Bonjour-bonjour
Bien qu’on soit habitués à l’inverse, il arrive parfois que des idées politiques fassent progresser une réflexion sur la société. Ainsi de cette proposition (lue ici) d’Éric Zemmour qui voudrait remplacer les immigrés renvoyés dans leurs pays par de robots.
Se peut-il qu’on haïsse les hommes à ce point qu’on préfère vivre en compagnie de machines plutôt que de les rencontrer dans notre environnement ?
C’est sur ce point que je méditais hier, alors que faisant mes courses à Carrefour, je me suis trouvé « nez-à-nez » (sic) avec un robot nettoyant les allées du magasin.
Pudu CC1 – Robot nettoyeur de sol
Certes je ne suis pas habitué à nouer une conversation avec les agents d’entretien. Mais la possibilité de le faire est toujours à l’horizon, et je me sens rassuré de les voir : ils me confirment que je suis bien dans un environnement humain et non dans un univers robotisé.
Or c’est précisément cela que monsieur Zemmour annonce : mieux vaut des machines que des hommes – mieux vaut plus d’hommes du tout que des migrants, autrement dit des gens issus d’autres cultures que la mienne. Cette mise à l’écart de l’humanité qui est la signature de la haine de l’homme moderne. Autrefois – du temps des nazis par exemple – on cherchait simplement à éliminer certaines catégories d’êtres humains, et on s’arrêtait là. Les Nazis, justement ne se sont jamais demandés ce qu’il faudrait pour remplacer les juifs : il allait de soi, non pas que les Aryens fassent tout le travail, mais il y ait des races subalternes qui prendraient la relève.
Monsieur Zemmour a-t-il songé qu’avec sa logique on arriverait un jour à avoir une race de seigneurs dépourvus de serviteurs humains ? Des maitres sans esclaves, cela a-t-il un sens ?