Bonjour-bonjour
Nous sommes parfois surpris de constater que nos yeux nous ont fait voir quelque chose dont on sait pertinemment que ça n’existe pas : il s’agit des illusions d’optique, comme avec ce cas si connu dit de « L’illusion de Müller-Lyer » :
Les segment A-B et B-C sont égaux et pourtant ils paraissent inégaux, quoiqu’on fasse pour démentir cette impression. C’est que nous ne voyons qu’avec notre cerveau.
Ce fait conduit cet article à dire que notre cerveau nous « ment » pratiquement en permanence en supprimant certains segments de vision pour leur substituer une autre image : « Le phénomène porte un nom technique, la suppression saccadique, ou masquage saccadique. Il s’agit du phénomène de perception visuelle où le cerveau bloque sélectivement le traitement visuel pendant les mouvements oculaires, de sorte que ni le mouvement de l’œil, ni le flou de mouvement qui en résulte, ni le trou dans la perception visuelle ne sont perceptibles pour l’observateur. » (Lire ici)
Et voilà la conclusion de cet article : « Le mensonge est minuscule, il dure une poignée de millisecondes, mais il se répète à un rythme vertigineux : à chaque mouvement rapide des yeux, la vision s’éteint littéralement, puis se rallume avec une image que le cerveau vient tout juste de fabriquer pour combler le vide. » Bref : c’est pour notre bien que notre cerveau intervient afin que la vision reste nette et déchiffrable.
Dont acte. Mais alors, ne devrions-nous pas nous méfier des autres impressions qui nous paraissent si évidentes et qui pourraient bien ne pas exister réellement ? Cette poignée de main qui nous adonné instantanément confiance, ce regard affectueux que nous avons capté dans le regard de la femme approchée, ce paysage enchanteur au sortir de l’avion : tout cela existe-t-il ? Ou plutôt, déplaçons la question : qu’est-ce donc que cette réalité que nous captons sans le vouloir, par le simple effet d’un regard ? Car si le réel est bien imperméable à notre volonté, le regard que nous portons sur lui peut être l’effet du désir modelé par notre cerveau, qui agit sur nos organes sensoriels.
Le cerveau ne serait donc pas ce juge impartial qui nous permet de dire : « C’est vrai parce que je l’ai vu de mes propres yeux », mais « Ce que j’ai vu me montre peut-être seulement ce que je voulais voir »
C'est à peu-près ce que disait déjà Descartes.