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samedi 13 décembre 2025

Vieilles peaux : oubliez la douche – Chronique du 14 décembre

Bonjour-bonjour

 

En matière d’hygiène aussi le mieux est l’ennemi du bien. Plus précisément, « Le film hydrolipidique, cette barrière protectrice naturelle de la peau, devient moins efficace avec l'âge. Un lavage trop fréquent ou agressif peut l'endommager davantage, compromettant ainsi ses fonctions de défense contre les agressions extérieures et de maintien de l'hydratation de la peau. » peut-on lire ici.

Et de préciser qu’à plus de 70 ans il faut se contenter de 2 douches par semaine, et encore, à condition de ne pas se savonner chaque jour et d’oublier les frictions trop énergiques pour se sécher : « À partir de 65-70 ans, l'idéal est, si possible, de se rincer tous les jours le corps, mais d'utiliser du savon un jour sur trois sans frotter sa peau trop fort. » (Selon le Dr Meaume art. cité)

 

 


Ce qui choque ici, c’est qu’on va à l’encontre de l’habitude socialement ancrée de se doucher quotidiennement. C’est que la douche n’a pas seulement une fonction hygiénique, elle est aussi porteuse de facteurs psychologiques. Comment retrouver son dynamisme et sa joie de vivre sans passer par l’aspersion suivie d’une friction énergique ? Ce qui donne du tonus à 20 ans devrait être délaissé à 70 ans alors qu’on en a encore plus besoin ?

Mais alors, par quoi remplacer la douche ? Comment reconstituer l’énergie perdue ?

Nul mieux que Nietzsche pour répondre à cette question : car n’est-ce pas le surhomme qui peut nous éclairer ici ? 

Bien sûr oublions le ridicule qui consisterait à imaginer Zarathoustra sous sa douche. Mais questionnons-le sur ce que l’homme doit être pour atteindre à plus de valeur. 

Pour Zarathoustra, l’homme est ce qui doit être dépassé : « Et la vie elle-même m'a dit ce secret : « Vois, dit-elle, je suis ce qui doit toujours se surmonter soi-même ». On peut en effet avoir 70 ans et se surmonter soi-même. 

--> Cela on le découvre avec ce vieux proverbe japonais : « Tomber 7 fois ; se relever 8 fois »

mardi 11 novembre 2025

Le grand remplacement : après les S.H, le P.Q. – Chronique du 12 novembre

Bonjour-bonjour

 

Lu (ici) en titre : « La fin du papier toilette semble plus que jamais imminente et son successeur est d’ores et déjà connu. »

 

 

Le papier toilette semble en effet sur le point de disparaitre au détriment d'une solution plus écologique. Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt : « On trouve le papier toilette réutilisable, souvent fabriqué en coton. Celui-ci peut être rangé dans un sac pour être lavé et réutilisé. Un choix à la fois économique et plus respectueux de l'environnement. Au Japon plus de 80 % des ménages l'ont déjà adopté. » (Article cité)

- On a eu les coupelles menstruelles destinées à remplacer les serviettes hygiéniques au moment des menstrues. Pas très appétissant mais enfin ça a autrefois servi et si les arrières grand-mères des femmes actuelles s’en sont contentées, pourquoi ne pas recommencer ?

Seulement voilà : le papier hygiénique nouvelle formule est un papier lavable et réutilisable. Et ça, ça ne passe pas. Je ne voudrais pas vous mettre mal à l’aise, mais imaginez un peu le cycle de ce papier, du sac à main d’où il sort propre – au même sac où il retourne après usage ; et puis la machine à laver pour nettoyer un stock de papier souillé avant de le sécher et de le remettre là où il devra attendre un nouveau cycle.

Pour sauver la planète, nous sommes prêts à de nombreux sacrifices – mais pas celui-là.

En revanche pourquoi ne pas nettoyer cette zone de notre corps après son fonctionnement avec des feuilles de plante verte qui pousserait dans les W.C. et dont on pourrait emporter un stock dans le sac-à-main – à toutes fins utiles ?

 

 

Par exemple, ces feuilles d’Alocasia 'Calidora' feraient parfaitement l’affaire.

mercredi 7 août 2024

Le cœur pur et le c*** propre – Chronique du 8 aout

Bonjour-bonjour

 

C’est Alain Corbin qui, dans son ouvrage Le miasme et la jonquille, a attiré l’attention sur les questions d’odeurs corporelles et d’hygiène en fixant à 1750 la date approximative où ces questions sont devenues prégnantes.

Voici un article assez développé sur la question de l’hygiène corporelle dans l’Amérique du nord au 18èmesiècle, ce qu’on appelle « l’Amérique coloniale ». L’intérêt de cette étude est de mettre en évidence non seulement les pratiques de l’époque, mais aussi la manière dont elles étaient ressenties.

* Les gens se lavaient souvent les mains, le visage et les pieds, mais se plongeaient rarement dans l’eau. Il était communément considéré que se déshabiller complètement et s’immerger dans l’eau était à la fois malsain et impudique.

* Bien que les mères de l’époque coloniale lavaient régulièrement leurs enfants, leur objectif n’est pas de nettoyer l’enfant mais de l'« endurcir » contre les maladies et autres affections futures. En d’autres termes, elles pensaient que le bain de leurs enfants fonctionnait comme un vaccin ou une forme d’immunisation.

* Les médecins conseillaient aux femmes de se laver régulièrement afin d’éviter que des maladies ne touchent leurs organes génitaux.

 

--> Dans tout cela il n’est question que d’hygiène. Voyons comment était pratiqués ces conseils.

* Par exemple concernant l’hygiène féminine certains médecins encourageait les femmes à se défendre contre les hommes grâce à leur odeur.

* Les gens de toutes les classes sociales se lavaient le même nombre de fois. Cependant, les gens riches portaient des robes plus grandes et avaient des parfums qui contribuaient à masquer leurs odeurs corporelles.

* La majorité des femmes portaient des grandes robes avec beaucoup de nœuds ou de boucles. Ces tenues était difficile à enlever ; par conséquent, se déshabiller pour aller aux toilettes n’était pas une option.

* C'est ainsi que les culottes (sous-vêtements) avaient une fente à l’entrejambe, ce qui permettait aux femmes de se pencher simplement au-dessus des latrines ou de la cuvette au lieu de se déshabiller complètement.

 

 

Vu ici


Comme le signale Alain Corbin (ouvr. cité) le 18ème siècle est celui où les odeurs nauséabondes sont devenues indésirables. Les gens envisageaient des méthodes alternatives pour passer leur journée sans sentir mauvais.

* Par exemple, pour les femmes prestigieuses la meilleure option était d’acheter soit de l’eau de Cologne, soit du parfum ; les moins riches par contre optaient pour une poudre parfumée bon marché, qui absorbait également l’humidité.         

* Pour les hommes, la solution la plus courante était le bay rum, une odeur unique qui résultait de la combinaison d’épices et de parfum avec le rhum. (Recette ici)

* Les bains publics faisaient déjà partie de la vie quotidienne des citoyens, mais ils n’ont pas été créés pour se baigner. Ils constituaient plutôt une sorte de cure médicinale et un moyen récréatif pour les personnes fortunées de se détendre pendant une journée fatigante

* Parmi les nombreuses croyances concernant l’hygiène à l’époque coloniale, on pensait que les sous-vêtements permettaient de nettoyer le corps. Plusieurs roturiers et personnes fortunées considéraient leurs sous-vêtements comme très importants, pensant qu’ils absorbaient les impuretés de leur corps.

* Mauvaise hygiène = péché. L’hygiène est un signe de droiture – voire de pureté morale : celle-ci se mesurait à la tenue vestimentaire ainsi que le montrent les ecclésiastiques qui montraient toujours un élément de vêtement blanc.

 

Pour le reste, lisez l’article signalé.

samedi 27 avril 2024

Une petite histoire du P.Q. – Chronique du 28 avril

Bonjour-bonjour


Le dimanche, jour de loisir : c’est l’occasion de se cultiver. L’actualité nous offre un article détaillé sur l’histoire du … papier hygiénique. Et c’est vrai : la plupart d’entre nous connaissent le chapitre 13 du Gargantua où Rabelais détaille avec de gigantesques listes de matériel plus ou moins adapté, les méthodes pour se « torcher le cul ». Plaisante énumération calquée sur les études systématiques de la scolastique et ridiculisées par cette application.

Mais on oublie facilement que cette faculté de rafraichir son hygiène était encore problématique au 16ème siècle, comme en témoigne cette brève histoire :

- Chez les Grecs, la haute société utilisait des feuilles de poireaux, quand la population s’essuyait, semble-t-il, avec ses vêtements ou des cailloux lisses.

- La noblesse romaine bénéficiait déjà d’objets plus doux comme des serviettes en tissu ou en laine.

- Au Moyen Âge, on se sert de ce que l’on trouve dans la nature : des feuilles d’arbre ou du foin sont utilisés pour s’essuyer.

- Vers le XVIe siècle, les plus aisés s’offraient le luxe d’utiliser des bouts de tissus en lin et chanvre, voire pour certains en velours

- Au XVIIe siècle la grande invention qui révolutionna le lavage des fesses fut le bidet

- Les premiers à utiliser du papier pour l’hygiène intime sont les Chinois, dès le Ve siècle

- En 1857, l’Américain Joseph Gayetty propose pour la première fois du papier en feuilles volantes imprégnées à l’Aloé, dit "papier thérapeutique", ancêtre du papier toilette que l’on connaît aujourd’hui. (Tout ceci détaillé dans l’article cité)

 

Et qu’en dit le philosophe, convoqué pour donner un peu de hauteur à ces informations ?

Deux choses : 

- D’abord que l’hygiène a été durant toute l’histoire un souci des hommes : malgré la diversité des moyens c’est d’abord la constance du besoin qui frappe l’observateur.

On sait que le chat, chasseur d’affût, supprime ses odeurs corporelles qui trahiraient sa présence.

 


Il est vrai que la nature l’a doté d’une souplesse dont nous ne bénéficions pas

- Ensuite nous sommes intrigués par l’omniprésence de ce besoin : quel intérêt pour l’espèce ? Serions-nous les lointains héritiers de chasseurs pour qui, comme pour le chat, le fait d’être inodores aurait été un avantage ?

samedi 21 octobre 2023

Êtes-vous bidet ou P.Q. ? – Chronique du 22 octobre

Bonjour-bonjour

 

Né en France dans les années 1710, le bidet (aussi appelé chaise de propreté) a longtemps été vu comme un objet de luxe. Alors que chez nous il avait à peu près disparu des appartements modernes jugés trop petits, il plaît encore dans certains pays européens comme le Portugal, l’Italie ou la Grèce. Le système de nettoyage à l’eau, le « washlet » (= un W.C. qui permet en même temps de faire une toilette intime) est d’ailleurs très plébiscité au Japon.

 

Donc les français auraient abandonné cet objet de confort qu’ils avaient pourtant inventé ? Cela c’était vrai jusqu’au confinement lié au Covid. La cause de ce retour sur le devant de la scène ? Une pénurie de papier toilette… (1)




Car, pour ceux qui l’auraient oublié, le bidet permet de se nettoyer les parties intimes après usage sans avoir à se souiller les mains en utilisant du PQ. « Près de 80 % des maladies infectieuses sont transmises par contact humain et seule la moitié d’entre nous se lave les mains après avoir utilisé les toilettes, ce qui fait des bidets mains libres une solution plus sûre. » (Lu ici) Si vous avez pris l’habitude de serrer la main de vos amis plutôt que de leur faire des bisous, demandez-vous si le bénéfice est véritable.


Mais ce n’est pas tout - Mesdames et messieurs, sachez-le : le bidet est bon également pour la planète, car il consomme moins d’eau ! « Selon The Guardian, il faudrait 140 litres d’eau pour fabriquer un rouleau de papier toilette, quand il n’en faut que 0,48 litre pour un passage au bidet. » (Art. référencé)

De plus, selon le même article, une étude de l’Université de Floride, le papier toilette contient des PFASn, des substances chimiques potentiellement cancérigènes.

La prochaine fois que vous irez aux toilettes, pensez-y en vous frottant avec du « triple épaisseur »

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(1) Voir ici une histoire du papier toilette. Et ici un extrait du désopilant récit des recherches de Gargantua pour découvrir les meilleur « torche-cul »