerre par l’anéantissement total de l’ennemi. Une sorte de solution finale

samedi 4 avril 2026

Gloire à Dieu ! – Oui, mais lequel ? – Chronique du 5 avril

Bonjour-bonjour

 

« Gloire à Dieu » : c’est comme cela que D. Trump termine son message annonçant le prochain anéantissement de l’Iran au cas où il refuserait de capituler.

Voici Dieu mobilisé dans ce conflit où jusqu’à présent seuls les missiles et les bombardiers furtifs intervenaient.

 


Le nouveau bombardier B21

 

Nous, on veut bien. Mais on voudrait savoir quel est le Dieu ainsi mobilisé ? Le Dieu des chrétiens – et des Évangélistes plus particulièrement ? Ou bien le Dieu des musulmans ?

- Question oiseuse : ça fait longtemps que les musulmans ont déjà fait appel à leur Dieu. La différence c’est qu’aujourd’hui chaque Dieu, à supposer qu’il réponde à la prière de ses fidèles est appelé à affronter le Dieu de l’adversaire. On se retrouve transporté au temps de la guerre de Troie, quand les Achéens (= grecs) et les Troyens s’affrontaient soutenus par des Dieux de l’Olympes qui en profitaient pour vider de vieilles querelles. Les Dieux se faisaient alors la guerre par hommes interposés – voudraient-ils continuer ainsi aujourd’hui ?

Notons que du temps du polythéisme grec si le pouvoir des Dieux était dispersé dans le panthéon, Zeus était le seul à disposer de l’arme absolue – à savoir la foudre. De nos jours seul le feu nucléaire peut correspondre à la foudre olympienne. Or, si le Dieu chrétien dispose de l’arme nucléaire via l’arsenal américain, le dieu musulman en est dépourvu, l’Iran qu’il soutient n’étant pas encore parvenu à la produire.

Allah serait donc amoindri dans l’attente de la bombe iranienne ? Si c’est vrai ne dites surtout pas que c’est moi qui vous l’ai dit : les coupeurs de têtes auraient vite fait de me retrouver.

mardi 31 mars 2026

Le temps des robots tueurs – Chronique du 1er avril

Bonjour-bonjour

 

Les hommes passent leur temps à inventer des machines merveilleuses et à déplorer qu’elles existent. Les découvertes de l’IA ne me démentiront pas.

Plutôt que de s’étonner de cette contradiction essayons de voir un peu plus loin : cette éviction de l’homme remplacé par des machines n’est-elle pas une sorte de miracle attendu par l’humanité depuis son origine – ou presque ?

Vous ne me croyez pas ? Écoutez plutôt : « Des prototypes de soldats humanoïdes ont été déployés sur le champ de bataille en Ukraine en février 2026. Une première depuis le début de l’invasion russe. Conçus par une start-up américaine, ils sont testés sur le terrain pour des missions de reconnaissance en première ligne, dans des zones dangereuses pour les humains. » (Lire ici)

On met donc au point actuellement des robots capables de remplacer les soldats sur le front des guerres pour des missions de reconnaissance. On devine que cette mission pourrait sans grande difficulté se transformer en mission de combat, et alors les hommes suivront la guerre sur les écrans de contrôles, bien à l’abri, un peu comme les opérateurs de drones.


Alors, bien entendu il y a un problème non signalé : j’ai écrit « sans grande difficulté » pour évoquer la prise de responsabilité par ces machines de missions de combats où il s’agit de détruire les forces adverses, que ce soient des machines ou des hommes. Ainsi, pilotés par une IA bien formatée des drones pourraient – peuvent déjà – concevoir et mener des combats et détruire même des écoles, des hôpitaux, des immeubles etc. Comment déléguer une telle responsabilité à des algorithmes qui ne sont contrôlables par personne ? Et quand bien même on contrôlerait ces programmes, comment une machine  pourrait être légitime pour combattre et décider de la vie et de la mort d’autres hommes sans aucune délibération humaine?  

C’est vrai… Quoiqu’on ne soit pas si regardant quand il s’agit de déléguer cette responsabilité à des humains dont rien ne permet de dire qu’ils sont plus compétents.

Commençons par là – et après on vérifiera pour les robots.

jeudi 5 mars 2026

Dieu ! Que la guerre est jolie – Chronique du 6 mars

Bonjour, bonjour

 

C’était hier à la télé, un reportage filmé à Tel-Aviv où des jeunes (20-30 ans) dansaient de joie dans la rue, éclatant de bonheur et disant : « Je déteste la guerre ». Il fallait entendre « Sauf celle-ci, contre l’Iran ».

Alors, on était bien loin de la complainte de Guillaume Apollinaire chantant en 1915 dans ses poèmes à Lou : « Ah Dieu ! que la guerre est jolie » lors de cette drôle de guerre où l’artilleur était encore loin du front. Pour les jeunes israéliens la guerre est là, mais c’est leur guerre celle qui va les débarrasser de leurs ennemis. Et là, nulle pose dans le carnage, devenu un tableau réjouissant, au point d’apporter à ceux qui ne l’ont jamais vécue une première expérience du bonheur.

On croit qu’on peut parler « de la guerre » de façon absolue, comme si un tel concept pouvait en réunir tous les aspects. C’est faux. En réalité il y a des guerres, la mienne et celles des autres, celles faites contre moi et celles faites contre les autres. Inutile de multiplier les exemples, on a compris qu’on ne maudit la guerre que lorsqu’elle n’a rien à nous apporter, comme ce pauvre enfant qui tend le poing sur la stèle du monument aux morts.

 


Ce pauvre orphelin avait déjà tout perdu ; les jeunes de Tel-Aviv ont encore quelque chose à gagner : un monde sans ayatollahs.

mercredi 4 mars 2026

Tas de cailloux et chair à canon – Chronique du 5 mars

Bonjour-bonjour

 

Regardez cette photo :

 


Pourriez-vous dire où elle a été prise ? A Beyrouth? A Teheran? A Jerusalem?

Comme identifier ces ruines, amoncellement de débris, carcasses d’immeubles ? Seul l’homme qui porte un croissant rouge dans le dos donne à penser que nous sommes au Moyen-Orient. 

La mort en frappant cette ville l’a rendue anonyme, ses immeubles sans doute originaux et différents de ce qu’on peut voir ailleurs sont devenus des moellons identiques d’un bout du monde à l’autre. Pire encore : que ce soit Einstein ou le cantonnier du coin qui habite cet immeuble, rien de les différencie plus maintenant.

La destruction et la mort efface l’originalité de la vie, elle rabaisse tout ce qui a été construit et qui dépasse le niveau naturel. Pour elle, rien ne peut subsister qui ne réponde pas aux lois de la nature : un missile sur un immeuble, et c’est l’entropie qui passe…

L’entropie : le mot est lâché – les hommes depuis qu’ils existent ont cherché à se distinguer du monde qui les entoure. Créations d’habitats, vêtements et ornements, tout doit les arracher à la confusion avec la nature. Et voilà qu’à présent ils passent le temps qu’il leur reste à détruire tout cela chez leurs ennemis et à les transformer en choses. 

 

En transformant les palais en tas de cailloux et les hommes en chair à canons, la guerre fait subir aux ennemis l’humiliation suprême – sorte de profanation de la vie. Mais en même temps elle permet de reconstruire et on voit combien la transformation de la bande de Gaza en Riviera moyen-orientale a excité ceux qui avaient la puissance de la détruire.

Ne l’auraient-ils pas fait rien que pour ça ?

dimanche 1 mars 2026

Oh my God ! - Chronique du 2 mars

Bonjour-bonjour

 

Regardez cette image. Que voyez-vous ? 


 

A gauche, une frappe iranienne atterri sur une cible civile évoquant les produits de beauté que vante (à droite) l’influenceuse française Maeva Gheenam qui réside à Dubaï la capitale des influençeurs. (©AFP / capture d’écran Instagram) »

« Oh my god ! » s’exclame à plusieurs reprises sur l’une de ces vidéos Hofit Golan, une influenceuse israélienne de bien-être, en montrant un immeuble en feu à proximité de son appartement. » (Lire ici)

--> Et voilà des gens qui pensaient profiter des richesses sans partager les malheurs. Mais les malheurs, il y en aura pour tout le monde – les évènements actuels sont en train de le prouver.

Mais il ne faut pas en rester là. Car la guerre qui se déchaine contre la République Islamique d’Iran n’a pas pour but de chasser la publicité pour les produits de beauté. Bien au contraire.

Vu du bord américain on nous annonce que, conformément à la doctrine Trump, le but de la guerre est de chasser les religieux du pouvoir, quitte à laisser les Gardiens de la Révolution s’en emparer. On dit que ceux-ci seraient bien contents d’être débarrassés des mollahs pour faire du business et se remplir les poches de dollars. Vrai ? Faux ? En tout cas on entend un air qui doit sonner agréablement aux oreilles de Donald Trump. Le reste est de la cuisine politique à assaisonner avec Benjamin Netanyahou.

jeudi 26 février 2026

La guerre à cent sous – Chronique du 27 février

Bonjour-bonjour

 

Lu ceci : « En moins d'un an, les armées françaises ont fait produire 1 000 drones militaires à moins de 1 000 euros pièce. Le « pacte drones aériens » vient de passer son premier grand test haut la main. » (Voir ici)

 


Je ne détaillerai pas, tant elle est célèbre, cette mission dévolue à l’industrie d’armement française par Sébastien Lecornu alors ministre des armées. L’important est de noter que l’industrie française, Renault en tête, a répondu « présent » et que, désormais la France, laissant au garage les Rafales et autres monstres d’acier, peut désormais faire la guerre moderne, celle où on peut sacrifier des armes volantes par centaines chaque jour sans frémir.

 

Car voici la nouveauté : la guerre est désormais une affaire de bilan financier entre le prix les armes détruites à l’ennemi et celui des armes perdues chez nous ; l’important étant que le prix des armes détruites chez l'ennemi soit supérieur à celui des armes sacrifiées chez nous.

Alors, je sais bien que depuis la nuit des temps on affirme que « l’argent est le nerf de la guerre » – mais on disait ça comme une généralité. Jamais on n’avait été jusque dans le détail des prix. Et jamais les armes n’avaient été soumises à une évaluation digne des articles vendus sur le site de Shein.

Car, c’est bien cela : les armes sont devenues des articles commerciaux qui, comme chez les chinois, ont pour objectif – non pas de performer en terme de high-tech – mais de couter le moins cher possible. Quand les russes ont compris que c’est avec des armes fabriquées dans leurs garages que les Ukrainiens les pilonnaient, ils ont laissé leur Soukhoï hors de prix dans leurs bases militaires et ils s’y sont mis – avec un certain succès comme on le voit à présent.

Alors voilà : être fier comme un paon parce que nous fabriquons un avion de chasse à 100 millions d’euros c’est vraiment ridicule. Mais parvenir à transformer sa PlayStation en arme de guerre, c’est un peu plus malin.

vendredi 5 décembre 2025

Drones russes : bravo les gars ! – Chronique du 6 décembre

Bonjour-bonjour

 

- Dans l’air : 5 ou 6 drones suspects ; 

- En bas, la base ultra secrète des sous-marins nucléaires français et un bataillon des fusiliers marins qui assure la protection de la base, qui ont effectué plusieurs tirs anti-drones ;

- Résultat : drones abattus = 0 ; identification = 0

 


Ça se passait jeudi soir, on était en France dans un lieu ultra-sensible où chaque touriste est prié de ne faire aucune photo sous peine de sanction. Raison pour la quelle des fusiliers marins spécialisés dans la chasse anti-drones étaient là.

- Conclusion : ou bien on on n’a pas su nous préparer à la chasse aux drones ; ou bien ceux-ci constituent une arme très difficile à contrer et dont l’impunité appelle une parade urgente. 

 

On parle constamment des « guerres du futur » auxquelles nous devons nous préparer dès aujourd’hui. Mais il s’agit là de la guerre d’aujourd’hui à laquelle il fallait se préparer hier.

Si nous ne l’avons pas fait, c’est sans doute que les drones sont des armes extrêmement difficile à neutraliser, comme le prouve chaque jour la guerre d’Ukraine. Pourquoi ?

On avance que les drones sont plus évolués que les armes chargées de les combattre, qui sont encore en évolution. On ajoute aussi qu’ils sont une arme peu couteuse qu’on ne peut contrer qu’à un prix très élevé : on peut sans inconvénient en sacrifier un grand nombre tout en espérant faire passer quelques unités qui vont réussir la mission.

- S’agissant de la base de sous-marins nucléaires français on devine que la mission était de déstabilisation ; mais qu’elle aurait pu, tout aussi bien frapper la base, ce qu’aucun système d’attaque n’aurait pu réaliser jusqu’à aujourd’hui.

 

Le citoyen français se retourne vers son gouvernement et demande : « Qu’avez-vous fait avec nos impôts ? »

- Il est vrai qu’en France on se rappelle ce qu’il en a coûté en 1940 d’être en retard d’une guerre.

dimanche 30 novembre 2025

Les guerres hybrides et l’art de la guerre de Sun Tzu – Chronique du 1er décembre

 


 

Bonjour-bonjour

 

Un ouvrage chinois datant de 2500 ans est en tête des ventes en librairies ; vous l’aurez peut-être déjà remarqué tant ses éditions de luxe retiennent l’œil. Il s’agit de L’art de la guerre de Sun Tzu, sous-titré :  comment vaincre en évitant le combat.

« Nourri de culture taoïste, Sun Tzu incite à utiliser le potentiel général des situations en intervenant le moins possible sur le champ de bataille. On fait plus pour nuire au potentiel d’un adversaire en sapant son plan qu’en tuant ses soldats. » précise cet article.

Bien entendu le succès de cet ouvrage en 2025 renvoie aux conflits actuels où des armées s’affrontent à coup de canons laissant un sillage de sang et de chair consumée. La question de savoir si la culture chinoise pourrait nous montrer comment, sans faire appel à la diplomatie, mais dans un affrontement sans armes obtenir l’affaiblissement de l’ennemi et son retrait du front des combats. Cela, Sun Tzu l’explique dans sa perspective Taoïste, et l’auteur de l’article cité montre que les concepts mis en œuvre par Sun Tzu sont opérants pour les conflits où la Chine actuelle se trouve engagée, particulièrement autour de Taiwan.

Mais la lecture de Sun Tzu est sans doute opérante ailleurs que dans les conflits impliquant la Chine. Si nous prenons le cas des guerres hybrides menées en particulier par le Kremlin, qui consistent à déstabiliser par tous les moyens les pays ennemis afin de les affaiblir, on peut les comprendre grâce au concept de « wuwei » qui explique, selon l’Art de la guerre, comment cultiver la situation où se trouve l’ennemi pour l’amener sans combats à capituler sans recours à la violence en stimulant simplement une tendance déjà à l’œuvre. Ainsi, quand les agitateurs russes nous donnent à croire faussement que l’antisémitisme est une force agissante chez nous, ou que nos dirigeants sont corrompus, font-ils autre chose qu’aggraver des failles déjà ouvertes chez nous ?

Alors, oui : (re)lire l’Art de la guerre est une bonne précaution si l’on veut se préparer à affronter nos ennemis en 2026.

dimanche 23 novembre 2025

Réveiller le patriote qui sommeille en nous – Chronique du 24 novembre

Bonjour-bonjour

 

 

Après l’appel a sacrifice venu du général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées (voir ici), c’est le Président lui-même qui reprend le flambeau, affirmant «il faut une nation capable de tenir, d'être mobilisée ». (Lire ici) De son côté le général Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de Terre estimait que la mobilisation sur la base du volontariat d'une partie d'une classe d'âge pourrait servir à répondre aux besoins d’« acquérir la masse » nécessaire pour tenir dans la durée en cas de conflit.

 

- Mais l’essentiel n’est pas là. Voici le commentaire fait par Cédric Perrin (Les Républicains – Président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat) : « Tout ce qui peut participer à l'esprit de défense, à la résilience nationale et à exprimer le sentiment patriotique qui sommeille dans la population est positif ».

Et là, le pouvoir spécule sur l’ignorance populaire de l’état d’esprit dans lequel le service militaire était conçu lorsqu’il fut supprimé par Jacques Chirac. Symbole de l’idiotie érigée au rang de système de commandement, constamment contourné par les jeunes de la classe dominante servis par les règles du sursis, quant aux autres totalement incapables de servir l’armée faute de comprendre comment utiliser l’armement moderne, le service militaire début années 90 était très cher et ne rapportait rien. Mis entre parenthèses, cette regrettable référence est aujourd’hui « zappée » au profit d’un service dû à la Patrie soutenu par un patriotisme supposé présent dans le cœur de chaque français depuis bien des guerres. N’est-ce pas lui qui justifia l’héroïsme consistant à se faire hacher par la mitraille au sortir de la tranchée ?

Et c’est maintenant, en 2026, à l’époque des influenceurs et des réseaux sociaux, qu’on nous ressort ce patriotisme qui n’attendrait qu’un réveil au son du clairon ?

 - Il suffirait peut-être de distribuer de belles images aux petits enfants ?