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mercredi 27 août 2025

Budget : le complexe de Cassandre – Chronique du 28 aout

Bonjour-bonjour

 

Depuis la guerre de Troie on sait que les prophètes de malheurs n’ont pas bonne presse : on se rappelle l’histoire de Cassandre dont le malheur, justement, fut de ne jamais être crue par ses compatriotes. On en a même tiré une expression qui a été familière : « Le syndrome ou complexe de Cassandre », qui désigne les situations où on ignore des avertissements ou préoccupations légitimes.

 

Cassandre – Vu ici

 

Notre actuel Premier Ministre peut légitimement se vanter de jouer le rôle de Cassandre des temps modernes avec 30 années de dénonciation de la dette française – années au cours desquelles il a régulièrement décrit les malheurs qui allaient frapper la France si elle s’enfonçait dans ce gouffre financier. Perte de la capacité d’action, plus de ressources pour une justice sociale, et pour finir une mise sous tutelle dont la Grèce nous a donné il y a une quinzaine d’années une effrayante représentation.

- Pour être tout à fait juste, ce n’est pas l’annonce de la proximité de la déconfiture française qui constitue aujourd’hui le message refusé par la classe politique – et par une majorité de citoyens. Tout le monde admet peu ou prou que l’endettement français est en passe de devenir insoutenable. Mais ce sont bien les moyens de sortir de cette ornière qui constituent le message rejeté : alors que François Bayrou appelle à une réduction des dépenses sociales et une aggravation des ressources des plus pauvres, qualifiant ces mesures comme seules capables de ramener la France dans la trajectoire des pays économiquement sûrs, la gauche désigne les riches comme responsables de la misère des pauvres. La solution consiste à aller chercher l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire dans les poches de Bernard Arnaud.


 

Le problème avec le syndrome de Cassandre c’est que le fait de ne pas croire en ses annonces ne les empêche pas de se réaliser.

samedi 10 avril 2021

Le droit aux bonnes nouvelles – Chronique du 11 avril

Bonjour-bonjour

 

Vous le savez cher.e.s ami.e.s, au Point du Jour nous nous faisons un devoir de vous donner de bonnes – et si possibles joyeuses – nouvelles chaque dimanche (1). Ce faisant nous reconnaissons à tous un « droit aux bonnes nouvelles », droit habituellement bafoué par les médias ordinaires qui estiment au contraire qu’une bonne nouvelle n’est pas une nouvelle du tout ; ne disait-on pas autrefois que les journaux ne signalent pas les trains qui arrivent à l’heure ?

Il y a certes un risque : c’est de diffuser des fakenews simplement parce que les bonnes nouvelles étant absentes il faudrait les inventer. Ce billet est là pour vous démontrer le contraire.

 

La Grande Oxydation : une catastrophe qui fut une chance (pour la doc voir ici)

Il y a 2,4 milliards d’années se produisit la Grande Oxydation, catastrophe causée par la propagation de l’oxygène, déchet toxique issu des premières cellules vivantes, mais qui eut pour conséquence le développement de la vie. L’oxygène est en effet apparu suite à un problème de pollution – exactement comme aujourd’hui avec le CO2 – mais sa propagation fournit un élément essentiel à la vie et non à sa destruction.

Si les médias d’information eussent existé il y a 2,4 milliards d’années, sans aucun doute les spécialistes eussent dénoncé la propagation de l’oxygène lié à l’appauvrissement des océans en « fer ferreux » ; lamentations, prières aux Dieux et manifestations protestant contre l’inaction des gouvernants de l’époque se seraient alors répandues partout sur la terre.

… Sauf que cette catastrophe fut une chance extraordinaire, et que sans ce bouleversement écologique nous ne serions pas là aujourd’hui pour nous lamenter encore et encore de la diffusion du COdans l’atmosphère. Mais qu’est-ce qui vous dit que cela ne va pas produire un sursaut de la vie ? Que de nouveaux organismes ne vont pas apparaitre, portant les limites du vivant bien au-delà de ce que nous connaissons ?

 

Comprenez, cher.e.s ami.e.s : pour trouver de bonnes et heureuses nouvelles, il ne faut pas nier la réalité comme le font les négationnistes ; il faut changer de point de vue, et comme ici, prendre un peu de hauteur.

Merci Le Point du Jour !

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(1) Ce billet fait contrepoint au "Billet de Cassandre" que nous diffusons aussi en semaine.

jeudi 8 avril 2021

Le billet de cassandre - 9 avril

Le billet de Cassandre : 2022, les labos pharmaceutiques en ruine

  

Chers concitoyens,

 

La vérité m’oblige à le dire : nous sommes à la veille de faillites en chaine dans l’industrie pharmaceutique.

Les pays et les marchés financiers d’un même pas s’engouffrent dans l’appel de capitaux issus de la pharmacie dans le sillage du développement et de la fabrication des vaccins. Les usines nouvelles financées à la hâte ouvrent chaque jour avec la promesse de millions de doses vaccinales à vendre au monde entier. Dans le même temps on apprend que Stéphane Bancel, le patron de Moderna, figure dans la liste des nouveaux milliardaires repérés par le magazine Forbes, où il vient rejoindre les actionnaires principaux des laboratoires Mérieux et Ipsen.

Or, la pandémie qui a fait leur fortune est en déclin justement grâce aux vaccins qu’ils ont inventés et commercialisés. De sorte qu’ils se sont enrichis en créant les conditions de leur ruine : en matière de matérialisme historique, Marx n’aurait pas inventé mieux. 

 

 

Le nouveau billet de Cassandre : en 2022 la dette/la dette/la dette.

 

Je reviens vers vous, mes chers concitoyens pour vous avertir : en 2022 la catastrophe qui nous attend ne sera pas sanitaire mais financière. Suite à l’injection massive de liquidités opérée par les grandes banques mondiales, le FED et la BCI en tête, l’inflation et l’augmentation des taux d’intérêts vont déferler. Dans ce contexte les dettes immenses contractées par les principaux pays vont devenir rapidement insoutenables, sauf à taxer lourdement les particuliers. Si les financiers ont si facilement prêté à l’État français, c’est en sachant que leur épargne constituait une caution suffisante pour éponger la dette. 

Chers concitoyens, l’an prochain, attendez-vous à casser votre tirelire


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Pour mémoire – Cassandre, fille de Priam, a reçu d’Apollon le don de prévoir l’avenir. Comme elle se refuse à son désir, le dieu accepte de renoncer à elle, à condition qu’elle l’embrasse. Ce faisant il lui crache dans la bouche en signe de malédiction :  personne - même sa famille - ne croirait jamais ses prophéties. (Lire ici)

- Bon, c'est vrai : les Dieux de l'Olympe avaient des manières un peu rustiques. Mais ce sont des Dieux : ils ont tous les droits.

lundi 28 décembre 2020

Le pire n’est pas certain, il n’est que probable – Chronique du 29 décembre 2020

Bonjour-bonjour

 

« Que pouvons-nous nous souhaiter pour la future année 2021 ? Comment faire la fête si elle nous apparait comme devant être aussi désastreuse que 2020 ? » Je vous ai planté dimanche dernier avec la promesse de répondre à cette question, et j’avoue avoir négligé cet engagement au profit d’autres évènements plus urgents. Mais je dois y revenir et j’y reviens maintenant.

 

Nous retrouvons Pauline et Julien (alias Mimine et Choupinet) déjà rencontrés samedi dernier alors qu’ils préparaient leur réveillon de Noël en philosophant sur le meilleur moyen de faire la fête. Nous les retrouverons le lendemain matin alors que Pauline se réveille le crâne un peu douloureux.

- Ohlàlà… La cuite ! J’ai un crâne trop petit pour ce qu’il y a dedans : tu crois que j’aurais pris la grosse tête pendant la nuit ?

- … (Pour toute réponse, Julien ronfle bruyamment)

- Et ! Choupinet je te parle ! Réveille-toi !

(Secoué avec force, Julien se retourne, ouvre un œil émet plusieurs borborygmes avant de parler)

- Mufff… Qu’est-ce qu’il y a Mimine ?

- Il y a que j’ai la migraine et que dans mon cœur ça ne va pas. Il faut que tu me consoles.

- Te consoler de quoi ma Mimine ? Est-ce qu’hier soir on n’a pas fait la fête attendue ? Va compter les bouteilles sous la table du salon : tu verras qu’on a fait ce qu’il fallait pour débrider nos instincts. « Quand tu n’as plus été chatte et que tu es devenue chienne, et qu’à l’appel du loup tu as brisé tes chaînes »… la fête a été complète.

(Comme on le voit Julien reste fan de Johnny Hallyday ; mais ça ne déride pas Pauline qui a le cœur au bord des larmes)

- Mais tout ça c’était hier, et pas aujourd’hui. Nos élans, nos amours, ils n’ont duré qu’un instant. Maintenant nous retrouvons les inquiétudes et les soucis d’hier, d’avant-hier et d’avant-avant-hier – et je me réveille certaine que demain sera comme hier. Notre rêve a été réel juste un instant. La réalité, la vraie, elle, elle dure. 

- Mais de quoi tu parles, Mimine ? Tiens, touche là ; allez n’hésite pas, mets ta petite main sous les draps. Là, voilà ! Tu sens la réalité comme elle est dure ?

(On a compris que Julien après avoir célébré le souvenir de Johnny, se trouve dans d’heureuses dispositions. Mais cela ne déride toujours pas sa chérie)

- Ça va bien Julien ! Tu crois qu’avec ça, demain nous ne serons plus confinés, plus en télé travail avec la gamine sur le dos qu’il faut faire jouer et sortir au parc parce que l’école est fermée ? Et l’argent ? Tu penses que notre Livret A il va durer jusqu’à quand ?

- Ah, Mimine, arrête de faire ta Cassandre ! Écoute ça : « Le pire n’est pas certain, il n’est que probable » : tu sais où j’ai trouvé ça ? Sur Internet où il y un blog formidable (1). Et tu sais ce que ça veut dire ? Que le 1er janvier ce sera un jour nouveau, que nous aurons sûrement un nouveau vaccin, que dans un mois nous serons délivrés du covid et que, du coup, nous pourrons revivre comme avant.

- Oui, nous aurons tout ça… ou pas. Et puis fais-moi rêver, veux-tu? Raconte-moi que nous allons échanger nos vies : toi tu te lèverais la nuit quand la petite a fait un cauchemar, tu passerais la serpillère avant de partir au travail et tu reviendrais à toute vitesse pour arriver à temps à la crèche. Hein, ça te dit comme année 2021 radieuse ?

Ah : j’oubliais. Tu aurais tes ragnagnas chaque mois.

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(1) Il s’agit du « Point-du-jour », à lire ici.

vendredi 9 février 2018

RECUL DE LA BOURSE DE NEW-YORK SUITE À LA HAUSSE DES SALAIRES ET DES OFFRES D’EMPLOI.

Quiconque lirait sans y avoir été préparé ce titre sursauterait violemment : « Voilà bien, dira-t-on, le capitalisme monstre froid et inhumain ! Le capitalisme où les riches prospèrent en suçant la moelle des pauvres ! »
Nous, au Point-du-jour, on n’est pas comme cela : avant de nous indigner, nous voulons comprendre.
D’abord, si les salaires augmentent, c’est en raison d’un relatif déséquilibre entre l’offre d’emploi (en forte hausse) et les salaires (encore relativement bas). C’est la pénurie de main-d’œuvre qui fait mécaniquement augmenter les salaires : quoi de plus normal ?
Ensuite, l’auteur de l’article explique : « les salariés vont avoir un pouvoir de négociation renforcé et s’attribuer ainsi une part plus importante de la valeur ajoutée américaine, d’autant que la baisse de l’immigration légale et illégale constatée aux Etats-Unis devrait accentuer le manque de main-d’œuvre. » (Lire ici). Plus d’argent pour les travailleurs ça veut dire moins d’argent pour les actionnaires : les mêmes qui imposaient leur loi quand ils étaient en position de force par rapport aux travailleurs, gémissent à présent et trainent de l’aile comme de pauvres pioupious blessés…
J’en pleure … de rage et je dis tricheurs ! Et pourquoi donc ? Parce que là, nous avons affaire à une réaction humaine, celle qui nous montre quel est le cœur qui bat dans la poitrine de nos capitalistes, cœur non pas de pierre comme on le croit généralement, mais pétri d’amour du profit.

Où va l’histoire ? Cette question que depuis la disparition des derniers marxistes on croyait avoir mise à la poubelle renait de ses cendres. Car alors que le capitalisme dans sa version financière paraissait triomphant, voilà que les travailleurs reviennent en masse, troublent Wall Street et vont jusqu’à se remettre à s’agiter là, tout près de nous, dans ce pays de cocagne que nos patrons ne cessent de brandir comme modèle indépassable, je veux dire l’Allemagne !
« Les ouvriers de la sidérurgie allemande viennent de décrocher un accord limitant le temps de travail à … 28 heures pas semaine ! » Alors qu’on nous serine depuis des lustres que le péché originel de la France socialiste a été de créer la semaine de 35 heures !
Chaque époque a les devins qu’elle mérite : écoutez ce que disent les cassandres de Wall Street :
« La machine économique s’emballe, vendez tout, retirez votre argent des affaires où elles prospéraient jusqu’ici et achetez n’importe quoi, de l’or, des devises, des immeubles ou des terre arables en Afrique ce que vous voudrez du moment que le travail humain n’a pas besoin de s’y investir. »

Telle est la loi d’airain du capitalisme : il faut vite réimprimer Das kapital.