Regardez cette photo :
Pourriez-vous dire où elle a été prise ? A Beyrouth? A Teheran? A Jerusalem?
Comme identifier ces ruines, amoncellement de débris, carcasses d’immeubles ? Seul l’homme qui porte un croissant rouge dans le dos donne à penser que nous sommes au Moyen-Orient.
La mort en frappant cette ville l’a rendue anonyme, ses immeubles sans doute originaux et différents de ce qu’on peut voir ailleurs sont devenus des moellons identiques d’un bout du monde à l’autre. Pire encore : que ce soit Einstein ou le cantonnier du coin qui habite cet immeuble, rien de les différencie plus maintenant.
La destruction et la mort efface l’originalité de la vie, elle rabaisse tout ce qui a été construit et qui dépasse le niveau naturel. Pour elle, rien ne peut subsister qui ne réponde pas aux lois de la nature : un missile sur un immeuble, et c’est l’entropie qui passe…
- L’entropie : le mot est lâché – les hommes depuis qu’ils existent ont cherché à se distinguer du monde qui les entoure. Créations d’habitats, vêtements et ornements, tout doit les arracher à la confusion avec la nature. Et voilà qu’à présent ils passent le temps qu’il leur reste à détruire tout cela chez leurs ennemis et à les transformer en choses.
En transformant les palais en tas de cailloux et les hommes en chair à canons, la guerre fait subir aux ennemis l’humiliation suprême – sorte de profanation de la vie. Mais en même temps elle permet de reconstruire et on voit combien la transformation de la bande de Gaza en Riviera moyen-orientale a excité ceux qui avaient la puissance de la détruire.
Ne l’auraient-ils pas fait rien que pour ça ?
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