Bonjour-bonjour
Un peu de science naturelle ce matin. Je lis en effet ceci : « Près de 300 millions d’œufs dans une seule femelle de 1,37 m : aucun autre vertébré connu n’en a jamais porté autant » (Lu ici)
- Sur le moment je m’interroge : avec quel moyen a-t-on pu décompter ce nombre astronomique d’œufs dans le ventre d’une femelle poisson-lune ? Dérisoire curiosité ! Car le vrai étonnement aurait dû venir plutôt de ce nombre astronomique qui rend ce poisson capable de donner naissance à 300 millions de petite larves susceptibles de devenir… 300 millions de poissons-lunes adultes !
Poisson lune commun (vu ici)
En réalité cela n’arrive pas parce que dans l’océan, les larves de poisson-lune affrontent dès l’éclosion un monde hostile, peuplé de prédateurs affamés de plancton. La probabilité qu’une larve atteigne l’âge adulte est infime. Produire des millions d’œufs devient alors une assurance statistique plutôt qu’un luxe biologique. Ce qui signifie que « Le poisson-lune adopte ce qu’on appelle une stratégie de reproduction de type r, celle des espèces qui produisent énormément de descendants en pariant sur le fait qu’une infime fraction survivra. À l’opposé, les mammifères misent sur peu de petits mais beaucoup de soins parentaux. » (art. cité)
On peut donc mettre face à face deux stratégies adoptées par la nature pour la survie des espèces : d’un côté une ribambelle de petits abandonnés par des parents peu soucieux de leur progéniture : que la nature s’en charge ! De l’autre des individus (comme nous) qui soignent leurs petits pour leur permettre de parvenir à un âge où ils se défendront tout seuls.
A noter que nourrir et élever des enfants n’est pas le seul soin que nous devons à nos petits. Nous avons également le devoir de les rendre autonomes, suffisamment pour produire à leur tour des enfants qui élèveront des rejetons etc…
Notons qu’à une époque où les soins donnés par les parents étaient à peine suffisants pour accomplir cette tâche on les a vu adopter la stratégie du poisson-lune : on faisait beaucoup d’enfants à qui on imposait très tôt de travailler comme des adultes.
A moins qu’on ne les abandonne :
Le petit poucet… C’était du temps où les enfants poussaient comme des poissons-lunes.








