lundi 11 mai 2026

Pour qui sonne le glas ? – Chronique du 12 mai

Bonjour-bonjour

 

Parle-t-on encore de la guerre en Ukraine ? Entre la guerre d’Iran, celle du Liban et le hantavirus, bien peu de média se font l’écho de ce qui se passe sur le front Ukrainien – sauf pour établir le bilan de plus de 4 ans de conflit en termes de gains et de pertes de territoire ou de matériel de combat : combien de drones lancés et combien abattus par chacune des parties en présence ?

Quant aux hommes on commence tout juste à en parler, et c’est pourtant le drame de cette guerre : elle est terriblement meurtrière et les statistiques mensuelles terrorisent. Lisez plutôt : « Le bilan humain pour la Russie atteint des proportions que le Kremlin peine à absorber. Les pertes russes sont estimées à environ 35 000 soldats tués ou grièvement blessés par mois selon les analystes militaires occidentaux cités par le journal britannique — un rythme qui dépasse la capacité de recrutement actuelle. Du côté ukrainien, le président Zelensky a déclaré fin mars 2026 que le ratio de pertes est d’environ 1 soldat ukrainien pour 8 soldats russes, contre 1 pour 3 au début de l’invasion. » (Lu ici)

Les ukrainiens l’emporteraient donc par 8 morts à 1 en termes de statistique ? Même en imaginant que la propagande ukrainienne majore les chiffres de façon outrée, la vérité transparait : à la guerre il faut détruire des vies et peu importe qu’on tue des soldats ou des gens qui ne combattent pas : la mort – ou plutôt l’assassinat – est la loi de la guerre et aucun traité international ne saurait l’empêcher. 

 

- Cioran disait « Nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes. » : il ne dit pas de quels problèmes il s’agit, ni comment nous faisons pour les surmonter – on vient de le voir : la mort est notre « problème » et tout ce que nous faisons pour surmonter cet « accident de la vie », c’est de l’oublier.

 

 

Dans le cas de la guerre c’est particulièrement vrai : qui donc imagine les hommes étendus sous ces croix ? De la même façon nous « oublions » que la mort des autres nous annonce notre propre disparition et notre époque matérialiste ne nous laisse que bien peu d’espoir : notre mort est synonyme d’anéantissement de notre être. Le déni de la mort est non seulement un drame métaphysique, mais encore ce qui nous impose une régénération constante : tout ce qui apparait fait oublier ce qui disparait. 

Shein, avec ses collections renouvelées tous les mois ne serait-il pas un dispositif qui s’expliquerait par ce combat pour l’oubli ?

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