Bonjour-bonjour
Moi, quand le lis sans cesse les mêmes déplorations, je m’énerve. En particulier concernant la lecture dont le défaut est désigné comme ruine de notre cerveau, et cela depuis… plus de 60 ans, époque où la BD était dénoncée comme empêchant de consacrer du temps à la « vraie » lecture ». On sait ce qu’il en est aujourd’hui où ce sont les écrans qui jouent ce rôle.
Vous lirez ici le détail des opérations cérébrales mobilisées à chaque fois qu’on lit, ne serait-ce qu’un seul mot. Moi, ça m’épuise rien que d’y penser et du coup, je m’interroge : « Que faisait notre cerveau du temps où on n’avait pas encore inventé l’écriture ? Se prélassait-il dans on ne sait quelles songeries ? Dans des fantasmes inavouables ? »
Que nenni ! Le même article l’avoue : « /les régions cérébrales mobilisées lors de la lecture/ ne sont pas uniques à la lecture dans la mesure où elles s'activent lorsque vous entendez du langage par la modalité auditive. »
Non seulement la lecture peut être remplacée par l’écoute qui mobilise les mêmes facultés, mais on peut encore se dire que, pendant que vous lisez, vous désactivez certaines fonctions complexes qui pourraient – par exemple – s’occuper de la perception du milieu alors qu’elles sont occupées à déchiffrer des mots, à les associer et à en faire des phrases, puis des textes.
On n’a jamais dit que les peuples sans tradition écrite étaient débiles avec un QI de crétin. Si on est au contraire émerveillés par leur sensibilité à l’environnement, capables de percevoir des odeurs ou d’entendre des sons qui nous échappent, ne serait-ce pas parce leur cerveau resté libre de tout effort de lecture peut en effet mobiliser toutes ses ressources, tous ses centres, tous ses neurones à capter leur environnement ?