samedi 21 mars 2026

Les vacances : mesure de la défiance – Chronique du 22 mars

Bonjour-bonjour

 

Il nous arrive de ne pas avoir de mots pour exprimer notre défiance à l’égard de nos concitoyens. Comment dire le sentiment qui nous avertit de fuir leur présence ? 

Or, voici que je trouve dans la Presse une réponse qui recoupe ma propre intuition. Lisez plutôt : « Invité sur le plateau de Jordan de Luxe, le comédien Patrick Chesnay a été interrogé sur la personnalité avec laquelle il ne souhaiterait pas partir en vacances. Une question simple, à laquelle il a répondu avec une franchise désarmante :« La personnalité avec laquelle je ne pourrais pas partir en vacances ? Valérie Karsenti. /…/, C’est des histoires de mésententes sur des projets où on a travaillé ensemble, on s’entendait pas. »

Si nous écartons les motifs, nous conservons néanmoins les effets : comment mesurer l’inimitié qui nous oppose à quelqu’un sinon en la comparant au désagrément d’être avec une personne durant un séjour commun qui rendrait évidente le déplaisr d’être avec elle ?

- Imaginez : c’est l’heure du petit déjeuné – thé et jus d’orange sous le soleil levant – et voilà, qu’un être humain que nous détestons fait irruption : immédiatement le plaisir espéré disparait. Il ne s’agit pourtant pas d’un nuage qui vient masquer le soleil ni d’un courant d’air frisquet : la nature fait ça sans le vouloir, c’est juste l’effet des lois physiques. Par contre la personne qui nous déplait apparait comme animée par une intention : si elle nous déplait, c’est qu’elle le veut. Ce n’est pas par hasard que son sourire est plein de méfiance , et ses phrases de sous-entendus : sa mauvaise volonté est là, source d’un conflit indéracinable. 

Laissons de côté la solution de ce conflit : ce qui importe d’abord c’est la situation dans laquelle nous aurons l’opportunité de le percevoir.

Et d’abord comprenons pourquoi les vacances sont un moment privilégié pour que se manifeste cette inimitié. Nous pourrions comme le suggère ce petit récit, avoir une tâche commune à effectuer. L’antipathie qui nous oppose à notre associé va certainement jouer, mais contrée par l’obligation professionnelle, nous voici bon gré mal gré, obligés d’oublier le différend pour produire conformément à notre obligation – la quelle va masquer son existence. En vacances, nulle obligation : rien que la bonne volonté.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire