Bonjour-bonjour
Ce matin, je lis ceci : « Le politique d'extrême droite britannique Nigel Farage a remporté la législative partielle dans sa circonscription de Clacton-on-Sea, dans l'Essex, avec 63 pour cent des voix. Suite à des accusations de corruption, il avait choisi de renoncer à son mandat et de provoquer un scrutin anticipé. En signe de contestation, les grands partis ont toutefois refusé de présenter des candidats. Son seul rival de taille a donc été le "Count Binface" (alias Comte à tête de poubelle), incarné par le comique Jon Harvey » (Lu ici)
Suit la photo du personnage en question :
Les candidatures fantaisistes ne sont pas nouvelles (on se souvient de celle de Coluche à la présidentielle de 1981) : elles ont en général toujours le même ressort : prouver que le candidat « sérieux » est tellement déplorable que voter pour un candidat dérisoire devient une option intéressante.
Mais il arrive aussi que les électeurs s’emparent du projet et lui donnent une force imprévue :
« L'obstination du comique à 'tête de poubelle' a plu à la société britannique – les sondages nationaux commencent même à tenir compte de lui. » On peut dire que le succès de Count Binface ne reflète pas seulement la position d'une partie considérable des Britanniques vis-à-vis de Nigel Farage, mais qu'il est aussi caractéristique du positionnement d'une partie de la population britannique vis-à-vis de la politique actuelle.
Il ne s’agit donc pas seulement de dénoncer Nigel Farage : c’est la classe politique toute entière qui est visée. Le candidat de fantaisie devient alors une icône de la protestation « anti-système » qui vise le régime représentatif dans son ensemble.
Au fond, ce ne sont pas des hommes qui sont contestés ; la victime de cette protestation, c’est la confiance dans ceux qui prétendent vouloir et penser comme s’ils étaient moi. Car au bout du compte, si je me range aux décisions prises par tel représentant démocratiquement élu, je dois faire comme si j’avais voulu moi-même ce qu’il décide. Le gel des pensions ? Oui, je le veux. L’éradication des migrants ? Oui, j’en suis. L’instauration d’un délit de blasphème ? Let it be.
Il y a un moment où ça coince….