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dimanche 17 août 2025

Coopération pacifique : le cas d’ITER – Chronique du 18 aout

Bonjour-bonjour

 

« Les forts écrasent les faibles ; les puissants réduisent les chétifs en esclavages ; les hommes exploitent les femmes… » - et puis « La guerre… La guerre… La guerre » : voilà les quelques maximes que l’actualité suggère aux esprits désabusés attentifs aux évènements. Quels cas de coopération pacifiques et désintéressés pourrait-on évoquer ? Aucun.

 

- Un cas pourtant permet de s’inscrire en faux ; c’est celui de la construction du futur réacteur thermonucléaire expérimental ITER, dont on a publié hier cette photo :

 

 


L’aimant supraconducteur pour le projet ITER en France.

 

Ce que vous voyez là, c’est l’aimant, partie intégrante du solénoïde central, essentiel à l’initiative internationale visant à exploiter l’énergie de la fusion. 

« Malgré les défis et retards rencontrés, l’importance d’ITER comme projet phare de l’énergie de fusion reste intacte. La réussite de l’installation des modules témoigne de la planification minutieuse et de l’exécution rigoureuse nécessaires à la réalisation de cet exploit. ITER, observé par le monde entier, représente un espoir pour un avenir énergétique propre et durable. » (Lire ici)

Oui, une part importante de l’humanité incarnée par des nations avancées dans le domaine de la recherche scientifique a su conclure un traité de coopération financièrement contraignant pour construire ce qui sera un jour une manne énergétique pour l’humanité entière. Et non seulement chaque nation a su coopérer avec les autres, mais comme on le voit pour cet aimant, les firmes habituellement concurrentes dans le même pays (ici : les Etats-Unis) se sont associées pour inventer et produire un objet aussi extraordinaire.

 

Certains voudront critiquer cet enthousiasme jugé naïf : « Coopération au bénéfice de l’humanité … Hum… qu’est-ce qui dit que ce réacteur une fois inventé ne servira pas à déchainer des forces inouïes contre ceux qui ne disposeront pas de cette technologie ? A-t-on vu l’énergie nucléaire se limiter à produire de l’électricité pour tous ? »

Le progrès n’est pas une loi de la nature en ce sens qu’il produirait toujours le même effet. L’augmentation de la quantité d’énergie produite a fait beaucoup pour la destruction et la mise en péril de l’humanité. Mais c’est elle également qui a accompagné la possibilité pour un plus grand nombre d’hommes de vivre mieux et plus longtemps.

Si c’est être naïf que de croire que les futures découvertes dans le domaine thermonucléaire iront aussi dans ce sens, alors j’admets être naïf.

mardi 15 juillet 2025

Voracité – Chronique du 16 juillet

Bonjour-bonjour

 

Pendant qu’en France on s’écharpe autour de bouts de chandelles pour savoir qui va payer les 40 milliards d’économie requis pour rester à flot budgétairement, aux Etats-Unis le Président Trump dévoile des centaines de milliards de dollars d’investissements pour alimenter l'IA en électricité.

 

Lisant cet article, je me sens tiraillé entre deux étonnements :

- l’un qui prend acte de la voracité de l’État américain pour la domination mondiale. L’ambition est de devenir ou de rester le numéro un mondial dans cette industrie informatique – ambition qui passe par le développement à vitesse accélérée de l’IA – générative en particulier. 

Au moment où ce sont les jours de carences pour congé de maladie qui semblent faire l’avenir de la France, aux U.S. ce sont les centrales électriques dédiées uniquement à l’industrie informatique qui soucient les investisseurs.

- l’autre étonnement concerne une autre voracité. Cette fois il faut noter que l’IA générative est capable de se développer toute seule – ou presque – à condition de recevoir la quantité d’électricité dont elle a besoin pour fonctionner. Quand certains en sont encore à chercher les bons algorithmes et les bonnes puces, les américains ont déjà tout cela et cherchent simplement une prise pour brancher leurs computers. 

 


La France l’a bien compris qui offre aux investisseurs l’opportunité de construire leurs data centers près d’un site dédié à la construction de centrales nucléaires. 

Petite ambition, certes, mais ambition quand même.

samedi 12 octobre 2024

Électrons décarbonés – Chronique du 13 octobre

Bonjour-bonjour

 

La Présidente de l'Union française de l'électricité, Christine Goubet-Milhaud, a pris la parole pour nous expliquer les tarifs de l’électricité : « Tout d'abord, je voudrais revenir sur la facture d'électricité, car ce n'est pas si simple que ça de savoir qu'elle comporte trois briques, trois composantes. Une partie production, fourniture des électrons, une deuxième partie sur l'acheminement, les réseaux de distribution jusqu'à la maison ou jusque dans l'entreprise. Et la troisième partie qui est composée par des taxes. C'est de cela dont on va parler. »

 

Suit alors un exposé assez détaillé et technique montrant quelle est la politique d’importation/exportation du courant et ayant un impact sur la part d’électricité décarbonée utilisée dans le pays. Car, voilà ce qu’on apprend : la France peut dans le même temps importer du courant électrique et en exporter ce qui signifie qu’on n’en est pas à parer à une pénurie, mais plutôt à jouer sur les prix de l’énergie selon qu’elle est carbonée ou décarbonée.

 

Moi, bien sûr je ne regarde pas quelle est la mine des électrons qui sortent de mon compteur – je me contente de les consommer. Mais en réalité c’est là l’essentiel : face à une logique comptable, il y a une logique de décarbonation qu’il faut promouvoir. Or, le 1er ministre l’a dit fortement lors de son discours de politique générale : nous avons deux dettes, une dette financière et une dette environnementale. C’est en facilitant la production de l’énergie électrique décarbonée que l’on pourra répondre à ce projet – or il ne semble pas qu’on s’en approche si l’on s’en tient aux propos rapportés dans cet article.

 

Tout cela n’a pas encore été mis en débat à l’Assemblée, il faut donc être prudent avec les conclusions qu’il faut en tirer. Reste que le citoyen doit être informé pour participer à la vie politique de son pays. Pour cela il faut donc lui faire comprendre que le montant en euro des économies qu’il peut réaliser en choisissant son opérateur électricité n’est qu’un aspect des choses.

lundi 7 octobre 2024

Qui sont les bâtisseurs de cathédrale d’aujourd’hui ? – Chronique du 8 octobre

Bonjour-bonjour

 

Ce matin, je lis ceci : « Record pour la fusion nucléaire pour le nouveau réacteur en cours de test au Japon : 160 mètres cubes de plasma générés par le plus grand tokamak au monde. Il ne s’agit pourtant que d’un réacteur servant à tester les technologies qui seront mise en œuvre sur ITER, le tokamak lui-même destiné à expérimenter les nouvelles techniques pour produire la fusion nucléaire »

L’article cité poursuit : « Le projet vise à démontrer la faisabilité scientifique et technologique de l’énergie de fusion par la construction et l’exploitation d’ITER ».

 

D’ailleurs, lorsque le projet ITER sera suffisamment avancé alors pourra démarrer la construction du réacteur DEMO, qui est prévu pour être construit sur la base des résultats de JT-60SA et d’ITER. Il aura pour objectif de démontrer la faisabilité économique de la production énergétique par le biais de la fusion nucléaire.

Faisabilité scientifique et technologique plus la faisabilité économique : rien de tout cela n’est garanti et pourtant les investissements continuent de venir, alors même que le projet pourrait n’aboutir qu’en 2050 selon les vues les plus optimistes. Autant dire que peu de gens qui travaillent sur ces projets n’auront la chance de vivre assez vieux pour les voir terminés, même pas en se limitant à la simple vérification qu’aucun obstacle imprévu ne viendra stériliser tous ces efforts.

Étrange situation de ces gens qui savent qu’ils n’ont aucune chance de voir le résultat de leurs efforts aboutir et qui pourtant s’acharnent à les mettre en œuvre : ne sommes-nous pas dans la situation de ces constructeurs de cathédrales qui étaient certains de ne jamais voir leur œuvre achevée ? On pense à la cathédrale de Cologne dont la construction débuta en 1247 et fut achevée en 1880, soit 632 ans plus trad (voir ici) ; on pense aussi à la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris dont l’édification dépendit des nouvelles découvertes dans la conception des arcs-boutants.



Mais tous ces gens étaient portés par leur foi, qui leur assurait que le maitre-d’ouvrage était Dieu lui-même et qu’il tiendrait compte de leurs efforts, même inaboutis. Or cette motivation n’existe pas pour les ingénieurs en charge de montrer que le projet assigné n’est pas une utopie :

- Qu’est-ce donc qui les soutient ? Pas la gloire politique de leur pays, car on voit que le projet ITER compte toujours la Russie parmi ses participants, alors même que ce pays est au bord de la guerre avec d’autres participants au projet ITER.

La folie du colonel Nicholson dans « Le pont de la rivière Kwaï » consistait à ne suivre que l’impulsion qui le porte à achever son œuvre alors que l’intérêt de son pays était de le saboter, serait-elle la force qui anime aussi ces ingénieurs à l’œuvre pour une création transgénérationnelle ?

 fantasme, est en passe de devenir une réalité, car au-delà des chiffres, c’est l’intégration de ces nouveaux arrivants et la transformation de la culture autochtone qui va suivre.

Dans un pays où une large part des habitants ont voté le Brexit pour reprendre la maitrise des flux migratoires en provenance de l’Europe-Unie, on ne peut que s’interroger. Les migrants polonais où roumains jugés indésirables risquent d’être remplacés par les pakistanais, les syriens les indiens, les afghans, etc…

Là où les dictatures jouent les déplacements de population sans trembler, les démocraties sont plus vulnérables. Comment sauvegarder les valeurs ancestrales (comme les valeurs « républicaines » chez nous) et en même temps protéger les libertés publiques des nouveaux arrivants lorsque ceux-ci deviennent majoritaires ? Car, pendant que les anglais descendent au tombeau ce sont bel et bien des jeunes « issus de la diversité » qui les remplacent.

On sait que dans certaines régions canadiennes ont a accepté que le code civil soit remplacé par la charia. DE façon plus générale, les sociétés d’origine anglo-saxonne ont joué jusqu’à présent la carte du communautarisme (voire du wokisme) : le jour est peut-être venu pour elles de s’interroger sur le métissage des sociétés, dont pourtant elles ont horreur.



mercredi 8 mai 2024

À Flamanville : toujours plus ! – Chronique du 9 mai 2024

Bonjour-bonjour

 

Depuis mardi Christine fonctionne à Flamanville ! Après 12 années de retard, on n’en était plus tout à fait certain : pourrait-elle voir le jour ?



EPR de troisième génération à la centrale de Flamanville. France, le 25 avril 2024


Il faut dire que Christine est le nom donné à la turbine EPR de 3ème génération qui va produire à elle toute seule autant d’électricité qu’une centrale toute entière, avec moins de consommation et moins de déchets. Christine attend 57 petites sœurs, dont la naissance doit s’échelonner jusqu’en 2050 – ou plus qui sait ? Voilà une famille bien nombreuse…

 

Après ce moment de satisfaction vient le temps de la réflexion : fallait-il ouvrir une nouvelle usine capable de produire toujours plus d’énergie ? Ne fallait-il pas profiter de l’obsolescence du parc nucléaire pour ralentir puis stopper la production d’électricité ? En bref : n’était-ce pas le moment d’infléchir ce mouvement initié au néolithique qui consiste à faire reposer la vie de l’humanité sur la production et la consommation d’énergie ? Toujours plus d’énergie ?

 

Tentons de penser une telle inflexion.

- Déjà, que signifie cette notion de « vie de l’humanité » que nous venons d’oser ? Ne vaudrait-il pas mieux parler de « survie » puisqu’arrêter la production d’énergie supplémentaire suppose que l’humanité cesse de progresser quantitativement ? Comme n’importe quelle espèce animale, l’humanité dépend des ressources de son milieu pour sa croissance. Que ces ressources stagnent signifie qu’elle ne peut plus s’accroitre. Mais pourquoi le déplorer ? Ne croyez-vous pas que nous sommes assez nombreux comme ça ?

- La Bible dit  : « Dieu /.../ bénit /Adam et Eve/ et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. » (Genèse 1 :28). Bien. Mais n’avons-nous pas fini de remplir la terre de nos rejetons, et n’en sommes-nous pas, après avoir « assujetti » les poissons et les oiseaux et tout ce qui bouge, en train de détruire tout cela ? Dieu nous en a confié la garde.

Nous avons le droit d’exploiter la nature, mais aussi le devoir de la protéger.

mardi 20 septembre 2022

Sobriété énergétique à l’Université de Strasbourg – Chronique du 21 septembre

Bonjour-bonjour

 

Finies les propositions vagues et fumeuses pour assurer la sobriété énergétique des bâtiments public. Place au concret : ainsi de l’Université de Strasbourg qui, pour faire face à la pénurie énergétique, va non seulement réduire son chauffage à 19°, mais encore fermer deux semaines supplémentaires ses bâtiments.

« Les enseignants feront cours en couverture de survie, et les étudiants grelotteront de froid. On ne peut pas réussir ses études dans de telles conditions », a déploré la présidente de l’UNEF Imane Ouelhadj (lire ici)

 


Mode d’emploi inséré dans le livret d’accueil remis aux étudiants à la rentrée.

 

Bien sûr le pouvoir réagit comme il peut, c’est-à-dire en faisant des déclarations : « ça ne doit pas pénaliser les enseignements. On sort de périodes de Covid. On doit garder ces enseignements fortement en présentiel » et il ne faut « pas le retour au distanciel », a affirmé Sylvie Retailleau (ministre de l’Enseignement supérieur)

 

Mais rien n’y fait : les responsables de Strasbourg ne se contenteront pas de mots : ils ont fait un bilan prévisionnel de la facture énergétique qu’ils vont devoir acquitter l’an prochain, et ils ont mis en face les réductions imposées compte tenu de leur finances. Le bilan va, comme on le voit, bien au-delà des 19°, sorte de totem auquel le pouvoir se raccroche pour faire oublier que dans le même temps les français vont devoir se serrer la ceinture. Et comme disait ma grand-mère : « Quand les gros maigrissent, les maigres meurent de faim. »

 

Que le pouvoir fasse des déclarations tant qu’il veut, nous on s’en moque. Ce que nous cherchons ce sont les mesures prises dès aujourd’hui par les responsables sur le terrain. Et ce qu’on voit là ne nous rassure guère.

vendredi 22 juillet 2022

Roule ma frite ! – Chronique du 23 juillet

Bonjour-bonjour

 

La nouvelle peut faire sursauter, mais le principe en est connu depuis longtemps : votre véhicule diesel peut rouler avec de l’huile usagée à la place du carburant habituel. « Roulemafrite.com » est une association qui existe depuis longtemps déjà pour faire connaitre et légaliser le procédé – qu’un vote du parlement vient justement d’entériner la nuit dernière. (Lu ici)

Certains ironiseront : « Alors, c’est à l’heure de la pénurie d’huile – qu’on ne trouve plus dans les rayons des supermarchés – qu’on nous propose de rouler à l’huile de friture. Belle réaction ! »

D’autres s’étonneront qu’au lieu de décarboner nos déplacements on transforme notre moteur en friteuse. Où est le progrès ?

 


Station-service 2022

 

Pourtant, la preuve est faite : si pour continuer à rouler avec notre voiture il faut passer chez MacDo pour faire le plein, on le fera. Et si pour cela il faut modifier la loi, on la modifiera. Exactement comme on réouvre les centrales à charbon et qu’on bricole les centrales nucléaires pour les faire tenir encore un peu.

 

1ère conclusion : sans énergie nous ne sommes plus rien. Inutile de comparer notre vie avec celle de nos ancêtres en disant « puisqu’ils ont vécu avec pour toute aide celle d’un bourricot, faisons de même ». Non : le passé est le passé, nous ne sommes pas réadaptables et notre génération ne peut pas se passer d’énergie.

2ème conclusion : avant de parler de l’avenir, il faut penser au présent. D’où l’effort extraordinaire qui nous est demandé d’inclure le souci de l’avenir dans les préoccupations quotidiennes. Le mouvement écologiste est aux prises avec ce fait et rien ne dit qu’il trouvera le moyen de concilier les deux.