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mardi 28 octobre 2025

L’effet Pinocchio – Chronique du 29 octobre

Bonjour-bonjour

 

Durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2022, Emmanuel Macron avait promis de mettre en place une planification écologique pour remporter le « combat du siècle », selon ses mots.

On le sait aujourd’hui : la planification écologique est à l’arrêt et la transition vers une société plus verte connaît même des reculs très importants (voir la réintroduction de l’acétamipride).

Le personnel politique accrédite ainsi l’idée qu’il est incapable de penser le long terme, même sur des enjeux aussi importants que ceux du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité.

… A moins que cette incapacité soit en réalité due à un mensonge rigoureusement pensé à des fins électoralistes. Mensonge passé inaperçu sur le moment.

 --> Occasion de regretter une fois encore qu’il n’existe pas un effet Pinocchio qui pourrait effectivement trahir les gens qui mentent.

 


C’est du moins ce que je croyais jusqu’à ce que je lise ça : « Les psychologues Emilio Gómez Milán et Elvira Salazar López développent l'utilisation de la thermographie pour mesurer l'activité mentale et les états émotionnels. Des images obtenues au moyen d'une caméra spéciale indique la température de différentes régions du visage ou du corps. Ils ont observé, au niveau de la pointe du nez, une baisse de la température lorsque les participants réalisaient un effort mental. Alors qu'une anxiété entraînait généralement une augmentation de la température faciale.

Ainsi, En cas de mensonge, l'image thermographique montre que le nez atteint le rouge alors que le reste du visage apparait jaune orangé. » (Voir ici)

Alors, c’est vrai ? Les menteurs sont trahis par le fait que leur nez - même s'il ne s'allonge pas - rougisse notablement ?

--> Mais alors, surveillons le nez de nos politiciens : s’il rougit lorsqu’ils nous promettent quelque chose, ce serait l’indice qu’ils sont en train de nous raconter des craques ?

Oui – mais non : ce serait trop beau. Car ce qui importe, ne l’oublions pas, ce sont non pas les nez rouges, mais les nez qui rougissent, indice du moment du mensonge. Or on peut hélas ! soupçonner les politiciens qui nous gouvernent de mentir en permanence, donc d’avoir le nez rouge en permanence, impossible à discerner des nez qui sont physiologiquement rouges, comme en cas de vent froid qui fait dilater les vaisseaux sanguins pour maintenir la chaleur, ou en cas de couperose quand les vaisseaux sanguins du visage restent dilatés, donnant l'aspect rouge qu'on connait chez les ivrognes.

Quand même : une vigilance accrue devrait tout de même être de rigueur.

dimanche 5 juin 2022

Comme le nez au milieu de la figure – Chronique du 6 juin

Bonjour-bonjour

 

On achète Libé parfois uniquement pour sa « Une » qui résume parfaitement un évènement. Tel celui-ci: 

 

On a caricaturé certains hommes politiques avec un nez qui s’alonge exagérément, faisant penser à celui de Pinocchio : ces sont des menteurs disent ces dessins, et ils cherchent à le cacher, jusqu’à ce qu’ils soient trahis par l’évidence : à leur grande honte leur mensonge se voit alors comme le nez au milieu de la figure. 

Mais depuis Pinocchio les choses ont bien changé : nous n’avons plus de menteurs honteux, prêts à se repentir en cas de démenti, mais des politiciens orgueilleux qui accusent les autres d’être eux-mêmes des propagateurs de « fake-news ». On a même à présent des théoriciens qui expliquent que la post-vérité est supérieure à la vérité dans la mesure où les faits objectifs sont moins importants que « les facteurs qui modèlent les émotions et les opinions personnelles » (lu ici).

 

- Rappelez-vous : nous sommes en 1972 et des journalistes américains publient des documents secrets du Pentagone montrant la vérité sur la guerre du Viêt-Nam et les manœuvres du pouvoir cherchant à la cacher au public. A l’époque le scandale fut grand, au point qu’Hannah Arendt en tira un livre toujours lu et admiré (1) 

- On croyait à l’époque des « Pentagon papers » que le mensonge devait être caché, qu’il n’avait d’effet que si on pouvait croire et en l’objectivité de son contenu, et en la fiabilité de celui qui le portait. On se souvient du désarroi des citoyens quand, peu de temps après, ils ont su que Nixon leur avait menti à propos du Watergate (le surnom de « Tricky Dicky » lui survécut même). 


Mais nous voilà 50 ans plus tard et la présidence Trump nous a montré que les mensonges les plus éhontés avaient plus de poids que la vérité, au point qu’aujourd’hui on ne distingue même plus entre la communication gouvernementale et la propagande des pays soumis à un tyran.

C’est que la vérité apparait parfois aujourd’hui comme quelque chose de déplaisant : au lieu de l’aimer de façon inconditionnelle, nous souhaitons que le monde soit à l’image de notre désir, et nous la haïssons lorsqu’elle vient briser nos rêves. Celui qui saura nous dire que le monde est bien à l’image de nos chimères n’aura pas de souci à se faire : on trouvera même son nez tout à fait élégant.

o-o-o

On cite parfois Nietzsche sans véritable raison : ici pourtant c’est à lui que revient le mérite d’avoir posé la question : « Pourquoi sommes-nous si désireux de connaitre la vérité ? ». Selon lui, la vérité n’a aucune supériorité par rapports aux autres opinions, et seule sa sécurisante stabilité explique qu’on la recherche. Mais qu’on montre que sa force ne dépend que de l’autorité de celui qui la porte ; et que de plus elle soit mise en concurrence avec les rêves qui nous réconfortent – et la voilà par terre.

Dans 10 jours, c'est l'épreuve de philo du bac.

Parmi les sujets possibles, on pourrait trouver celui-ci : 

« Peut-on préférer l'illusion qui réconforte à la vérité qui dérange? »

--> Je ramasse les copies dans 4 heurs.

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(1) « Du mensonge à la violence » (Agora)