dimanche 25 octobre 2026

Oui, l’argent fait le bonheur – Chronique du 26 octobre

Bonjour-bonjour

 

Un mot d’espoir pour se lancer ce lundi ? Oui ? Alors voilà : une académie des science américaine vient de découvrir que l’augmentation du « bien-être émotionnel » (formule qui désigne le bonheur) augmente même au-delà de 75000 dollars de revenus par an – limite que l’on croyait auparavant infranchissable. (Voir ici)



Autrement dit monsieur Elon Musk avec ses 188 milliards de dollars est plus heureux que monsieur Bernard Arnaud qui n’a que 143 milliards de dollars.

Vous ne voyez pas l’importance de cette information en raison des sommes astronomiques évoquées : personne, ni vous, ni vos amis ne peut s’en approcher, alors qu’importe ?

- Il importe de savoir qu’il faut se battre pour un meilleur salaire même quand on a des revenus suffisant pour faire ses courses à Carrefour sans se soucier du montant de l’addition. Car même si ça ne fera rien d’autre que d’engraisser votre petit écureuil, vous vous lèverez le matin plus guilleret, serez plus actif dans la journée et satisfait de vous le soir en vous couchant.

- Voilà qui est contrintuitif : on vous a tellement appris que "l’homme heureux n’a pas de chemise" : vous voilà incrédule. Comprenons que ce qui compte, ce n’est pas seulement d’avoir de l’argent c’est surtout le souci de gagner plus : on estime que la valeur de l’individu se mesure aux sommes qu’il parvient à gagner ; là est le point important. Ne dit-on pas aux Etats-Unis qu’un homme « vaut » tant de dollars – signifiant ainsi que le dollar est l’étalon qui mesure l’Homme ?

Bien sûr il y a des hurluberlus qui croient que l’important dans la vie est de savoir composer une ode à la femme aimée ou un poème célébrant le charme de la rose. Et libre à vous de faire partie de ce clan.

… Mais alors renoncez à posséder les merveilles de la Civilisation, comme ce petit bijou d’Iphone « 18 pro-max » à plus de 3000 dollars.

samedi 24 octobre 2026

Livre écrit par une IA : qu’est-ce que ça change ? – Chronique du 25 octobre

Bonjour-bonjour

 

Et si le fait que le livre de Thélyson Orélien ait été probablement entièrement écrit par une IA ne touchait que la confiance que nous avons pour l’écrivain, et ne changeait rien aux émotions du lecteur ? C’est ce que remarque le psychanalyste Serge Hefez : « Il faut savoir que le recours à l’IA n’annule pas l’émotion première : si j’ai été touché, j’ai été touché. Ce qui s’est passé en moi était réel. Le trouble commence quand je cherche à comprendre avec qui, ou avec quoi, cette émotion s’est partagée ». (Lu ici) Autrement dit ce recours à une intelligence artificielle permet dans un premier temps de distinguer ce qui relève de l’écriture et ce qui relève de la lecture. Je crois me rappeler que Sartre écrivait quelque part que les émotions, les sentiments ressentis à la lecture sont en définitive ceux du lecteurs, l’écrivain ne pouvant que les libérer grâce à son texte.

Le vrai problème est ailleurs : Gaspard Koenig souligne qu’il ne pourrait apprécier un livre dans lequel on ne retrouverait pas l’intention de l’auteur. C’est aussi l’avis du même Serge Hefez : « Le livre /de Thélyson Orelien/ est impressionnant. Son écriture est puissante, elle nous plonge au cœur des émotions qu’elle raconte. J’ai le sentiment de lire un texte écrit avec du sang et des larmes, un texte qui ne triche pas ; /.../ Lire ces pages en imaginant qu’une machine, dans laquelle ne coulent ni sang ni larmes, a pu en produire les mots me plonge dans un abîme de perplexité. »

 

- Autrement dit, même s’il s’agit d’une œuvre de fiction, c’est la continuité entre le ressenti de l’auteur et celui du lecteur que l’on recherche. Comme si l’important était l’émotion qui produit les mots et les phrases. Est-ce vrai ? Demandons-nous donc si Beethoven était amoureux quand il composait sa Lettre à Élise, et comment ce petit pervers de Mozart a pu se glisser dans la peau de Don Juan tout comme dans celle de la frémissante Zerlina.

 


J’ai entendu un acteur dire que lorsqu’il a joué un personnage comique dans une comédie, il ne le trouvait pas drôle, mais le public se tordait de rire quand il était à l’écran.

Bref : où se trouve donc l’émotion dans ces cas-là ?

vendredi 23 octobre 2026

Comme en 40 – Chronique du 24 octobre

Bonjour-bonjour

 

La France vint tout juste d’éviter la dégradation de sa note Moody’s malgré une rumeur persistante défavorable. Reste un climat social tendu alors que les intérêts de la dette s’envolent et les craintes d’émeutes lors de rassemblements sur la voie publique persistent, faisant craindre une aggravation de la crise sociale et politique.

Dans ce climat on redoute une campagne électorale agitée et personne ne peut prévoir ce qu’il se passera après cette élection, sachant que quiconque sera élu devra faire face à ces contraintes qui devraient réduire sa marge de manœuvre  à zéro.

S’il ce sombre pronostic est vrai, alors il nous faut élire un héros, quelqu’un qui réussira grâce à son charisme à gouverner suivant les règles imposées par la BCE (probable prochain interlocuteur de la France en matière d’emprunt). Sachant que personne, quelque soit son parti, ne pourra éviter une mise aux normes des dépenses française, autant avoir un Président, doué d’une personnalité d’exception, qui réussisse à imposer aux Français ces mesures forcément impopulaires. Un peu comme le fit le général De Gaulle, imposant en 1962 la paix en Algérie.

Mais puisqu’on parle du général De Gaulle, songeons à 1940. Jusque-là les français ont été agités avec Front populaire, manifestations, occupations d’usines etc. Les allemands envahissent Paris, et que font les parisiens ? Vont-ils tout casser dans les rues en criant « Pourris d’Allemands hors de la France !!! » Bien sûr que non ! Ils ont fait le dos rond, rasant les murs et notant l’adresse à laquelle dénoncer à l’occupant leur voisin juif. 

--> Alors, quand les banques internationales vont débarquer à Bercy et imposer taxes et baisses de salaires, alors qu’eux seuls possèdent la bourse capable de leur donner un peu d’argent un fin de mois, croyez-vous qu’ils vont tout casser pour avoir plus ?

Vous connaissez la réponse : ils feront la queue pour retirer au distributeur les 20 euros aux quels ils ont droit pour la semaine.

 

 

En Grèce, devant un distributeur pour retirer

la somme allouée hebdomadairement à chacun pour la semaine. 

 

 Qu’on le regrette ou s’en félicite nous ne sommes plus en 89, et pas prêts d’y revenir.

jeudi 22 octobre 2026

La vie en rose – Chronique du 23 octobre

Bonjour-bonjour

 

Vous connaissiez octobre rose, le pot aux roses, la panthère rose. Mais connaissez-vous le diamant rose ?

 



Exposé ces jours-ci à Chantilly, le Diamant rose a été en 1926 l’objet d’un vol dans le musée Condé où il est revenu après une histoire rocambolesque que vous pourrez lire ici si le cœur vous en dit.

- Devenu aujourd’hui l’un des trésors les plus précieux du musée Condé, il nous donne l’occasion de nous interroger sur la valeur attribuée aux diamants.

On rattache couramment cette valeur aux propriétés physiques de cette pierre (inaltérable, capable de refléter la lumière, rareté relative). Mais c’est surtout sa valeur symbolique qui lui donne tout son prix : symbole de force et d’invincibilité, le diamant devient le signe de la puissance arborée par les monarques.

A l’époque moderne, devenu une marchandise comme une autre, c’est principalement sa rareté qui retient l’attention. Comme l’a expliqué René Girard, le désir est essentiellement mimétique : nous désirons ce que désirent les autres, parce qu’ils sont nombreux à le faire.

Nous sommes dans la logique du marché qui fixe par exemple la valeur des tableaux de maitres.

Étonnante constatation : alors que nous sommes prêts à défendre notre droit à réaliser nos désirs, comme s’ils manifestaient notre nature la plus authentique et la plus intime, voilà qu’on nous explique que – non, décidément ce n’est pas notre originalité que nous défendons, mais bien notre conformité à un groupe d’individus. Bien sûr, l’envie de posséder ce que possèdent les autres ne serait la marque du désir qu’à condition de comprendre que ces « autres » ne sont pas n’importe qui, mais des personnes aux quelles nous accordons un certain prestige.

Réciproquement, les privilégiés qui arborent ces signes de puissance le feraient pour sentir l’attirance qu’ils exercent sur autrui.

L’essentiel du désir serait donc non pas de combler un manque mais de devenir désirable.

mercredi 21 octobre 2026

Auto-défense – Chronique du 22 octobre

Bonjour-bonjour

 

Bientôt la nouvelle manif’ de fin de semaine avec gilets-jaunes, étudiants et casseurs ? Ne craignez-rien braves gens pour votre croissant du dimanche matin : votre boulanger s’est équipé et a collé ce sticker sur sa vitrine :


 


Vous l’aurez compris : ce soir-là les commerçants ne comptent pas contempler le pillage de leurs magasins en se tordant les mains de désespoir. Les boutiques d’articles de défenses qui vendent à peu près tout ce qui se fait en la matière, de la bombe au poivre jusqu’au pistolet à grenaille, ont été dévalisées. Et le patronne de ce petit restaurant de nous expliquer qu’elle est allée prendre des leçons de tirs – sans dire si elle en avait profité pour s’armer, mais on le devine sans peine. 

En tout cas, certains propriétaires de commerce l’ont dit : « Samedi dernier on a regardé la police recevoir toute la journée des cocktails Molotov avant de disparaitre au moment où ils ont fait sauter la vitrine ». On comprend qu’à présent, ceux qui sentent leur patrimoine menacé pensent qu'il est urgent de se substituer à l’État  – et il ne s’agit pas seulement des commerçants : les habitants des appartements situés au-dessus des boutiques se sentent concernés eux aussi : le « home-jacking » risque bien de venir compléter la gamme de déprédation commises.

 

- Paul Valéry avait dit (en 1931) « Si l’État est fort, il nous écrase. S’il est faible nous périssons » : on comprend pourquoi plus personne ne se résout à voir la police recevoir des pavés sans répliquer. D’ailleurs ils vont avoir des consignes pour cela. Et quant on sait que des soldats du dispositif « Sentinelle » vont être dans les rues on frémit : on nous dit qu’ils ne sont là que pour donner confiance aux braves gens mais que jamais ils ne devront faire usage de leur arme. 

Leur arme ? Un fusil d’assaut qui fait mouche à 3 kilomètres ?


 

 

Gare aux réaction un peu irritées des soldats qui reçoivent des pavés sur la figure !

mardi 20 octobre 2026

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? – Chronique du 21 octobre

Bonjour-bonjour

 

Violence, sécheresse, inondations, hausse du CO2, guerre en Ukraine….

 

 

Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement hier

 

Je frémis en lisant les informations matinales : partout ce n’est que désolation, lamentations et appel au secours : rarement le constat aura été aussi affligeant, au point qu’on se demande pourquoi le sort s’acharne sur nous, pauvres français qui n’avons rien fait de mal ?

- Mais, bon : après tout ce n’est peut-être qu’un effet d’optique : peut-être qu’on ne regarde que ce qui ne va pas et qu’on en oublie les bonnes choses qui se préparent, comme les vacances qui viennent d’arriver, et Noël qui va très vite embraser nos vitrines et nos rues.

- « Nos vitrines » … Vous voulez parler de celles qui sont encore en place et des magasins qui n’ont pas été pillés ? ....

- Taisez-vous, espèce de défaitiste ! Rappelez-vous de la chanson de 1935 : Tout va très bien, madame la marquise… L’ironie développée par cette chanson devrait nous faire tous réfléchir : il y a bien pire que nous – et même si tout ne va pas pour le mieux, on est quand même mieux chez nous que dans un pays quelconque - par exemple d'Afrique sub-saharienne.

- Et alors ?

- Imaginez un peu les infos auxquelles on échappe : 

* Covid : l’épidémie gagne du terrain.

* Guérilla : l’Ultra-gauche menace nos prochaines manifs’  

* Corruption : avant de quitter le pouvoir, le Président a placé sa famille à la tête des armées et des principaux ministères ;

* Économie : le pays emprunte désormais à 10%

       * Sécheresse : la Corse ravitaillée en eau douce par bateaux-citernes

- C’est vrai que, vu comme ça…

lundi 19 octobre 2026

Violence : des maux aux mots – Chronique du 20 octobre

Violences urbaines de samedi :

 

Le mot du jour : la colère

 


… Et puis quelques formules entendues au cours des reportages ou tables rondes consacré(e)s à la violence de la rue :

* Macron : game over

* Que Dieu prie pour nous !

* J’ai l’alarme à l’œil

* La convergence des brutes

* Souriez, demain sera pire

* Bismillah c’est les ténèbres

* Un couvre-feu à Paris

* Le fusil de chasse sous le comptoir

* Les ingénieurs du chaos

* Marine Le Pen : la France apaisée

Et pour finir :

« Si l’État est fort, il nous écrase ; s’il est faible, nous périssons » (Paul Valéry)