Bonjour-bonjour
Notre Ministre de l’Éducation nationale est un poète : en pleine manif’ des lycéens, le voici qui prend la pose et annonce l'arrivée de 3.000 professeurs remplaçants dans les établissements les plus en difficulté. Comme une troupe venue en renfort et sortant tout à coup de la nuit…
Car en effet, d’où sortent subitement ces supplétifs venant prêter main-forte aux équipes clairsemées sur le terrain ? La crainte est bien réelle qu’il ne s’agisse que d’étudiants en cours de cursus et lancés dans l’aventure de la vie d’une classe sans autre préparation que leur bonne volonté.
Occasion de le rappeler : certes, enseigner ne s’apprend pas totalement sur les bancs de la fac et une phase de formation se fait seulement par la pratique. Et certes aussi, certains y réussissent sans avoir à apprendre, comme s’ils étaient nés pour ça : j’ai connu un stagiaire qui excellait si bien à dompter une classe réputée difficile que son prof-tuteur se mettait au fond de sa classe et contemplait son travail avec une délectation étonnée.
Seulement voilà : dans la majorité des cas cette maitrise s’acquiert avec un apprentissage dirigé, conseillé par ceux qui en sont passé par là et qui savent comment s’en sortir : on est loin je le crains d’en avoir 3000 dans nos placards.
La vérité est que le Ministère de l’Éducation Nationale fonctionne au minimum de ses ressources, ne lâchant du lest que lorsqu’il devient trop difficile devant l’opinion de ne rien faire. C’est un ministère où tout devrait être soumis à des impératifs techniques et qui pourtant fonctionne de façon politique.


