vendredi 19 juin 2026

Marche à l’ombre ! – Chronique du 20 juin

 Bonjour-bonjour

 

40° à l’ombre ; toute une nuit à picoler en dansant frénétiquement : c’est ce qui vous attend demain, jour de la fête de la musique. Tiendrez-vous le coup ?

 


 

On sait que dans certaines villes les maires, se jugeant plus sages que leurs administrés ont carrément retiré à certaines manifestations leur autorisation. 

--> Ailleurs on s’est contenté de rappeler les mesures de prudence : 

- Restez au frais (chez vous ou dans un lieu rafraîchi)

- Buvez de l'eau, sans attendre d'avoir soif. Évitez la consommation d’alcool

- Rafraîchissez-vous le corps plusieurs fois par jour (douche, brumisateurs, etc.)

- Fermez les volets et fenêtres le jour, aérez la nui   

-Privilégiez les activités douces et sans effort

- Prenez des nouvelles de vos proches et des plus fragiles et/ou isolés

- Témoin d’une personne victime d'un malaise ? Appelez le 15 ou le 18 (Lu ici)

Après cela, direz-vous encore que le Gouvernement ne fait rien pour protéger les citoyens ? Qu’il n’a pas su anticiper ? A moins que vous lui reprochiez de se considérer comme ces parents revêches qui envoient leurs enfants au lit « de bonne heure », comme le petit Marcel de la Recherche ?

 

A côté de cela il y a ceux qui vous diront : « Voyez plutôt ce qui se passe au Carnaval de Rio. Dans la chaleur de la ville voilà des gens qui dansent toute la nuit tout en buvant des boissons fortes, genre punch. Croyez-vous qu’ils tombent par terre au petit matin ? Sûrement pas, et ils sont faits comme nous. »

Mes amis, ayez confiance dans la Nature : elle vous a fait comme des gens qui doivent pouvoir faire le fête quelle que soit la température extérieure. Certains protesteront : nous, serions les héritiers de lointaines générations vivant à l’ère glaciaire et qui dansaient autour de leurs menhirs – rien à voir avec le climat actuel. Mais notre héritage génétique remonte à bien plus loin – à une époque où on avait des chaleurs fortes, tout en bougeant frénétiquement au son des tambours.

jeudi 18 juin 2026

La diplomatie du spectacle – Chronique du 19 juin

Bonjour-bonjour

 

« Donald Trump a pris tout le monde de court. Il a signé dès mercredi soir, en plein dîner à Versailles, le protocole de paix avec l’Iran dans lequel Téhéran s’engage à rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz. Dans la foulée, le président iranien l’a également signé à distance. De quoi faire plaisir à l’Élysée. » (Lu ici)

 


- Vous avez vu ? Le protocole de paix avec l’Iran signé par Donald Trump à Versailles l’a été sur un coin de table, probablement entre la poire et le fromage. Après avoir chassé les miettes de pain du repas on met sur la table le document et Trump dégaine l’un de ses stylos « spécial-signature » et appose son paraphe alors qu’il est seul, sans la présence du chef de la diplomatie iranienne.

Et c’est ça qu’on considère comme un glorieux succès de la diplomatie française ? Mais que vaut une signature délivrée dans de telles conditions ? Sans être formaliste, on peut regretter l’absence de rigueur dans le protocole, laissant croire que cet acte hautement symbolique ait été décidé de façon impromptue, comme par fantaisie : « Tiens ! Et si je signais maintenant la paix avec l’Iran ? Ça ferait probablement le buzz – et ça serait bien pour moi ».

C’est que la diplomatie qui est habituée aux secrets des salles de réunions bien closes, fonctionne aujourd’hui avec toutes les portes ouvertes ; avec en outre des amplificateurs pour qu’on entende bien ce que les négociateurs sont censés se murmurer à l’oreille. Il faut avouer que la clarté des débats n’y gagne rien, mais ça a le mérite de mobiliser l’attention du public et – on l’espère – de gagner quelque points de satisfaction dans les sondages. 

Car voilà la vérité : si Trump était assuré de gagner les « midterms » en bradant la bombe à l’Iran, il le ferait.

mercredi 17 juin 2026

Ah !... Le progrès ! – Chronique du 18 juin

Bonjour-bonjour

 

Ah !... Le progrès ! Qui donc n’a pas rêvé d’un monde où plus rien ne serait comme avant, où les voitures voleraient et les téléphones équipés d’un écran, permettraient de voir son interlocuteur. 

- Oui, mais tout ça, c’était avant – dans les années 50-60 quand on imaginait que l’an 2000 serait l’occasion de nouveautés technologiques saisissantes. – Et puis nous voilà en 2026 : certaines de ces nouveautés sont apparues et puis on les a laissées tomber, par désintérêt. Ainsi des images en 3D ; et même dans une certaine mesure du téléphone avec vision existent, certes, mais restent tout à fait facultatif.

On est même revenu sur certaines innovations, délaissant au passage les progrès réalisés ; c’est comme cela qu’on assiste à la réapparition des microsillons, chargés de la nostalgie des 45t de nos ancêtres.

Une autre preuve du rôle joué par cette nostalgie : voici qu’une marque automobile réputée pour son excellence technologique, je veux parler de Porsche, a eu l’idée d’installer un simulateur de boite de vitesse mécanique sur son dernier modèle électrique. Voyez plutôt : « En alternative au mode automatique, les conducteurs peuvent passer d’un rapport virtuel à l’autre à l’aide des palettes du volant sport GT. Les changements de vitesse sont simulés de manière très réaliste : des à-coups perceptibles, un couple de traînée spécifique à chaque rapport – comparable au frein moteur d’un véhicule thermique. » Dans le même temps, « Le son intérieur et extérieur du Porsche Electric Sport Sound s’adapte à la situation de conduite en fonction de la charge et du régime moteur » (Lu ici)

Quiconque a eu l’occasion de voyager dans une voiture électrique a pu apprécier le silence dans l’habitacle, le confort d’une voiture qui accélère sans accoups et la sensation de glissement dans l’espace. Hé bien c’est tout cela qui est supprimé par un renfort technologique qui recrée le bruit, les vibrations et les secousses à l’accélération. Ne vous moquez pas : vous même vous acceptez bien de retrouver les craquements et la bande passante limitée de vos antiques microsillons tout-juste sortis des usines où on les réanime après les avoir détruits autrefois.

On le devine : tout cela nous parle de notre nostalgie, de notre attachement au passé de nos grand-mères. L’odeur de leurs confitures mijotant sur le coin de la cuisinière s’est dissipée, mais on veut la retrouver, même s’il faut, abandonnant la plaque à induction, casser du bois pour la cuisson. 

 

 

Bizarre ? Oui, mais on est fait comme ça.

mardi 16 juin 2026

Quel est l’organe du consentement ? – Chronique du 17 juin

Bonjour-bonjour

 

L’affaire Patrick Bruel oppose très classiquement des femmes qui accusent le chanteur de les avoir violées – et lui qui rétorque qu’elles étaient consentantes. On a fait des tonnes de commentaires sur le sujet du consentement et je ne me risquerai pas à en rajouter. Pourtant, il existe encore un doute : celui d’un retournement de l’appréhension de la situation : est-il possible que dans certains cas un consentement authentique disparaisse et que ne reste que la situation d’un rapport finalement désagréable ?

Le chanteur Dave l’affirme : il a connu des femmes qui lui ont dit ne plus avoir du tout le souvenir d’avoir consenti à l’acte sexuel auquel elles semblaient pourtant avoir été consentantes. Dave ajoute : « Ça m’est arrivé une fois de me trouver dans le lit avec une fille qui avait des phénomènes très clairs qu’ont les femmes quand elles sont excitées, et qui me disait ‘Oui mais ce n’est pas ma tête qui a envie’. » (Lu ici)

Les amateurs de chanson d’autre fois se rappelleront "la servante du grand café" qui refuse les avances d’un jeune Bidasse après lui avoir – du moins le croit-il – répondu favorablement : « Mais les femmes, ça n'a pas d'raison / Quand ça dit oui, ça veut dire non. »

Cette dissociation entre le désir et la raison, pourrait-elle expliquer ce sentiment de viol a posteriori ? Voilà en tout cas une question qui peut interpeller le philosophe (ainsi que le psychologue). Comme je l’ai dit plus haut les débats sur le consentement ont à peu près épuisé la question. Reste à imaginer une situation où la jeune femme qui répond à Dave « ce n’est pas ma tête qui a envie » serait sincère : est-ce que cela changerait quoique ce soit au jugement final ?

lundi 15 juin 2026

De la guerre sainte – Chronique du 16 juin

Bonjour-bonjour

 

La sainteté de la guerre est peut-être toujours présente au fond des conflits qui ensanglantent notre époque : les ukrainiens font-ils autre chose que sauver leur patrie des prétentions russes à l’annihiler en l’intégrant à la Russie ?

Pour évoquer ce sujet on peut provisoirement prendre un peu de champ. Et réfléchir au mal dont la destruction est la justification finale des combattants. Autrement dit, faire la guerre c’est se livrer à un malicide.

- « Malicide » : Un mot nouveau pour justifier la guerre et le meurtre. Signifiant le fait d’« ôter la vie d'un méchant » et plus particulièrement d’un hérétique, il nous découvre un domaine où le Bien et le Mal sont les seuls déterminants des rapports humains. Entendez que le respect de la personne humaine, son inviolabilité, sont subordonnés à la valeur que lui attribue ou lui refuse un système de valeurs enraciné dans une croyance religieuse - ce qui nous ramène à la guerre sainte.

C’est ainsi que Saint Bernard rassure les Templiers, ces croisés permanents : s’ils sont tués au combat, ils gagnent le Paradis car ils meurent pour Dieu ; lorsqu’ils tuent en combattant l’infidèle, ils n’encourent aucun risque pour le salut de leur âme car, ce faisant, ils ne commettent pas un homicide, mais un « malicide ». Pour Dieu l’homme n’a de valeur que dans la mesure où il accepte la mission qui lui est assignée, à savoir chanter Sa gloire. Dès qu’il en déroge, alors Dieu, c'est à dire les hommes missionnés pour œuvrer à sa place, peuvent le supprimer.

Dès qu’on veut sanctifier la guerre il faut donc deux choses :

- des valeurs fondées dans l’absolu ;

- des hommes missionnés pour châtier ceux qui ne les respectent pas

Pour qu’une telle situation soit acquise, il faut donc donner congé aux valeurs humanistes qui accordent cette universalité à l’être humain entendu dans sa plus grande extension, et accepter que les valeurs soient fondées sur une source extérieure à l’humanité, comme l’est un Dieu transcendant qui est, par nature, en dehors d'elle.

dimanche 14 juin 2026

Le droit à la haine – Chronique du 15 juin (2)

 

N.B. Un autre post est publié ce jour – voir ci-après

 

 

Bonjour-bonjour

 

 

Je publiai récemment (ici) un texte consacré à « la prière du para » qui demande à Dieu des ennemis à détruire. Je voyais en cette prière un signe fort abstrait du goût pour la violence et le massacre mutuel des hommes.

Or voici que l’actualité met au premier plan un exemple beaucoup plus concret en la personne d'un nouveau partisan de l’extrême-droite italienne, le général Roberto Vannacci, 57 ans, qui vient de fonder son mouvement à la droite de la Ligue du Nord. 

 


L’ex-général Roberto Vannacci, 

 

Dans un essai raciste et homophobe, Roberto Vannacci s’insurge contre « les règles douteuses d’inclusion et de tolérance imposées par les minorités », et il revendique « le droit à la haine ».

L’époque qui a porté Donald Trump au pouvoir nous a habitués à entendre n’importe quoi. Mais le droit à la haine, ça c’est quand même nouveau.

On ne se laissera pas distraire par les interrogations que soulève un tel droit : on admettra qu’il s’agit d’abord d’une tolérance qui est argumentée par un refus d’admettre dans la société – voire même dans le genre humains – des communautés telle qu’en forment par exemple les gays. - Ou les juifs ce dont on aurait un exemple historique avec l’antisémitisme nazi.

On le voit : le pire n’est pas la haine, mais les raisons par lesquelles on la justifie. Car l’amoureux trahi peut bien haïr la femme qui l’a trompé et refuser de lui pardonner. C’est un fait d’ordre purement privé et on le laissera ruminer sa vengeance : cela ne nous concerne pas. En revanche s’il trouve là une raison pour condamner toutes les femmes comme étant des êtres inférieurs dans l’espèce humaine, là il y a danger de décivilisation (au sens macronien du terme).

On ne peut pas aimer tout le monde, dit la sagesse populaire : ce serait de toute façon une utopie. Mais donner une place à la haine, si peu que ce soit, et c’est le fameux « vivre ensemble » qui se trouve ruiné.

En Suisse, une votation anti-immigration – Chronique du 15 juin (1)

Bonjour-bonjour

 

En Suisse comme ailleurs, l’interdiction des migrants est une obsession de l’extrême-droite à ceci près qu’ici ça passe par des votations qui reviennent régulièrement pour obtenir des lois restrictives.

 


Affiche de l’UDC en faveur de la votation limitant le chiffre de la population suisse. A noter le mouton blanc, symbole des suisses « de souche ».

  

Le projet qui a été rejeté hier stipulait que la population suisse ne devrait pas dépasser les 10 millions, alors que la confédération compte aujourd’hui 9,1 millions d’habitants. Si le seuil des 10 millions avait été dépassé, la Suisse aurait dû non seulement fermer ses frontières à de nouveaux migrants mais aussi dénoncer l'accord de libre circulation avec l'UE dans les deux ans, et d'autres accords bilatéraux portant sur l'asile et la sécurité. (Lire ici)

 

- Je n’épiloguerai pas sur ce que ce résultat nous dit de l’état de l’opinion en Suisse, mais je réfléchirai plutôt au procédé utilisé par l’UDC, le parti d’extrême droite suisse, pour obtenir ce résultat – à savoir geler le chiffre de la population pratiquement au niveau actuel. 

La plupart des pays qui cherchent à empêcher la migration sur leur sol se dotent de lois restrictives, de garde-frontières, voire de murs. Ici, rien de tout cela : c’est de l’intérieur que cet obstacle est érigé – obstacle qui met en cause le peuple lui-même : « Attention lui dit-on à ne pas proliférer d’avantage. » Car peu importe comment le chiffre fatidique de 10 millions serait dépassé : par un apport extérieur ou – pourquoi pas ? – par une fécondité retrouvée : ce serait également interdit. On imagine comment la Suisse réagirait dans ce cas, à supposer que les circonstances se présentent, par des amendes, ou à la chinoise avec des sanctions allant jusqu’à priver de toute ressource les familles trop nombreuses ?

Par-delà ces rêveries, la vérité est quand même que l’interdiction de la migration aurait un coût financier et que ce serait au peuple suisse de le payer.