Bonjour-bonjour
Les faits : jeudi, sur la place du 4 septembre, dans le VIIe arrondissement de Marseille, aux abords du lycée Colbert, une femme a été brûlée au 1er degré au visage par un lance-flamme artisanal alors qu’elle s’interposait pour empêcher la destruction d’un abribus en marge de violences lycéennes. Un mineur de quinze ans et demi, « a été déféré en vue de sa mise en examen par un juge d’instruction du chef d’acte de barbarie », précise le parquet de Marseille dans un communiqué. Cet élève de seconde « service d’aide à la personne », a été placé en garde à vue, reconnaissant immédiatement les faits et, en « saisissant la portée, exprimait de profonds regrets. /.../ Il est visé par une enquête ouverte par le parquet de Marseille pour « violences volontaires ayant entraîné une Incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à huit jours, avec trois circonstances aggravantes, avec arme, en réunion, et visage dissimulé. » (ref. citée)
Ce jeune homme a donc enflammé le spray d’une bombe aérosol et s’en est servi pour brûler au visage une femme qui tentait d’empêcher la destruction d’un abribus : cet « acte de barbarie » pour reprendre l’incrimination dont il est l’objet, laisse sans voix, et donc de sens.
- Cette cruauté indicible tire pourtant sa signification de là : elle est ce qui n’a aucune signification. Voyons Clément Rosset qui nous explique que la réalité est profondément « cruelle » pour l'esprit humain parce qu'elle répond à ce qu'il appelle le principe de réalité suffisante. Il n’y a pas d’arrière-monde et pas de transcendance : nul lieu au quel se référer pour trouver du sens. Le loup dévore l’agneau parce qu’il est un loup – et aucune volonté n’est là pour l’expliquer. Il croquera la bergère le cas échéant.
- Cet absolu peut-il fonctionner chez l’être humain ? Ne sommes-nous pas pétris de désirs, toujours à l’affût d’une joie supplémentaire ? Par exemple, dans la nature l’Homme dirait : « J’ai une bombe aérosol ; et puis voici une femme ; je vais la défigurer, parce que je le peux. » Mais devenu civilisé, le même dirait : « Je peux défigurer cette femme et en plus, ça me fait plaisir. »
- Conclusion que les afficionados de la corrida auront du mal à réfuter.