vendredi 26 juin 2026

Le proverbe chinois du jour – Chronique du 27 juin

Bonjour-bonjour

 

Je dois vous l’avouer, chers amis, ce matin je suis en panne. Oui, en panne d’idées, rien ne m’inspire dans les news du jour, ni la guerre, ni les histoires de canicule, ni les découvertes scientifiques extraordinaires.

Quoique… Il y a bien cette constatation confirmée par de nouvelles recherches paléontologiques, selon lesquelles les chercheurs n'ont encore jamais trouvé d'exemple confirmé d'individu néandertalien ayant un ancêtre sapiens dans son arbre généalogique. Bigre ! Aucune madame Néanderthal n’aurait donc convolé avec un monsieur de l’autre espèce ? Sentait-il mauvais ? Ou plutôt comme le pense Carles Lalueza-Fox, directeur du Natural Sciences Museum de Barcelone « ce biais manifeste reflète probablement un modèle d'acceptation sociale différenciée chez les Néandertaliens. En bref, les premiers humains modernes étaient capables d'accepter des enfants issus de croisements avec des Néandertaliens, mais pas l'inverse, pour une raison ou une autre ». (Lu ici)

J’allais me lancer dans une histoire fantastique d’une jeune fille néandertalienne rentrant à la Grotte familiale après une nuit de folie avec un voisin Cro-Magnon contrainte de détruire le fruit de leur étreinte. Quel drame romantique préhistorique ! Quels discours sur la pureté de la race à imaginer !

Et puis patatras ! J’apprends qu’une curiosité génétique propre aux néanderthaliens rendrait de toute façon infructueuse l’étreinte entre une Neanderthal et un Sapiens.

… Que me reste-t-il pour vous remercier d’avoir suivi jusqu’au bout l’historiez de mes périgrinations infructueuses ?

Recevoir en partage le proverbe chinois du jour :

L'argent

- Il peut acheter une maison / Mais pas un foyer

- Il peut acheter un lit / Mais pas le sommeil

- Il peut acheter une horloge / Mais pas le temps

- Il peut acheter un livre / Mais pas la connaissance

- Il peut acheter une position / Mais pas le respect

- Il peut payer le médecin / Mais pas la santé

- Il peut acheter du sang / Mais pas la vie

- Il peut acheter du sexe / Mais pas l'amour

 

C’est vrai que si vous avez chez vous un stock de banalités dont vous ne savez que faire, présentez-le comme proverbe chinois ça partira tout de suite.

... Mais c'est mieux que rien.

jeudi 25 juin 2026

On peut plus rigoler…. – Chronique du 26 juin

Bonjour-bonjour

 

C’est avec ce dessin placé en une de Charlie Hebdo que l’Hebdomadaire satirique a salué la mort de la mère de Didier Deschamps, soulevant ainsi une vague d’indignation :

 

 

 

On se dit que, si pour réfléchir sur la valeur de l’humour il faut prendre des cas-limites, alors on ne trouvera pas mieux. Donc : faut-il s’indigner ?

- Déjà, voyons ce que les amateurs ont trouvé à dire pour la défense : « Ce dessin n'a pas pour but d'être drôle. Un journal satirique a le droit de publier un dessin qui choque, c'est son but. Le deuil et la liberté de caricaturer ne sont pas incompatibles. Vous insultez encore la DDHC /*Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen/ Je suis Charlie ! » (Un internaute - Publié ici)

L’avantage de cette intervention c’est de déblayer le terrain : finie la justification par le rire. 

--> Non, la satire n’a pas besoin d’être drôle, dès lors qu’elle répond à une liberté revendiquée au nom de la Déclaration des droits de l’homme – la liberté en question étant de caricaturer le deuil.

 Le but de la satire serait donc de choquer et non de faire rire ?

C’est un peu court. On sait que la satire consiste à se moquer des personnages remarqués pour leur importance, pour une attitude, un vice, en les tournant en ridicule.

Donc si satire il y a c’est que la critique est admissible en la circonstance. Certains le refuseront en soulignant le fait que le deuil n’a rien qu’on puisse ridiculiser. Sauf à admettre que ce deuil n’est en réalité qu’un évènement dont le sens est pris dans le contexte de l’idolâtrie pour les joueurs de la Coupe du Monde de Football. 

- Il y aurait donc une justification à ce dessin : il ne s’agit pas de ridiculiser un fils terrassé par la mort  de sa maman, mais mais de montrer par l'importance démesurée accordée à cet évènement qu'il s'agit d'un chef adoré pour cette compétition dont on révèle ainsi la minuscule importance. 

Reste à savoir si le fait qu’on soit choqué puisse être mis au crédit du dessin : selon notre internaute, ce serait même une raison suffisante, s’agissant d’un but présenté comme prioritaire. Mais là, je ne peux pas suivre : vouloir choquer pour choquer, ça relève du comportement infantile de petit garçon qui dit des gros mots rien que pour choquer ses parents.

mercredi 24 juin 2026

L’ère du jetable – Chronique du 25 juin

Bonjour-bonjour

 

Parmi les dangers qui menacent notre environnement et donc aussi nous-mêmes, il en est un dont on a assez peu parlé mais qui a laissé derrière lui une très longue traînée de dévastation. Je veux parler du plastique dont les déchets sous forme de micro-parcelles envahissent tout, depuis les océans jusqu’à notre organisme, provoquant des troubles gravissimes : « Des études montrent qu’on retrouve ces plastiques dans nos poumons, notre foie, notre sang ou le lait maternel. Ils peuvent provoquer des inflammations, maladies du système reproducteur, fibroses, ou encore des problèmes neurologiques et reproductifs. » peut-on lire ici.


- Voilà donc encore une mutation dans nos habitudes exigée par les troubles dévastateurs provoqués par notre industrie : arriver à se passer du plastique.

Seulement voilà : penser qu’on va revenir vers le bois et le fer pour usiner les objets dont nous avons besoins dans la vie courante est une utopie : sauf à revivre dans une époque révolue depuis plusieurs siècles, c’est absolument inconcevable.

Alors, que faire ? On pourrait s’intéresser à cette coutume qui date de plusieurs décennies, je veux parler des objets jetables. Chaque semaine je mets à la poubelle le rasoir tout-plastique utilisé depuis quelques jours seulement. Est-il usé ? Non, sauf bien sûr les lames qui sont ici solidaires du manche au point qu’on ne puisse les changer sans avoir un nouvel objet.

 


 

Il suffirait donc de revenir une cinquantaine d’années en arrière, lorsque la mode du tout-jetable n’était pas née et qu’on devait réutiliser les objets mais aussi leurs emballages – je songe bien sûr à la consigne des bouteilles et des bocaux.

Sachant que les méfaits du plastique ne relèvent pas de sa fabrication mais de son recyclage, on comprend que trouver la solution de ce problème n’est pas insurmontable.

mardi 23 juin 2026

Culture : 1 / Nature : 0 – Chronique du 24 juin

Bonjour-bonjour

 

Une éclaircie d’optimisme dans ce monde de catastrophe : cet article intitulé : « La culture résout en années ce que l’évolution résout en générations ». Suit l’énumération des innovations technologiques qui permettent aux humains de résister aux catastrophes qui impactent l’humanité : « Le chauffage central supprime la pression de sélection liée au froid. Les lentilles de contact neutralisent le désavantage reproductif de la mauvaise vue. Les césariennes ont permis à des mères autrefois condamnées de survivre et d’avoir d’autres enfants ». Ce faisant, les innovations humaines suppriment la pression sélective qui aurait sélectionné certains gènes plutôt que d’autres.

Ce n’est pas une découverte. Sauf qu’à l’origine, avec le darwinisme social en particulier, la doctrine consistait à dire que la protection sociale des plus faibles risquait à terme d’affaiblir le groupe entier en permettant à des individus inaptes à la survie de se maintenir grâce aux protections sociales et de transmettre leurs gènes délétères aux générations suivantes. (Article Wikipédia)

Mais, au lieu de se lamenter en constatant que certaines faiblesses de notre génome sont maintenues dans l’espèce au lieu d’être éliminées, les auteurs posent d’abord la question centrale : « Qu’est-ce qui compte le plus pour l’avenir d’un individu — les gènes avec lesquels il naît, ou le pays dans lequel il vit ? ». Et de constater alors que si l’héritage culturel domine dans la survie des sociétés humaines, alors notre destin dépend de la force et de la capacité d’adaptation de nos institutions collectives — pas de nos gènes individuels.

L’optimisme affiché dans cet article repose donc sur la croyance en la capacité des sociétés à s’adapter aux possibilités offertes par l’évolution technologique.

Par exemple en maintenant en vie des vieux qui autrefois auraient laissé la place aux nouvelles générations qui de nos jours commencent à manquer de ressources.




lundi 22 juin 2026

On vous l’avait bien dit ! – Chronique du 23 juin

Bonjour-bonjour

 

Lu ce matin : « Nous allons énormément parler de climat cette semaine. Les températures redescendront la semaine prochaine et nous n'en parlerons plus. Arrivera la prochaine canicule et on dira à nouveau : 'Nous ne sommes pas prêts'. » (François Gemenne à France 24)

 

Oui, c’est dans notre nature : nous sommes passionnés par cet évènement, mais dès qu’il aura cessé, notre attention nous tournera vers d’autres évènements. Pourtant la question est sérieusement posée : que faire en attendant le retour de la canicule ?

Réponse de monsieur Gemenne : nous décarboner et nous équiper de climatiseurs.

Vous avez bien lu : ce sont ceux qui se trouvent à l’avant-poste de la lutte contre les effets du dérèglement climatique (Jean-Marc Jancovici en tête) qui nous le recommandent : pour lutter contre la chaleur, le mieux c’est la climatisation. 

--> Quand on connait les griefs habituels contre les climatiseurs, on est surpris. L’explication tient en trois points :

- D’abord, la consommation électrique est assurée par la production d’électricité des panneaux photovoltaïques qui lors des canicules fonctionnent à plein fournissant une électricité gratuite et surnuméraire.

- Ensuite les gaz fluorés nocifs pour le climats sont désormais interdits dans toute l’Europe

- Enfin (et là, écoutez bien) : les rejets locaux de chaleur en ville, notamment dans les zones très densément peuplées sont effectivement une nuisance persistante. Mais, selon François Gemenne, « comme nous vivons davantage à l'intérieur que dans la rue, il me semble que les bénéfices en termes de santé publique dépassent largement les inconvénients locaux. » (Art. cité)

 

Oui, vous avez bien lu : il s’agit d’un des auteurs du rapport du GIEC qui nous dit : « Acceptez d’augmenter la température du milieu environnant pour autant que ça n’a pas d’inconvénient pour les autres. »

Avouez que vous auriez bien tort de vous en priver ! Filez chez Darty vous équiper : je suis sûr qu’on va vous proposer des modèles de climatiseurs tout à fait mignons. Peut-être même qu’on en fait aussi pour votre terrasse pour accueillir vos amis pour un apéro brochettes ?



dimanche 21 juin 2026

L’effacement des traces – Chronique du 22 juin

Bonjour-bonjour

 

Définir ce qu’on entend par « liberté » comporte un risque : être trop étroit, comme ceux pour qui la liberté signifie pouvoir rouler en Ferrari tout au long de leur vie, ou trop large, comme lorsqu’on dit « On peut être libre tant qu’on ne nuit pas à la liberté des autres ».

- Une bonne définition de la liberté devrait comporter au moins des critères permettant de la situer dans le monde réel. Ainsi de la définition donnée hier sur France 5 par Gaspard Koenig : « Principe fondamental : « Tu as le droit de faire tout ce que tu peux défaire »

 

- Alors bien sûr, rien d’intuitif ici ; car de quoi parle-t-on quand on dit qu’il s’agit d’un principe « fondamental » ?  S’agit-il d’un principe d’ordre purement pragmatique – selon lequel une action libre serait en même temps maitrisée intellectuellement, comme de savoir remonter le moteur qu’on vient de démonter ? Ou bien de ce qui est permis, qui est d’ordre moral – auquel cas on aurait à penser aux conséquences de notre action ?

Dans ce second cas, l’irréversibilité entre dans le champ de la morale comme la limite à ne pas franchir : la maitrise de l’avenir est alors aussi une condition de nos actes. Comme le disait Hans Jonas, le principe de la vie morale est la responsabilité qu’on endosse par rapport à l’avenir. Agir moralement c’est savoir que nous sommes responsables des conséquences de nos actes. Ici on ajoute : parmi ces conséquences les seules que nous puissions accepter sont celles qui permettent d’effacer ce que nous avons fait.

Car voici le sens ultime de ce principe : nous devons rendre à la nature tout ce que nous avons reçu d’elle, dans un échange d’égal à égal. C’est là que le principe, catésien de maitrise de la nature sort du champ de la morale.

samedi 20 juin 2026

L’insupportable légèreté des valeurs – Chronique du 21 juin

 Bonjour-bonjour

 

On le sait depuis Nietzsche : le nihilisme est  l’achoppement sur le quel trébuche la vie morale des hommes : nous sommes établis en un lieu où nulle transcendance n’est possible, chaque action n’étant soutenue que par son absence d’engagement.

C’est ce que relève cet article intitulé « La pilule philosophique » dont le projet est de nous appeler à surveiller – et à guérir – une dérive pathologique liée à notre époque. 



Ainsi de cette pensée de Nietzsche qu’on désigne par la formule « le dernier des hommes » qui révèle que nous vivons dans un monde sans transcendance (Dieu est mort), qui délite tout fondement possible de la morale, raison pour laquelle nous appelons à réanimer de nouvelles transcendance, quitte à le faire avec des idoles dangereuses. Au pire – ou au mieux ? – sans aucune source, les objets que nous proposent ces pseudo-valeurs ne sont que feu de paille, l’idole du jour remplacée dès demain par une autre qui ne durera pas plus longtemps.

Et tout cela, Nietzche l’a très précisément décrit dans Ainsi parlait Zarathoustra : il s’agit des derniers des hommes.

« Nous avons inventé le bonheur, » – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’oeil.

Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur. On aime encore son voisin et l’on se frotte à lui : car on a besoin de chaleur. Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes ! Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables ; /…/ On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.

« Nous avons inventé le bonheur, » – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. » (Texte cité ici)

Et nous ? Qu’avons-nous pour faire mieux ? Sur quelle fondement établir nos valeurs – du moins celle qui valent encore qu’on se batte pour elles ?