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mercredi 17 septembre 2025

Macron, Louis XV : même combat – Chronique du 18 septembre

Bonjour-bonjour

 

Un peu d’histoire de France : lorsque Louis XIV fut à l’agonie, il fit venir près lui le futur Louis XV encore enfant (il a 5 ans) et lui fit cet aveu : l’amour de la guerre a été pour lui une faute dont il lui faudrait se prémunir. Et pour cause : Louis XIV mourait en laissant à son successeur une dette de 600 millions de livres, coût des guerres incessantes menées par la France – l’État était au bord de la faillite. (Lu ici)

L’intérêt du sujet est de comprendre comment la France s’est désendettée et quel prix il y eut à payer pour cela – car peut-être pourrait-on en tirer des conclusions utiles encore au jourd’hui ?

Vous trouverez ici le texte intégral d’un article fort bien documenté intitulé « La dette en France de 1715 à 1726 ». Je ne peux détailler ici toutes les procédures mises en œuvre pour résorber cette dette dont la France de l’époque ne parvenait pas à soutenir le remboursement. Rappelons seulement que l’une des mauvaises idées mises en œuvre fut le système de Law qui consistait à manipuler la monnaie tout en créant une banque d’émission ce qui revenait à privatiser la dette. De manipulation en manipulation, la spéculation s’empara du système de Law et entraina sa banqueroute.

- Finalement l’auteur de l’article conclut ainsi : « la monarchie française gagna la capacité de s’endetter plus efficacement sans celle d’augmenter les impôts de façon permanente pour faire face à ses engagements. »

Deux constats que nous faisons aujourd’hui à l’identique :

- Oui, la France trouve à alimenter ses emprunts sur le Marché sans aucune difficulté

- Le défaut de ressources vient toujours d’une insuffisance des impôts. 

Macron, Louis XV : même combat.

samedi 13 septembre 2025

« Liberté – Égalité – Réalité » – Chronique du 14 septembre

Bonjour-bonjour

 

Courrier International nous rapporte ici un condensé des réactions de la presse internationale suite à la crise de la dette publique en France – crise assortie du départ de François Bayrou, 1er ministre.

- Article présenté avec une question : la France est-elle « le pays de l’irresponsabilité collective ? »

- Question développée ainsi : en matière de dépenses publiques, les Français sont-ils une « bande d’irresponsables joueurs ? » Ou font-ils preuve d’une résistance saine contre le dogme de l’austérité ? 

Les avis divergent mais je retiens le ton général : « Il y a dans le pays “une forme d’abandon de soi”. “Si la faillite financière n’est pas encore là, ce n’est pas le cas de la faillite morale. […] Mieux vaut la crise de l’État que les économies, la révolte plutôt que les réformes. »

Vu de l’étranger, la crise de la dette publique française aboutit à une crise politique, et le choix du budget n’est en réalité pas autre chose qu’un choix de société – d’où la violence des réactions politiques au vote du budget. 

Depuis 1789 la France montre la voie de la liberté et de la dignité morale au monde entier, et elle prétend continuer à le faire indépendamment du déni de réalité que cela suppose. Enrichir les pauvres sans prendre aux riches, voilà la nouvelle forme de ce credo.

Mais les marchés sont là, qui veillent. Et pour eux la crise française est perçue sur fond de la nouvelle donne internationale, qui demande aux pays européens de fournir un effort, considérable pour se réarmer, tout en perdant des parts de marchés à l’international. Dans ce cadre, la France ne pourrait s’en tirer qu’avec le soutien de l’Europe qui devrait émettre de la dette sous forme de titres de créance européens. Autrement dit, le problème n’est même plus de savoir si nous allons résorber notre dette souveraine, mais à qui nous allons continuer à devoir de l’argent.

- Mais qu’est-ce que ça change ? Voyez ce qu’est devenu le français, ce fier libérateur de l’Humanité :




lundi 8 septembre 2025

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose – Chronique du 9 septembre

Bonjour-bonjour

 

BOUM ! Ça y est : le gouvernement est tombé -  mais le bruit n’a pas été assourdissant. C’est vrai qu’en perdant le gouvernement Bayrou on n’a pas l’impression d’avoir perdu grand-chose, juste un peu de la confiance qu’on avait encore dans notre système politique.

Car, durant ses 9 mois de fonctionnement, ce gouvernement a-t-il mené à bien des réformes profondes, capables de prendre en charge les dysfonctionnements de nos ministères ? La dette publique a-t-elle été maitrisée ? En le régime fiscal a-t-il été modifié autrement qu’à coups de rabots ?

La question du jour est : que diront les volailles fiscales quand les gens de Bercy viendront les plumer ?


 

Il est vrai que beaucoup de citoyens n’ont pas encore compris comment fonctionne notre démocratie. Ils disent :

- Messieurs, la dette c’est vous qui l’avez faite, alors c’est à vous de payer.

Et que répond-t-on à Matignon ?

- Citoyens, citoyennes, la dette, c’est vous qui l’avez consommée. C’est à vous de la rembourser.

mercredi 27 août 2025

Budget : le complexe de Cassandre – Chronique du 28 aout

Bonjour-bonjour

 

Depuis la guerre de Troie on sait que les prophètes de malheurs n’ont pas bonne presse : on se rappelle l’histoire de Cassandre dont le malheur, justement, fut de ne jamais être crue par ses compatriotes. On en a même tiré une expression qui a été familière : « Le syndrome ou complexe de Cassandre », qui désigne les situations où on ignore des avertissements ou préoccupations légitimes.

 

Cassandre – Vu ici

 

Notre actuel Premier Ministre peut légitimement se vanter de jouer le rôle de Cassandre des temps modernes avec 30 années de dénonciation de la dette française – années au cours desquelles il a régulièrement décrit les malheurs qui allaient frapper la France si elle s’enfonçait dans ce gouffre financier. Perte de la capacité d’action, plus de ressources pour une justice sociale, et pour finir une mise sous tutelle dont la Grèce nous a donné il y a une quinzaine d’années une effrayante représentation.

- Pour être tout à fait juste, ce n’est pas l’annonce de la proximité de la déconfiture française qui constitue aujourd’hui le message refusé par la classe politique – et par une majorité de citoyens. Tout le monde admet peu ou prou que l’endettement français est en passe de devenir insoutenable. Mais ce sont bien les moyens de sortir de cette ornière qui constituent le message rejeté : alors que François Bayrou appelle à une réduction des dépenses sociales et une aggravation des ressources des plus pauvres, qualifiant ces mesures comme seules capables de ramener la France dans la trajectoire des pays économiquement sûrs, la gauche désigne les riches comme responsables de la misère des pauvres. La solution consiste à aller chercher l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire dans les poches de Bernard Arnaud.


 

Le problème avec le syndrome de Cassandre c’est que le fait de ne pas croire en ses annonces ne les empêche pas de se réaliser.

mercredi 28 mai 2025

Not in my backyard – Chronique du 29 mai

Bonjour-bonjour

 

Comment réduire le déficit des comptes publics ? Pas compliqué : ou bien vous diminuez les dépenses ; ou bien vous augmentez les recettes.

En démocratie, c’est la majorité qui fixe le cap. Ainsi : 

* Près de six Français sur dix (59%) souhaitent une diminution des aides sociales pour lutter contre le déficit budgétaire.

* Ils suggèrent également de baisser le nombre de fonctionnaires, pour 57% des votants, en hausse de 3 points sur un an.

Ainsi il suffit de moins dépenser. Quant à ceux qui pensent malgré tout à augmenter les recettes fiscales,

* ils sont 18% (+4 points en un an) à penser que l’augmentation des impôts et des taxes pour tous les Français serait l’une des solutions. (Tous ces chiffres à retrouver ici)

 

Ainsi le budget de la France peut se rétablir à condition de ne pas affecter ceux qui décident des moyens de le faire. Quant à la justice et au respect d’un Contrat social équitable, il n’en est pas question. Ou plutôt : que les pauvres aient besoin de secours je suppose que tout le monde y consentira. En revanche, que soit moi qui ait à mettre la main à la poche pour les secourir – ça, pas question.

On ne peut parler de démocratie dans de telles conditions. Ou plutôt, observons que l’accord sur les valeurs fondamentales d’une société ne signifie pas grand-chose tant qu’on n’a pas dit comment on allait réaliser ces objectifs.

On s’extasie devant le « modèle français » de justice sociale. Mais on oublie de dire que 6 français sur 10 souhaitent l’appauvrissement des pauvres si telle est la condition pour ne pas avoir à payer eux-mêmes.

mardi 21 janvier 2025

La dette ? Une affaire qui marche ! – Chronique du 22janvier

Bonjour-bonjour

 

Lu ce matin : « La France a placé ce mardi pour 10 milliards d'euros d'obligations à 15 ans « longs », attirant une demande plus de treize fois supérieure. Un bon signal pour Bercy, qui va devoir emprunter plus de 300 milliards d'euros cette année dans un contexte politique agité. » De quoi rassurer sur l'attractivité de la dette française aux yeux des investisseurs, dans un contexte politique et économique difficile ». (Vu ici)

 

Eh oui ! Les bonnes nouvelles étant plutôt rares par les temps qui courent, prenons celle-ci : c’est sans aucune difficulté que nous pouvons continuer à nous endetter. Nos futurs usuriers se bousculent pour le devenir, c’est tout juste s’ils ne nous offrent pas un petit cadeau, agenda ou stylo bille à 4 couleurs, pour obtenir qu’on les déleste de dizaines de milliards.

 

Et vous vous demandez peut-être pourquoi un pays si gaspilleur, si insouciant devant son déficit, inspire malgré tout confiance, au point que les prêteurs affluent pour fournir leur argent ? Certes, les taux d’intérêts ne cessent d’augmenter, mais si le risque de banqueroute française existait on ne retrouverait quand même pas tant de volontaires que cela. C’est donc que ces gens-là sont certains d’être remboursés quoiqu’il en soit. Et comment ce prodige s'opère-t-il ? demanderez-vous. C’est votre épargne qui accomplit ce miracle. 

- Sachez, bonnes gens que vous détenez dans vos bas de laine largement de quoi payer la dette française et que, si le peuple de France voulait effacer l’ardoise, il le pourrait sans même se priver.

- Mais attendez, vous voulez dire que l’État pourrait faire main basse sur nos livrets-écureuils si le marché le lui demandait ?

- Hé-Hé….

mardi 3 décembre 2024

Un jeûne sérieux pour la France – Chronique du 4 décembre

Bonjour-bonjour

 

Le chercheur Eoin Drea, du Wilfried Martens Centre for European Studies, un think tank de centre droit affilié au Parti populaire européen prévient : « si elle fait tomber le gouvernement Barnier, Marine Le Pen pourrait déclencher une crise majeure au sein de la zone euro ». (Lu ici)

… Et c’est tant mieux ! Voyez plutôt : dans les épisodes de jeûne autoadministré, la période des 3 premiers jours est douloureusement ressentie, ce qui disparait ensuite – 3 jours, c’est la durée nécessaire pour que s’enclenche le processus d’adaptation physiologique permettant à l’organisme de survivre malgré la privation de nourriture : c’est cette seconde période qui est recherchée par les cures de jeûne. 

- Ainsi, une légère privation fait souffrir et ne produit rien de positif ; mais une privation durable fait surgir des processus positifs pour la survie. Ainsi dans le moment présent la réduction des dépenses publiques est très mal vécue, et le public réclame plus de subventions et moins de taxes. Mais les pays qui sont allé au-delà comme le Portugal ou l’Ireland ont montré que persévérer produit un renversement de tendance avec un retour rapide à l’équilibre. On dira que cette crise devrait être supportée par les mieux dotés, alors que les pauvres risquent bien d’y perdre jusqu’à la vie. Certes et la politique sociale ne devrait pas être engloutie par les restrictions. Mais comme toujours les grands principes sont conçus comme devant être compatibles avec des exceptions humanitaires.

Reste quand même que le retournement à 180° de la gestion des comptes publics est désignée comme indispensable et que la tentative de Michel Barnier a été retoquée à moins que cela.

lundi 25 novembre 2024

Budget : on n’a pas assez souffert – Chronique du 26 novembre

Bonjour-bonjour

 

 


Vous le connaissez, n’est-ce pas ? C’est Philippe Dessertine, l’économiste qu’on convoque sur les plateaux pour rappeler aux français qu’ils sont des somnambules qui avancent vers le gouffre d’un pas toujours aussi alerte. C’est l’homme qui risque bien de remplacer le Père Noël et de laisser vos petits souliers vides au 25 décembre.

 

*

***

Les débats avec des spécialistes économiques me désespèrent toujours plus, car la réalité montre avec toujours plus d’évidence qu’ils ont raison : la crise du budget révèle que les français dans leur majorité n’ont pas compris que la France n’avait plus les moyens financiers de les faire bénéficier des mêmes ressources publiques, et qu’ils devaient souffrir du froid, de pénuries multiples, le temps de produire enfin les richesses dont ils ont besoin pour continuer à vivre comme avant.

La France pourrait s’orienter selon deux repères : 

            * Celui qu’il faut éviter à tout prix et qui est celui de la Grèce qui revient péniblement d’une longue dépression issue d’une gestion calamiteuse qui lui a fait perdre aujourd’hui encore 20% de ses richesses et bondir le chiffre de la pauvreté.

            * Celui de l’Ireland ou du Portugal qui ont regagné en peu d’années le niveau des pays européens malgré les contraintes du FMI.

 

Et pourquoi la France ne pourrait-elle pas revenir à son niveau économique récemment abandonné ?

C’est là que les débats sur le budget sont révélateurs : car tout le monde veut sauver les avantages consentis par l’État à son bénéfice, quel qu’en soient les conséquences. Nous savons bien que ce serait au prix d’une crise financière grave, mais qu’importe ? Il y a quelques années le mythe de l’emprunt qu’on ne rembourserait jamais avait beaucoup de succès ; je ne sais pourquoi on n’y est pas revenu, mais ça peut encore arriver. De toute façon ces vues fantaisistes n’ont aucune prise sur la réalité, sauf celle de fermer les yeux des citoyens.

C’est là que l’expérience vécue de la misère est capitale : les peuples qui l’ont soufferte, comme les portugais sont près à la subir une nouvelle fois si c’est la condition pour l’éviter dans un avenir proche. La misère serait donc le prix à payer pour sortir de l’impasse où nous sommes ?

Peut-être – en tous cas ne pas oublier que les « 30 glorieuses » sont sorties de la misère des années du retour à la paix.

... Je ne peux pourtant me contenter de cette leçon de résignation. Car on connait le dicton "Quand les gros se serrent la ceinture, les maigres sont déjà morts de faim"- La politique c'est aussi  le respect des valeurs républicaines au nombre des quelles on trouve l'égalité.

mercredi 13 novembre 2024

Un jour de travail en plus pour renflouer la Sécu – Chronique du 14 novembre

Bonjour-bonjour

 

Quand on a besoin d’argent, on peut aller en demander à sa banque, laquelle vous satisfera si et seulement si ses dépositaires sont d’accord. Le banquier ne sort pas de sa poche l’argent qu’il vous prête, pas plus que l’oncle qui vous a à la bonne. L’agent sort des mains de ceux qui produisent et voilà tout.

D’où la réponse la plus sommaire et la plus honnête à la question « Comment renflouer les caisses de la Sécu ? » : « En travaillant d’avantage »

--> La rapporteure du budget de la Sécurité sociale, Elisabeth Doineau, ainsi que les sénateurs ont soutenu mercredi l'idée d'augmenter la durée annuelle du temps de travail de sept heures. (Lire ici) Reprenant l’idée de la journée de travail supplémentaire dans l’année et évitant la maladresse de parler de journée fériée travaillée pour le système de santé (1), mais supprimant quand même un jour chômé dont le bénéfice produira 2,5 milliards d'euros pour la Sécurité sociale. 

 

Voilà un exemple bien clair de la méthode de travail du gouvernement pour trouver la somme XXL de milliards indispensables, non seulement pour combler le « trou de la sécu » mais aussi pour rembourser la dette. Toute l’habileté est d’habiller des ponctions de différentes manières, sachant qu’au bout du compte et comme on vient de le rappeler, seuls les hommes et les femmes qui travaillent produisent des richesses. Ça mérite quand même un peu de respect.

Comme par exemple de nous demander comment nous voulons être plumés ? Par l’impôt ou par les taxes ?

 


Ou encore de passer sous silence que ce grignotage des jours chômés n’est que la face émergée de l’iceberg de l’augmentation du temps de travail sans lequel le système capitaliste qui demeure le nôtre ne saurait produire suffisamment pour remplir le vaste estomac du Marché.

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(1) Après Raffarin supprimant en 2004le chômage du lundi de pentecôte. Il s’agissait à l’époque de protéger les vieux de la canicule. 

mardi 5 novembre 2024

Tous au boulot ! – Chronique du 6 novembre

Bonjour-bonjour

 

Chaque français est affecté par le poids de la dette, la quelle est alimentée par le faible taux d’emploi qui grève la création de richesse globale et les rentrées fiscales.

Vous lisez bien : on vient de dire « le faible taux d’emploi » et non « la faible productivité du travail ». Ce qui veut dire que vous pourrez toujours être de plus en plus productif, - oui, vous, le Stakhanov de l’entreprise, ça ne servirait à rien. Ce qu’il nous faut ce sont des travailleurs qui payent sur leur emploi les taxes et les impôts afférents et qui aujourd’hui végètent au chômage de longue durée.

 

 


 

En tout cas, c’est le seul moyen selon les spécialistes de combler l’écart qui sépare le PIB de la France de celui des autres pays avec lesquels nous sommes en compétition (voir ici).

 

- Comment ! Ces sont ces fainéants qui ne f* rien qui ont le sort de la France entre leurs mains ? Et moi – moi le brillant commercial, moi le super-négociateur de l’entreprise je n’y serais pour rien ? Ce ne serait pas sur les gens comme moi que le sort de la France se jouerait ?

- D’une façon marginale, si, peut-être. Si vous travaillez plus souvent et plus longtemps dans votre vie, alors vous verserez plus de taxes, plus de cotisations, qui viendraient renflouer en partie les caisse de l’État et celle de la Sécu. Et c’est ce qu’on fait, car il est plus facile de faire payer ceux qui travaillent que de faire embaucher ceux qui sont en emploi partiel. Mais ça ne vaudra pas l’embauche du traine savate qui aujourd’hui se contente de vivre avec le RSA et quelques petits boulots au black.

 

- La preuve ?

- La preuve, c’est que puisqu’on vous tient on vous fait bosser encore et encore, avec le recul de l’âge de départ en retraite et aussi la proposition de supprimer une journée fériée. Mais encore une fois on préfère aggraver la misère des miséreux plutôt que de les soutenir dans leur état. C’est ça qui est bon pour la France.

Allez ! Tous au boulot !

vendredi 27 septembre 2024

« L’erreur est humaine – persévérer par arrogance est diabolique » – Chronique du 28 septembre

Bonjour-bonjour

 

Il y a des sujets d’actualités qui nous font brûler d’émotions et puis qu’on oublie au bout de quelques jours. C’est d’ailleurs ce qui arrive dans la plupart des cas. Et puis il y a des sujets qu’on n’oublie pas parce qu’ils nous affectent dans la vie pratique bien après leur révélation.

- A n’en pas douter ce sera le cas pour la dette publique, bien après que l’ensemble de son montant aura été révélé. C’est que nous devrons alors continuer de payer l’impôt « exceptionnel » voté pour la rembourser ainsi que supporter les lacunes du service public raboté par les diminutions de subventions.

- La question qui vient en premier est « Qui est responsable ? » - car les élus ou les hauts fonctionnaires, ceux qui ont le pouvoir décisionnaire, ont forcément vu passer le déficit, mais ils ne l’ont pas arrêté, soit qu’ils ne l’aient pas voulu, soit qu’ils n’en aient pas eu le pouvoir.

- Toutefois ne risquons-nous pas d’oublier le bénéfice de certaines dépenses qui nous ont permis d’éviter les pires évènements, comme la misère épargnées aux catégories sociales les plus fragiles durant le Covid grâce au « Quoiqu’il en coûte » ? 

--> Restons donc objectifs en gardant en mémoire l’ensemble de la situation.

 

Par ailleurs, ne risquons-nous pas de reconstruire l’histoire en commençant par la fin, comme si c’était nécessairement en toute connaissance de cause que des erreurs de cette taille ont pu être commises ? 

- Oui, certainement, car certains évènements majeurs ont été formés à partir de l’agrégation d’évènements qui, pris un à un et au gré de leur venue, ont pu paraitre impossibles à percevoir et à comprendre. 

Toutefois, le fait qu’on ne les ait pas vu venir ne signifie nullement qu’ils aient été imprévisibles. Tel est le cas des Gilets-Jaunes dont l’existence comme groupe revendicateur a été ignorée, alors que compris comme classe défavorisée, on aurait pu au moins éviter de provoquer leur colère comme avec la hausses de la taxe carbone.

- Et le chef de l’État, lui qui décide de tout, n’est-il pas responsable de la perte de contrôle des comptes publiques ? Bien sûr un homme seul ne peut décider du budget de la nation à lui tout seul. Pourtant c’est bien lui qui oriente la politique du pays, par exemple en définissant la politique économique. Or le Président considérait que, soutenue par une baisse des taxes et des impôts, l’économie devrait tourner plus vite.

Je ne dis pas qu’on aurait pu prévoir que ça ne marcherait pas, mais au moins prendre en compte l’échec dès qu’il est apparu.

On reconnait la sentence de Saint-Augustin : « L'erreur est humaine, mais persister dans l'erreur par arrogance, c'est diabolique »

samedi 21 septembre 2024

T’as pas 100 milliards ? – Chronique du 22 septembre

 

 


 

Bonjour-bonjour

 

Il nous faut 100 milliards d’€ d’ici 2027 pour combler notre déficit – et bien sûr cette dette ne date pas d’hier. On en est au point où il se murmure qu’on finira bientôt par ne pouvoir jamais rembourser ce que nous devons, acquittant chaque année seulement les intérêts de l’année écoulée.

C’est l’occasion de nous souvenir d’un débat très vif qui prit fin en 2015 consistant a soutenir que cette dette restera impayée, et que la France est un pays économiquement trop important pour être déclaré en banqueroute. Je dis « 2015 » car j’ai en mémoire l’attentat de Charlie Hebdo où fut tué Bernard Maris qui soutenait cette affirmation. Sans que je sache pourquoi, après sa mort je n’entendis plus jamais parler de cette hypothèse.

Autre étonnement, personne ne relance cette idée, comme si la dette s’était effacée d’elle-même, comme par magie – d’où l’impression que le « quoiqu’il en coûte » du Président n’aurait aucun effet économique.

 

On dit de nous que nous sommes un peuple de cigales, soumis aux fourmis de Frankfort : c’est seulement quand on nous tape sur les doigts que nous nous soumettons aux ordres de la BCE.

C’est un fait que l’endettement va souvent de pair avec une humeur joyeuse et une disposition à faire la fête : le labeur pour les uns, la fête pour les autres.

La réalité est hélas parfois plus sinistre. En témoigne l’histoire de l’affranchissement des esclave haïtiens : « Tout au long du XIXe siècle puis du XXe siècle, les esclaves haïtiens libérés par eux-mêmes à la suite de plusieurs révoltes et leurs descendants ont été contraints de payer une dette à leurs anciens maîtres français et à leurs familles, afin de les dédommager de la perte occasionnée. » (Histoire de Haïti à lire ici)

On voudrait croire que le long souvenir de la dette à payer c’est seulement pour les créanciers. On voit bien que non.

lundi 15 juillet 2024

Peut-on annuler la dette ? – Chronique du 16 juillet

Bonjour-bonjour

 

Selon Thierry Breton, le commissaire européen : « Une réduction du déficit public français est « nécessaire » – et ce malgré l’instabilité institutionnelle » 

 

… Bernard Maris, ce nom vous dit-il encore quelque chose ? Victime de l’attentat contre Charlie, il était l’un des économistes qui affirmaient que la dette souveraine française ne serait jamais remboursée (comme l’ont été celles issues de la guerre). D’autres économistes soutenaient le même paradoxe (à savoir : de l’argent prêté et jamais remboursé) et c’était alors un sujet de débat très actif, au point qu’aujourd’hui encore on l’évoque (voir ici l’article d’Agnès Bénassy Quéré).

 

- Je ne peux reprendre le débat à mon compte faute de compétence. Par contre je peux m’étonner qu’il ne soit pas évoqué. Comment se fait-il que ceux qui défendent un programme envisageant des dépenses publiques largement au-dessus des ressource du pays n’évoquent pas cette hypothèse ? Ce serait certes maladroit de contracter des emprunts en annonçant par avance qu’ils seraient accompagnés de la mention : « Non remboursable ». Nos candidats à gouverner le pays en sont restés à l’annonce d’un financement par une augmentation des recettes, souvent associées à des économies telles que « Arrêter de financer l’immigration » ou encore « Faire payer les riches » : qu’importe ? Le débat français en est resté au déni de l’endettement : on aurait pu l’éviter – et on l’évitera – grâce à ces recettes si faciles à imaginer : je manque d’argent, tu en as trop : je te prends ce qui me manque – et basta !

Alors, c’est vrai que l’économie est comme on dit parfois, une science molle, ce qui signifie que ses prévisions ne sont pas aussi certaines que celle de l’astronome qui prévoit le retour de la comète de Haley. Par exemple on n’a pas vu venir la crise des subprimes. Mais de telles erreurs, largement évitables d’ailleurs, ne se produisent pas régulièrement. 

Aujourd’hui le leitmotiv est : pas besoin d’emprunter, il suffit de faire payer les riches.

Et en plus c’est vertueux !

vendredi 21 juin 2024

Que faire l’été venu ? – Chronique du 22 juin

Bonjour-bonjour

 

Et voici l’été venu. Que faire en été ? 

= nous rappeler la fable de La Fontaine : Je vous paierai, lui dit-elle, / Avant l'Oût, foi d'animal, / Intérêt et principal. / […] Que faisiez-vous au temps chaud ? / Dit [la cigale] à cette emprunteuse. / - Nuit et jour à tout venant / Je chantais, ne vous déplaise.

 


Faut-il donc consacrer l’été qui vient à rembourser nos dettes de l’an dernier ? Ou bien chanter sans reprendre son souffle ? On sait que la Fourmi de la fable refuse un prêt à la Cigale, sans doute dans l’idée qu’on ne peut faire crédit celle à qui a chanté tout l’été.

Bon – on m’a compris.

Non ? Pas encore ? 

Et si la dette de la France nous mettait dans la situation de la Cigale de la fable ? si pour passer l’hiver nous décidions de nous soucier de l’état de nos finances dès maintenant, jour de l’été ?

… Oui, aujourd’hui 21 juin –c'est le jour de l’été. Mais aussi jour de la fête de la musique. Nous allons chanter toute la nuit – et puis peut-être même danser. 

« Nous » ? Oui, nous les français : c’est bien nous qui l’avons inventée cette fête !

Bref : pour les Marchés, nous ne sommes pas crédibles, tout juste bons à entrer dans le groupe baptisé « Pays du Club Med ».

Vite ! Il faut faire quelque chose !

Par exemple : remplacer la Fête de la musique par la Fête de l’écureuil, et défiler en brandissant notre livret d’épargne comme autre fois les chinois avec le Petit-livre-rouge.

- Ou bien mettre un petit cochon sur notre drapeau, pour célébrer l’économie-tirelire, mais surtout en souvenir de notre Roi des cochons qui était aussi grand chef au FMI. 

En tout cas, si nous ne faisons pas très vite une conversion de ce genre, alors, soyez-en sûr. L’été prochain, nous danserons devant le buffet.

mardi 18 juin 2024

Faire payer les riches – Chronique du 19 juin

Bonjour-bonjour

 

Rappelez-vous de madame Liz Truss : « Liz Truss, née le 26 juillet 1975 à Oxford (Angleterre), est une femme d'État britannique. Membre du Parti conservateur, elle est Première ministre du Royaume-Uni du 6 septembre au 25 octobre 2022. » (Lu ici)

Devenue 1ère Ministre, elle fut obligée de démissionner quarante jours plus tard suite à l’inconséquence de son programme économique impliquant des baisses d’impôts conséquentes associées à des emprunts à l’étranger. Cette imprudence fut sanctionnée par le Marché financier par une augmentation des taux d’intérêts de la dette souveraine au-delà du supportable.

 

Moralité : c’est le Marché financier qui régule la politique des États fortement endettés ce qui est le cas de la France. Si le programme dispendieux du RN ou du Nouveau front populaire devait être appliqué ne doutons pas que le même effet se produirait – d’ailleurs il commence déjà à se manifester.

«  La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » (1) Inutile de répéter comme un mantra la phrase du Général de Gaulle : car on le voit tous les jours, c’est faux et chez nous la perte de souveraineté est déjà actée au point que rien ne pourrait l’empêcher, sauf à rembourser. Les souverainistes ne sont pas des gens à s’embarrasser de cette situation qui gouverne pourtant, quoiqu’on en dise, la liberté politique de notre pays.

Alors, que peut-on vouloir ? Si on ne peut éviter de nous soumettre aux privations liées au remboursement, reste à choisir les partis politiques qui organiseront ces remboursements dans le sens d’une plus grande justice sociale. Il faut faire payer les riches.

« Faire payer les riches » : cette formule du Parti communiste d’il y a 50 ans (souvenez-vous : c’était l’époque du « Programme commun ») continue de nous faire rire : c’est qu’on l’a testée avec des résultats fort peu probants : comment taxer les fortunes sans les inciter à aller s’implanter ailleurs ? Reste que cette formule pourrait encore être utilisée, à condition d’être rendue compatible avec la réalité du marché financier. 

Pas sûr que ce soit possible ? C’est vrai, mais s’il y a un but à atteindre, c’est bien celui-ci.

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(1) « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » est une citation, du Président de la République française Charles de Gaulle qui évoque la politique économique de la France à l'occasion d'une conférence de presse donnée au palais de l'Élysée le 28 octobre 1966. » (Ici)

mardi 2 avril 2024

Maintenant, il faut payer – Chronique du 3 avril

Bonjour-bonjour

 

Nous étions un peu surpris d’entendre Bruno Lemaire affirmer sur un ton péremptoire qu’il nous faudra faire 10, puis 20 milliards d’économies pour rester dans les limites d’un déficit acceptable. Il est vrai que sortis récemment du « quoiqu’il en coûte » on restait dans l’idée que l’État avait les moyen de subventionner les misères du peuple.

L’explication du tour de vis opéré par Bercy vient de nous être fournie par les déclarations de l’agence de notation Fitch relayées ici. Observant d’abord que la dégradation de la note de la dette souveraine française avait été justifiée, l’agence poursuit : « Cependant, toute autre action de notation négative dépendrait d'une nouvelle aggravation importante de l'endettement public, ce que nous considérons comme improbable, comme le reflète la perspective stable ».

Ce sont les marchés financiers qui ont la main sur la politique budgétaire française : telle est la réalité. Cette situation en a une autre pour corolaire : l’endettement entraine une perte de souveraineté, et donc une limitation de la liberté politique des dirigeants. Raison pour laquelle le Ministre de l’Économie, des finances et… de la souveraineté industrielle et numérique – alias Bruno Le Maire – est si sourcilleux sur la question. 

Les politiques qui gouvernent sont donc soumis à un dilemme : soit ils restent dans la limite des ressources du pays, et ils ne peuvent engager de grands programmes très couteux mais qui leur permettent de réaliser de grands projets ; soit ils le font, endettent le pays et doivent ensuite payer l’addition.

On en est là. Reste à observer que les dirigeants « payent l’addition » en renonçant à des programmes de prestige. Mais lorsqu’ils pratiquent le « quoiqu’il en coûte » alors ce sont les citoyens qui doivent mettre la main à la poche.



samedi 5 août 2023

Les J.O. : combien ça coûte ? – Chronique du 6 aout

Bonjour-bonjour

 

Alors que la France affirme avec sérénité que la préparation des J.O. 2024 progresse selon le calendrier prévu, une épreuve reste néanmoins incertaine : celle des compétition de natation dans la Seine. La raison en est la présence de bactéries indésirables dans l’eau, suite parait-il aux pluies intenses de ces derniers jours qui a d’ailleurs entrainé l’annulation du test qui devait avoir lieu récemment. A titre d’information, on apprend qu’au Royaume-Uni des dizaines de sportifs sont tombés malade après une épreuve de natation en mer du Nord en raison de la forte pollution bactérienne (1)

Les autorité françaises précisent que des bassins de rétention des eaux pluviales sont en cours de construction pour empêcher ces débordements responsables de contamination. (2)

 

Alors que nous sommes en période de contraction budgétaire en raison du montant de la dette française, voilà que sans qu’on en soit vraiment informés, on finance des travaux qui n’ont autre intérêt que de rendre possible une épreuve de natation olympique qui pourrait bien sûr avoir lieu ailleurs sans frais supplémentaires. Dans mon souvenir d’écolier le règne de Louis XIV était émaillé de conflits entre le monarque donnant des fêtes versaillaises et Colbert qui signalait au Roi que leur magnificence était incompatible avec les finances du royaume. 

 


Une nouvelle casserole pour Emmanuel Macron : il serait l’héritier de Louis XIV.

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(1) Trois jours avant l'événement, un prélèvement effectué par l'Agence de l'environnement avait révélé la présence de 3900 colonies d'E. coli pour 100 ml, soit un ratio 39 fois plus important que ce qui avait été mesuré un mois auparavant.

Si la bactérie E. coli est naturellement présente parmi la microflore digestive de l'être humain, certaines souches de cette bactérie sont pathogènes. Elles peuvent être responsables de troubles variés, allant d'une diarrhée bénigne à des formes plus graves, comme des diarrhées hémorragiques ou des atteintes rénales sévères. (Lu ici)

(2) Par exemple sur la Marne, lire ici.

vendredi 2 juin 2023

« AA » : ouiiiiiiii ! – Chronique du 3 juin

Bonjour-bonjour

 

Contre toute attente, l’agence de notation S & P Global maintient la note de la France à « AA ». (1) 

- Et ça grâce à qui ? 

 

C'est moi qui l'ai fait !

Oui, vous l’avez deviné : Bruno Lemaire dont l’expression de fierté n’a échappé à personne.

 

- Mais, est-ce un bon point politique pour le pouvoir ? Lisons le commentaire de l’agence de notation : « Cela est principalement dû à la révision de la stratégie de consolidation budgétaire du gouvernement », écrit l’agence de notation, en citant comme faits positifs, outre la réforme des retraites, la fin programmée des aides énergétiques à la faveur de la baisse des prix des hydrocarbures. » (Article référencé)

--> Autrement dit ce qui a favorisé notre crédit, c’est ce que le pouvoir a décidé de plus impopulaire depuis bien longtemps : la réforme des retraites sans laquelle adieu notre « AA » ! Et ce qui l’a consolidé, c’est la suppression du bouclier énergétique dont le Président Macron avait tiré des points d’opinion favorable.

Ainsi, les revendications populaires et le soutien des marchés ne vont pas dans le même sens, et si le pouvoir cherche à gagner sur les deux tableaux, c’est perdu d’avance. Pour sauvegarder l’avenir financier de la France il ne faudra pas hésiter à prendre des mesures impopulaires ; en revanche il ne faudra pas non plus être impressionné par les poubelles calcinées et les abribus démolis.

I have a dream… Ces paroles de Martin Luther King résonnent encore dans nos mémoires. Mais aujourd’hui elles ne serviraient plus à revendiquer l’égalité des droits, mais la concordance entre la volonté populaire et l’exigence des marchés.

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(1) Certains se demandent déjà suite à quelle manigance entre Standard and Poors et le gouvernement français… En tout cas, comme nous le signalions il y a quelques jours, les conversations entre Elisabeth Borne et l’agence américaine se poursuivaient.

vendredi 28 avril 2023

La dette : combien ça coûte ? – Chronique du 29 avril

Bonjour-bonjour

 

Rappelez-vous : c’était en 2009 ou 2010 – je ne sais plus ; chaque mois nous attendions la communication de la note des agences de notations américaines, dont le montant régulait celui des intérêts de la dette française – déterminant du même coup la part de nos ressources qui allaient y passer.

Et puis on a oublié tout ça : après 2010, la croissance est revenue …

 

- Mais voilà que ces notations refont parler d’elles, et pas en bien : « l’agence Fitch dégrade la note de la France à AA– sous l’effet de l’« impasse politique » et des « mouvements sociaux » peut-on lire ce matin.

Nous nous étions imaginés à l’abri des mauvaises surprises : nous avons certes un fort endettement, mais notre économie n’allait pas si mal, et les perspectives économiques semblaient positives. Seulement voilà : l’effet de la réforme des retraites avec ses concerts de casseroles, ses chaises vides et ses portes closes a fait craindre que les mouvements sociaux ne viennent plomber l’essor économique. C’est du moins ce qu’a fait valoir l’agence Fitch.

Un « effet Macron » – à moins que ce ne soit « un effet CGT » ? Ou encore « LFI » ? Après tout qu’importe ? L’essentiel est qu’aujourd’hui les futurs manifestants réalisent que leur mouvement risque, à très court terme, de peser négativement sur leur niveau de vie. 

--> Et si c’était là que se trouvait la clé de la sortie de crise ?

Expliquons. Soit un salarié qui aurait 40 ou 50 ans. On lui dit « Ami, si tu ne te mobilises pas dès aujourd’hui tu n’arriveras à la retraite que dans 25 ans » : il va sortir les pancartes. Maintenant, ajoutez « Bien sûr tu risques de te retrouver très bientôt avec un salaire bloqué, voire même un plan de stabilité FMI » Là, ça coincera, c’est sûr.

- On sort de la crise ! Youpi! 

- Oui, mais aussi hélas… une fois de plus, on va assister à une controverse entre le gouvernement et les syndicats : le premier pour affirmer la responsabilité des seconds ; les seconds pour dénoncer l’effet dévastateur de la politique du Président. Mais qui donc va s’intéresser à l’enjeu effectif du sujet, à savoir combien notre dette va nous couter ?

La vie sociale est, pour parler comme Freud devenue une empoignade entre le principe de plaisir et le principe de réalité. En se rappelant que la différence entre ces deux principes régulateurs de la vie psychique est que le premier exige d’être satisfait sur le champ, alors que le second impose un délai nécessaire pour faire face au monde tel qu’il est.

Faut-il encore expliquer ? Dans le temps du plaisir on consomme l'endettement ;  dans le temps de la réalité, on rembourse.

jeudi 9 mars 2023

Et la dette ? Elle court toujours ! - Chronique du 10 mars

Bonjour-bonjour

 

Les gens se déclarent victime de la sur-information qui les épuise et les déprime : assommés par les radios et des chaines d’info 24h/24h, bombardés de surcroit de notifications sur leur smartphones, ils n’en peuvent plus. Et pourtant ces médias leur épargnent la plupart des nouvelles qui tombent sur les télescripteurs des agences : car il n'y a que deux ou trois nouvelles qui vont tourner en boucle sur nos écrans, tandis que beaucoup d’autres, peut-être plus importantes, resteront dans l’ombre. Faut-il les en remercier ?

Un exemple ? En voici un : la dette. Et c’est bien ce qu’on lit dans cet article de 20 minutes : dans un récent rapport, la Cour des comptes appelle à un « redressement résolu » des finances publiques de la France. (Détail à lire dans l’article référencé)

 

Alors c’est bien sûr : les autres évènements, tels que l’inflation et la protection « quoiqu’il en coûte » des petits salaires est prioritaire. Pourquoi  s’attarder sur la dette ? On la remboursera bientôt avec les dividendes de la croissance énergiquement relancée – justement grâce à ces emprunts qui soutiennent la consommation, support essentiel de notre économie.

 

Oui… sans doute… Quoique…

L’article cité fait état de la méfiance de la Cour des comptes. Bien sûr tout est possible, mais ça veut dire aussi que nos finances pourraient bien ne pas se redresser du tout et que dans le même temps les taux d’intérêts pourraient se mettent à flamber. Pour agir il ne faut pas avoir peur, c’est vrai. Mais il faut aussi anticiper, et garder l’œil sur les dépenses. Or le budget voté à grande peine par l’Assemblée nationale ne prend pas vraiment en compte ce risque. (Il est vrai que l’opposition reproche au gouvernement de ne pas répandre les ressources assez largement).

Là est la tâche aveugle de l’information : pourquoi ne nous informe-t-elle pas de ce qui peut - dans 6 ou 12 mois - devenir justement le centre de toutes nos préoccupations, alors même que c’est parfaitement anticipable ?

La mission des chaines info : passionner les gens et pour y parvenir il faut beaucoup de mauvaises nouvelles - paradoxe ? Pas du tout :  déjà, notons que les bonnes nouvelles n’intéressent personnes. Mais attention : il ne faut pas non plus désespérer la Nation. Et pour y arriver il faut changer de mauvaises nouvelles très vite - beaucoup ed mauvaises nouvelles qu'on peut oublier à peine publiées. Ce qu’on ne saurait faire avec la dette.

- Raison pour la quelle beaucoup de mauvaises nouvelles qui changent tous les jours, valent mieux qu'une seule - comme la dette - qui pèse sur nous chaque jour.