Bonjour-bonjour
Lisant le récit des obsèques de Brigitte Bardot, je suis frappé par la superficialité du reportage : après avoir énuméré les personnalités présentes et évoqué les absentes, on s’est extasiés sur le cercueil en osier couronné de fleurs des champs (intérieur capitonné de vichy rose). Quelle simplicité !
Et pourtant… C’est bien d’une oraison funèbre qu’on aurait eu besoin. Que n’avons-nous eu Bossuet ?
- Pour mémoire, évoquons l’oraison funèbre que Bossuet prononça en 1670 à l’occasion des funérailles d’Henriette d’Angleterre épouse de Monsieur, frère du roi Louis XIV. A la suite de l’émotion suscitée par la brutalité de l’évènement, Bossuet prend l’occasion de montrer que la grandeur de la naissance et de la vie passée en magnificences et en honneurs est réduite à néant par la mort, montrant ainsi que la vraie grandeur consiste en l’humilité de la foi qui prosterne la créature devant son Créateur.
Comme les honneurs de la naissance d’Henriette d’Angleterre, la beauté et les richesses que posséda Brigitte Bardot ne furent d’aucun secours pour la protéger de la déchéance. Quel honneur y a-t-il à posséder ce qu’on ne peut conserver ? « Madame se meurt, Madame est morte » se lamentait Bossuet devant la brutalité de la mort d’Henriette. Mais aujourd’hui, on aurait dû avouer : « Brigitte vieillit, Brigitte est vieille »
Oui, hier Bossuet n’était pas à Saint-Tropez. Mais son message aurait dû être dans tous les esprits : à travers cette mort, ce sont « la mort et le néant de toutes les grandeurs humaines » qui se trouvent exposés.






