Bonjour-bonjour
Je reçois d’une amie ce courrier : « Les jardins c'est embêtant ..., les oiseaux qui s'égosillent le matin, les tomates, les radis, les salades, les poireaux, les abeilles sur les fleurs, le jardinier qui jardine, retourne la terre, plante des pommes de terre pour nourrir sa famille grâce à la Mairie qui lui a donné ce petit lopin qu'il a attendu si longtemps, il a coché toutes les cases du formulaire mais il lui a fallu être patient. Et maintenant il bêche, récolte au milieu des rires de ses enfants qui se croient à la campagne dans ce petit coin de ville. »
Bon, me dis-je : voilà que les jardins deviennent un petit morceau de campagne oubliés au cœur des villes et qui vont disparaitre – chacun chez soi, madame : votre jardin, il ne va pas dans le sens de l’histoire.
Et en effet, lisons la suite : « …on va passer le bull, ratiboiser tout cela, les lilas, les tournesols, le petit chemin qui fait rêver. Tout cela va être bien plat, bien propre, bien climatisé en prévision des canicules annoncées. » Oui, c’est ça : ce petit jardin va disparaitre englouti par l’appétit des promoteurs. Car on annonce la construction d'un ensemble immobilier appelé justement "Garden Park" - On ne saurait mieux dire.
- C’est bien triste en effet, mais la nouvelle n’est pas si nouvelle : déjà en 1972 Jacques Dutronc chantait l’histoire d’un petit jardin parisien menacé de disparaitre sous les assauts des promoteurs immobiliers (on retrouvera cette chanson ici) Seulement voilà : c’était l’époque où Pompidou clamait qu’il fallait « adapter la ville à l’automobile », où les voies rapides plongeaient au cœur de la cité, pendant que les HLM remplaçaient les petits pavillons… Bref : on en était à la résignation et déjà à la nostalgie.
Sauf que là, ce n’est pas pareil. Les petits jardins sont des parcelles vertes là où on s’efforce aujourd’hui de redonner un peu d’air aux villes confinées. Alphonse Allais n’avait donc pas tort en parlant des villes qu’il faudrait « construire à la campagne parce que l’air y est plus pur » ?
Et puis les citoyens ont vu déjà disparaitre tant de nature artificialisée par les parkings de supermarchés… Aujourd’hui ils ne se laisseront pas faire. Autrefois ces mouvement passaient pour des soubresauts de Bisounours naïfs.
Mais attention ! Aujourd’hui les Bisounours sont en colère.