jeudi 7 mai 2026

Le bateau de l’angoisse – Chronique du 8 mai

 



Le «MV Hondius» le navire du « Hantavirus »

 

 

Bonjour-bonjour

 

Le professeur Anne-Claude Crémieux, experte en épidémiologie et qui avait déserté les plateaux télé depuis la fin de la pandémie au covid, y fait ces jours-ci un retour massif pour nous rassurer : dans le cas de la contamination à l’hantavirus une nouvelle pandémie n’est pas à craindre, mais… il est bon que les leçons du covid nous aient enseigné la prudence et la rigueur dans la lutte conte la contamination.

 

Mais rien n’y fait : délaissant pour un temps les nouvelles de la guerre du Golfe et les gesticulations venues de Washington, les médias en continu se ruent sur la nouvelle angoisse qu’ils ont à nous proposer : la peur d’un nouveau virus qui se répandrait sur la terre entière et nous obligerait à un nouveau confinement. Comme les petits enfants qui jouent à se faire peur (« On dirait que je serais la Princesse et toi l’affreuse sorcière »), on nous détaille les modes de diffusion du virus (est-il encore temps d’arrêter son expansion depuis le cluster du bateau ?), et puis l’effet de la maladie, la durée de son incubation, les moyens de lutter contre lui (vaccin, pas vaccin ?). Là-dessus madame Crémieux vient avec un large sourire détailler les morts qui nous attendent si nous ne nous protégeons pas assez.


 

Bref : notre soif de frisson de terreur après s’émoussée aux nouvelles de la guerre (tout le temps les mêmes bombardements, les mêmes civils écrasés sous les mêmes bombes, les mêmes larmes et les mêmes colères), se régénère avec cette menace, totalement virtuelle selon les plus éminents spécialistes, mais pourtant éventuelle si l’on oublie les protections dont nous sommes entourés.

Nous l’avons dit : il y a un plaisir morbide à vivre en imagination les malheurs en oubliant que nous leur échappons grâce à la science médicale.

D’ailleurs Robert Kennedy Jr est là pour ajouter à nos angoisses : qu’est-ce qui va se passer aux USA maintenant qu’il est au pouvoir ?

mercredi 6 mai 2026

L’insoutenable excitation de l’été – Chronique du 7 mai

Bonjour-bonjour

 

Au lycée François Arago de Perpignan, « tout élève se présentant avec une tenue inappropriée ne sera pas autorisé à accéder à l’établissement ». Sont désormais proscrits les "dos nus", les "crop tops", les "shorts excessivement courts" et les "tongs". (Lire ici)

On l’a compris sont visées les tenues estivales plus spécialement portées par les jeunes filles, étant entendu qu’à part les tongs les garçons ne sont pas concernés.

Les motifs de cette interdiction restent un peu flous. On parle de tenues qui ne seraient pas « propices à la concentration ni à l’engagement dans le travail scolaire ». Autant dire que, nonobstant le sérieux des jeunes filles en question, l’effet de leur corps ainsi (dé)vêtu parait incompatible avec l’investissement des garçons (et des profs) qui travaillent avec elles.

- Occasion de revenir sur la question du vêtement féminin : objet de tabous particulièrement dans certaines religions (mais pas seulement) les femmes doivent soumettre leur aspect à une censure en raison des réactions sexuelles masculines. Car on l’a compris : la soi-disant « concentration » des hommes en présence de femmes exhibant des parties de leur anatomie auxquelles ils dont particulièrement sensibles n’est autre que le déclenchement instinctif dans leur cerveau de la commande « bander ». Point final.

Dit comme cela, ça parait brutal, mais ça met la justification des filles devant ses responsabilités. Car voilà : les femmes soumises à cette censure se récrient : elles réclament le droit à faire valoir leur beauté, leur bien-être : « Et si je ne me sens bien qu’en short et en crop-top, au nom de quoi devrais-je m’en priver ? »

 


 

Le débat est ouvert : peut-on ignorer les réactions physiologiques des hommes ? Doit-on en tenir compte ? Il est vrai que chaque été les hommes qui vont à la plage côtoient des quantités de femmes qui montrent leurs corps sans que jamais aucun des hommes présents n’y trouve une sollicitation insoutenable.

Est-ce donc une question d’éducation ? C’est ce que pensent les féministes qui arborent leur slogan « Protégez nos filles, éduquez vos fils ».

Et si chacun faisait un bout de chemin ? Que les hommes s’autocontrôlent en permanence, tandis que les femmes acceptent de limiter l’exhibition de leur beauté à une pression modérée.

mardi 5 mai 2026

Éloge de l’illettrisme– Chronique du 6 mai


 


 

Bonjour-bonjour

 

Moi, quand le lis sans cesse les mêmes déplorations, je m’énerve. En particulier concernant la lecture dont le défaut est désigné comme ruine de notre cerveau, et cela depuis… plus de 60 ans, époque où la BD était dénoncée comme empêchant de consacrer du temps à la « vraie » lecture ». On sait ce qu’il en est aujourd’hui où ce sont les écrans qui jouent ce rôle.

Vous lirez ici le détail des opérations cérébrales mobilisées à chaque fois qu’on lit, ne serait-ce qu’un seul mot. Moi, ça m’épuise rien que d’y penser et du coup, je m’interroge : « Que faisait notre cerveau du temps où on n’avait pas encore inventé l’écriture ? Se prélassait-il dans on ne sait quelles songeries ? Dans des fantasmes inavouables ? »

Que nenni ! Le même article l’avoue : « /les régions cérébrales mobilisées lors de la lecture/ ne sont pas uniques à la lecture dans la mesure où elles s'activent lorsque vous entendez du langage par la modalité auditive. »

Non seulement la lecture peut être remplacée par l’écoute qui mobilise les mêmes facultés, mais on peut encore se dire que, pendant que vous lisez, vous désactivez certaines fonctions complexes qui pourraient – par exemple – s’occuper de la perception du milieu alors qu’elles sont occupées à déchiffrer des mots, à les associer et à en faire des phrases, puis des textes.

 

On n’a jamais dit que les peuples sans tradition écrite étaient débiles avec un QI de crétin. Si on est au contraire émerveillés par leur sensibilité à l’environnement, capables de percevoir des odeurs ou d’entendre des sons qui nous échappent, ne serait-ce pas parce leur cerveau resté libre de tout effort de lecture peut en effet mobiliser toutes ses ressources, tous ses centres, tous ses neurones à capter leur environnement ?

lundi 4 mai 2026

Un peu de respect ! – Chronique du 5 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

On se doute bien que les ultra-droites détestent les jeunes, mais qu’ils ne le leur disent pas. Pourtant ça ne peut pas se cacher indéfiniment. Écoutez plutôt : les jeunes de tous les temps se sont manifestés par un manque total de respect. Ne diffère entre eux que les valeurs respectables qu’ils souillent par leur comportement. La vieillesse, la religion et ses sacrements, la hiérarchie sociale ou politique, à tous ils ont manifesté leur mépris, allant jusqu’à montrer leur derrière comme pour cracher dessus.

 


 

Et aujourd’hui ? Que fait la Génération Z comme on la nomme ?

Invitée ce lundi sur CNEWS, l'eurodéputée Reconquête ! Sarah Knafo est revenue sur la rave-party organisée à Bourges (Cher). « Quand je vois des jeunes qui ont des stupéfiants et qui dansent sur des obus, on voit bien que c'est une génération qui ne respecte rien » (lu ici), a-t-elle dénoncé. Voilà donc la vérité : de nos jours le manque de respect affecte la prudence et la sécurité que l’on doit à la vie : oui, ces jeunes vont danser sur des obus aujourd’hui, et demain que feront-ils en face des CRS armés de LBD et de grenades ? On mesure le degré de dépravation de cette génération aux risques qu’elle accepte de courir pour mieux se sentir submergée par l’ivresse.

dimanche 3 mai 2026

Panne d'essence– Chronique du 4 mai

Bonjour-bonjour

 

On sent monter l’odeur nauséabonde du racisme et l’affirmation de la suprématie de la « race blanche ». Au cœur de ces propos gît la certitude que chaque « espèce » est apparue dans la nature telle que nous la voyons aujourd’hui avec ses caractéristiques physiologique et ses prétendues qualités intrinsèques. Il y a l’homme et il y a l’animal – et entre les deux, rien du tout.

Ces propos supposent donc qu’il existe une limite très étroite mais aussi très étanche qui sépare les espèces et les genres. Ce qu’on va vérifier avec la question supposée embarrasser ceux qui refusent cette distinction, à savoir la question de la priorité de la poule et de l’œuf : qu’est-ce donc qui vient en premier ? Si c’est la poule d’où sort-elle puisque l’œuf n’existait pas lors de son apparition ? Si c’est l’œuf, qui donc la pondu ?

 


Des scientifiques ont accepté de formuler clairement le processus :

1 – Un ancêtre proche de la poule, mais génétiquement distinct, pond un œuf.

2 – Une mutation apparaît dans cet œuf.

3 – L'individu qui en naît présente pour la première fois les caractéristiques de la poule actuelle.

4 – Cet individu se reproduit, et la lignée se perpétue.

La poule n'a pas inventé l'œuf. Elle l'a hérité d'une longue lignée évolutive.

Plus encore : « L'évolution fonctionne par transformations progressives. Entre l'ancêtre sauvage et la poule d'aujourd'hui, des dizaines de générations successives ont modifié le patrimoine génétique, sans qu'aucune « première poule » soit apparue comme par magie » (Lu ici

 

- Retenons la formule essentielle : il n’y a eu aucune « première poule ». Idem pour l’homme : où passe la limite entre l’homme et l’animal ? Cherchons les restes du 1er homme, l’Adam fondamental. On ne trouvera pas, parce qu’il n’existe pas. Il existe des intermédiaires entre l’homme actuel et les primates actuels, mais on les désigne par le terme d’Hominines, groupe qui réunit toutes les espèces qui ont concouru à l’évolution vers l’espèce humaine.

Au hasard de l’évolution il aurait pu se faire que l’une ou l’autre de ces sous-espèces donne naissance à un Adam fondateur de la lignée humaine. L’homo sapiens n’est autre que celui qui, au sein de cette famille a supplanté ses concurrents.

Et tant pis pour les philosophes qui veulent à tout prix découvrir des essences immuables.

samedi 2 mai 2026

Teuffeurs, faites la « Boum » ! – Chronique du 2 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

On reste sans voix devant l’insouciance des « teuffeurs » qui dansent sur un terrain militaire non déminé, consentant tour juste à s’écarter pour permettre aux démineurs de neutraliser un obus abandonné lors des dernières manœuvres. (Lu ici)

Et combien qui restent actifs dans les environs ?

 


N’avons-nous pas là une occasion de réunir le symbole et la réalité ? Car la fête est bien le symbole du débordement, lorsque la vie envahit de son énergie ces moments où les humains, rejetant toute rationalité abandonnent la notion de limite, pour se jeter dans l’inconnu. Pour ces free-party la liberté de faire exploser les limites du corps laisse dans l’ombre celle de désobéir aux lois.

– « Se jeter dans l’inconnu » avons-nous dit et non « explorer », notez-le bien. Car dans la réalité, le fêtard prend tous les risques. Il est vrai que des munitions non explosées gisent là où les pieds des danseurs frappent le sol : et alors ? La fête implique justement cette joyeuse acceptation de la gerbe d’étincelles dans laquelle on partirait vers un autre monde ; un monde où nulle limite ne viendrait faire obstacle à l’élan vital, où la raison et ses raisonnements ne trouverait aucune prise pour bloquer les pulsions.

Toutefois, il ne faudrait pas trop en faire avec un romantisme révolutionnaire au parfum des années 68 : les héros romantiques sont des solitaires. Ici on attend 40.000 participants en début de soirée, selon un collectif de soutien aux fêtes techno.

vendredi 1 mai 2026

Au viol ! – Chronique du 2 mai 2026

Bonjour-bonjour

 

Hier 1er mai le 1er ministre a décroché son téléphone rien que pour aviser un boulanger qui avait contrevenu à la loi sur le chômage férié obligatoire qu’il n’aurait pas à payer l’amende, autrement dit qu’on pouvait violer cette loi sans aucune sanction.

Qu’est-ce donc qu’une loi à laquelle on peut désobéir sans aucune sanction ? Une loi a-t-elle un sens dans ces conditions ?

C’est Durkheim qui a le mieux défini le rôle de la sanction dans l’organisation sociale d’un pays : sans elle, personne ne remarquerait l’existence des lois, qui pourtant sont indispensables pour maintenir la structure sociale. Il n’y a de respect des lois que parce qu’il y a punition pour des délits – les quels manifestent l’obligation qui nous est faite de respecter l’ordre établi.

C’est d’ailleurs les privilèges exemptant les aristocrates des punitions encourues par le vil peuple qui a secoué le plus fort l’ordre ancien : ou tout le monde est soumis aux mêmes obligations, ou bien ce n’est personne.

Oui, avoir le droit de faire ce qui est interdit aux autres, voilà bien un privilège exorbitant. S’il scandalise à ce point peut-être est-ce en raison de son aspect formel : pas besoin d’avoir un yacht de 70 mètres de long à amarrer à Monaco ; un simple ; bout de papier comme passe-droit suffit. Et pour posséder ça, la volonté d’un maitre absolu suffit. 

C’est ce que monsieur Lecornu a manifesté hier en décrochant son téléphone.