Bonjour-bonjour
La guerre ne se fait plus seulement sur le terrain avec des canons, des chars et des avions. Il en existe une autre beaucoup plus insidieuse, qui s’appelle « guerre informationnelle ». Elle est faite avec des ordinateurs et on l’appelle habituellement « désinformation ».
Hélas ! Tout ceci est largement dépassé et les spécialistes de la question que sont les américains, les chinois et les russes ont mis au point des stratégies qui sont exposée dans cet excellent article. La cible de ces techniques c’est le cerveau humain ainsi que ses procédés cognitifs.
Cette guerre est en réalité un ensemble de dispositifs déjà en action non seulement à destination de l’étranger, mais aussi à l’œuvre à l’intérieur des frontières du pays, dans les débats et dans la communication politique. C’est ainsi que, par exemple, les incohérences des propos de Donald Trump ne sont nullement l’effet d’un cerveau ramolli, mais bien une technique de prise de pouvoir sur l’ensemble des cerveaux.
Plus généralement, les mêmes personnes peuvent, selon le sujet, selon l’heure, selon la plateforme, tenir des positions incompatibles sans en éprouver la contradiction. Or, voilà l’essentiel : cet état superposé de croyances n’a rien d’une pathologie, c’est au contraire une caractéristique de nos « sociétés Schrödinger » contemporaines. Or pour l’ennemi, c’est là que se loge la faille exploitable, car des états d’opinion consubstantiellement contradictoires mettent en péril la cohérence globale du système
Mais ceci n’est encore rien. Voyons la suite.
L’article cité détaille les méthodes des différentes techniques, précisant ainsi que « l’école « américaine », prend pour cible neurologique le système limbique : elle joue sur l’émotion, l’indignation, la peur, la colère — parfois même aussi un spectre plus large comme Facebook le propose depuis 2016 avec ses sept réactions : « j’aime », « j’adore », « haha », « wow », « solidaire », « triste » et « en colère » — appuyées par un mécanisme d’activation émotionnelle en temps réel de l’algorithme. » (Art. cité)
Pas mal, n’est-ce pas ? Mais les chinois ne sont pas en reste. « La cible neurologique principale de l’école chinoise est le cortex préfrontal : l’attention, la concentration, la capacité de jugement. Elle vise principalement les jeunes générations pour engendrer une dégradation cognitive : l’affaiblissement progressif de la capacité d’attention et de jugement de l’adversaire. »
Et les russes ? « Leur cible est à la fois le cadre de référence logique et le système limbique. Sa temporalité est le moyen terme. Son mécanisme est la contamination des prémisses, théorisée par Vladimir Alexandrovitch Lefebvre il y a soixante ans, couplée à la saturation informationnelle contemporaine à la Vladislav Sourkov. La particularité de la doctrine russe est qu’elle ne cherche pas à faire adopter à son adversaire ses conclusions mais à le faire raisonner à partir de prémisses qu’elle a posées. »
Le but de cette guerre, est de faire advenir une paralysie cognitive.
Bref, vous l’aurez compris : « le champ de bataille de ces guerres-là, leur territoire, c’est le cerveau humain ». L’adversaire ne cherche plus à nous faire prendre la mauvaise décision mais à rendre toute décision impossible. « L’objectif n’est pas un changement de croyance mais de déchirer le tissu même de la croyance, de rendre la vérité indifférente. »
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