Bonjour-bonjour
Le grand retour des idéologies : c’est fait ! Le 21ème siècle n’aura pas supporté très longtemps la fin de ces systèmes de pensée qui habillent le présent des couleurs chatoyantes du passé tout en nous promettant un avenir radieux. Aujourd’hui : une Allemagne faite de traditions et de pureté culturelle, de yodels et de fêtes de la bière.
La question n’est bien entendu pas de savoir ce que, culturellement, les Allemands préfèrent, mais comment vont-ils vivre quand le pouvoir imposera de ne rien tolérer d’autre. Ulrich Siegmund est sûrement un petit gars bien sympathique, mais il ne veut rien voir qui dépasse hors de la culture dite germanique, et surtout pas ce qui atteste du respect d’autres traditions et d’autres cultures. Si chez nous le port du voile islamique fait débat, dans l’AfD (Alternative pour l’Allemagne, le parti d’extrême droite qui porte Siegmund aux portes du pouvoir) on a depuis longtemps résolu le problème : pour celles qui veulent le porter, c’est : Dehors !
- Comment faire entendre un tel discours dans une Allemagne qui a vécu le drame hitlérien ? Ulrich Siegmund est-il un petit Hitler qui est en train de grandir ?
--> La question est peut-être mal posée. On devrait se demander : « Comment réintégrer Hitler à l’histoire de la nation et du peuple allemand, et donc « comment le sortir du ghetto de la monstruosité sans pareil ? »
- Et là, on a des embryons de réponse. Comme celle qui affirme que le peuple allemand a réalisé de grandes choses du temps des nazis, que l’obsession antisémite de Hitler a été une erreur, et que c’est elle justement qui lui a fait perdre la guerre. La grandeur du parti nazi est d’avoir su faire triompher l’Allemagne malgré l’antisémitisme hitlérien.
- Bien entendu tout cela est déjà connu – chez nous la réhabilitation de Pétain est un refrain que bien des gens nous fredonnent depuis longtemps. Mais attendez le cran suivant : par exemple le culte du chef au quel les cours d’histoire auront redonné toute la brillance.
Il faudrait aujourd’hui inverser la formule habituelle : non pas « De qui le nouveau président est-il le nom ? » Mais bien « Qui va réincarner le Maréchal ? »
Pour mémoire, quand Alain Badiou a lancé cette formule qui devait faire florès, « De qui Nicolas Sarkozy est-il le nom ? », la réponse était Philippe Pétain.