Bonjour-bonjour
L’affaire Patrick Bruel oppose très classiquement des femmes qui accusent le chanteur de les avoir violées – et lui qui rétorque qu’elles étaient consentantes. On a fait des tonnes de commentaires sur le sujet du consentement et je ne me risquerai pas à en rajouter. Pourtant, il existe encore un doute : celui d’un retournement de l’appréhension de la situation : est-il possible que dans certains cas un consentement authentique disparaisse et que ne reste que la situation d’un rapport finalement désagréable ?
Le chanteur Dave l’affirme : il a connu des femmes qui lui ont dit ne plus avoir du tout le souvenir d’avoir consenti à l’acte sexuel auquel elles semblaient pourtant avoir été consentantes. Dave ajoute : « Ça m’est arrivé une fois de me trouver dans le lit avec une fille qui avait des phénomènes très clairs qu’ont les femmes quand elles sont excitées, et qui me disait ‘Oui mais ce n’est pas ma tête qui a envie’. » (Lu ici)
Les amateurs de chanson d’autre fois se rappelleront "la servante du grand café" qui refuse les avances d’un jeune Bidasse après lui avoir – du moins le croit-il – répondu favorablement : « Mais les femmes, ça n'a pas d'raison / Quand ça dit oui, ça veut dire non. »
Cette dissociation entre le désir et la raison, pourrait-elle expliquer ce sentiment de viol a posteriori ? Voilà en tout cas une question qui peut interpeller le philosophe (ainsi que le psychologue). Comme je l’ai dit plus haut les débats sur le consentement ont à peu près épuisé la question. Reste à imaginer une situation où la jeune femme qui répond à Dave « ce n’est pas ma tête qui a envie » serait sincère : est-ce que cela changerait quoique ce soit au jugement final ?