lundi 20 juillet 2026

Conflits modernes : la robustesse plutôt que la force – Chronique du 21 juillet

Bonjour-bonjour

 

Les guerres actuelles, que ce soit celle de la Russie contre l’Ukraine ou des Etats-Unis contre l’Iran, nous ont enseigné que, comparée à l’efficacité des drones, la puissance formidable de certaines armes, comme celle qui est embarquée dans des missiles est finalement improductive, pour des raison économiques.

C’est que le coût de production d’une arme est devenu déterminant : pour le même prix, mieux vaut un millier de drones qu’un seul missile.

On en arrive à cette constatation inspirée des travaux d’Olivier Hamant sur le concept de robustesse dans la nature. Selon lui, « dans la nature, les performances importent moins que la stabilité d’un système » formule que nous réinterpréterons en disant que peu importe le manque de performance de chaque élément si la quantité d’éléments engagés permet d’obtenir le résultats recherché. Par exemple, dans le processus de reproduction des plantes, le taux de succès de chaque graine est extraordinairement bas ; mais leur nombre suffit à garantir que la plante puisse se reproduire correctement – et on en dirait autant des spermatozoïdes humains. Que l’on compare ceci aux attaques de drones : sur cent drones envoyés sur une attaque, quatre-vingt-quinze seront abattus avant de toucher leur cible, mais s’il en reste cinq qui y parviennent ce sera suffisant pour autant que le prix de ces drones reste très modique. On se reportera à mon article du 6 janvier 2026 pour plus de détail.

 

 

Nos ancêtres se battaient avec des fourches et des gourdins : ces armes frustes avaient la qualité essentielle d’être toujours disponibles. Avec les correctifs indispensables leur méthode de combat reste valable aujourd’hui.

dimanche 19 juillet 2026

Jubillar : l’art du crime – Chronique du 20 juillet

Bonjour-bonjour

 

Les amateurs de romans policiers le savent : un criminel doit résoudre l’épineux problème de la disparition du corps s’il veut réussir le crime parfait. Cédric Jubillar le savait et il a ourdi un plan machiavélique qui a parfaitement réussi.

Récapitulons :

            * D’abord tuer sa femme proprement c’est-à-dire sans laisser de trace de sang : la strangulation convient tout à fait (la technique de la clé de bras a été avouée lors d’un parloir à la prison).

            * Ensuite mettre la victime dans la voiture.

            * L’emmener à 10 km vers un tumulus de déchets en cours de compostage.

            * Là, y enfouir le corps. 

            * Cédric Jubillar le sait : comme nous sommes en décembre, le compost ne sera répandu dans les champs que dans plusieurs mois, laissant au corps le temps de se décomposer.

            * Le printemps arrive, le compost est chargé dans une benne avec une vis broyeuse sans fin qui disperse le compost dans le champ et peut-être dans plusieurs autres selon les besoins.


Voilà le plan, tel qu’il fut imaginé, sans doute bien avant le crime, et qui a marché si bien qu’aujourd’hui encore on ne sache rien de la mort de Delphine, les deux fémurs retrouvés n’en portant pas la trace.

 o-o-o

Avis aux candidats au crime parfait : si ce plan a bien fonctionné, c’est avant tout parce qu’il est simple, qu’il ne suppose aucune préparation suspecte, tel l’achat de chaux ou autres ingrédients. Il se cale parfaitement sur la période : décembre garanti plusieurs mois de « repos » au corps pour qu’il se décompose.

lundi 13 juillet 2026

Rendez-vous le 20 juillet

Le « Point du jour » prend une semaine de vacances.

Rendez-vous lundi prochain 20 juillet

dimanche 12 juillet 2026

Football : la France sans français – Chronique du 13 juillet

Bonjour-bonjour

 

Le racisme, le sale, le vrai, le criminel est de retour avec la sortie raciste de M. Rajoy l'ex-Premier ministre espagnol qui a présenté, samedi 11 juillet, l'équipe de France comme dénuée de joueurs français, à deux jours de la demi-finale de la Coupe du monde de football, opposant la France à l'Espagne.

L’actuel Premier ministre socialiste espagnol, monsieur Pedro Sanchez, a fustigé en ces termes  les "déclarations xénophobes" de son prédécesseur de droite Mariano Rajoy : « L'Espagne est à ceux qui l'aiment et la font vivre. Pas à ceux qui la déshonorent par des déclarations xénophobes. » (Lu ici)

On ne saurait mieux dire, aussi je concentrerai mes propos sur la nature du racisme qui se manifeste ici, car elle en révèle l'essence la plus pure. En effet, être français c’est selon monsieur Rajoy avoir une certaine couleur de peau. Moyennant quoi on peut naitre français, en revanche on ne peut le devenir. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : il ne s’agit pas d’un quelconque « droit du sol », mais bien d’un droit du sang, en prenant la formule dans son sens forgé par les nazis à propos de la « pureté du sang aryen » La race, terme rejeté aujourd’hui par les études de génétiques, est ainsi le fantasme de la pureté d’une substance héritée dont on veut croire qu’elle remonte à la nuit des temps : c’est ainsi que la noblesse française prétendait descendre en droite ligne de Saint Louis. 

Mais attention ! Comme la sainteté, la pureté raciale est fragile : un rien peut la troubler et la faire dégénérer à tout jamais. C’est ainsi qu’aux États-Unis, pays raciste comme il n’y en a pas deux, on ne connait que deux races : la blanche et la noire. Le moindre métissage fait qu’une blanche enfante un bébé noir et si claire que soit  sa peau, il restera noir et transmettra ce caractère à sa descendance.

On voit que le racisme est une théorie construite et robuste, capable de traverser les siècles sans subir la moindre altération. S’il y a une pureté dans ce monde, ce n’est pas celle du sang mais celle du racisme.

samedi 11 juillet 2026

L’opinion publique peut-elle légitimer Marine Le Pen ? – Chronique du 12 juillet

Bonjour-bonjour

 

François Ruffin accuse Marine Le Pen de bafouer la décence en se présentant au suffrage des français alors qu’elle est sous le coup d’une
condamnation pour détournement de fonds et emploi fictif. Elle apparait toutefois soutenue par l’opinion publique selon les sondages effectués sur le sujet. 

--> L’opinion publique est-elle une source de légitimité ? On note simplement qu’en cas de condamnation définitive tombant après son éventuelle élection à la présidence, elle bénéficierait de l’immunité présidentielle. Autrement dit la question n’est-pas : « Est-il juste qu’elle soit éligible à la plus haute magistrature française ? », mais simplement « Réussirait-elle à obtenir la majorité à une telle élection ? » On élimine ainsi la question de la légitimité ; ne reste que celle de l’efficacité.

Ceci ne résout pas le problème, ou plutôt les problèmes :

- D’abord, quelle est la source de la légitimité ? Si la question est rejetée concernant le peuple supposé détenteur de cette capacité, on admet aussi qu’il la délègue à des dirigeants choisi par lui seul. Sauf qu’on oublie de dire selon quel critère ce choix pourrait s’opérer – et l’époque actuelle avec la crise ouverte par les courants populistes on voit que ces critères devraient être débattus sur la place publique. 

- En suite, le peuple souverain peut-il être maitre de ces critères ? En tant que souverain il devrait avoir le droit et le pouvoir de les modifier à sa guise. Que l’un de des candidats soit un repris de justice mais qu'il lui plaise et voici que cette infamie ne serait plus dirimante.

- Mais alors, si le peuple souverain ne peut dire qui et pourquoi quelqu’un est ou non éligible, qui donc peut le faire ? On le sait : les magistrats le peuvent selon la Constitution. Notre seul chien de garde contre les abus de la démocratie, est la loi entérinée par cette même démocratie. Et l’opinion publique, dans sa versatilité ne peut rien en face de cela.


 

1958 : Comité de soutien au Général de Gaulle

vendredi 10 juillet 2026

Pourquoi vous devez installer un climatiseur – Chronique du 11 juillet

Bonjour-bonjour

 

Vous hésitez à faire les frais d’un climatiseur à domicile ? Vous pensez que vous êtes assez fort pour résister aux effets des 40° qu’on nous promet ? Alors, lisez ceci et vous changerez peut-être d’avis. 

Car c’est de votre cerveau qu’il s’agit : apprenez qu’il est de très loin l'organe le plus sensible du corps à la chaleur. Et sachez aussi qu’il ne dispose pas de la transpiration pour maintenir sa température normale.

 


- Alors comme ça mon cerveau ne transpire pas ? Quelle nouvelle ! vous avez d’autres scoops à me proposer ?

- Attendez avant d’ironiser. Lisez la liste des disfonctionnement qui s’en suivent.

* La mémoire à court terme et les fonctions complexes en pâtissent en premier. Au-delà de 32 °C sur quelques heures, l'inconfort grimpe fortement. Pour tenir sa température il va réduire fortement son activité.

- Pour refroidir mon cerveau vous me conseillez donc de faire des siestes au lieu de transpirer sur mon écran, puisque justement mon cerveau, lui, ne transpire pas ?

- Éh bien oui, même si ça doit déplaire à votre patron. Mais attendez la suite, car on n’en a pas fini.

* Cette baisse de régime touche aussi la vie sociale. Sous la chaleur, l'envie d'être avec les autres diminue nettement. Le cerveau coupe cette fonction coûteuse en énergie pour se protéger. Dès lors, chacun se replie un peu plus sur soi. Ce mécanisme explique en partie les tensions observées durant les vagues de chaleur.

- C’est vrai que je ne peux plus supporter mon chef de service ; plus je le vois et plus je veux m’isoler. Mais j’apprends que ce n’est pas de sa faute, mais celle de cette saloperie de canicule : je lui dirai ça la prochaine fois que je l’enverrai bouler.

Vous avez encore autre chose ? Parce que les vacances avec ma belle-mère, ça non plus je ne le supporte plus, c’est peut-être dû à la chaleur ?

- Peut-être, surtout si cette aversion s’accompagne d’un état dépressif. On a alors à faire à un épisode de solastalgie.

- « Solastalgie » : c’est quoi cette bête-là ?

- Ça désigne un sentiment de détresse et d'angoisse ressenti par certains individus face aux transformations (négatives) subies par l'environnement.

- Hé bien oui : ma belle-mère elle me pollue l’environnement. Quand elle est là le soleil ne brille plus et l’air devient lourd.

Mais alors, à part éviter tout ce que vous venez d’énumérer, que convient-il de faire ?

- Apéro- vin rosé- bbq avec vos potes. Sur la terrasse à la fraiche

- Et ça va suffire ?

- Oui sinon il faudra ajouter un canap’ climatisé et des siestes crapuleuses avec la voisine pendant que votre épouse est à la Baule avec les mioches.

jeudi 9 juillet 2026

Arrête avec tes distorsions cognitives ! – Chronique du 10 juillet

Bonjour-bonjour

 

« Distorsions cognitives » : quésaco ? Vous savez ce que c’est, vous ? Moi, je le découvre dans la définition qui en est donnée ici : « Ces distorsions cognitives peuvent se définir comme des pensées verbalisées qui déforment la réalité, permettent au délinquant de supporter le regard des tiers, en particulier celui de sa famille, tout en se défendant dans l’espoir d’adoucir le châtiment qui lui sera réservé » (Article Wikipédia)

- Autrement dit, il s’agit des mensonges qu’un coupable invente pour se disculper ou pour minorer sa faute. Sauf que ça n’est pas tout à fait ça. Selon Wikipédia, les distorsions cognitives sont plus généralement des pensées qui amènent les individus à percevoir la réalité de manière inexacte. Autrement dit ce serait à la rigueur un mensonge, mais d’un type tout à fait spécial, tel que le menteur croirait à son mensonge autant que celui à qui il est destiné.

- L’exemple cité est celui du procès des hommes qui ont violé Gisèle Pélicot, prétendant être certains qu’elle était consentante, même plongée dans un sommeil quasi hypnotique. Ces distorsions impliquent un état psychopathologique, autrement dit le menteur du quotidien ne saurait connaitre une telle situation. 

Reste que ces cas éveillent en moi un souvenir d’ordre philosophique : celui du « mensonge à soi-même » dont parle Sartre lorsqu’il évoque la mauvaise foi. On se rappelle l’exemple du garçon de café qui joue un rôle que lui attribue sa fonction comme si c’était une réalité permanente à laquelle il est totalement identifiable. On lira ce texte célèbre ici.

- Devons-nous dire que ces analyses philosophiques recoupent les découvertes de la psychopathologie ? Pas tout à fait, car pour Sartre, la mauvaises foi est une modification de la conscience : c’est le rapport à soi-même qui est en cause. Par contre dans les distorsions évoquées, c’est la réalité qui est déformée, et non la conscience de soi. Alors certes ça suppose une altération de la conscience. Toutefois il s’agit - pour parler comme Sartre - de la conscience « thétique » du monde et non de la conscience « thétique de soi », même si la seconde est enveloppée dans la première.

--> Redisons-le : la distorsion cognitive affecte la perception du monde alors que la mauvaise foi sartrienne affecte la perception de soi.