Bonjour-bonjour
Ce matin les infos nous offrent un tour d’horizon des réactions de lycéens glanées hier dans les rues au gré des manifestations. Et parmi ces déclarations, il y a une qui revient régulièrement : « On veut un budget pour nos lycées ». Voilà donc des jeunes gens qui réclament tous « plus » – plus de profs ; plus de places en fac ; moins d’heures dans les emplois du temps ; etc… Et pour qui ça débouche invariablement sur : plus d'argent.
Et je me dis : voilà une différence majeure avec le mouvement étudiant de 68 : lorsque le Ministre leur propose de banaliser la fin de semaine pour mettre en place au « moment de démocratie » (entendez une « assemblée générale élèves-profs ») les lycéens d'aujourd'hui répondent : « D’abord des sous et après on discute de ce qu’il faut en faire ».
- Nous, en 68, on avait deux choses qui ont aujourd’hui radicalement disparu : la révolution ; et puis le monde ouvrier avec la CGT en tête. Bye-bye... On a à présent une chose toute nouvelle à l’esprit : la rationalité de l’équilibre dans les comptes publics - et tout ça sur le fond de la dette.
J’ajouterai que cette rationalité nouvelle s’affiche en même temps qu'une royale indifférence pour ces mots qui sont distillés par le pouvoir dans le but d’endormir les revendications, comme : « priorité » ; « souci de la jeunesse » ; « démocratie interne » ; etc….
Bref : tous ceux qui voient dans ces manifestations une résurgence des révoltes étudiants de Mai-68 se trompent totalement.

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