Bonjour-bonjour
Ah !... Le progrès ! Qui donc n’a pas rêvé d’un monde où plus rien ne serait comme avant, où les voitures voleraient et les téléphones équipés d’un écran, permettraient de voir son interlocuteur.
- Oui, mais tout ça, c’était avant – dans les années 50-60 quand on imaginait que l’an 2000 serait l’occasion de nouveautés technologiques saisissantes. – Et puis nous voilà en 2026 : certaines de ces nouveautés sont apparues et puis on les a laissées tomber, par désintérêt. Ainsi des images en 3D ; et même dans une certaine mesure du téléphone avec vision existent, certes, mais restent tout à fait facultatif.
On est même revenu sur certaines innovations, délaissant au passage les progrès réalisés ; c’est comme cela qu’on assiste à la réapparition des microsillons, chargés de la nostalgie des 45t de nos ancêtres.
Une autre preuve du rôle joué par cette nostalgie : voici qu’une marque automobile réputée pour son excellence technologique, je veux parler de Porsche, a eu l’idée d’installer un simulateur de boite de vitesse mécanique sur son dernier modèle électrique. Voyez plutôt : « En alternative au mode automatique, les conducteurs peuvent passer d’un rapport virtuel à l’autre à l’aide des palettes du volant sport GT. Les changements de vitesse sont simulés de manière très réaliste : des à-coups perceptibles, un couple de traînée spécifique à chaque rapport – comparable au frein moteur d’un véhicule thermique. » Dans le même temps, « Le son intérieur et extérieur du Porsche Electric Sport Sound s’adapte à la situation de conduite en fonction de la charge et du régime moteur » (Lu ici)
Quiconque a eu l’occasion de voyager dans une voiture électrique a pu apprécier le silence dans l’habitacle, le confort d’une voiture qui accélère sans accoups et la sensation de glissement dans l’espace. Hé bien c’est tout cela qui est supprimé par un renfort technologique qui recrée le bruit, les vibrations et les secousses à l’accélération. Ne vous moquez pas : vous même vous acceptez bien de retrouver les craquements et la bande passante limitée de vos antiques microsillons tout-juste sortis des usines où on les réanime après les avoir détruits autrefois.
On le devine : tout cela nous parle de notre nostalgie, de notre attachement au passé de nos grand-mères. L’odeur de leurs confitures mijotant sur le coin de la cuisinière s’est dissipée, mais on veut la retrouver, même s’il faut, abandonnant la plaque à induction, casser du bois pour la cuisson.
Bizarre ? Oui, mais on est fait comme ça.