François Ruffin accuse Marine Le Pen de bafouer la décence en se présentant au suffrage des français alors qu’elle est sous le coup d’une
condamnation pour détournement de fonds et emploi fictif. Elle apparait toutefois soutenue par l’opinion publique selon les sondages effectués sur le sujet.
--> L’opinion publique est-elle une source de légitimité ? On note simplement qu’en cas de condamnation définitive tombant après son éventuelle élection à la présidence, elle bénéficierait de l’immunité présidentielle. Autrement dit la question n’est-pas : « Est-il juste qu’elle soit éligible à la plus haute magistrature française ? », mais simplement « Réussirait-elle à obtenir la majorité à une telle élection ? » On élimine ainsi la question de la légitimité ; ne reste que celle de l’efficacité.
Ceci ne résout pas le problème, ou plutôt les problèmes :
- D’abord, quelle est la source de la légitimité ? Si la question est rejetée concernant le peuple supposé détenteur de cette capacité, on admet aussi qu’il la délègue à des dirigeants choisi par lui seul. Sauf qu’on oublie de dire selon quel critère ce choix pourrait s’opérer – et l’époque actuelle avec la crise ouverte par les courants populistes on voit que ces critères devraient être débattus sur la place publique.
- En suite, le peuple souverain peut-il être maitre de ces critères ? En tant que souverain il devrait avoir le droit et le pouvoir de les modifier à sa guise. Que l’un de des candidats soit un repris de justice mais qu'il lui plaise et voici que cette infamie ne serait plus dirimante.
- Mais alors, si le peuple souverain ne peut dire qui et pourquoi quelqu’un est ou non éligible, qui donc peut le faire ? On le sait : les magistrats le peuvent selon la Constitution. Notre seul chien de garde contre les abus de la démocratie, est la loi entérinée par cette même démocratie. Et l’opinion publique, dans sa versatilité ne peut rien en face de cela.
1958 : Comité de soutien au Général de Gaulle