dimanche 3 mai 2026

Panne d'essence– Chronique du 4 mai

Bonjour-bonjour

 

On sent monter l’odeur nauséabonde du racisme et l’affirmation de la suprématie de la « race blanche ». Au cœur de ces propos gît la certitude que chaque « espèce » est apparue dans la nature telle que nous la voyons aujourd’hui avec ses caractéristiques physiologique et ses prétendues qualités intrinsèques. Il y a l’homme et il y a l’animal – et entre les deux, rien du tout.

Ces propos supposent donc qu’il existe une limite très étroite mais aussi très étanche qui sépare les espèces et les genres. Ce qu’on va vérifier avec la question supposée embarrasser ceux qui refusent cette distinction, à savoir la question de la priorité de la poule et de l’œuf : qu’est-ce donc qui vient en premier ? Si c’est la poule d’où sort-elle puisque l’œuf n’existait pas lors de son apparition ? Si c’est l’œuf, qui donc la pondu ?

 


Des scientifiques ont accepté de formuler clairement le processus :

1 – Un ancêtre proche de la poule, mais génétiquement distinct, pond un œuf.

2 – Une mutation apparaît dans cet œuf.

3 – L'individu qui en naît présente pour la première fois les caractéristiques de la poule actuelle.

4 – Cet individu se reproduit, et la lignée se perpétue.

La poule n'a pas inventé l'œuf. Elle l'a hérité d'une longue lignée évolutive.

Plus encore : « L'évolution fonctionne par transformations progressives. Entre l'ancêtre sauvage et la poule d'aujourd'hui, des dizaines de générations successives ont modifié le patrimoine génétique, sans qu'aucune « première poule » soit apparue comme par magie » (Lu ici

 

- Retenons la formule essentielle : il n’y a eu aucune « première poule ». Idem pour l’homme : où passe la limite entre l’homme et l’animal ? Cherchons les restes du 1er homme, l’Adam fondamental. On ne trouvera pas, parce qu’il n’existe pas. Il existe des intermédiaires entre l’homme actuel et les primates actuels, mais on les désigne par le terme d’Hominines, groupe qui réunit toutes les espèces qui ont concouru à l’évolution vers l’espèce humaine.

Au hasard de l’évolution il aurait pu se faire que l’une ou l’autre de ces sous-espèces donne naissance à un Adam fondateur de la lignée humaine. L’homo sapiens n’est autre que celui qui, au sein de cette famille a supplanté ses concurrents.

Et tant pis pour les philosophes qui veulent à tout prix découvrir des essences immuables.

samedi 2 mai 2026

Teuffeurs, faites la « Boum » ! – Chronique du 2 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

On reste sans voix devant l’insouciance des « teuffeurs » qui dansent sur un terrain militaire non déminé, consentant tour juste à s’écarter pour permettre aux démineurs de neutraliser un obus abandonné lors des dernières manœuvres. (Lu ici)

Et combien qui restent actifs dans les environs ?

 


N’avons-nous pas là une occasion de réunir le symbole et la réalité ? Car la fête est bien le symbole du débordement, lorsque la vie envahit de son énergie ces moments où les humains, rejetant toute rationalité abandonnent la notion de limite, pour se jeter dans l’inconnu. Pour ces free-party la liberté de faire exploser les limites du corps laisse dans l’ombre celle de désobéir aux lois.

– « Se jeter dans l’inconnu » avons-nous dit et non « explorer », notez-le bien. Car dans la réalité, le fêtard prend tous les risques. Il est vrai que des munitions non explosées gisent là où les pieds des danseurs frappent le sol : et alors ? La fête implique justement cette joyeuse acceptation de la gerbe d’étincelles dans laquelle on partirait vers un autre monde ; un monde où nulle limite ne viendrait faire obstacle à l’élan vital, où la raison et ses raisonnements ne trouverait aucune prise pour bloquer les pulsions.

Toutefois, il ne faudrait pas trop en faire avec un romantisme révolutionnaire au parfum des années 68 : les héros romantiques sont des solitaires. Ici on attend 40.000 participants en début de soirée, selon un collectif de soutien aux fêtes techno.

vendredi 1 mai 2026

Au viol ! – Chronique du 2 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

Hier 1er mai le 1er ministre a décroché son téléphone rien que pour aviser un boulanger qui avait contrevenu à la loi sur le chômage férié obligatoire qu’il n’aurait pas à payer l’amende, autrement dit qu’on pouvait violer cette loi sans aucune sanction.

Qu’est-ce donc qu’une loi à laquelle on peut désobéir sans aucune sanction ? Une loi a-t-elle un sens dans ces conditions ?

C’est Durkheim qui a le mieux défini le rôle de la sanction dans l’organisation sociale d’un pays : sans elle, personne ne remarquerait l’existence des lois, qui pourtant sont indispensables pour maintenir la structure sociale. Il n’y a de respect des lois que parce qu’il y a punition pour des délits – les quels manifestent l’obligation qui nous est faite de respecter l’ordre établi.

C’est d’ailleurs les privilèges exemptant les aristocrates des punitions encourues par le vil peuple qui a secoué le plus fort l’ordre ancien : ou tout le monde est soumis aux mêmes obligations, ou bien ce n’est personne.

Oui, avoir le droit de faire ce qui est interdit aux autres, voilà bien un privilège exorbitant. S’il scandalise à ce point peut-être est-ce en raison de son aspect formel : pas besoin d’avoir un yacht de 70 mètres de long à amarrer à Monaco ; un simple ; bout de papier comme passe-droit suffit. Et pour posséder ça, la volonté d’un maitre absolu suffit. 

C’est ce que monsieur Lecornu a manifesté hier en décrochant son téléphone.

jeudi 30 avril 2026

Une victoire à la Pyrrhus – Chronique du 1er mai

Bonjour-bonjour

 

Une victoire à la Pyrrhus, vous savez ce que c’est ? Non ? Qu’est-ce que vous faisiez pendant les cours d’histoire, bande de cancres ! Voilà maintenant que vous êtes décontenancé par la guerre des USA contre l’Iran, et vous vous demandez ce qui va sortir de cet étrange affrontement ? Si vous aviez été plus attentifs au collège, vous le sauriez, car vous auriez entendu parler des guerres qui ont déchiré la péninsule romaine vers 280 av. J-C entre Pyrrhus le roi d’Épire et les romains. 

- Durant cet affrontement et bien qu’ayant vaincu ses adversaire, Pyrrhus déclara : « Encore une victoire comme celle-là et nous serons complètement défaits. » On conserva le souvenir de cette victoire sous le nom de « Victoire à la Pyrrhus », qui est une victoire obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu'elle équivaut quasiment à une défaite. Une telle victoire annule tout sentiment de succès et compromet la situation à long terme du vainqueur. (Lire ici)

Eh bien voilà justement le sentiment que nous laisse la guerre que mènent les Américains contre les Iraniens : leur supériorité écrasante peut leur donner une victoire sans contestation sur le terrain, mais à quel prix ? S’ils doivent pour cela effondrer les marchés, ruiner les installations pétrolières de leurs alliés – et dont ils dépendent – à quoi leur servira d’avoir réduit en cendres leurs ennemis ? Car une victoire, c’est quand même quelque chose dont on tire profit : quel profit tirer d’un monde qu’il a fallu ruiner pour le dominer ?

Durant la guerre froide, on utilisait une autre métaphore pour décrire la situation des Occidentaux face aux soviétiques : comparés à deux prisonniers qui possèdent chacun une grenade à la main, mais qui sont enfermés dans une cellule de 9 mètres carrés.

- Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?

mercredi 29 avril 2026

La santé par le travail – Chronique du 30 avril

[Pour la fête du travail, Le point du jour offre à ses lecteurs une mise à niveau gratuite des méthodes qui permettent d’éviter les problèmes ostéo-musculaires liés à la posture au travail.]

Poste de travail informatisé - Prévenir les problèmes de santé reliés au travail

Pour bien régler et bien aménager son poste de travail informatisé.

« Fiche du ministère du travail de la santé de Montréal »

 

- Messieurs les managers, si vous avez une jeune collaboratrice qui débute – ou mieux : une stagiaire – aidez-la à prendre une bonne position devant son ordinateur.

 


 

1 – Passez votre main pour vérifier que sa cuisse soit bien parallèle au sol

2 – Prenez son pied et posez le bien à plat sur le sol

3 – Assurez-vous que votre main passe aisément derrière son genou.

4 – Vérifiez que le bas de son dos est bien appuyé contre le dossier de sa chaise. Au besoin appuyez lui sur le ventre pour améliorer sa position

5 – Prenez ses avant-bras et posez-les correctement sur le bureau

6 – Faites la même chose avec ses coudes.

7 – Idem avec ses poignets.

8 – Mettez votre visage contre le sien pour vous assurer que ses yeux soient à la bonne distance de l’écran.

mardi 28 avril 2026

Amérique : la chasse est ouverte – Chronique du 29 avril

Bonjour-bonjour

 

C’est avec un peu d’étonnement qu’on observe le flegme avec lequel les américains ont accueilli la nouvelle qu’un des leurs a subitement pris son fusil pour aller à Washington tuer le président Trump.

Comme si le message était : « Il ne sert à rien de discuter avec un tel homme. Prenons notre 6-coups »

Dans le même temps le Président américain apparait comme un lapin dans la lunette

d’un fusil

 

 

Président Donald Trump

 

Depuis Hannah Arendt, la banalité s’est fait une place dans la réflexion politique. Là où l’analyse est superflue, comme de comprendre les mécanismes tout simples qui ont permis à la shoah d’exister, renoncer à échafauder des analyses compliquées est une façon de dégager des évidences qu’on s’évertue pourtant à ne pas voir. C’est exactement comme cela que le citoyen, lassé de protester sans être entendu, prend son arme et descend dans la rue.

-->En réalité, c’est le fait qu’on ne s’étonne plus que le Président soit la cible de tireurs pourtant parfaitement intégrés dans la société, comme Cole Tomas le terroriste qui a voulu récemment supprimer Donald Trump qui devrait nous étonner : que cela arrive chez nous et on verra bien la sidération s’emparer des esprits.

Là où le débat démocratique n’aboutit pas sur une alternance au pouvoir, alors c’est la violence qui prend sa place. On alternera toujours, mais pas en suivant la même méthode.

lundi 27 avril 2026

Élu au premier regard – Chronique du 28 avril

Bonjour-bonjour

 

Voici venue la période où la vie politique française s’emballe et fonce tête baissée vers le mur des élections présidentielles : encore un an à attendre ! L’opinion publique tourne sur elle-même comme un taureau dans l’arène ne sachant qui élever aux nues, et qui précipiter dans l’enfer de l’oubli. En tout cas l’expérience passée montre que celui qui arrive en tête des sondages un an à l’avance est assuré de ne pas être élus.

 

Ne pourrait-on pas utiliser les sciences de l’opinion actuelles pour éviter cette période d’incertitude ?

Voyez par exemple cette émission de télé-réalité intitulée « Marié au premier regard ».

Le thème de l’émission est le suivant : « Dans Mariés au premier regard, les candidats se rencontrent le jour de leur mariage, avec l'assurance de deux experts qu'ils seront parfaitement compatibles avec leur moitié selon les résultats des tests qu'ils ont eu à passer. » (Voir ici)

Supposons un instant que ça marche : pourquoi ne pas appliquer ce principe aux élections françaises ? Il suffirait de réaliser des sondages assez perfectionnés portant à la fois sur les attentes des électeurs et sur les capacités des candidats. On ferait coïncider les deux listes et on déclarerait élu le candidat le mieux placé eu égard aux demandes des citoyens. Plus d’élections, qui d’ailleurs ne font la plupart du temps que confirmer les statistiques.

 

L’idée n’est pas nouvelle ; elle a toujours été repoussée comme indigne d’une démocratie où le vote est un engagement du citoyen à soutenir l’action des hommes qu’il a choisis. Au vu des résultats des élections (en particulier s’agissant des législatives) on se dit qu’une pareille solennité ne garantit vraiment rien.

Et puis, que risque-t-on ? Quand on voit ce que la démocratie a apporté aux américains qui ont choisi Donald Trump, on se dit qu’un peu de science n’aurait peut-être pas fait de mal.