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dimanche 7 septembre 2025

En écologie la vertu n’est vraiment pas récompensée – Chronique du 8 septembre

Bonjour-bonjour

 

En écologie les vertus qu’on nous rabâche depuis des années doivent être remplacées par leur contraire : la vérité, c’est que nous avons trop d’électricité car le problème n’est pas de la produire mais de la vendre !

 


Je sais bien que la gigantesque panne de courant en Espagne lors du mois d’avril semble plaider le contraire : pour ne pas avoir pu répondre à un pic ce consommation tout le système s’est écroulé. Mais ce n’est là qu’un épiphénomène, lié à une mauvaise anticipation des besoins. La vérité c’est que plus globalement « le problème énergétique principal de la France n'est pas le manque d'offre mais la faible demande. Il est donc essentiel d'adapter la fiscalité pour absorber les excédents de production » selon l'entrepreneur Alexandre Stachtchenko (lu ici)

--> Nous consommons trop peu d’électricité et de surcroit cette consommation reste incapable de s’adapter à la variabilité de la production manquant totalement de flexibilité. Vous ne me croyez pas ? Alors lisez ceci : « RTE et la CRE soulignent que la faiblesse de la consommation et le déficit de flexibilités sont devenus des points clés du système.

Dans le même temps, notre production a atteint 539 TWh et nous exportons déjà autant que possible. La demande est insuffisante pour valoriser tout notre potentiel : c'est une perte économique pour la collectivité qui risque d'empirer. » Saisissant ! Mais attendez : ce n’est pas fini : « Si la production continue d'augmenter sans que la demande ne suive, les coûts fixes se répartiront sur moins de MWh et les prix moyens monteront, ce qui dissuadera encore la demande : c'est le serpent qui se mord la queue. » Moins je consomme et plus c’est cher : la vertu n’est vraiment pas récompensée.

Hélas ! Le pire est à venir. Car comment absorber ces quantités pharaoniques d’énergie produite par nos centrales ? Alors qu’on nous attriste avec la consommation d’énergie nécessaire pour les applications numériques, IA et Big data – gourmandises vicieuses – c’est du côté du Bitcoin et de ses machines à vérifier les cours (le « minage de cryptomonnaie ») qu’on va trouver les besoins gigantesques d’énergie associé à la capacité à suivre la fluctuation de la production.

Voilà le message que nous recevons : « Développez vos besoins numériques pour consommer d’avantage d’énergie – sans quoi vous allez la payer votre électricité de plus en plus cher. »

Dans quel monde vivons-nous ?

samedi 3 mai 2025

« Plug baby, plug » - Chronique du 4 mai 2025

Bonjour-bonjour

 

Le Président Macron adore détourner les bons mots de D. Trump. Celui-ci ayant lancé l’injonction « Drill baby, drill » en faveur des forages pétroliers, le Président français a proposé aux investisseurs de l’IA de venir « brancher » (=plug) leurs datacenters en France – pays où l’électricité décarbonée abonde.

 


Il est vrai que ces datacenters sont tellement gourmands en énergie qu’on va être contraint, en créant un centre de ce type, de créer une centrale électrique pour l’alimenter.

Excessif ? A peine. Reste que la France a une surproduction d’électricité qu’il va bien falloir exporter à défaut de la consommer. Et qu’en se vantant de pouvoir fournir l’électricité sur commande, la France se comporte comme un pays pétrolier, à cette différence que le pétrole peut se transporter sur le longues distances alors que l’électricité doit être consommée sur place, par des entreprises qui s’établissent au pied des tours de refroidissement. Moyennant quoi les pays exportateurs d’électricité ont l’avantage d’espérer pouvoir créer des emplois tout en vendant leur énergie.

Imaginer que la France devienne dans un avenir proche l’équivalent d’un Émirat pétrolier relève de la pure fantaisie ? Peut-être. Mais à l’heure où on bascule d’une forme d’énergie à une autre, il faut laisser aller la bride à notre imagination. 

mercredi 30 avril 2025

Une panne pas vraiment banale – Chronique du 1er mai (1)

Bonjour-bonjour

 

Analysant les causes probables de la panne d’électricité qui a paralysé l’Espagne récemment, les ingénieurs pointent la fourniture de courant par éolienne et panneaux solaires. « Le risque, c'est surtout que la production d'un champ solaire peut tomber rapidement, en cas de changement météorologique » (Lu ici)

C’est que cette panne serait liée à l’incapacité du système électrique à compenser des variations de productions brutales comme le fait que les panneaux solaires soient perturbés par des nuages passant devant le soleil. La perte brutale d’énergie ne peut être compensée par les turbines qui alimentent le réseau : ce sont des grosses machines pesant chacune plusieurs tonnes : une accélération brutale provoquerait des torsions mécaniques énormes sur les turbines risquant de les briser.

 

 

2MW Pelton turbine hydro de roue à eau (vu ici) 

 

- Cette explication qui vient à contre-courant de la « philosophie de la panne » me ravit tout à fait. C’est que cette « philosophie » nous explique que la panne est une réalité venue avec les techniques modernes qui ont inventé les machines complexes usant de matériaux de synthèse et nécessitant une compétence particulière des usagers. Autrefois lorsque l’outil cassait, le forgeron du village le réparait : personne n’aurait songé à appeler cela une « panne ».

- Or, voici une panne liée à des pales de turbines qui cassent pour être trop sollicitées par un fonctionnement mal maitrisé par les concepteurs eux-mêmes. C’est le retour de la réalité la plus banale, refoulée par une conception audacieuse usant de matériaux sophistiqués tels que les panneaux solaires et les pales d’éoliennes en fibres de carbone. Hi-tech, certes mais capable de causer de dommages sur de vulgaires pales des turbines de générateurs. 

 

On a donc à faire à une panne qu’on aurait trouvée autrefois bien banale : ça relève de la technologie du moulin à eau. Mais ce qui l’est moins c’est qu’elle est mise en cause par une technologie hypersophistiquée.

lundi 28 avril 2025

Renouvelez votre stock de chandelles – Chronique du 29 avril

Bonjour-bonjour

 

Lu ce matin (ici) ceci : « Trains à l’arrêt, métros fermés, trafic routier paralysé, vols annulés, communications partiellement coupées… la péninsule ibérique a subi une coupure /de courant/ inédite, lundi, peu après midi. Ses causes n’ont pas encore été établies. » Avant d’ajouter : « C’est dingue de se sentir si vulnérable »

L’Espagne a connu hier ce qu’on aurait cru impossible, sauf à subir un bombardement nucléaire : la mise à l’arrêt du pays entier, l'ensemble de ses moyens de circulation bloqués.

Et en effet : tout ça pour une panne électrique gigantesque affectant le pays et paralysant également le Portugal. 

 

A tout hasard, c’est le moment pour nous aussi de vérifier notre stock de chandelles 

 


 

A noter :

* Afin d’éviter les émanations de fumée, toujours tailler la mèche à 10mm de longueur avant d’allumer vos bougies.

* Afin d’éviter qu’elles coulent, toujours placer les bougies allumées loin des courants d’air, quels qu’ils soient.

* Attention ! Pour éviter que vos « bougies piliers » se consument en tunnel au centre, laisser brûler le pilier au moins 1 heure par pouce de diamètre. Ceci permettra au bain de cire d’atteindre le rebord de la bougie et d’en augmenter la durée de combustion

* Pour redonner de l’éclat à vos bougies de couleur, frottez-les avec un tissus doux ou un bas de nylon.

 

Il n’est peut-être pas encore temps de philosopher sur l’extraordinaire fragilité des pays développés en observant combien notre arrogante super-technique est une idole aux pieds d’argile. On peut néanmoins regarder en arrière pour voir si des phénomènes semblables se sont déjà produits pour d’en tirer la leçon : il y a des années les Etats-Unis et le Canada ont subi également une gigantesque coupure d’électricité en fin de journée ; on découvrit plus tard un sursaut dans le nombre des naissances. Comme quoi quand on ferme la télévision…

dimanche 9 février 2025

Le moteur impossible – Chronique du 10 février

Bonjour-bonjour

 

« Au Japon, le moteur V8 de 5.0 litres, initialement conçu pour le coupé sport de luxe Lexus RC F, a été transformé par Yamaha pour utiliser l’hydrogène comme carburant. Ce moteur novateur produit 450 chevaux à 6 800 tours par minute et un couple de 540 Nm à 3 600 tours/min, offrant ainsi les performances dynamiques appréciées des moteurs à combustion interne mais sans leurs inconvénients écologiques. Innovation qui apporte une réponse concrète aux défis écologiques tout en préservant les sensations fortes des moteurs traditionnels. » (Lu ici)

On ne parle jamais des performances des moteurs éclectriques, comme si la question était strictement secondaire – j’ai pourtant déjà abordé la question, mais sans retenir l’attention de spécialistes. Dommage.


Les recherches de Yamaha montrent pourtant la bonne direction : conserver les avantages des voitures passées, sans les inconvénients contre lesquels on lutte aujourd’hui. Par exemple : peut-on espérer faire mieux en matière de voiture que Ferrari ou Rolls-Royce ? La sagesse consiste à répondre « non » et à s’appliquer à faire disparaitre les inconvénients qu’ils conservent tels que la pollution de l’air. L’hydrogène employé à la place de l’essence répond à cette problématique. Les détracteurs du procédé ricanent : on ne sait pas aujourd’hui produire de l’hydrogène de façon non polluante : ces nouveaux moteurs risquent bien de rester des innovations sans lendemain.

Oui, mais : on fabrique bien aujourd’hui le fameux réacteur nucléaire ITER à grand coup de milliards sans savoir si cela aboutira à une réussite. Pourquoi ne pas développer des moteurs avant d’avoir fini d’inventer leur carburant ? 

- Soyons audacieux : inventons la charrue avant d’avoir les bœufs !

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N.B. On parle aujourd'hui des besoins en électricité comme d'un problème. Car en plus de la recharge du parc automobile mondial, il va falloir produire de quoi faire fonctionner les data-centers pour l'Intelligence Artificielle. Ça risque de coincer au niveau capacité de production : si on pouvait alléger avec la production e moeurs à hydrogène, ça irait

 sans doute mieux.

samedi 12 octobre 2024

Électrons décarbonés – Chronique du 13 octobre

Bonjour-bonjour

 

La Présidente de l'Union française de l'électricité, Christine Goubet-Milhaud, a pris la parole pour nous expliquer les tarifs de l’électricité : « Tout d'abord, je voudrais revenir sur la facture d'électricité, car ce n'est pas si simple que ça de savoir qu'elle comporte trois briques, trois composantes. Une partie production, fourniture des électrons, une deuxième partie sur l'acheminement, les réseaux de distribution jusqu'à la maison ou jusque dans l'entreprise. Et la troisième partie qui est composée par des taxes. C'est de cela dont on va parler. »

 

Suit alors un exposé assez détaillé et technique montrant quelle est la politique d’importation/exportation du courant et ayant un impact sur la part d’électricité décarbonée utilisée dans le pays. Car, voilà ce qu’on apprend : la France peut dans le même temps importer du courant électrique et en exporter ce qui signifie qu’on n’en est pas à parer à une pénurie, mais plutôt à jouer sur les prix de l’énergie selon qu’elle est carbonée ou décarbonée.

 

Moi, bien sûr je ne regarde pas quelle est la mine des électrons qui sortent de mon compteur – je me contente de les consommer. Mais en réalité c’est là l’essentiel : face à une logique comptable, il y a une logique de décarbonation qu’il faut promouvoir. Or, le 1er ministre l’a dit fortement lors de son discours de politique générale : nous avons deux dettes, une dette financière et une dette environnementale. C’est en facilitant la production de l’énergie électrique décarbonée que l’on pourra répondre à ce projet – or il ne semble pas qu’on s’en approche si l’on s’en tient aux propos rapportés dans cet article.

 

Tout cela n’a pas encore été mis en débat à l’Assemblée, il faut donc être prudent avec les conclusions qu’il faut en tirer. Reste que le citoyen doit être informé pour participer à la vie politique de son pays. Pour cela il faut donc lui faire comprendre que le montant en euro des économies qu’il peut réaliser en choisissant son opérateur électricité n’est qu’un aspect des choses.

mercredi 8 mai 2024

À Flamanville : toujours plus ! – Chronique du 9 mai 2024

Bonjour-bonjour

 

Depuis mardi Christine fonctionne à Flamanville ! Après 12 années de retard, on n’en était plus tout à fait certain : pourrait-elle voir le jour ?



EPR de troisième génération à la centrale de Flamanville. France, le 25 avril 2024


Il faut dire que Christine est le nom donné à la turbine EPR de 3ème génération qui va produire à elle toute seule autant d’électricité qu’une centrale toute entière, avec moins de consommation et moins de déchets. Christine attend 57 petites sœurs, dont la naissance doit s’échelonner jusqu’en 2050 – ou plus qui sait ? Voilà une famille bien nombreuse…

 

Après ce moment de satisfaction vient le temps de la réflexion : fallait-il ouvrir une nouvelle usine capable de produire toujours plus d’énergie ? Ne fallait-il pas profiter de l’obsolescence du parc nucléaire pour ralentir puis stopper la production d’électricité ? En bref : n’était-ce pas le moment d’infléchir ce mouvement initié au néolithique qui consiste à faire reposer la vie de l’humanité sur la production et la consommation d’énergie ? Toujours plus d’énergie ?

 

Tentons de penser une telle inflexion.

- Déjà, que signifie cette notion de « vie de l’humanité » que nous venons d’oser ? Ne vaudrait-il pas mieux parler de « survie » puisqu’arrêter la production d’énergie supplémentaire suppose que l’humanité cesse de progresser quantitativement ? Comme n’importe quelle espèce animale, l’humanité dépend des ressources de son milieu pour sa croissance. Que ces ressources stagnent signifie qu’elle ne peut plus s’accroitre. Mais pourquoi le déplorer ? Ne croyez-vous pas que nous sommes assez nombreux comme ça ?

- La Bible dit  : « Dieu /.../ bénit /Adam et Eve/ et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. » (Genèse 1 :28). Bien. Mais n’avons-nous pas fini de remplir la terre de nos rejetons, et n’en sommes-nous pas, après avoir « assujetti » les poissons et les oiseaux et tout ce qui bouge, en train de détruire tout cela ? Dieu nous en a confié la garde.

Nous avons le droit d’exploiter la nature, mais aussi le devoir de la protéger.