Bonjour-bonjour
Il y a des évènements qui me montrent combien les temps ont changé depuis que j’ai quitté de monde actif où j’étais professeur.
Par exemple, « de mon temps » les étudiants se battaient comme des chiens pour réussir un concours de recrutement de prof, que ce soit celui de professeur des écoles, du CAPES ou de l’Agrégation. Et une fois réussi leur concours, ils s’installaient dans leur nouvelle fonction et ne la quittaient qu’après avoir atteint l’âge de la retraite.
Or, j’apprends aujourd’hui qu’un tiers des nouveaux enseignants démissionne avant d’avoir atteint la cinquième année d’exercice.
« Pourquoi tant de départs précoces ? » interroge cet article. De mon temps on considérait que les faiblesses de la formation étaient contrebalancées par les avantages acquis telles les fameuses vacances - et quand même encore un peu le prestige de la fonction. C’était une époque, où personne n’aurait osé imaginé aller tabasser l’instit jugé responsable des mauvaises notes du petit. On sait ce qu’il en est aujourd’hui du statut de l’enseignant, mal apprécié par les parents souvent excédés par les avantages de la fonction : « Des gens qui travaillent 6 mois par an avec des semaines de 18 heures. »
Mais tout cela, ce n’est pas réellement nouveau. Une autre raison avancée pour expliquer ces abandons tient à la difficulté du métier, avec des élèves peu ou pas du tout disciplinés : « /Les jeunes enseignants déplorent qu’/une part croissante de leur énergie soit consacrée au maintien de l’ordre plutôt qu’à l’enseignement lui-même » (Art. cité) Là encore : rien de nouveau ; c’était même une des raisons pour la quelle j’ai sans cesse tenté de renouveler ma pratique afin de maintenir le groupe dans une recherche de réussite.
Non, rien de tout ça n’est suffisamment nouveau pour expliquer que les « avantages » du métier ne retienne pas plus les jeunes enseignants. La différence vient d’ailleurs : c’est la rémunération qui est de moins en moins conforme à l’attente des jeunes dotés d’un « bac plus 5 ».
- Est-ce tout ? Pas sûr : car comment expliquer que la volonté de faire progresser des jeunes esprits dans la voie du savoir soit émoussée en moins de cinq ans au point de se laisser aller à démissionner ? Je ne vois qu’une réponse : les écrans. Les smartphones qui permettent à des communautés de jeunes d’échanger leurs impressions durant les cours ou les moments réservés au travail et qui dévaluent l’enseignement du prof au point qu’il apparaisse comme une purge lorsqu’il faut l’avaler.
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P.S. Rien que pour la nostalgie, écoutons la chanson de Hugues Aufray