Bonjour-bonjour
Oui, je sais : jouer sur les mots entre « terre promise » et « terre permise », c’est un peu faible. Mais je n’y résiste pas, d’autant que passer de l’un à l’autre ne manque pas de sens.
Voyons ça de plus près (Ce qui suit s’appuie sur cet article)
- Les faits : les extrémistes israéliens réclament aujourd’hui le droit de s’installer dans la bande de Gaza, qu’ils désignent d’un air extatique comme étant « Notre terre » : puisque Gaza fait partie de la terre qui fut « promise » par Dieu à Abraham, alors il leur est permis d’en prendre possession.
- Au départ, le mouvement sioniste a revendiqué la Palestine pour les juifs pas seulement en raison d’une occupation antérieure, mais aussi parce que Dieu leur en fit don, ainsi que la Bible l’atteste en de nombreux endroits (cf. Deutéronome 11,11-12 ; et également l’article référencé).
Moïse apercevant la Terre promise, F. E. Church, 1846
- Toutefois, la Terre en question ne fut que « promise » et non « donnée ». C’est qu’un peuple, les Cananéens, l’occupait déjà et que les hébreux devaient le combattre pour entrer en possession de l’héritage promis. Cette terre est donnée mais reste simultanément à conquérir : c’est une terre qu’il faut à la fois recevoir et prendre.
- Les Israéliens d’aujourd’hui se reconnaissent le droit de chasser les Palestiniens du pays de leurs ancêtres parce que Dieu leur en a fait un devoir. En termes de légitimité l’État d’Israël chasse les palestiniens de leurs terres ni en raison d’un droit du « premier occupant » ni d'un « droit du plus fort » mais pour une raison religieuse.
On avait tendance à l’oublier parce que les bombes et les missiles font plus de bruit que les versets de la Bible. Mais les extrémistes religieux le rappellent à présent ingénument : ils peuvent le faire parce que Dieu leur en a intimé l’ordre.